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MTF #Seine Maritime

Marius Tour de France

Jour 430 / Retrouvailles avec nos amis … et la phobie des vaches !

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Mercredi 24 mai 2017 – 18 km]

Nous nous réveillons doucement sur ce joli terrain communal bordé de peupliers, en face de la grotte de la Vierge. Je prépare un petit déjeuner, après avoir déplacé Marius et Symphonie de quelques mètres, pour qu’ils puissent prendre le leur. Prise d’une envie de me soulager qui ne se discute pas, je pars en quête de toilettes publiques. Je demande à deux dames occupées à arroser des plantes dans le cimetière, à côté de l’église. Elles me répondent que les seules toilettes publiques se situent dans l’école. Ah? Il y a une sonnette, je m’exécute mais personne ne me répond. J’ai l’impression qu’ils sont en pleine dictée, certes mais ça n’arrange pas mes bidons! Une des deux dames, d’un âge certain, me propose de venir chez elle, elle n’habite pas loin. Comme je sais que Stéphane aura probablement besoin d’y aller aussi, je lui demande si elle est d’accord pour qu’il vienne après moi.

Partagée entre son bon cœur, son envie de rendre service et sa crainte d’inconnus débarquant chez elle, je la vois hésiter. Elle ne peut pas dire non mais elle est inquiète. Arrive à ce moment-là René, le conseiller communal qui nous a accueillis la veille, l’homme qui tombe à pic. La dame l’invite à boire le café, ainsi rassurée. Merci Madame, d’avoir osé ouvrir votre porte. Steph y a finalement même pris un café, la classe.
Alors que nous équilibrons nos sacoches, nous entendons le klaxon de la boulangère ambulante. J’achète deux baguettes pour 2,60 euros… Bon, quand on a besoin de pain. Nous recevons encore la visite du Maire juste avant notre départ. Il nous souhaite bonne route.
Finalement, il est 10h50 lorsque nous partons. Nous passons Biencourt, Morival, en suivant de petites routes goudronnées à travers les cultures, progression monotone propice à la méditation, celle de goûter à la sensation du vent et d’écouter les petites alouettes qui piaillent au dessus des champs cultivés.

Les pieds de Symphonie semblent aller mieux, le Hoof stuff et le temps redevenu sec ont fait leur effet dans ses fourchettes sensibles. Nous sommes de bonne humeur aujourd’hui, et il faut dire que nous nous réjouissons de la soirée, puisque nous allons revoir Brigitte et Sader, qui profitent d’une escapade de quelques jours en Baie-de-Somme, à l’occasion du long week-end de l’Ascension, pour nous ramener Bayah là où nous serons posés !

Nous passons sous un tunnel qui résonne juste avant Vismes, ce qui n’émeut personne. Il fait chaud.
Nous nous arrêtons pour une pause casse-croûte de 13h à 14h dans une pâture à vaches ouverte. Alors que nous grignotons assis sur une petite zone d’ombre et que les mulânes broutent pas loin, l’agriculteur vient nous voir. Son troupeau de vaches est derrière lui, dans le parc d’en face, il pensait les mettre là. Les vaches s’impatientent et appellent pour qu’il leur ouvre. Très gentil et intéressé par notre voyage, l’agriculteur nous dit de prendre notre temps, il va amener ses vaches ailleurs. Il revient même nous apporter des boîtes de thon, de maquereau, du pâté et une bouteille de Tropicana super fraîche, sur l’initiative de sa femme qui nous fait des signes au loin. Nous sommes très reconnaissants!

On change notre itinéraire pour gagner un ou deux kilomètres, sur les conseils de l’agriculteur.
En marchant sur cette longue ligne droite en direction de Toirs en Vimeu, il nous semble percevoir dans le vent du nord / nord-est les premiers effluves salés de la mer… Difficile à décrire comme impression géniale, mais c’est vrai qu’on s’en rapproche, de cette mer que nous attendons. Au bout de la piste, nous nous rendons compte que les chemins présents sur la carte n’existent plus en réalité, et nous sommes obligés d’emprunter un bon bout de grosse départementale « chaud patate » avec un rétrécissement juste avant le village. Il y a des vaches des deux côtés, des camions et une tondeuse dans un jardin… on finit par se mettre au milieu de la route et à faire signe de ralentir pour les 20 derniers mètres, pour notre sécurité.

Nos mulânes commencent à être vraiment de vieux roublards, et même s’il y a une petite montée en pression, tout se passe bien. On est quand même contents de bifurquer dans le village. Tout ça parce que les petits sentier que nous avions repérés ont disparus ! En effet, les cartes ne sont pas remises à jour assez régulièrement et dans certaines région, la réalité ne correspond pas du tout avec ce que nous avons sous les yeux. Nous pouvons d’ailleurs nous y attendre assez rapidement, si on regarde la vieille typographie utilisée sur certaines cartes et qui nous laisse présager que nous aurons des surprises sur le terrain.

Nous arrivons à Toeufles à 17h, mais ne trouvons pas tout de suite où nous poser. Nous tournons dans le village, discutons par la fenêtre d’une usine avec des employés ravis de nous voir passer et qui nous redirigent un peu plus loin. Nous saluons des retraités qui, eux, saluent notre courage, et continuons à chercher. D’abord sans succès, nous finissons par voir un petit bout de pâture derrière des murs en briques. Il y a une grande propriété avec un tracteur qui fait les foins dans les champs et Stéphane va demander à l’agriculteur ce qu’il en est, pendant que je garde les mul’ânes broutant. Le petit pré appartient au patron de l’usine que nous avons vue à l’entrée du village, et Stéphane repart pour aller demander l’autorisation.

Il revient avec le frère du patron, qui est très gentil et nous autorise à nous poser là et à utiliser la petit abri pour dormir. Il vérifie également qu’il reste un peu d’eau dans la citerne pour les mulânes et nous indique où trouver un robinet pour l’eau potable pour nous. Nous serons super bien ici, c’est herbeux mais pas trop, ombragé, arboré, au calme et nous n’avons pas besoin de monter la tente. Nous envoyons rapidement un message à Brigitte et Sader pour qu’ils puissent nous rejoindre. Alors que nous sommes en train d’installer notre camp, nous voyons arriver l’employé de l’usine avec qui on avait discuté par la fenêtre. Tout sourire, il nous tend un « gâteau battu », la spécialité du coin! « Voilà pour votre petit-déjeuner! » Wouahou merci! Après avoir parlé un moment, il nous dit que son neveu n’habite pas loin, que c’est un voyageur et que cela lui plairait sûrement de venir nous voir. Il s’en va donc le chercher et nous dit nous tenir au courant. Nous ne l’avons pas revu, ni son neveu d’ailleurs… il ne l’a peut-être pas trouvé.

Lorsque Brigitte et Sader arrivent, nous entendons aboyer Bayah dans la voiture et cela nous fait tout drôle!! Elle est la première arrivée, avec un air tout bizarre, entre joie et perplexité. Cela fait plus de deux mois que nous ne nous sommes pas vus. Pour nous les humains, ce sont des embrassades de retrouvailles émouvantes, pendant que Marius et Symphonie viennent renifler Bayah et lui faire des papouilles sur le dos, signes qu’ils l’ont reconnue. Nos amis sortent un sac de victuailles de la voiture et nous installons une bâche pour prendre un bon apéro. Nous trinquons au plaisir d’être ensemble et à la joie de nous voir. Nous rigolons beaucoup, le petit vin blanc aidant probablement. Quel beau moment!

Symphonie reste à côté de nous une bonne partie de la soirée, en mode sieste. Marius va et vient. Lorsque nos amis décident de s’en aller pour rejoindre leur chambre d’hôtes, Bayah ne fait pas mine de vouloir sauter dans la voiture, ce qui nous rassure un peu. Elle est donc prête à reprendre la route avec nous, toute belle, brillante et en forme. Nous installons notre couchage sous le petit abri en mettant un peu de paille par terre pour aplanir le sol alors que la nuit tombe doucement. Nous nous sentons vraiment en contact avec la nature. Ce soir, toutes nos batteries sont vides. Ça veut dire que nous avons trois jours d’autonomie.

Le téléphone de Stéphane devient vraiment énergivore. Nous avions finalement renoncé à le changer à Chantilly car nous préférions attendre encore un peu, mais là il va falloir agir, car trois recharges par jour, ça devient compliqué. Nous verrons bien demain matin si nous pouvons recharger nos appareils chez quelqu’un. Pour l’instant, je me sens spécialement bien ce soir-là et reconnaissante de pouvoir vivre tout ça, dormir avec nos animaux, Bayah installée près de nous. Les mulânes, qui ont eu leurs gratouilles du soir, sont calmes et paisibles. Je me dis que le voyage nous permet de vivre des moments d’une simplicité émerveillante, c’est dans ce genre d’instant que je vibre de liberté.

[Jeudi 25 mai 2017 – 17 km]

Doux réveil dans notre petit abri avec le chant des oiseaux. Bayah a passé une bonne nuit et semble joyeuse ce matin. Le téléphone de Stéphane est vide, le miens à moitié, et nous n’avons plus de batteries. Comme toutes nos cartes sont sur nos téléphones portables, nous avons besoin de trouver de l’électricité. Pendant que je prépare le petit déj à base du gâteau battu délicieux qu’on nous a apporté hier, Stéphane part avec les téléphones et une petite batterie externe, en quête de jus. Dans le village, il retourne chez les retraités enthousiastes que nous avons croisés hier pour leur demander s’il peut brancher un moment nos appareils chez eux. C’est avec joie et générosité qu’ils l’accueillent, en lui proposant un café et quelques tartines.

Ces gens adorables lui posent plein de questions sur notre voyage, ils trouve la démarche très intéressante et courageuse. Surtout au niveau de la confiance que cela demande, de s’en remettre à la vie. Ils sont témoins de Jéhovah. Lorsque Stéphane revient au camps, il me dit que le couple de retraités souhaite me voir aussi. À mon tour donc d’aller prendre le café et discuter un moment avec eux, c’est très agréable. Merci beaucoup à vous deux pour votre accueil et votre générosité, et pour le pot de confiture d’abricots! Il est convenu que nous passerons chercher nos appareils au moment de notre départ. Il fait déjà chaud, heureusement que la petite pâture est à l’ombre. Nous traînons un peu pour nous préparer. De plus, nous recevons la visite d’un jeune homme à vélo: c’est le fils du frère du patron de l’usine, qui s’intéresse aussi à nous et nous discutons un bon moment avec lui.

De fil en aiguille, le temps passe.. Nous préparons les mulânes, je me sens un peu fatiguée et Symphonie me semble un peu speed, sans raison apparente. Nous nous arrêtons encore un quart d’heure pour récupérer les téléphones chargés et la batterie, et pour saluer nos retraités qui nous ont bien sorti d’affaire. Au moment de nous mettre en marche, je me sens lasse, avec une tension basse, et il est déjà 12h30. Un peu dur vu les 17 km que nous avons à faire. Ma foi, les rencontres avec les gens font partie du voyage et nous font plaisir. C’est aussi pour le partage que nous sommes sur les routes. Nous prenons d’abord un chemin herbeux qui nous amène sur une piste, laquelle traverse les champs. Nous sommes rapidement au soleil et la chaleur tape. Nous devons retrouver nos habitudes avec Bayah, la tenir au pied sur les routes et veiller sur elle. Assez rapidement, nous avons l’impression qu’elle fatigue.

C’est sûr qu’il va lui falloir une remise en route progressive car elle sort de deux mois d’arrêt. Ça a quand même l’air difficile pour elle. À partir de Zoteux, nous suivons le GR 125, le long d’un chemin très agréable et ombragé, jusqu’à ce que l’on se retrouve entre deux parcs à génisses.. La situation se présente un peu compliquée pour moi et Symphonie. Il est 14h. Le chemin est carrossable, donc assez large, mais les parcs sont longs, près de 800 mètres, et les génisses de chaque côté sont curieuses et bougent beaucoup. De plus, ce sont des bêtes noires et blanches, celles dont Symphonie se méfie le plus. Il y a quelque chose que je sens mal là-dedans mais je ne m’écoute pas trop. Au vu des progrès que nous avons fait ces derniers temps avec les vaches, je me dis que ça va le faire… Nous essayons de faire passer la mule devant pour éviter qu’elle tente de dépasser Marius et de le bourrer avec les sacoches.

Ainsi, elle pourra accélérer le pas sans le gêner, et je la suivrai. Sauf qu’elle ne veut vraiment pas y aller! Nous assistons un peu mais elle monte en pression. Je n’ai pas beaucoup d’énergie aujourd’hui et n’ai pas envie de me confronter à ça. Je propose donc à Stéphane de passer devant et de prendre un petit peu d’avance. Malgré ça, Symphonie refuse de s’engager dans le chemin et je vois dans ses yeux qu’elle se trouve vraiment en difficulté. Elle préfère même faire demi-tour et se séparer de Marius plutôt que d’y aller. Je ne la force pas durement à avancer mais la représente face au chemin régulièrement et doucement, en la laissant réfléchir. Tout cela nous prend du temps et Stéphane et Marius se sont éloignés de plusieurs centaines de mètres. Par téléphone, Stéphane me propose de la lâcher en me disant qu’elle me suivra tôt ou tard, mais je ne le sens pas. En effet, nous sommes un peu plus lourds car nous avons récupéré les croquettes de Bahia et sa tente. Malgré toute l’attention portée à l’équilibre du bât, il pourrait tourner facilement. Finalement, elle se décider à y aller. Je m’attendais à ce qu’elle marche un peu vite, mais pas à ce qu’elle parte au galop en m’arrachant la longe!! Ce que je craignais arrive, à mi-distance le bât tourne et le chargement se retrouve sous son ventre. Comme à son habitude, elle s’arrête pour m’attendre afin que je règle la situation, mais je suis trop loin et le temps que je la rejoigne en courant, les vaches la rejoigne aussi.

Elle redémarre de plus belle et cette fois-ci commence à ruer, envoyant valdinguer sacoches et matériel partout sur le chemin. À ce moment là, j’ai vraiment très peur qu’elle se fasse mal. Heureusement, Stéphane la récupère en bout de course et essaie de la calmer comme il peut le temps que j’arrive. Je suis en pleurs et choquée, ces embardées sont dangereuses et manifestement je ne suis plus apte à la tenir ou à la rassurer dans ce genre de situation. Grosse remise en question, je n’ai plus confiance… Après avoir enlevé ce qui restait du bât et constaté les dégâts (des parties du harnachement ont cassé et quelques éraflures sont présentes sur les membres de symphonie), nous les laissons brouter pendant que je reprends mes esprits, puis Stéphane repart en arrière, pour aller ramasser les affaires éparpillées à 200 m de là.

Les vaches continuent de venir vers nous et je dois repartir avec Symphonie tout au bout du parc, car elle est vraiment en stress. Je ne sais pas quoi faire d’elle le temps d’aller chercher des affaires qui sont vraiment loin. Finalement, je vois un petit parc clos qui sert probablement de tri au bétail avec de l’herbe. Je n’ose pas l’y laisser seule, alors j’appelle Stéphane pour qu’il vienne avec Marius. Nous les laisserons ici le temps qu’il faudra pour tout rassembler et pour décider de ce que nous allons faire. Je suis vraiment secouée, et de toute façon, le bât n’est plus en mesure d’être utilisé et mes tendeurs ont explosé. J’en tremble encore. La situation n’est pas si grave a priori vu de l’extérieur, c’est juste que soudainement, je me dis que ça aurait pu arriver sur une route avec du trafic ou en présence d’autres personnes qui aurait dès lors été mises en danger. Stéphane fait son possible pour me réconforter. Heureusement que nous devons arriver à Brétel ce soir chez Escap’âne. Pendant ce temps, Bayah se pose à l’ombre et récupère. Pour elle c’est bien. Brigitte et Sader sont encore dans le coin puisqu’ils visitent la Baie de Somme. Nous appelons donc Brigitte à la rescousse, « SOS ânes en détresse ». Nous avons une chance inouïe d’avoir des personnes sur notre route prêtes à nous soutenir dans ce genre de moment. Je me fais aussi la réflexion que si nous n’avions pas de téléphones, il nous faudrait bien nous débrouiller autrement… Brigitte et Sader lâchent tout et viennent nous retrouver. Ils emmènent le chargement de Symphonie dans leur voiture et irons le déposer à Bretel, le hameau où habitent Delphine et François, nos hôtes pour les prochains jours. Moi je marcherai avec symphonie à vide, l’occasion aussi de voir comment elle se porte.

Le temps d’organiser tout ça, il est 16h30 lorsque nous reprenons la route. Le reste du trajet se passe plutôt bien, les autres passages de vache sont moins flippants et comme la mule est libre de ses mouvements, elle gère mieux. Honnêtement, je ne me rappelle de pas grand-chose. Des visions de champs, de bois, de montées et de descente, d’ombre et de soleil et de Bayah qui galère. Nous avons bien sûr averti Delphine, en sortie avec des clients, pour lui dire que nous arriverons plus tard. Nous demandons de l’eau à une dame dans un village, pour la chienne qui boit longuement.
A Boubert, puis Mons-Boubert, nous décidons de suivre la route principale goudronnée, plus facile, car elle est très peu fréquentée et très tranquille. Delphine nous avertit qu’elle vient à notre rencontre à vélo avec de l’eau fraîche; ouf merci! Il ne nous reste qu’un ou deux petits kilomètres, que nous faisons en discutant.

Nous arrivons à Escap’Ânes à 20h passée, j’ai du mal à arrêter mes larmes, Symphonie me semble lourde à la longe, quelques jours de repos vont être nécessaires, le temps de réparer le matériel et la confiance. Nous mettons les mulânes dans leur parc, à côté des six ânes de nos hôtes. Abricot, le plus leader du petit troupeau, braiera tard cette nuit-là: il tient à signifier à Marius qu’il a meilleur temps de se tenir à distance de Bella, sa femelle. Nous apprendrons à connaître ce joli petit monde demain. Nous, nous faisons connaissance avec François, le compagnon de Delphine, autour d’un apéro et d’un repas bienvenu. Nous arrivons chez eux en plein weekend de l’ascension, ils ont beaucoup de travail et c’est vraiment gentil à eux de nous accueillir malgré tout. Ils connaissent un bon cordonnier qui pourra réparer mon harnachement nettement mieux que je ne pourrais le faire, un ostéo pour Stéphane qui a encore des douleurs, et une ostéo apparemment vraiment bien pour Symphonie en cas de besoin. Merci infiniment pour votre aide précieuse. Nous voilà posés, les prochains jours nous diront ce qu’il en est…

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Marius Tour de France

Jour 428 / Des lieux de bivouacs tellement différents !

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« Vous avez bien raison, quand on vit la vie trop vite, on l’a brûle, et quand elle est brûlée… elle est brûlée. » nous dit Hubert, des larmes plein les yeux.

[Lundi 22 mai 2017 – 17 km]

Cette journée de pause nous a fait à tous le plus grand bien et nous nous réveillons en forme. Au saut du lit, nous croisons Christophe, qui est venu travailler et qui passe nous dire au revoir car il ne nous reverra probablement pas. Il est allé voir notre site internet dans la soirée et en sait un peu plus sur notre périple. Ingrid nous appelle pour venir boire le café et prendre un petit déjeuner. Elle se désole de n’avoir plus grand-chose à nous proposer puisque la famille est venu passer le week-end à la ferme, mais pour nous, c’est Royal : café, jus de fruits et tartines. Et des bananes pour la route! Nous discutons encore un bon moment avec notre hôtesse. Ingrid et Christophe sont dans une situation familiale compliquée et nous sentons beaucoup d’émotion. Lorsque nous allons préparer les affaires, elle nous accompagne ainsi que son fils Clément. Nous prenons une photo souvenir puis Ingrid nous escorte jusqu’au début de notre chemin et c’est les larmes aux yeux que nous nous quittons.

Départ donc à 11h, nous entrons désormais dans la Somme!
Nous traversons Digeon. Puis nous apercevons le viaduc de l’autoroute et au loin  retour dans les cultures, avec les tracteurs qui traitent et les éoliennes en image de fond. Après Gauville et la traversée sur l’autoroute avant le Bois du Vicomte, le GR est joli et varié, surtout plat mais avec quelques petits dénivelés, tantôt sur petite route goudronnée, tantôt sur piste semi herbeuse. Un savant mélange bien dosé de prairies, de forêts. La forêt domaniale de Beaucamp-Lejeune est très agréable, nous y croisons un garde forestier barbu avec sa voiture, qui nous rappelle Hervé, dans les Vosges, lorsque Kali nous a quittés. Du coup j’y repense, à ma petite louve, qui n’est plus à nos côtés mais dans mon coeur.

Il fait bien chaud et nous revoilà en t-shirts. Ça ne nous déplaît pas! Steph est en grande forme, plus de trace de migraine ni de tendinite. Tant mieux, c’est chouette. La verdure explose et la végétation est immense, avec des feuilles géantes. On trouve plein d’orties à fleurs blanches, super car elles ne piquent pas et les feuilles peuvent être consommées telles quelles. C’est Emma qui m’a confirmé ça, il y en avait plein dans son jardin.

Toute la journée, je surveille la démarche de ma mule et de ses pieds. Elle cherche les bordures, ça tombe bien, il y en a! Sur la route ça va, seuls les chemins caillouteux semblent un peu difficiles. Bon, on va doucement. Et comme on a bien entamé nos réserves de nourriture, on est plus légers. Faire attention à où elle pose ses sabots la détourne de son habitude de s’arrêter pour regarder le paysage. Du coup, les mulânes avancent super bien, et groupés, ce qui nous permet, à Stéphane et moi, d’avoir une conversation ! À 13h30 nous avons déjà fait la moitié de nos 17km, on s’arrête pour décharger et manger en haut d’un chemin, où il y a aussi un bon réseau pour mettre en ligne la vidéo sur le contenu des sacoches. Pas facile le bureau itinérant. On repart peu avant 15h, les mulânes ont bien mangé et sont prêts à marcher encore.


Nous assistons à un ballet de tracteurs transporteurs de cailloux à un croisement, heureusement on quitte la route. On entend un cri bizarre, entre l’oiseau de mer et le cochon qu’on égorge… On ne saura jamais ce que c’était.
Peu avant St-Germain sur Bresle, on décide de changer un peu notre itinéraire et de continuer sur le GR jusque vers la ferme de la Rosière, juste avant Bouafle. C’est joli, Marius et Symphonie avancent bien, et on trouvera sûrement de quoi s’arrêter à la ferme.


Vers 17h30, après une bonne descente heureusement sur terrain doux et facile, nous arrivons à ladite ferme, posée à côté d’étangs. C’est splendide, mais nous n’y trouvons personne. Zut zut c’est trop beau par ici. Et si on veut continuer sur Bouafle, on doit traverser la rivière.. Arrive alors une voiture et un monsieur qui ouvre un portail un peu plus haut sur la route. On lui demande et, trop chouette, il nous ouvre sa propriété pour la nuit : un lieu préservé et magnifique, ponctué d’étangs entourés de forêt et de clairières tendres, peuplé de milles oiseaux, y compris d’eau.

Il y a une petite cabane, prolongée d’une terrasse sur l’étang, que nous pouvons utiliser. À peine installés, Stephane retourne à la ferme chercher de l’eau, car nous avons vu la voiture du paysan arriver entre temps, et discuter le coup avec lui. À son retour, il part en quête de belles images, pas difficile par ici ! Pendant ce temps, je donne du sel et de l’eau aux mulânes, prépare le dîner. Nous retournons faire quelques pas autour des étangs, et Marius et Symphonie nous accompagnent librement jusqu’à une belle clairière, où ils décident de rester un peu pour manger.

Ils reviendront tout seuls plus tard vers la cabane. Nous voulions au départ les cantonner vers nous pour la nuit, mais finalement on va les laisser complètement libres. L’immense propriété est close, autant qu’ils en profitent, comme nous profitons d’une magnifique soirée et du couché du soleil, des divers cris d’oiseaux et des bonds d’impressionnantes carpes géantes à la surface de l’eau. À la nuit, hop dans la cabane, nous verrons bien s’ils seront vers nous au matin. Oui oui, on est joueurs ! Il y a aussi un nid de frelons dans le toit de la cabane… Joueurs, on vous dit !

[Mardi 23 mai 2017 – 16,5 km]
Réveil dans la petite cabane au bord de l’étang.. c’est toujours aussi beau! Le temps est un peu couvert.. Les mulânes sont allés manger dans une clairière un petit peu plus loin. Ils reviennent tout seuls faire la sieste devant la cabane, en suivant de loin Steph qui était allé checker où ils étaient, pendant que je prépare le petit-déjeuner: tartine de miel et mirobolique confiture de rhubarbe d’Emma sur la terrasse au bord de l’eau. Y a des moments pires…

Nous rangeons nos affaires, et au moment de préparer Marius et Symphonie, nous remarquons qu’ils ne sont plus là! Nous prenons les licols, partons à gauche, là où ils sont allés cette nuit, on ne les trouve pas. On se sépare pour contourner un autre grand étang chacun de notre côté, en scrutant chaque coin d’herbe pour y repérer une tache sombre et une tache claire, sans succès.

Je reviens vers la cabane pendant que Steph continue de chercher, mais ils n’y sont pas… Bon. Je repars, à droite cette fois, et les trouve à 30 m de là, tranquillou. Évidemment, c’était si simple. Un demi heure de recherche alors qu’ils étaient juste à côté, mais de l’AUTRE côté.
Nous quittons cette belle propriété en refermant bien le portail, comme demandé, et en laissant une petite carte avec nos remerciements.


Nous devons donc traverser la rivière. Il y a un petit pont de pierre, et après quelques hésitations, Symphonie s’y engage. Marius refuse catégoriquement. Il y a juste avant le pont un petit affaissement un peu caché sous les hautes herbes, et cela ne l’inspire guère. Alors Stephane le fait passer dans l’eau. Qui aurait cru qu’un jour, Marius choisirait la rivière plutôt que le pont ! Stéphane doit insister un peu mais finalement, il passe.

A partir de là, nous sommes en Seine-Maritime ! Nous continuons dans le sous-bois, il y a beaucoup d’eau, ben oui, zone d’étangs. 200 m plus loin, nous retombons sur une rivière, super profonde pour le coup, et la passerelle à barrière est trop étroite pour les sacoches. Débâtage, passage des mulânes, transportage du matériel nous-même, et rebâtage de l’autre côté, pendant que nos compagnons broutent tranquille. On croit presque percevoir quelque amusement dans leur regard ! On a fait moins d’un km en une heure.

Alors que nous traversons Hodeng-au-Bosc, trois ânes nous regardent passer, puis une odeur de barbecue empli nos narines, ce qui me fait monter plein de souvenirs d’enfance!
Après Hodeng-au-Bosc, nous reprenons le GRP des forêts de Haute-Normandie, à travers champs, au soleil, ou en longeant des bois jolis. Après Courval et son usine, nous entamons une bonne grimpette à la fin de laquelle nous faisons une pause miam de 45 min, sur une large tranchée herbeuse coupée dans la forêt. Nous y trouvons un vieux meuble en métal, qui nous fait de suite penser à Cyril! Il en ferait sûrement une splendide commode design dernier cri! Départ à 15h, tout le monde est en forme.

Heureusement car la journée est loin d’être finie. Au bout du chemin, nous rejoignons une piste et un panneau indicateur du style de ceux de Chantilly, mais en moins classe, trône au milieu du carrefour. La piste, parfois recouvertes de grosses flaques ocres, nous emmène à travers une clairière en train de repousser, il y a beaucoup de genêts. Puis elle se transforme en sentier qui descend sur le village de Nesle-L’Hopital, et nous marchons sur des feuilles mortes parfois un peu glissantes.

Nous devons retraverser une zone d’étangs, c’est très beau mais nous nous attendons à des passerelles, et on prie pour qu’elles soient suffisamment larges. Oui! Ça passe ouf. Par contre, après un très joli chemin dans les bois humides bordés d’eaux fraiches et sillonnantes, le GR nous emmène droit sur un « tourniquet », une barrière que nos compagnons ne peuvent passer, même déchargés… Pas le choix que de passer quelques centaines de mètres plus loin sur une route départementale à grand trafic, pour rejoindre notre tracé. Heureusement, il y a un bas côté herbeux bien large, et nos mulânes ont assez de place. On rejoint le village et on remonte de l’autre côté de la voie de chemin de fer en suivant une route goudronnée.

Nous commençons à fatiguer un peu, mais nous ne sommes pas encore arrivé à notre étape du soir et il va être temps de refaire une pause déchargement pour les mulânes. Il y a des vaches qui viennent nous voir, Symphonie accélère et s’excite, nous sommes en train de discuter de je ne sais plus quoi et, comme parfois quand nous ne sommes pas d’accord et fatigués, ça clash un peu. On décharge dans un chemin perpendiculaire à la route, le long du parc à vache, bon exercice, et prenons notre pause chacun de notre côté, pour retrouver notre calme. Je me sens fatiguée. Contrairement à Stephane qui a des douleurs qui vont et viennent ou des migraines qui le ralentissent, je n’ai rien de tout ça, mais peut-être plus une fatigue générale, et psychologique. Et souvent je veux en faire trop, parce qu’on est en chemin, qu’il faut s’accrocher. Après réconciliation et quelques larmes, nous repartons. L’orage ne dure jamais très longtemps.

Il est 17h50. Pour deux heures de route goudronnée au milieu d’une plaine ponctuée d’éoliennes jusqu’à Ramburelles, en passant par Rambure, où nous n’avons pas le courage de faire un détour pour voir le château. On arrive vers 19h30. Sur la carte, on voit qu’il y a un stade un peu à l’extérieur du village, ce sera notre plan « B ». De toute façon, il nous faut de l’eau, donc on rentre dans Ramburelle. Nous ne croisons pas grand monde, les gens par ici ne semblent pas très curieux. Arrivés au centre, finalement un monsieur vient vers nous en souriant. Nous en profitons pour lui demander s’il connait un terrain où nous pourrions passer la nuit.

Il se trouve que René est Conseiller municipal, il nous emmène donc chez le maire qui nous propose un joli terrain à côté de l’église, où nous pourrons aussi trouver de l’eau. Il y a des allée des peupliers de chaque côté, nous trouvons facilement de quoi installer Marius et Symphonie. L’herbe est une pelouse communale, mais ça ira pour cette nuit. Pendant que nous montons le camps sous le regard méfiant des gens d’en face, nous recevons la visite de Hubert, un agriculteur retraités un peu éméché, qui s’intéresse à nous. « Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas du village! » me dit-il en introduction. Après que nous lui ayons expliqué notre périple, il nous dit, des larmes plein les yeux: « Vous avez bien raison, quand on vit la vie trop vite, on l’a brûle, et quand elle est brûlée… elle est brûlée. » Cela nous touche beaucoup. Il nous raconte son histoire : sa femme qu’il a perdu, ses enfants qu’il a peu vu, et son boulot qui lui a pris toute sa vie… Les yeux humides, Hubert semble tout chamboulé. Il n’en revient pas de notre voyage et autant dire que ça réveille des choses en lui. Il finit par nous proposer des oeufs. On discute encore peu puis il s’en retourne à sa vie.

Notre campement se situe juste en face de la grotte de la vierge, que nous avions vu sur la carte auparavant. Nous allons y faire un tour et y déposons une prière dans le livre commun. Je demande humblement à ce que nos pas soient guidés sur notre chemin d’évolution, et qu’il en soit ainsi pour tout le monde.
Personne d’autre ne vient nous voir ce soir, à part quelques chats de cimetière qui traversent par là, et les vaches dans le champ attenant. Je n’ai pas le courage d’attacher Symphonie en longue longe près des vaches, je la préserve de ce stress. Ce n’est peut-être pas bien de trop la couver… Nous tendons notre cordelette blanche entre les peupliers pour éviter que les mul’ânes s’emmèlent durant la nuit.
Après avoir mangé des oeufs et de la purée, il est déjà presque 22h. Moi je vais me coucher, bien naze, pendant que Steph travaille encore un peu.

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Marius Tour de FranceMTF #Seine Maritime

Jour 426 / Averses éparses oui, mais de Normandie !!

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[Samedi 20 mai 2017]
Réveil 6h30 avec le lever du soleil. Ouf, on aurait pas eu envie de plier sous la flotte. On prend quand même le temps d’un petit café-réchaud et de quelques biscuits, faut pas déconner. On plie avec efficacité et à 8h30, comme prévu, on quitte le champ avant le retour des vaches. Notre record absolu! On traverse Conteville en espérant qu’on trouvera peut-être un café, mais non… par contre, on trouve une fontaine, ce qui nous permet de nous ravitailler. On décide de ne pas prendre le GR, qui risque d’être boueux, et de prendre une petite route parallèle. Nous avancerons mieux et surtout, nous resterons un peu secs! Dans le calme du matin et bercée par le doux soleil, j’ai sommeil en marchant.

On longe cette petite route jusqu’à Beaufresne, puis on reprend le GR de Pays. On ne peut pas continuer par la route, qui est trop circulante. Symphonie semble avoir un peu mal aux pieds, elle soulage ses antérieurs. Sans doute l’herbe très riche de la nuit passée, couplée à l’humidité présente depuis notre départ de chez Emma et Cyril. Nous n’avons pas eu le coeur d’attacher les doudous pour les limiter alors qu’ils avaient un grand et beau parc, mais ce soir, suivant les conditions, nous le ferons. Nous traversons les champs, le chemin est bien sûr humide, puis le petit bois avant Haudricourt, où nous nous arrêtons vers 11h pour décharger, manger, et envoyer les photos sur le blog, car on a enfin du réseau !

On s’arrête volontairement dans un endroit où il n’y a pas beaucoup d’herbe, pour que les mulânes grignotent sans s’empiffrer. Les feuilles ne leur disent pas grand chose, Marius se pose vers nous et j’attache Symphonie pour contenir ses envies de roulades dans les feuilles. Je suis fatiguée, je sens le manque de sommeil.
On repart à 12h30 en grelottant un peu, il fait super frais dans les sous-bois ombragés. La traversée du village se fait tranquillement malgré qu’il y ait des vaches partout. On monte ensuite dans le bois, ça grimpe un peu mais les mulânes sont motivés. On leur accorde une pause broute en haut de la montée, et en repartant, Symphonie marche devant.

À la sortie de Saint-Valery, le GR de pays nous fait tomber nez à nez avec une espèce de lac de 30m de large! Ah… C’est que la piste est traversée par un gros ruisseau qui s’est étalé. Il y a bien un passage sur le bord avec un petit pont de bois, mais c’est trop étroit pour Marius et Symphonie avec leur chargement. Au départ, les mulânes ne sont pas chauds pour rentrer dans l’eau. Nous devons insister un peu, puis après avoir trouvé le bon chemin d’accès, je finis par m’engager dans le lac avec Symphonie. J’ai de l’eau jusqu’à mi-cuisse, mais ma foi, il faut savoir donner de soi et de toute façon, j’ai déjà les pieds trempés car mes chaussures arrivent en bout de course. Marius nous emboite le pas, et nous traversons tout bien. Ça fait du bien finalement. Nous entamons ensuite la grimpette pour traverser le Bois de Varambeaumont, sur chemins souvent boueux. Symphonie cherche les bordures, ses pieds sont sensibles.

 


Nous aurons vu trois biches aujourd’hui, une avant Hardonseille qui squattait un parc à génisses, et qui s’est empressée de retourner dans la forêt à notre arrivée, et les autres dans la forêt entre Saint-Valery et Fleuzy. Des petites biches noisettes et agiles qui nous regardent arriver immobiles et détalent avant que nous ayons pu dégainer nos caméras. Lorsque nous arrivons sur Fleuzy, je prie pour que l’on trouve rapidement un endroit, car je fatigue. Stéphane lui n’a pas trop mal aujourd’hui, on dirait que les anti-inflammatoires naturels spécial articulations et l’huile essentielle de gaulthérie font effet.

Notre premier essai au Tropico, lieu de pêche et de détente, est un échec. Les gens, qui nous voient arriver, ferment le portail et s’en vont dans leur fourgonnette sans même nous calculer. Chouette accueil ! Demi-tour. En revenant sur nos pas, on tente un terrain à vendre en friche entre deux maisons neuves, mais on laisse tomber car l’herbe nous chatouille sous les bras et nous ne trouvons personne dans la maison du conseiller communal, juste à côté. Les voisins ne savent pas trop comment se positionner. On décide de continuer sur notre tracé, sur le GRP de la Haute Forêt de Gimmerville, par la gare.

Une voiture s’arrête à notre hauteur. La femme nous indique un terrain destiné au gens du voyage, dont elle fait partie, à environ 1km, après le cimetière. En y allant, nous tombons sur Caroline qui accompagne un groupe d’enfants. L’occasion d’échanger deux mots et de faire une photo. Le terrain qu’on nous a indiqué est en bon état mais en bordure de nationale, et il doit y avoir un animal mort pas loin car il y règne une odeur fétide qui rebute même les mulânes… Après déception et hésitation, car on en a raz les basquettes, on continue notre chemin, après avoir récupéré de l’eau au cimetière. On essuie quelques averses, éparses certes, mais normandes (éparses, éparses, oui mais de Normandie!!).

Un peu plus haut en bordure de champs, on fait une pause déchargement et grignotage pour nous, on fatigue vraiment. Dix minutes pour récupérer. Il n’est que 17h mais on est partis tôt ce matin … On espérait se poser de bonne heure… Mais non ! On reprend nos sacs, les mulânes font la tête, et on grimpe le sentier du GR de pays, en espérant qu’on trouvera plus haut. Après 45 min, nous arrivons sur les genoux à la Ferme de Robin, la ferme de la dernière chance, chez Ingrid. Il y a des ballons accrochés tout le long de l’allée, c’est l’anniversaire de sa fille Marie de 24 ans, qui va arriver.

Accueil, sourire, bonheur. Marius et Symphonie peuvent se mettre dans une grande pâture à l’herbe haute. Après un moment de liberté, le temps pour nous d’aller prendre une douche ressuscitante, on les attache pour la nuit. Il y a décidément trop à manger, et le signal a été donné par la mule qui a eu mal au pieds aujourd’hui. Nous, nous posons la tente dans le jardin de la ferme. Ingrid, qui prépare la fête de ce soir et est bien occupée, nous donne un thermos de café et deux bières. Je suis out, mais trouve la force de préparer quelque-chose et on mange du riz à la tomate.
Je pensais dormir à 21h mais il est 23h30 quand je m’endors, Steph est dans les bras de Morphée depuis un moment… Extinction des feux, quelle dure journée! Beaucoup de reconnaissance pour cet accueil.

[Dimanche 21 mai 2017]
Ce matin nous sommes bloqués à la Ferme du Bois Robin.
En effet, Steph se réveille avec une grosse migraine, prend deux cachets et retourne se coucher, en me disant qu’on verra plus tard. À 11h30, il n’est toujours pas bien, on va donc sûrement rester là aujourd’hui. Je ne le vois pas se taper nos 16km dans cet état… Comme il fait jour tard, on se dit qu’on pourra peut-être faire quelques kil en fin de journée pour avancer un peu. C’est qu’on est attendus mercredi soir à Boismont, dans la Somme, chez Delphine et François. Mais pour l’instant, Steph est cloué dans son duvet avec une chaussette mouillée sur le front. Propre, la chaussette, je précise !

Je vais chercher de l’eau à la maison, ramener le thermos et récupérer les batteries qu’on a mises à charger pendant la nuit. Ingrid me propose un petit dej, je mange un peu de brioche avec de la confiture mais j’avais déjà pris un muesli au réveil, avec le café. On discute un moment au soleil, avec Clément aussi, son fils cadet. Je reviens à la tente et Steph est toujours HS. Je réfléchis à comment parquer les mulânes pour les limiter sans les attacher… Le problème du parcage se règle par lui-même car, lorsque je vais avertir Ingrid de l’état de Stéphane, sa fille me demande s’il est possible de mettre les doudous dans le jardin avec nous, car la pâture dans laquelle ils sont actuellement va être récoltée, et il ne faudrait pas qu’elle soit trop tassée par leur présence. Aussitôt dit, aussitôt fait, je les ramène vers nous avec leurs longues longes.

Le temps de remarquer que Symphonie a vraiment mal sur les cailloux… Mince, j’espère que ça va aller… L’herbe est gorgée d’eau par ici, cela fait le quatrième jour qu’ils ne boivent pas et font pourtant régulièrement pipi. Ils passent le plus clair de la journée à se reposer, je pense que la trotte d’hier a dû les fatiguer aussi. Ils restent de longs moments couchés, Symphonie de tout son long, les yeux fermés. Moi j’écris, et je vais couper un peu d’herbe haute et des orties à faire sécher pour les mulânes. Il n’y a pas que les orties à faire sécher d’ailleurs, j’étale donc nos affaires et nos chaussures au soleil.

Steph émerge vers 17h, après avoir dormi un peu dehors à l’ombre, un peu dans la tente. Froid, chaud… Ça va mieux, mais il a toujours mal, malgré les cachets et le nux vomica. Il a dormi de travers la nuit passée, mais on pense que la digestion y est aussi pour quelque chose.
On essaie de voir si on peut raccourcir notre tracé jusqu’à Boismont, c’est sûr, on ne partira pas aujourd’hui… Steph m’apprend que le peuple suisse à accepté à 55% une sortie progressive du nucléaire d’ici 2034. Cool, espérons qu’elles ne pètent pas avant, les centrales.
Nous mangeons un petit couscous, téléphonons à nos familles, la soirée arrive tranquillement. Le fermier, Christophe, vient nous voir, faire une caresse aux mulânes et discuter le coup. Nous avons de la chance d’avoir pu rester là.

Vers 20h, Marius et Symphonie se remettent à manger, nous sommes désolés de devoir garder leur longes un peu courtes, mais il en va de leur santé. Marius a toujours un peu de diarrhée, les pieds de Symphonie sont moins chauds et elle a l’air plus réveillée. Alors qu’elle tire sur sa longe et se cabre comme pour dire, je l’embarque dans son jeu et vais faire un petit trotting jusqu’au bout de l’allée, histoire de la défouler. L’aller-retour lui suffit pour se calmer et elle accepte ensuite volontiers la longe. Allez, demain est un autre jour, et il sera beau.

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Marius Tour de France

Jour 424 / Malgré l’ostéo, les douleurs sont toujours là.

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[Jeudi 18 mai 2017 -13 km]
Ce matin c’est la bonne, on se sent prêts à repartir. Stephane va mieux, même si ses douleurs persistent un peu, notamment sa sciatique et son genou gauche qui se comporte bizarrement. Prêts mais avec une pointe de mélancolie, car on était bien ici, dans ce lieu splendide, avec Emma et Cyril. En plus, la Picardie est une région qui a éveillé quelque chose en moi, je m’y sens bien. Les paysages me parlent, les maisons me touchent. On prend le petit dej’, on vide notre jolie chambre, on équilibre les sacoches. On se prépare et on attend Emma qui est partie très tôt et va revenir d’un tournage, pour lui dire au revoir. On a embrassé Cyril tôt ce matin, alors qu’il partait a son boulot. On laisse les mulânes brouter un moment dans la cour. Emma arrive, on charge, on s’en va vite, pour ne pas faire traîner les adieux, alors qu’elle filme notre départ. Il est passé 11h30.

Nous sommes très émus car cette rencontre a été une fois de plus forte et magique. Nous avions tellement de points communs, et nous avons beaucoup partagé. Nous nous reverrons sûrement. Nous commençons par marcher une heure dans des chemins creux et rendus très humides par les pluies d’hier soir, avec une herbe bien haute et détrempée. C’est glissant à certains endroits et la végétation en plein essor a repris le dessus. Nous devons un peu nous y créer un chemin, ce n’est pas désagréable avec les odeurs de fleurs et de plantes, mais autant dire que nous finissons trempés après peu de temps. Du coup, nous sommes heureux de retrouver un peu de goudron pour espérer sécher.

Les mulânes ont besoin, comme nous, d’un petit moment pour se mettre dans le bain. Eux aussi ils étaient bien chez Emma et Cyril, entre leur parc avec foin, la parcelle sous bois, ombragée et herbeuse, et les petites balades pour aller broutailler les bordures de chemins variées. Ça se passe toujours pas trop mal avec Symphonie face aux vaches, même si c’est pas encore à 100%, les progrès sont énormes.
Nous arrivons à Mercastel, et surtout au bois de Mercastel, qui est en partie privé. Nous ne savons pas si nous pourrons passer par le chemin prévu. Cette forêt me revigore, je m’y sens mieux et retrouve le bonheur de marcher. Symphonie aussi on dirait, elle s’est reconnectée et marche devant, cool. Il y a plein de chants d’oiseaux, c’est très paisible. Comme nous l’avions envisagé, certains chemins indiqués sur la carte, sont barrés d’une chaîne avec un panneau « entrée interdite » mais nous trouvons aisément un autre parcours pour rejoindre une petite route juste avant St-Samson-la-Poterie.

Ça nous ferra un petit détour mais rien de méchant. On s’arrête peu avant la lisière, vers 13h30, pour un casse-croûte dans un creux de forêt coloré. Des pans de terrain ont glissé sous les arbres et découvrent une terre orange qui fait ressortir la verdure festoyante. Les mul’ânes sont sages et broutent sans s’éloigner, choisissant à leur guise dans cette variété goûtue. Mais ils ne sont pas complètement tranquilles, ils n’arrêtent pas de regarder vers le chemin par où nous sommes descendus : il doit s’y passer quelque chose, mais à part trois buses qui tournent, nous, on ne voit rien. Après trois quart d’heure, on repart. La petite route est très agréable, bordée de fleurs des champs, de prairies et de forêt. On y croise deux faisans, qui se baladent en silence.

Nous bifurquons dans les bois de Canny, pour rejoindre le chemin qui longe les hauts de Canny-sur-Thérain, depuis le cimetière. On avait pensé couper en bas, par la ferme, mais les ornières boueuses remplies de flotte nous font faire demi tour. Un rayon de soleil apparaît et fait grimper la température, on enlève les vestes! T-shirts! La vue est splendide depuis en haut, on en prend plein les yeux. L’herbe est presque à hauteur de nez de nos compagnons, et ils ne résistent pas à grapiller en marchant.

Le chemin est d’abord bien ouvert, mais la végétation se referme au fur et à mesure. Pas grave, on passe. Nous débouchons sur la route peu avant Grumesnil, que nous traversons. Nous devons reprendre par les prés pour éviter au maximum cette route qui mène pourtant droit à notre destination: Les Nonettes, à Mondeville. Nous on va passer par Saint-Michel-d’Halescourt. Et c’est là que ça se gâte.

En traversant Grumesnil, on voit un ciel noir s’épaissir, l’air se rafraîchir. Les oiseaux se taisent et le vent se lève un peu. On va s’en prendre une, c’est certain… Comme il n’est pas très tard, nous faisons quand même une mini pause broute car les bordures sont riches de plantes diverses dont les doudous raffolent. Le temps d’enfiler nos vestes. Je ne sors pas mon poncho de pluie, pour quelques gouttes. Et ben si j’avais su! En effet, la petite pluie du débit ne semble pas méchante. Mais passé St-Michel, en quelques instants, nous nous retrouvons sous des trombes d’eau.

Symphonie l’avait senti venir car elle essaie de se caler les fesses au vent dans un petit recoin de chemin. Mais il nous faut continuer, sinon on va prendre froid, m’encourage Stéphane. Les passages sous les arbres n’y font rien, et la traversée dans les herbes hautes finit de nous détremper. Le dernier bout de chemin, creux, devient presque un ruisseau alors que nous motivons les mulânes courageux pour arriver le plus vite possible. Nous débouchons sur la route « mouillés jusqu’aux slips », et rentrons dans la propriété soulagés. Les quatre chevaux de nos hôtes, Xavier et Pascal, des amis d’Emma, galopent en « banc de poisson » en nous voyant arriver, puis reviennent au calme.

Nous débâtons Marius et Symphonie à l’abri dans l’allée devant les boxes, et Steph leur donne une poignée de foin reconfortant. Pascal arrive 5 min après nous, et nous discutons un moment, avant de mettre les mulânes dans leur grande pâture, et d’aller nous changer. Ouf, nous avons beaucoup de chance d’être au chaud et au sec pour la nuit, dans le petit studio que Pascal est en train d’aménager au dessus des boxes! Merci!

Par contre, Marius et Symphonie devront faire avec la pluie battante… Et Steph a toujours des douleurs. Sa cheville, ce qui est « habituel », mais son genou et la sciatique, ça c’est nouveau. C’était une des raisons de sa visite chez l’ostéo. Il s’inquiète un peu car il ne voudrait pas que ça s’aggrave, avec la marche. Et comme j’avais oublié d’en parler dans le blog, on s’engueule 😉 Par dessus le marché, le tracé qu’il avait fait jusqu’à notre prochaine escale à Boismont s’est effacé pour la Nième fois, et il doit le refaire, encore et encore… On se demande ce que tout cela peut bien vouloir dire.

[Vendredi 19 mai 2017 – 11 km]
Nous avons très bien dormi dans le petit studio de Pascal, avec le radiateur allumé et toutes nos affaires agglutinées autour pour les faire sécher. Stéphane et moi avons une grande discussion au réveil. Sur les douleurs physiques, notamment, qui se font parfois sentir et qui pourraient nous stopper. Quel en serait le sens, que ferions nous cas échéant? Tout en faisant des étirements pour nous dérouiller, nous nous demandons pourquoi nous nous arrêtons si souvent, est-ce un aspect du voyage qui consisterait à marcher de place en place, où nous resterions à chaque fois une semaine ou plus pour récupérer physiquement et s’occuper du blog, fignoler les videos, avancer dans la gestion de la correspondance, enfin toute chose qu’il est plus difficile de gérer lorsqu’on marche et qu’on bivouaque ? Nous avons l’impression que nous sommes bien fatigués pour dire que nous sortons d’une semaine de pause. Il y a aussi le fait que nous et les personnes que nous rencontrons avons mutuellement envie de passer un peu de temps ensemble, et c’est important de ne pas passer à côté de ça. Nous parlons aussi de nos réalités financières, qui nous rattrapent sans trop pourtant nous inquiéter. Arrivons nous à aller aussi loin qu’il était prévu au départ ? Arriverons nous à marcher jusqu’au Portugal ? Devrions nous envisager un plan B, ou penser un peu, voire lancer gentiment le début de l »après »?

Steph sent toujours sa tendinite, son genou, que veut lui dire son corps? Il espère qu’il pourra marcher, sans trop morfler, et prévoit déjà de retourner chez un ostéo lorsque nous serons arrivés à Boismont, chez « Escap’âne ».
Nous sommes désormais en Haute-Normandie. Le temps y est changeant. Malgré le fait que j’ai eu mal au cœur de les voir tête basse sous la pluie hier soir, les mulânes ont bien supporté la nuit dans les intempéries, et les doux rayons de soleil nous apportent à tous du bonheur ce matin. Parscal arrive alors que nous sommes en train de sortir nos affaires et il amène le petit déj : petits pains, brioches croissants et des fraises marché mmmh merci infiniment.
La météo annonce des averses orageux pour la journée mais nous décidons d’être courageux.
Départ donc à 11h15.
Nous commençons par du goudron, et c’est tant mieux, cela nous permettra de rester secs un moment et d’avancer plus franchement que sur les chemins boueux. Le long de la petite route, les céréales sont couchées par endroit, à cause du vent? Ça sent bon, par contre, mmmg. Notre marche est rythmée par des pétards à culture.
On suit le GR de pays des forêts de Haute-Normandie, qui passe par Haucourt. Est-ce le village où a été inventé la pendaison ?! Le ciel est devenu noir de cendre lorsque nous arrivons à Guaillefontaine. Il est 14h et comme nous avons bien avancé, nous décidons de nous offrir un café. Il y en a un, justement, en face de la mairie: le » café du commerce ». Alors que nous cherchons un endroit adéquat pour attacher les mulânes, Laurence, la patronne du café, sort et nous accueille à bras ouverts. Elle adore les ânes et les chevaux et nous fait de suite une place. Nous sommes au bord d’une grosse route et il y a pas mal de camions et de tracteurs qui circulent. Symphonie finit par se mettre en confiance et à se caler. À peine avons-nous fini de les décharger que le tonnerre se met à gronder et un qu’un déluge s’abat sur nous.

Enfin nous, nous sommes à l’abri mais Marius et Symphonie non… Ils baissent les oreilles, font le dos rond et essuient l’orage. Le temps change vraiment vite par ici, nous allons tâcher de nous en souvenir ! Pendant ce temps, Laurence nous prépare 2 assiettes de spaghettis à la carbonara, du fromage, des madeleines maison et un café. Nous sommes super touchés par tant de gentillesse, quel réconfort ! En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, le soleil revient et le ciel est soudain aussi bleu que s’il ne s’était rien passé. Incroyable. Du coup, les mulânes, presque aussitôt séchés, ont droit à leur lot de carottes et font une sieste. Laurence nous met encore deux petits fromages de Neuchâtel fermier et un kilo de carottes à l’emporter. Elle nous offre tout cela de bon cœur, nous sommes abasourdis par tant de générosité. Laurence nous explique qu’elle a eu la chance de faire quelques sorties dans le désert. Elle y a appris avec bonheur ce qu’était l’Hospitalité, et pour elle, c’est évident.
Nous sommes arrivés ici dans le timing parfait et repartons réconfortés et surtout secs. Il est 16h et vu la météo super changeante, nous ne savons pas ce qui va nous tomber dessus et commençons à douter d’arriver jusqu’à Beaufresnes. Cela dépendra aussi de l’état des chemins.

À peine sortis du village, nous faisons une petite pause broute de 10 minutes dans les hautes herbes qui bordent la piste.
Les mulânes traînent ou alors regardent le paysage. Symphonie s’arrête tous les cinq pas pour regarder des vaches à 3 km, des voitures à 6 km ou des éoliennes au loin, dont on voit les palles survoler les arbres.
Dans ces moments-là, rien ne sert de se batailler ou d’essayer de les forcer à avancer, il vaut mieux les laisser regarder le temps qu’il faut pour qu’ils identifient l’objet. Après, en général, c’est reparti. Bref, nous avançons du coup très lentement mais espérons marcher encore une heure et demie jusqu’à Conteville. C’est sans compter sur les chemins complètement détrempés où nous devons nous-même marcher dans de grosses flaques d’eau, car il n’y a pas moyen de passer à côté.

Marius n’aime toujours pas l’eau mais il fait de gros efforts et passe quasiment partout. À un endroit, alors qu’il marche sur une petite bande de terre au milieu, il descend dans une flaque assez profonde sans s’en rendre compte, car l’eau est trouble et recouverte de pétales de fleurs des arbres. Quand il en prend conscience et alors qu’il a de l’eau à mi-canon, il se cabre complètement et saute en l’air comme un cheval sauvage, tout ça avec son chargement. Il atterrit à côté sans dommage mais sa cabriole était impressionnante ! Nous longeons un parc avec des chevaux puis un parc avec des vaches Charolaises allaitantes qui nous surveillent de près. Paradoxalement, les grosses flaques d’eau m’aident car Symphonie est en partie concentrée sur où elle pose les pieds. On fait beaucoup de progrès avec les vaches. Nous nous arrêtons à la première ferme à l’entrée de Conteville et le paysan nous laisse bivouaquer dans un de ces parc, d’où il vient d’enlever ses vaches pour la nuit. C’est justement le pré à côté des charolaises, ce sera un excellent exercice. Le seul truc, c’est que nous devons être partis demain à 8h30 avant l’arrivée des bovins. Bon, on se lèvera à 6h30 et ce sera notre record de départ tôt !

Nous entrons donc dans le parc, et débâtons nos compagnons qui se réjouissent de se rouler, de manger et de profiter. Il y a même quelques arbres pour s’abriter s’il pleut cette nuit. Il est 19h, et accompagnés des meuglements des vaches curieuses qui observent tous nos faits et gestes, nous montons le camp et profitons d’une magnifique soirée où la lumière se donne en spectacle. Le ciel noir joue avec le soleil sur les arbres et toute la végétation brille! Et cerise sur le gâteau, nous avons droit à un splendide arc-en-ciel complet qui nous enchante par sa magie. Après les pâtes avalées à 15h, nous n’avons pas faim. Nous goûtons quand même un Neuchatel fermier avec un bout de pain, bâchons nos affaires dessus et dessous en prévision d’éventuelles​ pluies nocturnes et filons sous la tente. Il fait jour presque jusqu’à 22h maintenant, et nous faisons blog et vlog au chaud dans nos duvets, pendant que les mulânes vont narguer les mamans vaches.

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