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Marius Tour de France

Jour 844 / Père et fils en tête-à-tête

Nous avons pu nous poser une journée chez Bernardette et Bernard. D’une part parce qu’il a fait très très chaud et d’autre part parce que hier soir se jouait la finale de la coupe du monde. Match que Malone voulait absolument regarder et nos hôtes ont bien voulu que nous restions. Ça ne pouvait pas faire plus plaisir à Malone ! 

Un couple très gentil qui nous a confié avoir perdu son fils cadet d’un cancer il y a quelques années. J’ai rencontré l’aîné qui a repris l’exploitation familiale. Si celle-ci compte quelques vaches, ce sont surtout les céréales en culture conventionnelle qui y sont cultivées.

Bernadette et son mari ne sont pas favorables au bio, car selon eux, les rendements sont trop faibles même si le prix de vente est plus élevé. “Qu’en sera-t-il pour tous les agriculteurs qui ont fait le choix de l’argent facile lorsque la demande du bio sera inférieure à l’offre?” s’interroge Bernadette qui constate que travailler en bio ne signifie pas travailler moins comme certains le pensent : “Il faut passer plusieurs fois la charrue pour désherber. Il y a des cultures tellement enherbées quelles ne peuvent plus être récoltées” estime-t-elle.

Cette journée dominicale a aussi été l’occasion pour Isabelle et Sylvain de venir pique-niquer avec nous. En vacances dans la région, ce couple suit depuis de nombreux mois notre aventure et était déjà venu nous rendre visite lorsque Céline et moi étions en Picardie, accompagnés de leurs fils Olivier. Nous avons passé un chouette moment ensemble et peut-être nous reverrons-nous avant la fin de cette aventure.

Mo’, Lili et Pipo sont partis hier matin. Si son âne Pipo n’a pas eu de mal à monter dans le van c’est le cœur serré qu’elle a repris la route. Mais avant de nous quitter, Lili a décroché sa “Coquille Saint-Jacques” niveau débutant ! “C’est un trophée que l’on remet aux marcheurs débutants. Tu auras un coquille avec un trou comme Malone lorsque tu seras une randonneuse confirmée” ai-je expliqué à la petite fille de Mo’ la veille de son départ. La gamine était très fière d’avoir obtenu ce coquillage ! Et moi j’étais ravi de l’avoir dans le sac pour récompenser Lili d’une certaine manière, après ces quelques jours de marche !

Il était presque midi lorsque nous sommes partis après avoir fait une photo souvenir avec nos hôtes et leurs voisins. Nous tenons un record de chargement : Marius porte 55 kg, Malone 4 kg et mon sac-à-dos atteint les 20 kg ! J’ai réparti au mieux les charges pour ne pas que mon poilu porte trop lourd. Mais avant son départ, Mo m’a emmené faire des courses et les sacoches sont pleines pour une petite semaine d’autonomie.

Ça fait bizarre de se retrouver tous les trois après plusieurs semaines en compagnie de Mo et de sa joyeuse caravane. À vrai dire, j’aurais bien gardé Pipo pour la suite du voyage. Il est costaud, volontaire et marche bien malgré sa petite taille. Il aurait aussi, tenu compagnie à Marius, éternel âne solitaire qui vit comme moi, de rencontres éphémères. Malone aussi est triste de ne plus marcher avec sa nouvelle copine Lili. C’était chouette de les voir s’amuser, chanter et rire en chemin.

Mais se retrouver tous les deux nous permet de resserrer les liens. Comme je l’ai expliqué il y a quelques jours, Malone a mal vécu par moment, la séparation. Nous parlons beaucoup. Il me pose beaucoup de questions sur moi, ma jeunesse, ma vie… On parle beaucoup de ce que l’on voit autour de nous, de la nature, de l’environnement. Ce tête-à-tête est un moment privilégié. Il fait moins chaud aujourd’hui que les jours précédents. Hier, la chaleur était vraiment insoutenable ! Les orages qui se sont abattus dans le Sud-Ouest ont vraisemblablement rafraîchi la région. Autour de nous, les champs de céréales ont quasiment tous été moissonnés.

Les tracteurs vont et viennent pour rentrer les balles de paille. En général, le ballet des engins agricoles est signe de pluie ! Seuls encore dressés, les tournesols lorgnent toujours vers le soleil. Les saisons s’étirent au fil des kilomètres. Je vois la nature changer mois après mois. Je la vois aussi souffrir du manque d’eau. Plus d’un mois qu’il n’a pas plu ici. Une sécheresse aggravée par de fortes températures persistantes.

Le GR 36, chemin de Compostelle.

Nous suivons le GR 36, qui part de Ouistreaham dans le Calvados et traverse la France pour rejoindre la frontière espagnole à Bourg-Madame dans le Pyrénées-Orientales. Nous y retrouvons la voie qui conduit à Compostelle. Les chemins de terre se font rares. La plupart du temps, ils sont bitumés. Les effluves de goudron ramolli nous prennent le nez. La marche devient désagréable.

Malone et moi nous amusons en pénétrant dans le lieu-dit “Blaise”. Je ne comprends pas pourquoi ce hameau n’est pas le chef lieu de canton… voire du département !!! C’est vrai quoi !!! On profite des panneaux pour se photographier devant ! Ce n’est pas tous les jours que l’on traverse un village qui porte son nom ! Un peu plus loin, nous demandons de l’eau à une famille en train de discuter sur la terrasse de son jardin. Ce qu’elle fait volontiers avant de remplir un seau d’eau à Marius. Nous échangeons quelques mots puis reprenons la marche.

À la demande de Malone, nous nous arrêtons dans le hameau suivant le temps d’une pause d’une demi-heure. En quête de coquilles d’escargots, mon fiston ramasse aussi des plumes sur le bord des sentiers. On ne sait pas toujours à qui elles appartiennent, mais leur beauté même suffit à l’encourager à en trouver. Après le pont qui enjambe l’autoroute A10, une voiture nous double et s’arrête devant nous. Un homme en sort et nous demande ce que nous faisons. Malone a pris l’habitude de répondre à ma place. Et moi d’expliquer en plaisantant : “C’est mon attaché de presse” !

J’aime le voir s’approprier le voyage. Notre rencontre nous dit habiter à un gros kilomètre d’ici, dans le village que nous allons traverser. Il possède des chevaux et nous propose de nous installer chez lui pour la nuit. J’accepte, à la grande joie de Malone ! “J’habite près de l’église de Beauvoir-sur-Niort.” nous indique le cavalier avant de redémarrer. Les rues de la commune sont en travaux. Il faut faire attention où l’on met les pieds !

Notre hôte vit seul dans une longère ayant appartenu à ses parents et grands-parents. “Ils ne possédaient que 25 ha et quelques vaches mais vivaient très bien. Aujourd’hui, les agriculteurs en possèdent dix fois plus et sont endettés sur plusieurs décennies pour parvenir à vivre de leur production” constate Michel qui estime que le système court à sa perte.

Une grosse brouette de foin pour Marius

Marius a peu d’herbe dans le rond de longe où il va passer la nuit mais il a droit à une grosse brouette de foin très appétissant ! Je plante la tente tout à côté de lui. Il est déjà en panique lorsque je m’éloigne un peu de lui. Ça le rassurera de me savoir à proximité. Nous passons une très belle soirée avec notre hôte.

Amoureux de la nature, et naturaliste amateur, il est passionné notamment d’oiseaux. Malone se montre très curieux et lui présente les plumes ramassées sur les sentiers. Pour savoir à quels oiseaux elles appartiennent, Michel lui offre un livre sur les plumes. Un beau cadeau. Mon fiston est enchanté et ne tarde pas le dévorer espérant déjà trouver les plus belles dès demain !

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Tags : Charente-PoitouDeux-SèvresNouvelle-AquitaineTour de France

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