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Marius dans les écrins 2012

Après avoir suivi “Les traces de Stevenson” en mai, nous avons repris la route le 3 août 2012 pour la seconde partie du “Marius Tour 2012”. Une nouvelle aventure qui nous a conduit cette fois dans le Massif des Ecrins.
Nous sommes partis en van avec Marius, de Rousset-les-Vignes (Drôme) pour rejoindre Briançon (Hautes-Alpes) ville départ de ce périple. Nous avons traversé le Parc National des Ecrins d’Est en Ouest, pour rejoindre le Valbonnais en passant par l’Oisans. Nous avons ensuite arpenté la Matheysine et le Trièves (Isère). Enfin, nous sommes rentrés en Drôme Provençale par le Vercors et le Diois.
Perchés entre 2000 et 2500 m d’altitude, nous avons flirté avec les glaciers et découvert les magnifiques lacs d’altitudes. Nous avons ainsi avalé près de 400 km en 23 jours de marche et récolté plusieurs centaines de d’euros intégralement reversés à “Solidarité Elisa”.

Marius dans les écrins 2012

21 août : Le début de la fin…

Ce matin, nous sommes allés prendre notre petit déjeuner dans le château de Passières datant du 14° siècle, et situé à proximité de Chichilianne. Certes le château est agréable à voir (à part une faute de goût dans la salle à manger, recouverte d’un carrelage des années 70/80 qui ne se marie pas tellement avec le reste), mais à 9€ le petit déjeuner avec juste un croissant, du pain grillé, de la confiture et du beurre… disons que Catherine (du gîte équestre des Signaraux) nous laissera un bien meilleur souvenir ! Pendant ce temps là, Marius goûtait à la vie de château dans le parc 🙂 
Départ ensuite pour le col de Menée, une ascension en lacets de 11 kilomètres que nous avons débuté par une piste parallèle à la départementale jusqu’au col du Prayet (1197 mètres d’altitude) avant de rejoindre la route. 

Arrivé au col de Menée (1457 mètres), avant de passer dans le tunnel du col de Menée (qui marque la frontière entre l’Isère et la Drôme), j’ai jeté un dernier regard sur le Trieves et le Mont Aiguille, car pour moi l’entrée dans le Diois signifie le retour à la maison, même s’il nous reste quelques jours. Et sur les 5 dernières années, nous avons déjà parcouru 5 fois le Diois, même si nous n’empruntons pas les mêmes chemins, nous connaissons les paysages. Ils n’en sont pas moins beau, et nous le savourons chaque fois, mais ils ont un goût amer trop prononcé de retour de randonnée…

Au milieu du tunnel, la frontière régionale!

A la sortie du tunnel, nous avons croisé un couple de touristes. La femme nous voit et demande à son mari de nous prendre en photo (ou filmer), ce qu’il fait alors que je passe devant lui, sans m’adresser un mot, une salutation… « tout ce que j’aime ! ». Peut-être était-ce à cause de la chaleur, mais j’en ai eu marre et me suis permis de lui faire une remarque. Quel dommage que certaines personnes ne voyagent plus qu’au travers de leurs objectifs/écrans, tentant de totaliser le plus de photos insolites en oubliant que derrière, il y a des gens qui sont bien là, ouverts au dialogue… 


Heureusement, d’autres personnes nous ont abordés autrement et nous avons pu échanger un peu sur notre expérience, c’est tellement facile de lancer une conversation agréable… Marius, ravi, a notamment hérité d’un trognon de pomme d’une personne qui me racontait avoir fait 1200 km à vélo en Belgique, France, Pays-Bas, Suisse et Allemagne pour une association également.

Le tunnel du col de Menée

Nous avons ensuite amorcé la longue descente vers le Diois. En passant sur ce versant, on sent nettement la différence de température par rapport à l’autre côté ! Heureusement, nous avons trouvé quelques sources et rivières pour abreuver Marius. En bordure de la forêt domaniale du Sapet, nous avons fait une pause. Là, nous pensions rejoindre le GR93 pour prendre un raccourci, mais il ne nous semblait pas tellement praticable. C’est donc contraints et forcés que nous avons poursuivi sur la route.

Tout au long de la descente du col de Menée, côté Drôme, on trouve des buissons taillés, en général dans des formes simples, mais certains se permettent un peu de fantaisie 🙂

Nous avons ensuite fait une pause au hameau des Nonnières dans un bar/restaurant/hôtel où prendre une glace et un coca. Nous avons eu la désagréable impression d’être dévisagés des pieds à la tête… Nous nous sommes sentis un peu marginaux d’un coup… jugés par ces gens. Bref, on pouvait rêver mieux comme arrêt.

Plus tard nous avons traversé le village de Menée, il ne nous restait plus que 5 kilomètres jusqu’à Châtillon. Nous avons poussé jusqu’à Mensac, puis un peu plus loin, mais la fatigue a eu raison de nous à environ 1.5 kilomètres de Châtillon, après une étape de 31 kilomètres ! Et nous sommes bien contents de notre journée, nous avons bien avancé.

C’est encore une fois à la belle étoile,  près d’une rivière que nous passons la nuit, dans la fraîcheur du soir sous les étoiles filantes et les éclairs de chaleur. Marius est couché, il n’en peut plus ! Il continue à être la cible des mouches, taons et autres insectes au point qu’il commence à avoir des plaies par endroit, et il sature de ces insectes ! Pour couronner le tout, son pâturage du soir n’est pas très vert… Nous rattraperons ça par une pause dans un endroit bien fourni en herbe pour compenser !
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Marius dans les écrins 2012

20 août : Entrée dans le Vercors

Réveil assez tôt pour un départ à 8h15. Marius avait pu bien profiter de son généreux pâturage !

Nous avons commencé par la traversée de St-Michel-les-Portes, toujours à la recherche d’un café, mais là encore pas de café en vue… Nous n’avions plus d’eau, nous avons donc demandé à une dame s’il y avait un café dans le village, et elle nous a confirmé qu’il n’y en avait pas. Elle s’est gentiment proposée de remplir nos gourdes et nous a offert un café que nous avons accepté avec plaisir !

St-Michel-les-Portes et ses belles toitures

A proximité de leur maison se trouvait une grange en démolition, ça m’a fait un peu mal au cœur de voir cette grange en pierre démolie, car même si elle ne représente pas grand-chose, c’est une partie du patrimoine qui part avec elle. A mon sens, si toutes les granges et vieilles maisons en pierre sont remplacées par des maisons modernes, le village perd son âme. Celle-ci sera remplacée par une maison 100% écolo. Il reste encore une richesse à ce village toutefois puisque ses toits sont classés.

Nous avons aussi croisé un secouriste / guide de montagne retraité. Il nous contait les récits de ses activités professionnelles : la recherche de gens qui disparaissent sur le plateau en s’éloignant des sentiers balisés qui n’étaient pas toujours retrouvés. Un métier qui n’est pas toujours évident, et des réalités dont on ne prend pas toujours conscience…
Nous avons repris la route vers 9h sur un petit bout de route pendant environ 800 mètres. Ensuite nous avons repiqué sur un sentier très agréable : le sentier du facteur, baptisé ainsi puisque autrefois emprunté par ce dernier. La brume matinale nous épargnait un peu du soleil. Nous avons profité du ruisseau pour abreuver Marius. 


Le sentier (200 mètres de dénivelé) menait au pont de l’Eteiller qui s’est avéré être une passerelle en métal assez étroite. Nous avons suivi les traces d’équidés qui contournait la passerelle en traversant la rivière (Marius l’a passé sans discuter :).  Le sentier devenait ensuite une piste très peu ombragée avec une petite brise de temps en temps. Heureusement quelques nuages nous offraient un peu de répit. Une mise en route costaud !

Le Mont Aiguille

Avant d’atteindre le col, nous sommes tombés sur un cabanon et une petite source, le lieu idéal pour une pause casse-croûte 🙂 Il était à peine midi, mais le lieu était sympathique. Une fois débâté, Marius s’est roulé de tout son long… dans les cendres (« et qui est-ce qui le brosse après ?? »  ;). Nous sommes resté un moment dans cet endroit paisible et revigorant. Quelques brises de vent ont fait redescendre la température. Avant de repartir, nous avons croisé des randonneurs originaires d’Annecy qui étaient là en vacances et faisaient des randonnées à la journée.
Départ vers 15 heures donc, pour la fin de l’ascension vers le col de Papavet (1553 mètres d’altitude). Marius n’est pas très friand de ces chemins caillouteux, il marche doucement et nous nous adaptons à son pas puisque c’est lui qui donne le rythme de la marche. En général, surtout dans les montées nous n’avons pas besoin de le tenir, il monte seul entre Joëlle et moi. Il n’y a que quand il se lance le défi de goûter chaque brin d’herbe qu’il croise  sur son chemin que nous devons le reprendre un peu, mais en général il suit.

Après le col, qui offre un très beau point de vue sur le Mont Aiguille, nous avons continué à descendre sur la piste jusqu’à Trezanne (1600 mètres d’altitude). En passant dans ces villages, nous faisons notre entrée sur le haut plateau du Vercors ! De là, direction Chichilianne. Ce sont des chemins que nous connaissons déjà pour les avoir parcourus deux fois lors de nos précédentes randonnées, nous avons donc choisi de prendre la route car nous avons toujours du retard : nous augmentons le nombre de kilomètres, mais nous avançons plus vite. Et ce n’est certes pas très agréable en comparaison, mais plus efficace… Par contre, plus nous descendions, plus la température montait !

Le Mont Aiguille de profil

Nous sommes arrivés à Chichilianne vers 20 heures. Nous connaissions un petit restaurant à la réputation mitigée, dû notamment à l’amabilité de la tenancière : nous y étions passé il y a 2 ans, à l’époque accueilli par une équipe de jeune très sympathique, mais l’année suivante changement d’équipe, et changement d’ambiance assuré ! Difficile de décrocher un sourire à cette dame qui n’avait pas l’air d’apprécier son travail… mais nous nous réjouissions à l’idée de nous mettre un bon morceau de viande sous la dent après ces 3 semaines de diversité alimentaire toute relative… ! Manger autre chose que ce que nous transportions dans nos sacs nous ferait le plus grand bien 🙂 Nous avons donc débâté Marius et l’avons laissé sur un coin de verdure devant l’église.

Verdict : statu quo ! Toujours une ambiance un peu particulière et un accueil qui omet la valeur d’un simple sourire. Mais c’était bon. Nous y avons retrouvé un couple de randonneurs que nous avions croisé l’après-midi.
Nous avons passé la nuit dans le même champ en jachère que l’an dernier. A nouveau, pas de tente, on profite des températures pour contempler les étoiles.
Demain, au vu de notre retard, nous avons décidé de na pas passer par le haut plateau et de prendre la route à la place. Nous sommes un peu déçus, et avons beaucoup hésité, mais nous serons plus rapide en passant par le col de Menée et pourrons mieux profiter des jours suivants.

Globalement, nous sommes assez fatigués. Les écrins en première partie de randonnées y sont sans doute pour quelque chose, mais d’un autre côté, il valait mieux être en forme pour ces étapes. Une bonne nuit nous fera du bien, et demain nous prévoyons une grosse étape pour rattraper le retard.

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19 août : A quoi ressembleraient nos randonnées sans toutes ces belles rencontres ?

Hier soir, panne de gaz ! Nous avons vidé la boutielle de notre réchaud alors qu’elle nous dure d’habitude pour 2 randonnées… Peut-être s’est-elle malencontreusement vidée ? Toujours est-il que la soupe en sachet sans réchaud…… Et bien il ne nous restait plus qu’à la regarder 😉

Pour cette journée, nous avions prévu de longer le lac de Monteynard-Avignonet, mais de là où nous avons dormi, nous pouvions voir le passage que nous étions censé prendre et il ne nous inspirait pas tellement confiance. De plus nous n’avons trouvé personne qui aurait pu nous confirmer que ça ne posait pas de problème avec un âne, seulement des gens qui nous mentionnaient qu’il y avait un précipice. 

Par précaution, nous avons donc choisi de contourner ce passage en prenant la route. Mais pour couronner le tout, j’avais perdu une de nos cartes (je l’avais probablement oubliée lors d’une de nos étapes…), et bien sûr il s’agissait de celle dont nous avions besoin. Je n’étais donc pas sûr que cette route nous mènerait au lac ou au camping (nous avions prévu de passer par un camping près du lac, ou normalement, on trouve toujours de quoi faire quelques courses et le nécessaire du campeur !). On verra bien (ce que nous ne savions pas à ce moment là, c’était que la route nous faisait faire un gros détour…)! 


Nous avions aussi besoin de faire quelques courses : nous sommes dans une région dans laquelle on ne trouve plus de commerces dans les villages. Boulangerie, café, épiceries et autres lieux de vie disparaissent au fur et à mesure. Je trouve ça un peu triste pour la vie du village, ce sont des lieux de rencontre et de lien social essentiels. Comme nous l’ont dit plusieurs personnes rencontrées « Dans un village, le jour ou le café ferme, le village se meurt ».

Pont de Brion

En itinérance il faut donc prévoir large. Depuis La Morte nous n’avons pas croisé d’épicerie. Pour tout ce qui est repas du soir (le riz, la soupe…) nous pouvons prévoir. Par contre, pour ce qui est des légumes, saucisson, jambon, et autres produits frais, nous pensions pouvoir nous approvisionner plus régulièrement sur notre chemin.

Sur ce nous avons donc pris la route. Au bout de 7 kilomètres, nous nous sommes arrêtés pour faire le point. Nous décidons de contacter le camping pour leur demander s’ils avaient une bouteille de gaz : négatif. La personne du camping nous conseille le supermarché de Monestier-de-Clermont qui est ouvert le dimanche matin… il est 11 heures. Si en voiture on y accède en quelques minutes, à pied il nous faut 1 heure. Nous changeons donc de technique et optons pour le porte-à-porte. Nous tentons d’expliquer aux gens ce que nous faisons, notre situation pour leur demander s’ils pourraient nous emmener au supermarché (nous étions à Roissard qui se situait à 5 kilomètres de Monestier-les-bains).

Tous les hameaux ont leur four à bois !

Notre première tentative a essuyé un refus. Nous avons ensuite croisé un Monsieur qui se trouvait dans son jardin avec ses 2 enfants. Il nous indique qu’il a une bouteille de gaz et qu’il peut nous la donner. Malheureusement elle n’est pas compatible avec notre système de réchaud. Nous sentions qu’il était un peu gêné à l’idée de m’emmener, mais il a fini par accepter. Je suis donc parti avec Frank au supermarché où j’ai fait mes courses mais je n’y ai pas trouvé de bouteille de gaz. Frank m’a parlé d’une quincaillerie, où nous sommes aussi passés, mais rien non plus. Je suis rentré bredouille de ma quête…

Pendant la demi-heure où j’étais parti, Joëlle, que j’avais laissée à Roissard avec Marius, avait sympathisé avec Brigitte, la femme de Frank. Et de retour de Monestier, j’ai appris que nous avions été invités à déjeuner chez eux ! Nous avons encore fait une rencontre charmante, des gens très impliqués dans tout ce qui touche à l’environnement. Frank travaille à l’ONF (Office National des Forêts) : nous lui avons parlé de la coupe de bois que nous avions croisé la semaine passée. Il nous expliquait que l’ONF sous-traitait son activité à des bûcherons issus des pays de l’est qui coupaient le bois et qu’à la fin de leur journée, travail terminé ou non, ils partaient…

Nous avons aussi beaucoup parlé du climat par cette journée caniculaire : Frank nous disait qu’il voyait la forêt évoluer au fil des années, devenir de plus en plus méditerranéenne, on y trouve de plus en plus de pins, du buis, tout devient très sec et depuis quelques années, ils entendent les cigales dans le Trieves ! Ce qui confirme que l’impact du climat sur l’environnement, ce ne sont pas seulement des textes couchés sur le papier… Plus on monte, plus on retrouve une nature qui évolue. Cela fait aussi 3 années de suite que nous avons droit à une canicule (30°C ou plus en journée et le thermomètre qui ne descend pas en dessous de 18°C la nuit).

Nous avons parlé de tas de choses, beaucoup rit, refait le monde, nous découvrant au fil de nos conversations des points communs. Vraiment très sympathique.
Dehors, le thermomètre ne cessait de grimper… Nous repoussions notre départ et nous ne voyions pas le temps passer. C’est donc à 17 heures que nous avons fini par quitter nos hôtes, avec un nouveau réchaud dans le sac (ils nous ont généreusement laissé le leur avec leur système).
Nous laissons derrière nous des gens très gentils, et repartons ravis d’avoir pu partager avec eux cette riche expérience humaine. Nous nous reverrons c’est sûr, ne serait-ce que pour leur rendre leur bouteille de gaz mais surtout pour, nous l’espérons, donner suite à cette rencontre. Bref, un peu dur de reprendre la route… et pas seulement à cause de la canicule.

Nous voilà repartis sur des chemins ensoleillés et chauds. Brigitte et Frank nous avaient indiqué quels chemins suivre pour retrouver notre itinéraire initial vers St-Michel-les-Portes. Nous avons eu a traverser une nationale devenue départementale mais qui n’était pas pour autant moins fréquentée.
Les fontaines croisées au détour des villages nous font toujours le plus grand bien. Certaines sont à sec, coupées à cause des restrictions d’eau. Heureusement, nous trouvons toujours de l’eau pour Marius mais c’est la première année que nous avons aussi chaud en randonnée au mois d’août.
Nous avons fait étape pour la nuit aux portes de St-Michel-les-Portes dans un chemin à proximité d’une maison. Encore une fois, pas de tente nécessaire, nous avons pu admirer le ciel étoilé, et après 6 étoiles filantes (plus sympa à compter que les moutons 😉 je me suis endormi.

Quelle légende pour cette photo ?? “La rando ça nous botte !” 
Bof… un peu facile… des idées ? 😉

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18 août : La tête dans les étoiles !


Réveil vers 7 heures ce matin. Encore un vrai bon petit déjeuner ! Quand nous sommes chez l’habitant, nous prenons beaucoup de temps pour discuter, et l’heure tourne vite. Nous sommes partis vers 9h30, laissant Gilles à ses travaux (il faisait une tranchée devant sa maison) ravis de notre passage ici. Encore une belle rencontre avec ce Monsieur très très très gentils, pleins d’attention, un grand merci ! Heureusement Marius n’avait pas saccagé le jardin pendant la nuit 😉
Direction St Jean d’Hérans sur une alternance route / chemins. Il faisait encore frais nous n’avons donc pas souffert du manque d’ombre. Arrivés à St Jean d’Hérans vers 11h15, nous avons cherché un café, mais à nouveau, sans succès !


Un Monsieur nous a gentiment proposé de venir le prendre chez lui avec de bons petits biscuits. Nous y sommes restés 45 minutes à discuter. Nous avons notamment abordé le thème des guerres de religions qui ici non plus n’ont épargnée personne, ce qui justifie les quelques cimetières protestants que nous avons croisé sur notre chemin. Nous avons aussi pu admirer le fruit de sa passion : la vannerie. 

Avant notre départ, il a rempli nos gourdes d’eau fraîche et nous a donné du pain pendant que Marius, pour le remercier, s’occupait de tondre l’herbe du jardin devant la maison… 😉 Il est aussi devenu une star le temps d’être photographié par notre hôte sous tous les angles ! Encore merci pour ce charmant accueil 🙂
Au loin, la silhouette du Mont Aiguille se démarque sur la ligne d’horizon !

Après avoir quitté le village nous avons repris un bout de route goudronnée, plutôt agréable car un ruisseau courait le long de cette route, nous apportant un peu de fraîcheur. Arrivés au prochain village, Villard-de-Touage nous nous sommes pausés un peu histoire de souffler avant d’attaquer la côte qui arrivait. Vers 13 heures nous empruntons donc cette piste (qui doit nous faire monter de 760 à 811 mètres d’altitude) avec un premier kilomètre dur dur. 
Nous étions en plein soleil, il commençait à faire vraiment chaud… Heureusement le chemin se poursuivait dans une forêt, notre espace climatisé naturel ;). Nous y avons fait une petite pause et avons débâté Marius qui pensait plus à dormir qu’à manger. Nous avons fait de même et nous sommes assoupis un instant en travers du chemin après avoir cassé la croûte.
Vers 15h30,on lève le camp et on continue sur la piste avant d’aborder une descente un peu abrupte par moment : on ressangle Marius et on y va ! Comme il s’habitue aux sacoches, il arrive qu’il y aille un peu trop vite, dans ces cas là je me mets devant lui sur le sentier pour réguler sa vitesse.

Arrivés au hameau de Villard-Julien, mission « trouver de l’eau pour Marius », qui n’avait pas bu depuis le matin. Le hameau était formé de plusieurs vieilles fermes joliment restaurées, à priori en maisons secondaires, toutes assez imposantes. 

Nous nous sommes arrêtés devant l’une d’elle où nous entendions du bruit pour demander où nous pourrions trouver une source. Une famille y était réunie pour un anniversaire. Ils ont rempli nos gourdes d’eau fraîches (ce qui tombait bien puisqu’elles s’étaient vidées peu avant notre arrivée au hameau), mais pour Marius elle nous a indiqué la fontaine plus bas dans le village… Quelques photos de Marius et nous sommes repartis.

Nous sommes allés donner à boire à Marius qui avait très soif. A la sortie du village, nous nous sommes régalés de prunes bien mûres et comme chaque fois, Marius en a profité un peu aussi 😉 

Nous avons continué sur un bout de route, puis une piste qui n’avait pas l’air d’être très pratiqué ces deniers temps. Elle était envahie de toute sorte de broussailles. Puis la piste s’est transformée en sentier, le genre de sentier avec un ravin sur le côté où on croise les doigts pour que son âne ne fasse pas un faux pas où ne soit pas déséquilibré ! Mais celui là par contre avait été refait récemment, dans les combes, il y avait des planches et des piquets pour maintenir le sentier.

Même le banc est laissé à l’abandon !

Etape suivante : Lavars. Nous y avons trouvé une très belle église récemment restaurée. Au fur et à mesure des différents hameaux et villages du Trieves traversés, nous constatons que les églises ont toutes une architecture assez différente, toujours très jolies mais chacune dans son style. 
En sortant de Lavars, nous sommes passés devant une maison en restauration. Il s’y trouvait 3 ânes dont un entier qui a accouru à l’approche de Marius. Il s’approchait du portail fait de bric et de broc et commençait à s’exciter. Joëlle a donc éloigné Marius par précaution tandis que je demandais le chemin au propriétaire qui avait du mal à contenir l’entier. 

Nous songions à nous arrêter car nous avions déjà parcouru une vingtaine de kilomètres. C’est donc 2 kilomètres après Lavars, dans le hameau de Marcellaire que nous avons fait étape. De là on entend l’entier braire, il doit sentir la présence de Marius pas loin.

Fini la journée !

Ce soir, vue sur le lac de Monteynard-Avignonet que nous longerons demain, et pas de tente ! La nuit promet d’être idéale pour profiter des étoiles 🙂
Lac de Monteynard-Avignonet

C’est donc la tête dans les étoiles que nous vous laissons jusqu’à notre prochain message !

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17 août : Sous nos pieds, un labyrinthe de galeries

Ce matin, réveil avec un petit dèj’ très copieux et de qualité : des produits frais et régionaux, des croquettes de Vinsobres (de ce côté-là, on n’était pas dépaysé ;), Catherine nous avait fait des galettes, bref, un petit déjeuner digne de ce nom !

De notre passage dans ce relai équestre, nous retiendrons deux mots : serviabilité et gentillesse. Le cadre est magique , l’accueil réservé est chaleureux, plein de gentillesse, Catherine était très attentionnée, aux petits soins avec nous. Si vous avez l’occasion de passer par là, nous ne pouvons que vous conseiller vivement cet endroit, avec ou sans équidé (les cavaliers ou randonneurs avec âne ne sont pas l’essentiel de sa clientèle). Nous nous sommes rendu compte après coup que ce gîte était recommandé par le Guide du Routard (décidemment, depuis le premier restaurant de Briançon à maintenant, nous sommes toujours bien tombés au hasard de notre trajet !), il le mérite bien !

Départ à 9 heures, à l’assaut du Senepy avec des brioches dans nos poches offertes par Catherine (merci pour tout !). D’entrée, nous nous sommes trompés de chemin… Après 2 kilomètres j’ai fini par sortir le GPS, qui jusqu’à présent ne m’avait pas servi, pour tenter de nous situer et voir par où passer. Plutôt que de rebrousser chemin, nous avons choisi de rejoindre le bon sentier par un chemin transverse pour limiter les kilomètres. Mais même par la suite, les indications laissaient à désirer…
Nous avons continué en direction de la Pierre plantée : les pierres plantées délimitaient les territoires des communes de la Mure et de La Motte d’Aveillans. Ces communes rivales s’affrontaient sur des problèmes de bûcheronnage et de pâturage, et ce bornage avait été commandité par l’évêque de Grenoble pour y remédier.


 Plus nous prenions de l’altitude, plus nous profitions de la vue à l’ouest sur les contreforts du Vercors qui s’étendait de tout son long, de plus en plus majestueux. Comme les indications étaient très approximatives, nous avions le nez planté dans la carte tous les 100 mètres pour savoir dans quelle direction continuer, à chercher des traces… nous n’avancions pas très vite. Nous avons donc décidé de ne pas faire le détour pour voir la pierre plantée et de continuer sur le Sénepy.
Nous nous perdions régulièrement, nous ne trouvions pas notre chemin, notamment à cause des nombreux sentiers dessinés par les vaches. Ce fût un peu éprouvant, d’autant qu’avec Marius nous ne pouvons pas nous permettre de prendre n’importe quel chemin puisque lui ne passe pas partout… Nous étions dans une situation où nous attendions les panneaux indicatifs (parfois pas très clairs) comme on attendrait un oasis dans le désert… Ce manque de précision était un peu limite…

Sur notre chemin, nous avons croisé pas mal de vaches, et, aspect pratique avec un âne : nous trouvions pas mal d’abreuvoirs dans lesquels Marius pouvait se désaltérer. Pour ce qui est de l’ombre, c’était un peu plus compliqué : pas un arbre en vue! 

Les vaches ont la belle vie !! (et ça marche aussi avec “vue”… 😉

Après avoir tourné et viré, nous avons amorcé notre descente vers le col du Senepy vers 14h30 (1526 mètres). Au détour d’un sentier, nous avons rencontré Didier et Geneviève, un charmant couple qui nous a accompagné jusqu’au col. Nous avons pu échanger à propos des diverses randonnées que nous avions faites, nous leurs en avons conseillé quelques unes, etc. Eux non plus n’était pas satisfait du balisage des sentiers et s’étaient aussi trompé de chemin à plusieurs reprises.

Nous avons poursuivi sur la Serre de Combette. La vue y est particulièrement étendue : du Taillefer au Dévoluy, des Ecrins au Vercors, les massifs étalent leur paysages de cimes devant nous, impressionnés par ce magnifique spectacle.

La longue descente (de 1526 à 816 mètres d’altitude) se poursuivait sur une piste forestière ponctuée de ponts canadiens (système de confinement des grands animaux -sauvages ou domestiques- qui permet de se passer de barrière mobile, en laissant, dans un système de clôture, une ouverture permettant la libre circulation des piétons et des véhicules). Un éleveur qui descendait en 4×4 s’est arrêté à notre hauteur pour nous demander ce que nous faisions. Lui, descendait chercher l’éleveur d’un des troupeaux de vache car une des vaches avait vêlé, et son veau était en plein soleil.

Nous avons quitté la piste pour un sentier à travers bois. Au début, il était facile avec de l’herbe très verte, mais il est rapidement devenu plus raide, d’autant que la pluie avait raviné les chemins, bref un chemin qui, avec Marius, demande concentration et prudence. Un arbre en travers du chemin nous a contraint à passer par un autre sentier pour le contourner mais qui s’est terminé en cul-de-sac, envahit de ronces et  de troncs, et nous ne trouvions plus moyen de retourner sur notre chemin initial. Nous avons fini par trouver une alternative qui a nécessité quelques manoeuvres car nous étions proche d’un ravin : marche arrière pour Marius ! Ces désagréments ont été atténués par les nombreuses mûres que nous trouvions sur notre chemin et dont nous nous sommes gavés. Nous mangeons peu de fruits, et ces mûres et les autres fruits que nous trouvons en général sur notre chemin viennent combler un peu ce manque et nous font faire le plein de sucre, essentiel pour la marche. Marius a aussi eu sa part évidemment 🙂
Avant d’atteindre le hameau du Pellenfrey, nous avons croisé un berge des temps moderne qui allait chercher ses brebis en quad… Puis nous sommes tombés sur un domaine équestre assez important, certains chevaux étaient en liberté, sans clôture : je me méfie toujours un peu de leur réaction vis-à-vis de Marius, car si lui reste indifférent, avec les autres on ne sait jamais. Nous avons pu profiter de quelques points de vue sur des montagnes que nous avions côtoyées de près l’an dernier, séance souvenirs dans ma tête…
Dans chaque hameau nous croisons des fontaines, et chaque fois, c’est la tête la première que nous y plongeons pour nous rafraîchir. L’air devient sec et la chaleur se fait bien ressentir. La fontaine du hameau de St Arey n’a pas dérogé à cette règle 🙂 Nous y avons aussi fait une pause casse croûte pour grignoter un morceau de fromage.
Nous avons longé le Drac, un torrent agité de 130 kilomètres qui délimite le plateau de la Matheysine à l’ouest (séparation avec le Vercors) et au sud (séparation avec le Trièves), et qui prend sa source dans la région voisine des Hautes Alpes pour se jeter dans le barrage de Monteynard à l’ouest. Nous nous trouvions sur la Matheysine et nous dirigions vers le Trièves.  
Nous avons croisé plusieurs barrages hydro-électriques sur le Drac. Au total il y a 4 grands barrages sur le Drac qui produisent annuellement 1700 GWh : le Sautet, Cordéac, St Pierre-Cognet et Monteynard.
Nous sommes chaque jour un peu plus proche du Mont Aiguille!

En dessous du hameau de Cognet, vers 21 heures, nous avons passé un petit pont romain en face duquel se trouvait une de ces centrales. Peu après nous avons rejoint un hameau de la commune de St Jean d’Hérans. Une longue journée : nous avons pas mal tourné en rond, souvent consulté la carte, démandé aux passants si nous étions sur la bonne route, fait quelques détours et donc perdu pas mal de temps. Nous n’avions plus d’eau, notamment pour Marius, et nous avons entamé la recherche d’un pré où passer la nuit.
Dans le hameau, nous avons demandé  à un monsieur, assis devant sa maison où nous pouvions trouver une fontaine, nous y sommes allés puis il est revenu nous trouver car il s’est rappelé que l’eau n’était pas potable, et nous a proposé de passer la nuit chez lui ! Nous avons trouvé une place pour Marius dans son jardin, c’est toujours un soucis car chez les particuliers, nous craignons chaque fois qu’il ne se régale des arbustes et autres plantes du jardin.
Et nous avons donc passé la soirée avec Gilles. Une soirée très intéressante où nous avons appris pas mal de choses sur la vie de la région, notamment que la centrale hydro-électrique que nous avions croisé avait été construite dans les années 50 (en 1957), et que sa maison avait été construite, avec 13 autres, par EDF, pour les gens qui travaillaient dans la centrale. Ces maisons ont ensuite été abandonnées pendant de nombreuses années avant d’être remises en vente par EDF, restaurées, et elles forment maintenant un nouvel hameau de St Jean d’Hérans.

Nous avons également longuement parlé des mines qui ont fait la richesse de la région, dans lesquelles on extrayait l’anthracite. Il nous expliquait que le Senepy était par conséquent truffé de galeries. A tel point que peu avant la fin de leur exploitation, de puissantes machines avaient remplacé les piolets pour leur exploitation et leurs impacts beaucoup plus violents avaient entraîné l’effondrement de 2 maisons (heureusement inhabitées) dans des galeries. Une soirée donc très instructive et très intéressante avec Gilles, qui est aussi très tournés vers l’environnement et l’alimentation saine. 

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Marius dans les écrins 2012

16 août : Et nous qui pensions que le plus beau était derrière nous !

La pluie redoutée s’est confirmée pendant la nuit. Heureusement nous avions bâché les sacoches en prévention, donc pas de soucis particuliers. Notre voisine la vache meuglait à nouveau, puis nous avons entendu des voix que je pensais être celles de randonneurs, mais il s’est avéré que c’était l’éleveur qui avait du entendre sa vache et qui était venu la récupérer, portant son veau dans les bras! Ils avaient en fait pris la poudre d’escampette et la vache était inquiète. Marius n’était pas tellement rassuré non plus.

Ils avaient beau avoir annoncé une journée caniculaire, nous nous sommes réveillés dans la brume et nous supportions bien nos polaires (mais nous étions à 1054 mètres d’altitude). Commence alors le rituel du matin, ranger la tente et nos affaires, bâter Marius, et prendre le départ vers 8h30 pour aller prendre un café dans le village de Cholonge. Mais déception, pas d’endroit où se restaurer…

Nous sommes donc partis à la recherche du sentier de départ qui, une fois trouvé, nous a menés dans un sous-bois idyllique… Sous ses feuillages, régnait dans une atmosphère imprégnée d’eau un foisonnement de verdure, plein d’enchantement. La mousse avait fait des rochers son ancrage, tandis que le ruisseau, source de vie en ces lieux, mettait cet ensemble en musique en courant le long du chemin. Très agréable pour commencer la journée!

Puis nous avions à traverser la nationale, heureusement facilitée par la présence d’un feu tricolore qui nous a permis de passer tranquillement. Après un peu de route et de sentiers, nous avons à nouveau retrouvé le GR pays du tour des lacs de Laffrey (915 mètres), avant d’attaquer à l’ascension de la Pierre percée (située à 1248 mètres d’altitude). Il faisait encore frais même en marchant, mais cette montée a fini par nous réchauffer au fur et à mesure que nous montions.

A proximité de la Pierre percée, un site qui attire du monde avec son imposante roche trouée, nous sommes sortis de la forêt et avons pu jouir d’une vue imprenable!

La Pierre percée
Dans toutes les directions, la vue dégagée est splendide. Au premier plan, les champs et les villages disséminés ça et là, en arrière plan, un panorama à 360° qui s’étendait de deux des lacs de Laffrey aux contreforts du Vercors en passant par les écrins, le Trieves et toute la vallée. Woaw, grandiose !

On a beau avoir déjà parcouru le Trieves, on se prend une claque à chaque fois ! Nous le découvrons sous de nouvelles facettes toutes plus surprenantes les unes que les autres. Et nous qui nous disions que le plus beau était derrière nous en ayant quitté les écrins… ! 

En arrivant sur le GR la pause déjeuner s’imposait, petite pause d’une demi-heure histoire de remplir nos estomacs qui criaient famine ! Puis direction La Motte d’Aveillans, une ancienne citée minière, dans laquelle, à part un musée qui permettait de visiter une partie de la mine et à l’entrée duquel était exposé un ancien wagon minier, il ne restait pas grand-chose de ce passé. On sentait que cette ville avait souffert de la fermeture des mines…

Musée de la Motte d’Aveillans : wagon minier
Nous comptions trouver de quoi manger un morceau : il faisait faim à marcher, et la fatigue commençait à se faire sentir, mais tout avait l’air fermé ! A force d’arpenter les ruelles, nous avons tout de même fini par trouver une boulangerie. Un coca, un pain au chocolat, et c’est reparti !
Nous avons pas mal tourné à la recherche du sentier qui nous permettrait de sortir de la ville. Nous en avons profité pour demander à des gens qui s’affairaient dans leur jardinet si nous pouvions remplir nos gourdes et offrir de l’eau à Marius. Ils ont très gentiment accepté et nous ont apporté une bouteille de limonade. 

Plus tard, en croisant 2 cavaliers, nous leurs avons demandé notre route et quelques conseils car nous savions qu’un des sentiers que nous avions prévu de prendre n’était pas praticable. Ils redescendaient du Senepy et nous ont donc indiqué par où passer. Nous avons emprunté une piste forestière et avons marché 3 bonnes heures : plus nous avancions, plus la piste rétrécissait jusqu’à devenir un sentier. Et plus nous montions, plus nous avions l’impression d’être en Provence : l’odeur des pins, du thym, l’air sec et chaud… 


Après cette bonne grimpette, une bonne pause… devant le relai equestre des Signaraux, tenu par Catherine Martinasso, à 1200 m d’altitude dans le hameau isolé de Signaraud (commune de La Motte d’Aveillans). Nous avons finalement décidé de nous arrêter là pour y passer la nuit. Comme nous n’avions pas réservé, le gîte n’était pas tout à fait prêt et on nous a donc offert un verre pour patienter. Le gîte est divisé en deux charmants petits chalets à l’intérieur bien décoré. Nous y avons été très bien accueillis !
Marius a dormi à côté du chalet car lorsqu’on l’a mis à l’extérieur il rallait, et le voisinage n’étant à priori pas très compréhensif, nous avons préféré le rapprocher pour le rassurer.
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Marius dans les écrins 2012

15 août : Marius part en vadrouille


Réveil encore difficile vers 7h45, mais rendu plus agréable par nos hôtes Marie-Odile et Pierre, un couple de retraité, qui ont eu la gentillesse de nous apporter un café pour notre petit déjeuner 🙂 Nous étions prêts à 9 heures et avant de partir nous avons longuement discuté avec eux de l’agriculture, du hameau, et des méfaits provoqués par l’élevage intensif qui provoque la pollution des rivières mais aussi des nappes phréatiques (contrairement à ce que l’on pourrait penser). Ils nous ont gracieusement fait un don pour l’association avant que nous ne prenions congé vers 10 heures. Merci encore pour votre accueil et votre générosité!



Nous avons fait vite sur le départ car nous avions 6 kilomètres avant d’arriver à La Morte et nous voulions faire quelques courses avant la suite de notre randonnée car nous n’étions pas sûrs de croiser des commerces les jours suivants.


Dans un premier temps nous avons suivi une piste goudronnée, probablement les vestiges de l’accès au col de la Morte qui servait avant la création de la départementale. Par endroits il était encore entretenu. Ensuite nous avons alterné entre la départementale et des sentiers jusqu’à atteindre L’Alpes du Grand Serre (du nom de la station de ski de la commune de La Morte).  Il semblerait que le nom peu attrayant de ce village vienne d’un mot italien en rapport avec la montagne, toujours est-il qu’ils ont donc préféré baptiser autrement la station de ski qui domine cette commune.

Nous avons fait le plein de courses, et j’ai pu changer mes lacets qui avaient cassé à Valbonnais. 3,50 € la paire de lacets… à ce prix là ils ont au moins du être tricotés par le vendeur ! Comme le melon à 4€ qui devait venir de loin… tout est comme ça, vive la montagne (on ne peut pas tout avoir 😉 !

La traversée du désert…


Après un arrêt pour déjeuner dans un pré de la commune, nous avons repris la route vers 14 heures. S’en est suivi la traversée du (hameau du) Désert, une des communes du coin la plus peuplée dans le temps, qui s’est peu à peu vidée de ses habitants. Nous y avons rencontré des gens qui nous racontaient que par le passé on trouvait dans le village un maréchal ferrand, un centre équestre, une école qui avaient aujourd’hui disparu… Sur ce, une vieille dame toute gentille et attendrissante arrive et nous accoste : “Bonjour, je cherche une boîte aux lettres?” S’ensuit une conversation sur le courrier car le facteur ne prend pas toujours la peine de s’arrêter récupérer le courrier ici, et alors qu’ils blaguaient autour de ça, la vieille dame sort 2 bouquins : “Est-ce que vous connaissez les témoins de Jehova ?” (!!). Ils sont partout on dirait 😉

Nous les avons laissé discuter et elle est repartie bredouille… Pendant que nous discutions, Marius était parti se promener. Comme je ne le voyais pas revenir, je suis aller le chercher : j’ai pris une ruelle, mais pas de Marius. Puis j’ai aperçu un hangar qui humait bon le fourrage tout juste stocké… Connaissant notre Marius national, voilà une bonne piste à explorer ! Et en effet, je l’ai retrouvé au fond du hangar en train de se gaver de foin… “Aller Marius, fini le festin!”.



Les gens avec lesquels nous discutions sont revenus vers nous et nous avons parlé de politique, des médias… Ils nous ont également indiqué que le chemin que nous prévoyions d’emprunter n’était pas forcément praticable. Nous avons donc opté pour un sentier alternatif, balisé pour les VTT. Au début c’était un chemin très agréable, boisé, au frais, mais la grande descente qui suivait devait effectivement être plus appréciée des VTT que des ânes.

Marius commence à être la cible des taons qui sont assez agressifs par ici, après avoir tenté l’emouchine qui n’est pas forcément efficace, c’est à la main que je m’emploie à les chasser.

Les indications n’étaient pas très claires, nous avons croisé pas mal de chemins sans trop savoir où ils menaient, et nous n’étions pas sûrs d’être sur la bonne voie : seules quelques empreintes d’équidés nous assuraient que ce chemin était pratiqué. Dans ces cas là on suit son instinct et pour cette fois nous avons eu de la chance. 

Marius a traversé un torrent sans difficultés (je n’irai pas jusqu’à dire qu’il a apprécié mais il y est allé) et nous avons fini par retrouver la piste forestière que nous devions prendre initialement (en ayant fait un bon détour à priori!), chemin très agréable avec de grands lacets, à l’abri du soleil, ponctué de quelques cascades et accompagnés de la mélodie de l’eau qui s’écoulait ça et là.

Les “rando-poussettes”, vous connaissez ? 😉


Vers 18h30, nous atteignons le Sapey, et continuons notre marche sur le GR549, un GR de pays qui a en commun une partie du sentier avec le tour des lacs de Laffrey : le lac des Petichet, le lac Mort, le lac de Pierre-Châtel et le grand lac de Laffrey. Sur les conseils de Yohann, nous sommes passés en contre-haut de ces lacs, passant de 884 à 1234 mètres d’altitude. Le chemin que nous empruntions avait beau être interdit aux véhicules, il était bétonné… bizarre. Il nous a menés au bois du Pont, sur un sentier au demeurant fort sympathique en pente douce, très appréciable en cette fin de journée! 
Un essaim de mouche avait décidé de nous accompagner une bonne partie du chemin sans que nous puissions nous en séparer… et nous avons vu deux serpents dont une vipère. 

Ce bois était composé majoritairement d’épicéas et de sapins, de quelques feuillus et de noisetiers dont les fruits faisaient la joie de Marius! Même si les noisettes n’étaient pas mûrs, ça lui allait : il a pris l’habitude de découvrir toutes sortes de mets depuis qu’il randonne. Avant habitué à l’herbe et au foin, il était moins attiré par tout ce qui se trouvait à sa portée.

De superbes points de vue sur les lacs ponctuaient notre balade, mais étaient parfois gâchés par des lignes électriques juste devant nous. Nous avons également à nouveau aperçu le Mont Aiguille qui se rapproche de plus en plus : dans quelques jours nous le verrons de tout près !

Vive le béton !


Nous sommes arrivés a Cholonge vers 21 heures, et avons planté la tente dans un champ : à côté de nous, une vache qui n’a de cesse de meugler à la vue de ces deux grandes oreilles vraisemblablement un peu trop proches, et de l’autre côté, 3 ânes qui caracolent en tous sens à la vue d’un de leurs congénères. Au milieu, Marius, impassible, fait sa vie. A se demander s’il a remarqué que nous avons des voisins pour la nuit… 😉 

Le ciel est nuageux, nous redoutons un peu la pluie, on verra bien! Demain soir, nous devrions dormir à l’alpage du Senépy, une étape de 21 kilomètres récompensée par une vue imprenable sur toute la vallée!


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Marius dans les écrins 2012

14 août : Marius 1 – Les vaches 0

Après cette journée de repos, levé à 7 heures réussi ! Nous avons pris notre temps pour nous préparer et régler les derniers détails : aller récupérer Marius dans son parc, donner un coup de main à nos hôtes pour quelques bricoles, refaire nos sacs, revoir le parcours et profiter pour cela des conseils avisés de Yohann pour apporter les dernières modifications et mises à jour.

Comme tout problème a une solution, nous repartons avec un bât comme neuf : après en avoir vainement cherché un de remplacement, Yohann m’a offert de récupérer les sangles d’un de ses bât cassé. J’ai donc adapté ces sangles sur le bât de Marius : royal ! Encore un grand merci pour tout Yohann et Babette !
Marius et ses acolytes du Lou Pa de l’Aze


Départ vers 11h30, avec un col assez difficile pour commencer, mais qui serait la seule grosse ascension de la journée, pour le reste nous avions majoritairement de la descente. Nous sommes donc partis de 797 mètre d’altitude pour monter à 1356 mètres au col du plan du Collet. L’ascension assez ardue, s’est faite dans une belle forêt de résineux et de feuillus, une de ces forêts qui emplit nos sens de senteurs délicates et de fraîcheur et nous offre au hasard d’un chemin quelques baies : fraises, framboises et autres fruits rouges qui font le bonheur de nos papilles !

Pour ce qui est des panneaux indicatifs qui ponctuent le chemin, on s’éloigne de la délicatesse! Ils sont souvent trompeurs, annonçant par exemple 700 mètres quand il reste 2 kilomètres de montée. Si dans notre cas ce n’est finalement pas si grave (sauf pour le moral car on se prépare ä arriver bientôt et on continue à marcher, marcher sans jamais arriver), je trouve que ce n’est pas très sérieux quand il s’agit de familles avec enfants. Et ce n’est malheureusement pas la première fois que nous constatons ce genre d’erreurs dans la région.

Environ 50 mètres avant l’arrivée au col, nous avons quitté la forêt qui nous préservait de la chaleur pour un sentier en plein cagnard, abandonnant les senteurs de sève, et autres plantes pour de lourdes odeurs de vaches : un contraste saisissant ! Mais nous y avons aussi trouvé un champ de chardon, pour le plus grand bonheur de Marius qui s’en est goinfré sans relâche 🙂 Ce n’est pas une légende, les ânes raffolent des chardons!

“Trop chouette, des chardons, j’adore !!”

Nous avons clôturé cette ascension vers 14 heures par une pause déjeuner bien appréciée. Notre itinéraire empruntait ensuite une piste forestière tout en descente, assez abrupte. Nous avons retrouvé l’air frais mais à un moment donné, nous nous sommes retrouvés complètement coincés devant une coupe de bois de l’ONF (Office National des Forêts). 


Personne n’y travaillait et tous les arbres avaient été laissés en travers du chemin. Passer en dessous était trop dangereux, et par-dessus, délicat à cause de tous les branchages sur les troncs. Je me suis engagé avec Marius en essayant de passer par-dessus les troncs : nous nous sommes enfoncés dans les branchages comme dans de la neige. Nous marchions sur les branchages en trouvant tantôt un tronc, tantôt un trou et Marius était complètement paniqué à l’idée de ne pas savoir où il posait ses sabots. 



J’ai fini par renoncer à cette traversée incertaine : Joëlle est venue débâter Marius avant que je ne le reconduise en arrière puis nous avons cherché un passage alternatif dans la forêt en contre-haut de ce chemin inaccessible. La mousse au sol donnait à nouveau cette impression de s’enfoncer, il a aussi fallu composer avec Marius pour qu’il se fraie un chemin entre les arbres, mais nous avons fini par le faire passer de l’autre côté. Ensuite il a fallu retourner récupérer les sacoches et le bât restés de l’autre côté des troncs… Une heure de perdue, et nous avons pesté contre ce travail à moitié fini, qui selon ce que nous avons entendu, est depuis 10 jours dans cet état ! Si un incendie venait à se déclarer, l’accès aux véhicules serait impossible… Il a fallu ensuite rassurer Marius, le re-bâter et repartir, un peu éprouvé par cet épisode.


Plus loin, nous avons retrouvé la départementale qui nous menait au village d’Oris-en-Rattier où nous avons eu le bonheur de trouver une fontaine et le plaisir d’y plonger nos têtes, assommées par la chaleur (sur les routes nous sommes très exposés au soleil et le goudron amplifie cette sensation de chaleur). A la sortie du village, nous avons pu voir la Mure à l’ouest et plus loin, nous devinions l’imposant Mont Inaccessible (plus connu sous le nom du Mont Aiguille).


Après un long passage à suivre la route, nous avons pris un sentier pour rejoindre le vallon du Rif Bruyant. Nous y avons croisé un troupeau de vaches guidé par leur bergère pour rentrer à l’étable. Si Marius est resté très calme, les vaches, elles, impressionnées par ces deux grandes oreilles et cet étrange accoutrement de sacoches étaient effrayées. A tel point que la bergère avait du mal à les diriger… Marius : 1 – Les vaches : 0. 😉

Dans le vallon du Rifbruyant, nous avons suivi les eaux tumultueuses du torrent dans de verts sous bois : un ravissement ! 


Vint ensuite le hameau du Molard, celui du Moulin de Fontagnieu, où nous avons rencontré un couple d’agriculteurs d’un certain âge qui avait l’habitude de voir passer les ânes de Lou Pa de l’Aze mais dans l’autre sens et qui s’étonnaient de nous voir remonter la vallée, puis les hameaux du Fontagnieu, et du Plan. 

Les paysages ont certes changés, mais globalement, l’architecture aussi. Les toitures en ardoise ont remplacé celles de tôle ondulée que nous voyions dans les Ecrins. Nous avons d’ailleurs vu, en descendant du col d’Ornon, une rivière dont le lit s’était formé dans de l’ardoise, cette roche qui se distingue par la qualité de son grain et sa fissilité (qui se divise facilement) et qui font qu’elle peut être utiliser comme matériau de couverture. 
Les clochers des églises sont également plus fins que les clochers massifs des écrins, agrémentées d’une flèche en leur sommet. Tout paraît un peu plus raffiné, sans doute cela se justifie historiquement.


Nous étions censés suivre le GR sur une partie de ce trajet mais vu l’heure tardive, nous avons décidé de continuer sur la route. Vers 20 heures, nous avions atteint le hameau des Mazoirs. 

J’aime tous ces hameaux et villages que nous traversons, qui donnent l’impression que rien n’a été fait depuis 30 ou 40 ans, et me rappellent mon enfance : pas de trottoirs, des fils un peu partout… Le temps semble s’y être arrêté et leurs pierres, gardiennes des récits et évènements qui ont fait leurs histoires, restent muettes mais en disent long et participent au charme de ces lieux. 

En arrivant aux Mazoirs, les gens sont sortis en nous voyant traverser le hameau et sont venus à notre rencontre. Je leur ai demandé s’ils avaient un terrain sur lequel nous pourrions passer la nuit, et ils ont appelé leur oncle qui nous a permis de nous installer sur son terrain. 


En face de notre lieu de campement, nous admirons à nouveau le Taillefer mais sur son flan ouest cette fois et nous nous remémorons les bons souvenirs de nos randonnées passées, les paysages somptueux et les nombreux lacs d’altitude que nous avions pu y admirer.


Nous sommes à 6 kilomètres du village de La Morte, et demain soir nous devrions atteindre Cholon. Vous pouvez maintenant suivre nos prochaines étapes un peu plus haut sur cette page, dans la colonne de gauche.

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13 août : Première semaine, premier bilan !


Notre journée de repos fût très agréable, nous avons retrouvé nos amis rencontré l’année passée, qui nous avaient accueillis à bras ouverts et gardé nos ânes lorsque nous avons du mettre un terme à notre randonnée. Nous avons bien discuté et il se pourrait que l’an prochain se dessine avec eux le projet d’une randonnée ! Nous en avons profité pour laver et remettre un peu d’ordre dans nos affaires, soigner nos quelques ampoules et autres bobos, nous sommes comme neufs, prêts à repartir!


L’occasion aussi de faire un bilan de cette première semaine!


Tout d’abord, l’âne du Lou Pa de l’Aze qui avait disparu suite au salon de l’âne et du cheval a été retrouvé hier. Nous l’avons cherché une bonne partie de l’après-midi jusqu’à ce que nous recevions un appel de personnes qui l’avaient retrouvé. Il avait réussi à se détacher et prendre la poudre d’escampette pour aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs !

C’est sans doute une des randonnées les plus difficiles que nous avons faite jusqu’ici avec notamment beaucoup de dénivelé, les quelques passages techniques et un record d’altitude à 2450 mètres. Ce n’est pas si haut pour des gens qui ont l’habitude de faire de la randonnée, mais avec un âne les contraintes ne sont pas les mêmes : difficultés pour le faire passer dans certains endroits, suivre son rythme (car nous marchons à son pas), anticiper les chemins accessibles aux équidés…


Mais ce que nous retenons surtout, c’est qu’aù-delà d’en avoir pris plein les jambes, nous en avons surtout pris plein les yeux ! Ce fût notre plus belle étape jusqu’à présent, avec des points de vue et des décors à couper le souffle (d’autant plus appréciés qu’ils nous ont demandé beaucoup d’efforts pour certains), une grande variété de paysages, des hameaux tous plus charmants les uns que les autres… Mais aussi bien sûr de belles rencontres avec des gens généreux et solidaires, accueillants. Ils nous réconcilient chaque fois un peu plus avec le genre humain et nous prouvent que le français n’est pas toujours bougon comme certains le disent mais qu’il sait ouvrir sa porte et se démener pour aider son prochain. Nous sommes vraiment ravis de cette semaine ! Nous en avons pris plein les yeux, un spectacle grandiose !
Marius, à part pour l’épisode du lac de la Douche qu’il n’a pas voulu traverser, nous surprend chaque jour un peu plus, j’ai par exemple été vraiment étonné qu’il passe sans broncher les passerelles du torrent de la Lignarre, lui qui à ses début, était tétanisé à l’idée de traverser une simple flaque d’eau… Il continue à être très câlin et affectueux, et j’ai toujours le grand bonheur de partager avec lui quelques moments de complicité : à midi, je me suis amusé avec lui alors qu’il été couché dans son parc, et il me laissait le pousser et le mettre sur le dos : ce ne serait pas envisageable s’il ne m’accordait pas sa confiance. Décidément, la randonnée sans lui ne serait pas la même!

Nous avons récoltés 85€ de dons en quelques jours. Malheureusement nous en récoltons moins ces derniers temps car les sentiers sont moins touristiques, donc moins pratiqués et les rencontres moins nombreuses. Nous espérons aussi que ceux qui nous ont promis des dons tiendront leur promesse et que ceux qui ont été touchés par notre action feront un geste.

Enfin, les drapeaux sont une idée à retenir et réitérer : ils changent vraiment la donne et l’approche des gens. Les passants regardent d’abord Marius bien évidemment, puis essaient de lire ce qu’il y a sur les drapeaux, de comprendre pourquoi nous portons cet accoutrement. Encore merci à leurs créateurs des 4 coins du monde !

Et voilà la carte du notre chemin parcouru ponctuée de petites icônes rappelant les faits marquants et autres anecdotes (n’hésitez pas à zoomer pour les consulter, sinon, pour voir la carte en grand c’est par ici).


Afficher Where the hell is Marius ?? sur une carte plus grande
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Marius dans les écrins 2012

Caramel a été retrouvé ce soir :) Merci !

Ce matin en allant chercher son petit âne resté au col d’Ornon pour la nuit, Yohan du Lou Pa de l’Âne ne l’a plus trouvé là où il l’avait laissé. C’est un petit âne sicilien de 80 cm au garrot, gris avec une croix de St André (raie de mulet + ligne noire du garrot aux épaules). Il s’appelle Caramel et a donc été vu pour la dernière fois le 12.08.2012 vers 20h au Col d’Ornon, suite à la fête de l’âne et du cheval. 

La photo ci-dessous a été prise l’hiver dernier. Actuellement il n’a pas plus son poil d’hiver mais des poils courts.


Si vous l’apercevez, merci de contacter Yohan et Babette au  06.09.27.05.76 ou au 06.70.74.22.61

Merci.
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12 août : On rattrape le retard… mais on arrive en retard.

Aujourd’hui, levés à 6h30 (il y a du progrès 🙂 pour un départ à 8h15 après une petite frayeur puisque nous ne trouvions plus Marius que nous avons cherché pendant un moment. Au final il jouait à cache-cache derrière un arbre !

La vue au réveil avec le Taillefer au centre

A Villard Reculas situé à 1442 mètres d’altitude, nous avons fait un arrêt p’tit dèj’ pour prendre des forces en vue de la longue journée qui s’annonçait. En traversant le village nous nous sommes rendus compte qu’il y avait eu une fête la veille… si nous avions su nous serions venus planter la tente par ici! Mais avec un âne trouver un terrain pour la nuit peut aussi prendre du temps (d’autant que les champs étaient souvent en dévers), donc quand on en trouve un bien plat qui convient on ne prend pas le risque de ne pas en trouver plus loin.

Villard Reculas

Nous y avons rencontré Julien qui tient l’épicerie du village et que nous avions eu l’occasion d’apercevoir dans l’émission Echappées Belle! Nous avons aussi reconnu certains décors de l’émission qui avait été tournée en grande partie dans l’Oisans. Puis il est temps de s’attaquer à la descente.

Bon ben… y a plus qu’à descendre !

En contrebas, Bourg d’Oisans

Nous avons traversé la jolie forêt de l’Ours : par ces chaleurs, il est toujours agréable d’évoluer dans un milieu frais et ombragé ! Quelques passages un peu abruptes voire vertigineux qui faisait un peu peur par endroit, des rocher de travers. 



On s’inquiète toujours d’un débâtage ou que Marius mette un pied au mauvais endroit mais tout s’est bien passé. La forêt était constituée de feuillus (principalement de hêtres) et de quelques épineux. Les arbres étaient très verts et le sol, recouvert d’une pellicule de feuilles dorées : un superbe contraste de couleurs !

En milieu de matinée nous terminons notre dénivelé négatif (720 mètres de descente), satisfaits d’avoir bien avancé. La suite se fait sur du plat, avec la traversée d’un petit canal, du canal de la Romanche (le principal) et d’un troisième canal, pour finir par en longer un quatrième . Nous sommes arrivé au point de bivouac que nous aurions dû atteindre la veille, non loin de Bourg d’Oisans. Ce passage fût très paisible et reposant, offrant de beaux points de vue.

Encore une douzaine de kilomètres pour atteindre notre destination. Yohann, notre ami du Lou Pa de l’Aze m’avait prévenu que d’importants travaux étaient en cours pour la construction d’une centrale hydro-électrique. Nous nous doutions qu’il y aurait quelques complications, mais heureusement les dimanches, le chantier est en arrêt ce qui mous a permis d’éviter la rencontre avec de gros engins bruyants. La voie était libre… jusqu’à ce que nous nous retrouvions devant une passerelle permettant l’accès à l’autre rive du torrent, fermée par une barrière interdisant l’accès au public! 

Quel accueil rassurant ! 🙂


Ils auraient dû l’annoncer au début du chantier… Deux solutions : faire demi-tour et contourner je ne sais comment ce passage, ou ignorer cette interdiction… et c’est pour cette solution que nous avons opté, en prenant soin de bien replacer la barrière. 

Nous étions là-haut!

Longue de 20 mètres, la passerelle passe au dessus du torrent de la Lignarre. Croisons les doigts pour que Marius passe sans encombres ! Elle est assez impressionnante à passer, d’autant que, de par sa longueur, cette passerelle bougeait un peu. 

La grande passerelle

Nous avons ensuite longé une paroi rocheuse et repris le sentier jusqu’à une deuxième puis une troisième passerelle. 



Il restait 6 kilomètres, nous étions donc dans les temps pour atteindre le col d’Ornon environ 2 heures plus tard (mais j’avais oublié le dénivelé positif!).

Avant de rentrer dans le hameau de La Palud, nous avons profité d’une retenue d’eau formée par le barrage de la station hydro-électrique pour faire trempette, ce qui par cette chaleur, nous a fait un bien fou ! Après trois quart d’heure de pause et avec l’estomac remplit par un casse-croûte, une bonne ascension nous attendait… mais l’inverse n’était pas vrai 😉 Elle nous a complètement coupé dans notre rythme, si bien qu’1h15 a été nécessaire pour parcourir 1,5 km… 

D’autant plus qu’une fois encore, la sangle du bât à lâché. Nous avons dû à nouveau réparer différemment mais il va surtout falloir trouver une solution de remplacement plus fiable… Entre-temps nous nous sommes aussi un peu perdu jusqu’à nous retrouver dans un espèce de ruisseau, sur un terrain détrempé et boueux dans lequel nous nous enfoncions. Demi-tour! 

On peut aussi amadouer Marius avec des prunes 😉

Nous sommes finalement arrivés sur une départementale que nous avons traversé pour rejoindre une piste qui longeait le torrent de la Lignarre. Nous sommes passés dans différents hameaux d’Ornon : La Poyat, La Pouthuire, Le Rivier, tous plus charmants les uns que les autres, à part Ornon qui paraissait un peu déserté. Dans certains il nous était difficile de retrouver le sentier à la sortie du village, ce qui nous a fait perdre pas mal de temps. Et pour finir, nous sommes malheureusement arrivés trop tard au col d’Ornon (1367 mètres) pour participer à la fête de l’âne et du cheval. Quelques organisateurs nous attendaient encore pour nous accueillir, et l’interview de France 3 avait été reportée le matin car ils devaient couvrir une actu de dernière minute.

Yohann nous a aussi gentiment attendu avec son van pour nous emmener chez lui où nous avons retrouvé Babette. Yohan et Babette tiennent Lou Pa de l’Aze http://www.loupadelaze.com/ (du patois occitan qui signifie « Au pas de l’âne »), une entité qui organise des randonnées, circuits, animations et portages en âne depuis 2004 dans le Sud Est de l’Isère au cœur des Alpes. En arrivant, j’ai mis Marius au parc, et nous avons rentré ses copains du Lou Pa de l’Aze restés au pré.

Départ pour le Valbonnais !

Ce soir, c’est sous le signe de la fatigue que nous terminons cette grosse journée, ce qui tombe à pic puisque demain sera notre journée de repos bien méritée ! Je pense qu’inconsciemment le corps sait d’avance qu’il va s’arrêter bientôt, et rend l’effort plus difficile. Nous allons donc en profiter pour bien nous reposer, recharger les batteries et repartir de plus belle mardi ! Nous avons parcouru déjà un quart du chemin ! 🙂


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11 août : Marius versus les premières voitures qui ont remplacé les ânes et autres équidés

La nuit fût moins bonne que la veille… Un animal est venu grogner à l’extérieur de la tente… Sans doute un chien, mais dans ces moments là je m’inquiète toujours un peu vis-à-vis de Marius. J’ai donc fini par sortir, crier un peu mais j’ai eu des difficultés à m’endormir car mon imaginaire travaillait trop 😉

Nous avons pris le départ vers 9h15 alors que le réveil avait sonné à 5 heures… la fatigue se fait sentir et les réveils sont de plus en plus difficiles ! Il nous restait 5 kilomètres et demi de route avant d’arriver au col de Sarenne. Pas très joyeux, d’autant qu’en partant tard nous avons eu vraiment chaud, surtout au début. Au fur et à mesure que nous montions, l’air se faisait plus frais mais pas suffisamment pour que nous puissions l’apprécier… Les nombreuses fontaines en chemin nous ont permis de nous asperger bras, nuque et visage pour nous rafraîchir. 


Sur la route, Marius se régalait des boutons fanés des nombreux rosiers qui bordaient la route. Aujourd’hui dans une forme relative et plus intéressé par les arrêts dégustation (c’est un vrai gourmand ce Marius :), nous l’avons laissé profiter de ce met dont il raffole !

Mmm, ils sont bons ces rosiers !

Nous suivions donc cette petite route pastorale assez fréquentée car elle monte au col qui permet d’atteindre l’Alpes d’Huez. Et si à pied ce n’est pas forcément une partie de plaisir, les motards, automobilistes et autres cyclistes s’en donnent à cœur joie. Nous avons était doublé par un groupe d’une vingtaine de motards en Harley Davidson, puis une grosse centaine (!!) de voitures de collection qui participaient à un rassemblement. 


Une amusante animation sur notre parcours que de voir toutes ces voitures d’avant guerre, d’après guerre, qui ont marqué notre jeunesse, 2CV, tractions et j’en passe ! Le tout dans une ambiance assez joyeuse : la plupart des conducteurs avaient l’air ravis et nous faisaient de grands signes. Assez cocasse aussi de penser que c’est notamment avec l’apparition de ces voitures que les ânes et autres équidés ont été relégué au rang d’animal de loisir entraînant le déclin de leur élevage et une réduction drastique de leurs effectifs… En tout cas un moment vraiment sympathique !

Nous avons atteint le col vers 11h45. Nous y avons retrouvé toutes les voitures garées en file indienne, certaines n’ont pas réussi à atteindre le sommet, mais les dépanneuses suivaient. Et une des tractions a dû finir son ascension poussée par d’autres conducteurs afin de basculer dans la descente et pouvoir redémarrer 😉

A notre arrivée, un homme surexcité se dirige vers nous sans que nous comprenions vraiment de qui il s’agit. Au début il nous posait des questions à notre sujet, je pensais qu’il faisait parti du groupe d’automobilistes mais il s’est avéré qu’il était le tenancier du refuge, sacrément remonté à la vue de toutes ces voitures qui « polluent la montagne, ne sont pas taxées au titre de voitures de collection, sont bruyantes… » et j’en passe. Et, cerise sur le gâteau, elles étaient en plus accompagnées d’un hélicoptère ! Il y avait à proximité l’altiport de l’Alpes d’Huez qui, il est vrai, générait pas mal de trafic aérien.

Ce Monsieur après avoir partagé sa colère nous a ensuite invité à boire un verre. Nous avons donc débâté Marius avant de le rejoindre. Il était expert dans tout ce qui touchait au domaine des énergies renouvelables et mettait en application ses connaissances sur son refuge. Il parvient ainsi à l’autonomie complète grâce à des éoliennes particulières, beaucoup de panneaux solaires, ou encore le traitement de ses eaux usées (il avait même construit un étang artificiel dans lequel se déversaiemt les eaux usées retraitées qui étaient en effet limpides). 
L’étang artificiel de récupérage des eaux
Mais il était aussi un ayatollah de l’écologie en général et se montrait très intransigeant envers ceux qui ne faisaient pas comme lui aurait fait (y compris envers certains modes de constructions dits écologiques mais vraisemblablement pas assez efficace à son goût…). L’écologie et l’environnement sont certes des sujets qui nous touchent aussi, mais qui pour nous s’accompagne aussi de certaines valeurs dont celle de la tolérance notamment qui manquait chez cette personne.

Et c’était sans compter sur sa femme… Elle s’occupait de la restauration, bio évidemment, avec des prix sacrément « bio » également ! 20€ pour une tranche de jambon de pays, un micro taboulé, 2 morceaux de saumon, et une petite tranche de pâté… on sent mieux passer l’addition que le repas dans son estomac… 2 heures après, nous avions à nouveau faim. Nous avions renoncé au plat avec un petit morceau de poulet à 30€ mais avons quand même tenté le café (soluble) pour nous réveiller : 3€…! Et gardez-vous de commander un Coca (à moins que vous ne souhaitiez entendre tout l’argumentaire anti-Coca) ! Cela dit, le jus d’abricot qu’elle proposait à la place était, je dois lui accorder, un des meilleurs que j’ai bu (fait maison, sans conservateur, cueillis mûres sur l’arbre… et sans doute écrasé dans ses pieds pour être réduits en jus ! 😉
Lorsque 3 jeunes randonneurs sont entrés pour demander à faire remplir leurs gourdes ils ont eu droit à un « Je suis prête à le faire mais si vous consommez car ce n’est pas la Croix Rouge ici ». Nous avons été assez surpris de cette réponse (d’autant que leur eau provient sans doute d’une source alentour…). Les jeunes gens ont été très polis et n’ont rien dit, mais j’ai été les voir pour leur indiquer qu’ils pourraient trouver des sources sur leur route (ils prenaient la route par laquelle nous étions arrivés). Ils venaient de Paris pour 8 jours de trek dans les Ecrins et ont eu la gentillesse de nous prendre en photo avec Marius.

Vers 13h45 nous levons le camp, après avoir croisé le tenancier du refuge en train de se faire interviewer par une équipe TV au sujet de ses installations écologiques. Ce refuge ne nous laissera pas un très bon souvenir, car même si ce Monsieur s’est montré accueillant, nous l’avons trouvé un peu trop catégorique et sa femme manquait de sympathie, quant aux tarifs pratiqués…

C’est dommage car cet homme est un puit de savoirs qu’il devrait faire partager de façon moins virulente pour les transmettre. Convertir les gens à son échelle c’est aussi faire avancer et progresser les mœurs écologiques et tout ce qui peut en découler. Avec le passage qu’il y a à ici, il ferait des merveilles… et le lieu est vraiment superbe.

Nous savions que nous n’avions quasiment que de la descente à partir de ce col, via le GR54 qui suivait le chemin de la Sarenne, sur une piste de gravier menant à Huez. Depuis probablement l’installation des hommes dans la région, La Garde-en-Oisans et les autres villages situés au-dessus, Auris, Huez, ou le Villard Reculas, n’étaient reliés à la plaine du Bourg d’Oisans que par ce sentier muletier dit chemin de la Ferrière. Ce type de chemin de deux ou trois mètres de large au maximum, plus ou moins bien pavé lorsque cela est nécessaire, de pentes fort irrégulières, n’est accessible qu’aux piétons et aux mulets chargés de bâts. Depuis 1997, une route alternative permet l’accès aux villages. Marius traînait encore un peu des sabots (ce n’était décidemment pas son jour) et préférait les bordures recouvertes d’herbes au gravier (tant pour ses sabots que pour son estomac ;).


Après cette piste et la traversé (sans que Marius ne fasse trop d’histoires) d’une rivière, nous avons retrouvé le groupe de cavaliers rencontrés la veille avec lesquels nous avons discuté un petit moment puis nos chemins se sont séparés puisqu’ils se dirigaient vers le nord tandis que nous prenions la direction opposée. Nous nous sommes enfoncés dans une forêt de feuillus et de pins : la fraîcheur qu’elle nous procurait a été très appréciée ! 

Une forêt… enfin ! 🙂

Nous avons également fait notre entrée dans le Massif des Grandes Rousses. Passage ponctué de nombreuses remontées mécaniques mais fort agréable.

Point de vue en sortie de forêt

Apres notre passage dans le massif, nous avons fait un arrêt à l’auberge de la Combe Haute pour y déguster une glace car nous avions vraiment faim… En reprenant la route, nous sommes tombés sur un adorable pont romain, avant de quitter cette foret en arrivant à Huez. Nous y avons rencontré une dame qui venait de reprendre un restaurant qui avait mauvaise réputation, et qui nous contait les difficultés qu’elle avait à reconquérir la clientèle. Nous avons pu profiter d’un magnifique point de vue sur l’Oisans et le Taillefer, montagne que nous avions gravi l’an dernier.


Nous pouvions également voir derrière nous la vallée du Ferrand que nous venions de parcourir pour arriver là!


Nous avons continué sur une petite route touristique qui surplombait Bourg d’Oisans de si haut que le village était minuscule et me donnait quelques sensations de vertige, pour arriver à Villard Reculas, 3 kilomètres plus loin. C’est un très joli petit village magnifié à notre arrivés par les rayons du soleil obliques qui venaient s’engouffrer dans les ruelles. Puis nous avons panté la tente non loin du village et en face du Taillefer, débâté Marius, mangé et dormi !

Demain, notre étape nous mènera au col d’Ornon ! 

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