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Marius Tour de France

Jour 838 / Nos lutins changent le rythme du voyage

Après plusieurs jours “tampon” dans la famille de Florine, nos lutins vont aujourd’hui devoir marcher un peu plus que les 3 km de la veille. On va adapter les journées à leurs petites guiboles de 8 et 10 ans !

D’entrée de jeu, Lili n’est pas trop enthousiaste à l’idée de marcher. Mais pas après pas, elle commence à prendre plaisir à observer les papillons et libellules qui nous ouvrent le chemin. Malone lui, est cash : “Je ne viens pas parce que j’aime marcher, je viens pour te voir papa”. Ça me fait tellement plaisir qu’il soit là, mon poulbot.

Je sais combien mon voyage est difficile pour lui. La séparation, l’absence, ont parfois été compliquées à gérer pour lui. On ne s’est pas vu depuis les vacances de Pâques. Près de trois mois sans le voir ! Ce fut long. Très long. Trop long ! Mes choix font malheureusement des dommages collatéraux. J’essaie au mieux de lui rendre l’éloignement le moins pénible possible.

Malone partage chacun de mes périples depuis l’âge de 5 ans. C’est sur le canal de Bourgogne qu’ont commencé nos premières randonnées. À l’époque, il ne venait qu’une semaine. Depuis le début du Tour de France, il me rejoint entre trois et quatre semaines chaque mois de juillet. Cette année, on devrait partager cinq semaines de route.

L’itinéraire est plutôt tranquille. Nous empruntons d’anciens chemins de halage. Herbeux pour la plupart, ils sont très agréables bien que souvent très rectilignes et monotones. Par endroits, des pièges à ragondins sont installés entre le canal et les champs de maïs que les rongeurs dévorent.

Vers midi, nous nous posons dans une petite gargote au bord du Canal de la Vieille Autise.
On y mange une salade, des frites et une glace. On a joué une partie UNO. Ambiance joyeuse au délicieux parfum de vacances ! Les enfants ont même pu observer avec curiosité une anguille coincée dans une nasse.

Nous continuons le chemin le long du canal. Le chemin devient plus laborieux. Le sol est irrégulier, il y a de grosses mottes d’herbe qui fatiguent les petites jambes des enfants. Il fait chaud. Les petits pieds sont douloureux. Le sac se fait plus lourd sur les petites épaules avec les kilomètres. Les plaintes sont nombreuses, des larmes coulent et l’énervement gagne certains d’entre nous. Moi en premier. Il faut quand même bien avancer, au moins jusqu’à trouver un coin d’ombre pour faire une pause.
Un goûter et un massage de petons plus tard, les esprits se calment et c’est de bonne humeur que nous continuons notre marche.

Nous finissons par arriver à Damvix où nous montons notre camp en face du Camping des Conches. Nous espérons pouvoir nous y payer une douche et faire bénéficier les enfants de la piscine présente et d’une glace. En plus, ce soir c’est soirée foot : France-Belgique. Malone s’est pris au jeu et voudrait voir la demi-finale. Le camping propose à ses clients de le voir sur grand écran. On se dit que nos enfants pourraient y assister ! Malheureusement, comme nous avons déjà pu nous en rendre compte dans une autre ville récemment, le foot semble rendre certains commerçants assez cons et peu accueillants (alors même que nous ne demandons pas la charité !).

Notre douche nous est refusée, sous prétexte que, si la mairie n’est pas au courant que nous bivouaquons sur le terrain communal d’en face, ils ne peuvent pas nous permettre de nous doucher dans leur enceinte.
C’est sans énervement et avec le sourire que Mo regagne le campement pour m’annoncer la mauvaise nouvelle.

Tant pis. On fera sans. Toutefois, je suis un peu en colère. Je suis surtout triste. Triste pour les enfants à qui nous avions fait miroiter une récompense à la fin de cette “grosse” et chaude journée et que finalement, nous n’aurons pas la possibilité de leur offrir.
Sur le terrain, il y a des toilettes et des éviers avec un robinet d’eau froide. Et c’est au gant de toilette que nous nous laverons ce soir!
De qui avons-nous besoin finalement ? ! Lili trouve ça même plutôt cool et demande à Mo si elle pourra aussi se laver comme ça à la maison dorénavant.

Il est tard lorsque nous allons nous coucher.
Mo n’arrive pas a dormir. Elle n’est pas sereine. Elle pense déjà à son départ. Elle veut encore continuer l’aventure. Elle ne veut pas rentrer. Et puis en face de nous, en plus du camping, il y a un camp de vacances. Alors vous pensez bien, la victoire française est fêtée à grand bruit!
Il est minuit passé.

Pour se calmer, elle sort de la tente et va voir Pipo. Voir s’il va bien. S’il ne s’est pas fait une prise de longe, car aujourd’hui elle l’a attaché au licol au lieu d’utiliser la chevillette. Il va bien. Elle décide de lui desserrer un peu son licol, mais pile au moment où elle l’ouvre, les fêtards d’à côté lancent un feu d’artifice !! Les ânes sont tellement effrayés que Pipo s’échappe et part au grand galop. Mo essaye de le rattraper, tandis que je me projette hors de la tente dès les premières détonations pour calmer Marius.

Je sais combien il est effrayé devant un spectacle de pyrotechnie. En Bourgogne, en 2013, il avait cassé sa longe pour fuir sur le canal. Mo aussi a vraiment peur que son âne ne s’enfuie vers la route ! Mais heureusement, il a le réflexe de venir se réfugier auprès de Marius toujours attaché, où elle peut le reprendre sans souci. Ouf ! La catastrophe a été évitée !
C’est à fleur de peau qu’elle s’assied devant sa tente pour regarder les étoiles.
Les enfants eux, dorment toujours. Le “spectacle” ne les a pas réveillés !

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Tags : LimousinTour de FranceVendée

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