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Marius Tour de France

Jour 828 / La Vendée, grande reine de bitume !

La Vendée ne nous offre pas des paysages exceptionnels depuis que nous y sommes. Ils sont même carrément monotones et les villages que nous passons sont “morts”. Le chemin de Compostelle  est recouvert de bitume. On ne croise que des voitures, il n’y a personne dehors. C’est sans doute dû au fait que nous sommes en semaine et que la plupart des gens sont au travail. Mais quand même…

Le tronçon du chemin de Compostelle n’est pas plus vert. C’est bitume, bitume, bitume !  Après une pause à Saint-Vincent-Sterlanges, petite bourgade où circule un nombre impressionnant de semi-remorques, j’ai fini par changer d’itinéraire pour mettre le cap chez Antoine, un ami de Laëtitia chez qui nous avons logé avant-hier et que j’ai rencontré en même temps que cette dernière dans un petit café-épicerie de Montaigu.

Antoine est maraîcher. Il travaille en biodynamie. C’était une joie de le revoir, alors que nous n’avions que peu discuté à la terrasse du café. Lorsque nous sommes arrivés chez lui en fin d’après-midi, il était en train de travailler dans ses terres avec une stagiaire. En l’attendant, nous avons débâté nos ânes et étions heureux de pouvoir déposer nos sacs à dos pour aérer notre dos trempé.

C’est dans sa grange, après une chouette soirée passée avec lui, que nous avons passé une très bonne nuit. Surtout Mo’ qui a enfin pu dormir un peu après de mauvaises premières nuits. Ces premiers jours de marche sur du goudron et sous la chaleur écrasante, ainsi que ce nouveau rythme de vie, ont un peu chamboulé son sommeil.

Tôt ce matin, des amis d’Antoine viennent en renfort pour lui donner un coup de main dans ses champs. Depuis le décès récent de son épouse, ils sont toujours présents lorsqu’il a besoin d’eux. 
En milieu de matinée, notre hôte nous fait visiter ses serres avant de sonner le rassemblement de ses troupes grâce à un Shankha pour boire ensemble un dernier café 

Il est 11 heures lorsque nous nous mettons en marche. Nous emportons avec nous deux têtes d’ail frais, de délicieuses tomates, un concombre et une courgette. 

Le soleil est déjà haut dans le ciel et Mo’ craint la chaleur qui a été pénible la veille. Le long du chemin, nous alternons sentiers ombragés et route. Une agréable brise nous accompagnera toute la journée, rendant la marche sous le soleil nettement moins difficile.

La règle veut que nous nous arrêtions à peu près toutes les 3 heures pour débâter nos ânes le temps de les laisser brouter un peu. Vers 14 heures, nous nous posons donc sur le bord du chemin de Compostelle quitté la veille pour faire un crochet par chez Antoine. À la fin de cette ancienne voie ferrée transformée en voie verte, nous prenons un tronçon de départementale assez fréquenté qui nous amène directement dans une zone commerciale.

Retour vers la société de consommation ! Mais ça tombe bien, nous avons besoin de passer dans une pharmacie pour acheter de quoi soigner la plaie de Marius… toujours la même. Elle ne parvient pas à cicatriser. Nous traversons ensuite le centre de Chantonnay par une longue avenue où les trottoirs sont étroits et la route très fréquentée. Mo’ stresse un peu, ne sachant pas comment va se comporter Pipo en ville, au passage des motos et des voitures, mais tout comme sur le tronçon de la départementale pris un peu plus tôt où des poids-lourds nous ont dépassés, Pipo, comme Marius, sont exemplaires.

En face de la mairie et devant un bar, nous attachons les poilus à un arbre, dans l’idée de prendre un rafraîchissement. Mais le patron n’a pas le sens de l’accueil et notre présence semble le déranger. Sans répondre à mon “Bonjour”, il me lance :  
“Vous ne pouvez pas poser vos sacs ici car il y a du monde qui va arriver pour regarder le match de la coupe du monde”.
Agacé, je sors de mes gonds :
“D’abord quand on est poli on dit “bonjour”. Et ce n’est pas grave, nous allons ailleurs”. Je reprends mon sac à dos et me dirige vers la petite boulangerie qui fait face et où on trouve boissons et viennoiseries. 

Deux canettes de jus plus tard, nous continuons d’avancer pour peu à peu quitter le centre. Non sans avoir d’abord déposé un “cadeau” sur le trottoir d’une librairie. Merci Marius! Le cadeau a soigneusement été repoussé dans le caniveau. On n’est quand même pas des sauvages ! À la sortie de la ville, nous prenons de l’eau au cimetière pour Marius et Pipo. Nous cheminons entre les champs de blé et de maïs ainsi que quelques vignobles. Le ciel est bleu, le soleil brille, le vent fait danser les têtes de blé doré, Pipo avance comme un chef et semble avoir trouvé son rythme. On est bien.

Au bout de cette petite route qui slalome entre les champs, nous finissons par arriver aux Gabardières. Nous y trouvons rapidement un terrain. Patricia, une habitante du village, nous indique où trouver le propriétaire. Je pars à sa recherche, pendant que Mo’ patiente sur place avec les deux ânes.

Sa ferme est à l’autre bout du hameau. L’agriculteur ne voit pas d’inconvénient à ce que nous nous installions sur cette pâture pour la nuit. Nos ânes auront de l’espace et de quoi manger. Ici, en contraste de ces derniers jours, l’herbe est bien verte.

Il est 18h30 et la chaleur est encore écrasante. Après une merveilleuse douche fraîche prise chez Patricia, nous sommes invités à boire l’apéro chez son frère qui habite à quelques pas de là. À l’ombre, la soirée est agréable et nous discutons notamment des guerres de Vendée qui ont détruit beaucoup de villages. Patricia nous explique également que nous sommes un peu en Bretagne puisqu’aux confins du Massif Armoricain. Celui-ci rencontre plus à l’ouest le bassin Aquitain.

Patricia et son frère nous montrent ensuite fièrement leur grand jardin potager, nous expliquant que l’espace est occupé par les jardins de plusieurs habitants, et qu’à l’époque, les maisons ont été construites autour de ces jardins. 

De retour au campement, nous nous préparons des pâtes. “Enfin des pâtes avec une bonne sauce industrielle !! Cela fait 3 jours que je ne mange que des légumes” s’exalte Mo’ ironiquement !! À mesure que le voyage avance, son esprit se calme, son corps se détend, son cœur ralentit pour s’accorder à la cadence du pas de son âne. Le lâcher-prise n’est pas encore total, mais elle gamberge moins. Elle arrive de plus en plus à être dans le moment présent, même si les questions quant à la “suite” à donner à sa vie persistent…

Le soleil se couche derrière les arbres du champ et il est temps d’aller se coucher. La nuit tombe et on entend une chouette effraie appeler depuis son arbre. Tout est paisible, lorsque vers 23 heures, commence soudainement un ballet de tracteurs se rendant aux champs. Heureusement, ça se calme assez vite et on ne les entend plus que de loin. 

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Tags : compostelleLoire-AtlantiqueTour de FranceVendée

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