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Marius Tour de France

Jour 831 / Le voyage de Mo et Pipo compromis ?

Hier matin, Mo a eu la désagréable surprise en examinant Pipo de lui découvrir une boursouflure aussi grosse que la paume de ma main sur le flanc droit. Marius avait eu la même chose l’an dernier à la même époque. C’était juste après le départ de Céline à Offranville en Normandie.

Une piqûre d’abeille ou de guêpe en était vraisemblablement la cause et il m’aura fallu attendre une huitaine de jours avant de voir la grosseur diminuer de volume et pouvoir repartir. Pour ça, je la frictionnais avec du vinaigre blanc et donnais à mon compagnon de l’Apis Mellifica en homéopathie. Je conseille à Mo d’en faire de même mais faute de granules, elle le soigne avec ce qu’elle a sous la main : argile, pommade d’arnica et huile essentielle de lavande pour limiter les démangeaisons.

Dans ces conditions, pas question de nous remettre en chemin de suite. Reste à savoir combien de jours nous allons devoir attendre. La suite du voyage de Mo et de son âne est peut-être compromise. Il n’est pas question pour elle de continuer « à tout prix », le bien-être de Pipo primant sur son envie de continuer le voyage.

En attendant, Mamie Blanche, qui ne voyait aucun inconvénient à ce que l’on reste ici une nuit de plus, a emmené Mo faire des courses à la supérette d’un village situé à 4 km de la ferme. Elle a trouvé de quoi nous ravitailler en fruits et légumes, mais aussi en gâteaux, en fromage et saucisson… à consommer de suite, vu la chaleur annoncée pour la journée. Mo revient surtout avec de quoi se sustenter pendant une quinzaine de jours ! J’exagère à peine !!

Nous avons donc profité de cette chaude journée pour nous reposer, lire, écrire, manger, dormir et papoter avec Blanche et se belle-fille Pascale mais aussi, pour faire plus ample connaissance avec son fils. Olivier est agriculteur bio et produit des haricots, pommes-de-terre, quinoa, légumes secs, et élève aussi du Charolais.

D’ailleurs, en fin de journée, lorsque la chaleur a un peu diminué, Mo accompagne Blanche dans le champ des vaches pour les compter et vérifier qu’elles vont toutes bien. Pascale, l’épouse d’Olivier, elle, travaille dans une coopérative céréalière en filière traditionnelle, donc pas du tout bio. Et ce qu’elle nous raconte sur l’utilisation des pesticides en agriculture est hautement intéressant et en même temps effrayant !! Si j’ai un conseil à vous donner c’est : produisez vous-même vos légumes si vous avez un petit jardin ou alors achetez local, bio et de saison ! Quoi qu’il en soit, Pascale se pose plein de questions sur sa place dans cette entreprise et son envie de faire autre chose. Quelque chose qui ait davantage de sens en tout cas.

Nous avons terminé la journée autour de la table familiale. Pascale nous a cuit à la vapeur la variété de pomme deterre qu’ils produise, l’Anaïs. Elle est légèrement sucrée et délicieuse. Une salade de lentilles, quinoa, tomates accompagne le tout. Nous nous sommes régalés !

Ouf, Ça dégonfle !

Le lendemain, la décision est prise : nous allons continuer le chemin. La piqûre de Pipo est encore gonflée, mais Mo note malgré tout une légère amélioration. Le gonflement est un peu redescendu vers le ventre et ne semble pas douloureux ni procurer de gêne au niveau de la sous-ventrière. Nous verrons au fur et à mesure de la journée, comment ça va évoluer.

Après avoir chaleureusement remercié Mamie Blanche, nous nous sommes donc remis en marche. A son âge, cette dame est étonnante ! Si on pouvait être encore aussi alerte et vif d’esprit qu’elle ! Cette journée de repos en sus nous a quand même fait du bien. Elle avait comme un air de vacances. 
Ce matin, nous n’avons encore rencontré aucun pèlerin sur cette voie de Saint-Jacques. Le GR du Pays de Mélusine est souvent arboré. Il parcourt une campagne riche en étangs et la vallée de la Smagne. Dans les champs, les blés ont été coupés et des balles rondes de paille posés sur l’éteule.

Lors de notre pause-déjeuner, nous sommes assis au bord du joli petit cours d’eau et Mo s’y trempe les pieds avec délice. La petite sieste post repas est fortement contrariée par un troupeau de moustiques à la recherche de sang frais ! Pipo est tout nerveux au bout de sa longe, agacé par ces insectes un peu trop envahissants. Après la matinée de marche, son gonflement a nettement diminué ! Nous sommes soulagés ! L’aventure ne s’arrêtera pas de suite pour mon amie ! C’est lorsque Mo remarque deux tiques se balader sur ses jambes, qu’on décide que c’est le moment de lever le camp !

La deuxième partie de la journée n’est pas une sinécure ! Il fait très très chaud et, par moment, lorsqu’il n’y a pas d’ombre pour nous protéger des rayons ardents du soleil, nous avançons péniblement. Les sabots de nos ânes patinent sur l’herbe sèche et s’enfoncent dans le goudron fondant. À un moment donné, le corps et le cerveau de Mo se sont juste mis en mode survie.

Finalement, nous arrivons à Bourseguin où nous avons décidé de passer la nuit.
Il fait tellement chaud, que les habitants du bourg se sont réfugiés chez eux. Il n’y a pas âme qui vive ! Personne à qui demander de l’eau et un bout de terrain pour la nuit.
On “mourre” de chaud et Mo n’a qu’une envie : poser son sac à dos !

C’est alors que je repère une petite famille dans sa cour. Ils nous proposent à boire et un bout de terrain dans leur jardin derrière chez eux. Mais l’herbe est trop sèche. Ils nous indiquent alors le stade de foot à la sortie du village. Il faudra marcher encore un peu, mais il se trouve sur notre itinéraire et il ne sera donc pas nécessaire de faire demi-tour pour repartir le lendemain.

Ce petit coin de nature, est l’endroit idéal pour jeter ses encombrants !

Les abords du terrain de foot sont herbeux mais l’herbe est courte et sèche. Les haies sont truffées de plantes toxiques. Je cherche désespérément un endroit où attacher Marius et finit par le corder sur un poteau de clôture à l’opposé des plantes toxiques.

La solution trouvée pour nos compagnons, Mo part en quête d’un point d’eau. Il y a des toilettes et un évier très sommaire. Mais ça sera suffisant pour nos ablutions et faire boire nos ânes. Mo s’est même lavé de la tête aux pieds avec délice ! Elle a trouvé son bonheur dans le dénuement et la simplicité. De mon côté je fais mon curieux et pousse les vielles portes d’anciens vestiaires. C’est là que je tombe nez-à-nez avec une chouette chevêche ! Moment rare et magique ! J’ai juste le temps de la filmer avant qu’elle ne disparaisse. La vie nous réserve de jolies surprises.

Après manger, dès que le soleil commence à se coucher, les moustiques attaquent. C’est une vraie calamité et ils ont sorti l’artillerie lourde ce soir !
Le temps de bien bâcher nos affaires, car des orages sont annoncés, et on court se réfugier sous la toile pour ne pas nous faire dévorer.

“Demain, ça fera une semaine que je suis partie avec Pipo. Le temps passe trop vite. Je n’ai plus envie de m’arrêter. Marcher est tellement libérateur !” me confie Mo.
La nuit tombe, le ciel se couvre de gros nuages sombres et s’illumine furtivement par moment. Les éclairs zèbrent la nuit. Le vent se lève. L’orage frappe au loin… Pourvu qu’il y reste !

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