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Marius Tour de France

Jour 840 / Au coeur du Marais Sauvage

11 juillet 2018]
Après une nuit courte et agitée, Mo et Lili se lèvent de bonne heure pour aller à la boulangerie et à la supérette du bourg. On n’a plus de fruits et légumes et elle a envie d’offrir un bon chocolat chaud accompagné d’un croissant à nos lutins. Là encore, pas moyen de mettre la main sur de bons fruits de la région. Tout est importé d’Espagne, évidemment.

Nous décollons assez tard de la place municipale occupée pour la nuit. Mais nous avons pris soin de démonter les tentes rapidement avant de prendre le temps de petit-déjeuner tranquillement. Le bivouac est autorisé et peut être toléré sur ce genre d’emplacement “public”. La règle voulant qu’il faut monter la tente au coucher du soleil et la démonter au lever du jour.

Mo s’est dit qu’au vu de l’accueil “chaleureux et enthousiaste” des responsables du camping des Conches la veille, ça serait bien le genre des responsables de téléphoner à la gendarmerie ou à la mairie pour un contrôle … On a bien vu passer un policier municipal dans la rue un peu plus haut, mais il ne s’est pas déplacé jusqu’à nous.

Nous partons finalement vers midi et poursuivons notre traversée des marais d’où sillonnent une multitude de canaux et fossés. C’est joli mais monotone au bout d’un moment. Le paysage ne varie pas beaucoup, même dans le marais sauvage, une zone de pâturage et de culture maraîchère, dans le hameau de La Rivière où je repère d’emblée un terrain herbeux et ombragé au fond d’une impasse.

Après une dizaine de jours de marche, Pipo n’a plus besoin d’être tenu en longe. Il a calé son pas sur celui de Marius. Si Mo la garde quand même à l’œil au cas “où”, cette confiance nouvellement acquise lui fait plaisir.
Nous sommes aussi fiers de Lili et Malone ! Ils marchent bien, sans trop se plaindre. Malone chante tout le long du chemin. Lili est plus silencieuse. Elle a un peu mal aux épaules. Par moments, Mo la soulage de son sac-à-dos.

On fait une belle pause à l’ombre des arbres et jouons une partie de Uno à quatre. La complicité nous unit. C’est magique. Par contre, j’ai des maux de tête qui ne me quittent pas.

Le soleil tourne et commence à nous brûler les mollets. Il est temps de se remettre en chemin. Nous poursuivons notre traversée du marais tantôt par des chemins de halage, tantôt par des pistes.

Clin d’oeil…

Nous finissons par sortir du marais “Sauvage” appelé aussi la Venise Verte et ses canaux, conches, rigoles, fossés, qui couvrent plus du dixième des 1600 ha de l’ensemble du marais mouillé. Une cathédrale de verdure constituée par l’alignement des innombrables frênes têtards, saules et peupliers.
J’interroge une dame dans le jardin voisin, qui nous dit que nous pouvons nous y installer.

Nous sommes tous ravis de l’endroit ! Le calme n’est perturbé que par les cygnes, les canards et les ragondins. Un canal passe à proximité. Les enfants sont enchantés et immédiatement attirés par l’eau.

Nous n’aurons marché que 6 km aujourd’hui mais ce n’est pas grave : tout s’est bien passé en chemin. Il n’y a eu ni grosses plaintes, ni larmes et c’est bien de s’arrêter avant que l’humeur ne change, afin de rester sur une impression positive et ne pas dégoûter les petits de la marche. 

[12 juillet 2018]
Le lendemain, nous décidons de rester une nuit de plus sur la demande insistante des mômes de ne pas marcher ce jour là.
Michelle, notre voisine de terrain, qui à notre arrivée nous a offert des œufs de caille cuits durs en guise de bienvenue, est ravie que nous restions une journée de plus. Elle nous invite à prendre le petit déjeuner et nous prépare un bon repas de midi.

Encore une fois, nous sommes gâtés et la générosité des gens rencontrés en chemin nous touche et nous bouleverse.
Michelle est heureuse de pouvoir bénéficier d’un peu de compagnie. Suite à un accident, son mari est alité et elle ne peut sortir de chez elle que les mercredis après-midi quand un infirmier prend le relais. Le reste du temps, elle veille sur Jean-Pierre.

Les enfants passent la journée à jouer au bord de l’eau, à discuter, à faire des connaissances, … Ils discutent notamment avec une pêcheuse qui taquine le poisson-chat ! Des siluriformes qui intriguent nos mioches ! Les ânes eux, se remplissent l’estomac ajoutant un peu plus de gras à leur bide !

Au XVIIIe, cette partie du marais était en partie “sauvage” mais fournissait poissons et roseaux “en grande quantité”. Les aménagements du XIXe siècle augmentent et stimulent les productions du marais. À une époque où les routes et les chemins n’existent pas, les barques se multiplient avec la diversification des exploitations. Toujours à fond plat, l’embarcation maraichine est traditionnellement en chêne. Importé d’Afrique de l’Est, le niangon a eu la faveur des derniers charpentiers mais de nouveaux matériaux d’un entretien plus facile, ont progressivement remplacé le bois après la seconde guerre mondiale : le ciment moulé, la tôle, le plastique et principalement désormais, la fibre de verre.

Voué jadis à l’agriculture et à l’artisanat avec le commerce du bois, du lait et des tuiles, le coin est aujourd’hui tourné vers le tourisme avec le Parc ornithologique des oiseaux du Marais poitevin (site de 8 hectares présentant dans leur milieu naturel 350 oiseaux de 70 espèces différentes), ses 15 km de sentiers balisés et plus de 100 km de voies d’eau navigables.

La journée est paisible et agréable. Et un peu de repos nous fait du bien.

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Tags : Charente-PoitouLoire-AtlantiqueMarais PointevinPoitouTour de FranceVendée

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