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Marius Tour de France

Jour 845 / Et si Marius avait chopé la leptospirose…

Il est tard lorsque nous partons de chez Michel. Nous prenons la route après avoir déjeuné avec lui. Il est entre 14h et 14h30. On sent qu’on marchera peu aujourd’hui ! Il faut dire que j’ai consacré la matinée à passer quelques coups de fil, notamment à mon vétérinaire de Nyons pour en savoir plus sur la leptospirose et avoir son avis sur un éventuel traitement préventif.

En fait, il y quelques jours, j’ai pris un coup de flip après notre journée à La Rivière où nous avons donné de l’eau du canal à nos ânes pendant 2 jours. Je n’ai pas pensé au fait que le marais est clafi de ragondins dont la majorité est porteuse de la leptospirose, une maladie infectieuse qui peut être mortelle. Je suis d’autant plus inquiet que la bactérie, qui prolifère dans les eaux stagnantes grâce aux urines de rongeurs, a déjà emporté Kali, la chienne de Céline, à la fin de l’hiver 2016!

Mon véto m’a confirmé qu’il n’y a pas de vaccin pour les équidés. Préventivement, une dose de pénicilline pourrait être injectée, mais je n’ai pas de vétérinaire sous la main pour la lui faire. Je n’ai donc pas d’autres choix que d’attendre la fin de la période d’incubation et de surveiller le comportement de mon poilu pour déceler des symptômes comme une anorexie, une coloration jaune des muqueuses, une coloration foncée des urines, ou encore des diarrhées. Vivre avec son équidé 24h/24 me permettra de dépister la maladie rapidement. Cependant, la leptospirose serait bien souvent inapparente. Je vais croiser les doigts et faire appel à nos anges gardiens du chemin pour qu’il n’en soit rien. 

Autre problématique : le postérieur gauche de Marius vrille sérieusement vers l’intérieur à un point que j’ai peur qu’il ne finisse par boîter. Sur les conseils de quelques-uns comme Céline et Mo, je l’ai paré légèrement car son sabot est trop long. Pourtant mon âne a vu un maréchal il y a un peu plus d’un mois seulement. Là aussi, je vais être très attentif à l’évolution du pied.

Avant de sortir de Beauvoir-sur-Niort, on profite que le bureau de poste soit ouvert pour envoyer par courrier la vingtaine de plumes que Malone a trouvées sur le chemin. Ce n’est pas qu’elles soient lourdes, mais elles s’abîment dans son sac à dos. L’enveloppe envoyée, nous poursuivons sur le GR36 pour traverser le massif forestier de Chizé. On contemple le très beau moulin de Rimbault, sauvé in extremis au début des années 70 : entièrement restauré, il est en parfait état de marche.

Le chemin dans la forêt est tranquille et agréable. Malone ne quitte pas des yeux les abords de la piste, à la recherche de nouvelles plumes. Il a trouvé une “plume d’ange” mais recherche surtout celle du Geai Des Chênes dont certaines ont la particularité d’être décorées de bleu. C’est celles-là qu’il lui faut !! En fin de journée, au détour d’un sentier, on tombe sur un gars posté devant sa moissonneuse-batteuse. Visiblement, il attend quelque chose ou quelqu’un. Comme il se fait tard, je l’interroge sur un lieu où l’on pourrait bivouaquer. Le conducteur de l’engin me conseille de poursuivre ma route : “Vous trouverez une ferme bio. L’agriculteur produit du fromage de chèvre. Il aura sans doute un terrain où vous installer”. Nous sommes à moins d’un kilomètre du lieu.

Malone a mal aux pieds. On aura fait une bonne journée aujourd’hui. Arrivés à la ferme, deux femmes discutent. Nous avons croisé l’une d’entre elles un peu avant d’arriver. Elle conduisait un tracteur. Je pense d’abord que c’est l’exploitante mais lorsque je lui explique ce que l’on recherche, elle me répond qu’il nous faut attendre le responsable. “Il arrive je dois aller le chercher en voiture” me dit-elle. Nous restons donc avec Pauline, une jeune stagiaire qui prépare un BPREA en “poly-élevages”. Elle nous présente la ferme du “Vieux Chêne” où Mathias, l’éleveur fromager en agriculture biologique, élève 50 chèvres de race Poitevine depuis 15 ans.

Nous sommes encore en période de moisson pour certains agriculteurs. Le propriétaire est en plein rush. Il accepte que nous nous installions dans un pré derrière son habitation. On discute cinq minutes mais il n’a pas le temps de trop s’attarder. La soirée sera longue pour lui : il doit encore rentrer plusieurs centaines de bottes de paille. Avec l’aide d’amis et de stagiaires, ils en ont pour plusieurs heures ! On se verra sans doute le lendemain matin. En attendant, on monte la tente non loin d’un box où se trouvent trois jeunes boucs ! 

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