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Marius Tour de France

Jour 819 / Galères, demi-tours et détours !

Je ne vous ai pas dit, mais hier, après m’être installé sur le terrain où j’allais passer la nuit, j’ai fait la connaissance d’une famille voisine de celle, chez qui j’avais été chercher de l’eau. J’ai pu y recharger mes batteries et boire un café ce matin, après une bonne nuit réparatrice. 

Château-Thébaud n’est pas très loin. Je n’ai d’autre choix que de prendre la route pour atteindre cette ville de 3 000 habitants encerclée par le vignoble Nantais. A l’entrée du bourg, je rencontre Alan qui possède les chevaux aperçus quelques dizaines de mètres plus tôt. L’homme se réjouit de nous voir et me propose de boire une bière avant de m’en offrir deux pour le voyage. “Je les boirai à ta santé”. Admiratif, notre caravane lui rappelle des souvenirs. Ainsi, il me raconte qu’il y a quelques années, il avait envisagé de partir en roulotte, mais sa vie en a décidé autrement. Il s’excuse d’avoir peu de temps à consacrer à notre rencontre, sa vétérinaire devant arriver d’un instant à l’autre pour castrer l’un de ses poneys. D’ailleurs la voilà !

Depuis sa voiture, la spécialiste des animaux contemple Marius. Alan lui expose notre voyage. “Si j’avais eu du temps, je vous aurais offert une consultation pour l’état de santé de votre âne” me lance-t-elle. Tandis que la vétérinaire me félicite pour son bon état, mon compagnon se gratte allègrement. Selon elle, ce serait une dermite. Je l’interroge : “Est-ce possible que ce soient des poux ?”, lui expliquant qu’à Maure-de-Bretagne, une de ses consœurs en avait trouvé un. “Les poux sont très difficiles à trouver, effectivement, c’est peut-être la cause de ses démangeaisons” me répond-elle.

Je n’en saurai pas plus, je dois la laisser avec Alan à leur opération. Je poursuis pour m’arrêter 100 mètres plus loin, acheter du pain à la boulangerie et faire le plein à la supérette de quartier. Marius est l’événement du jour, l’attraction. Beaucoup de personnes viennent me poser des questions et certains s’étonnent que notre tour de France passe dans leur commune. Tandis que je range, une pareuse à l’accent “British” me complimente pour les sabots de mon compagnon et ne cache pas son enchantement de voir un âne travailler, marcher et ne pas servir de tondeuse dans un jardin !

Je poursuis la découverte du village. Après un petit tour au belvédère où j’ai pu contempler un magnifique panorama, je redescends dans la vallée de la Maine. La rivière a sculpté les paysages dans les falaises abruptes. J’espérais longer la rivière un bon bout de temps sur les conseils d’Alan. Malheureusement, un responsable du site de canoë-kayak m’explique que ce n’est pas possible, car un tourniquet est le seul moyen d’entrer ou de sortir de l’autre côté. Tant pis. Avant de faire demi-tour, on déjeune au bord de la rivière. Cernée de falaises, la vallée de la Maine ressemble ici à un véritable petit canyon. Une base de loisirs, nichée dans une ancienne carrière, propose de nombreuses activités dans un cadre étonnant.

Le sentier du glyphosate

C’est alors par une variante du GR de Pays que je traverse le vignoble. Un itinéraire touristique à travers lequel chacun appréciera ou non, les parcelles grillées par des pulvérisations de glyphosate. Les champs de maïs se font très rares. Voire inexistants ! Pareil pour les troupeaux de vaches ! 
Cet après-midi, il fait vraiment très chaud. Les chemins arborés que nous empruntons sont les bienvenus ! Certains sont boueux et granitiques, plutôt jolis.  

Après Maisdon-sur-Sèvre, joli village niché entre la Sèvre et la Maine, je file sur la Chambaudière pour descendre au bord de la Maine et la traverser au niveau du moulin Reusard. Les derniers kilomètres se font par un chemin caillouteux. Au bord de la rivière, j’ai la désagréable surprise de découvrir que la passerelle qui doit nous permettre de traverser est trop étroite pour faire passer Marius. 

Même débâté, il ne passera pas ! Trop gros mon gros !! Je cherche pendant un long moment un plan B, un endroit où je pourrais franchir le large cours d’eau. En vain. Il n’y a pas d’autre pont et il nous serait impossible de rejoindre l’autre berge en marchant dans l’eau. Le courant est trop fort. Je n’ai donc pas d’autre choix que de rebrousser chemin. Je rage, car Aigrefeuille est juste en face et je vais devoir faire un long détour pour y parvenir.

On se retape donc le chemin pierreux dans le sens de la montée. Là-haut, j’emprunte une sente qui longe la vallée encaissée. Elle nous éviterait de trop nous rallonger, mais, pas de bol : après moins d’un kilomètre, je me rends compte que le sentier se fait de plus en plus étroit et que Marius a de grosses difficultés à se frayer un chemin entre les arbres. Je décide de faire demi-tour une nouvelle fois. Décidément ! On finit par regagner la départementale sur 2 km où on crée un bel embouteillage sur le pont de Guidrau.

Immédiatement après, l’itinéraire pédestre longe la Maine et doit nous conduire à Remouillé. Mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas : au niveau du Moulin de Guidreau, une nouvelle passerelle après un passage délicat sur une digue en béton, nous empêche de passer ! J’abandonne. Demi-tour !

Retour sur la départementale. On la traverse. Je suis fatigué. Mon compagnon aussi. Il est vraiment temps de nous arrêter. 
A l’entrée d’Aigrefeuille, il y a une ferme en bord de route. Je sonne. J’appelle. Personne ne répond. J’attends un peu, puis, finalement, me résigne à partir. Il est tard et pourtant il fait encore chaud. Nous devons trouver de l’eau en priorité car je n’en ai plus et Marius a soif.
On traverse plusieurs lotissements dont les jardins sont vides ! Les habitants doivent être au frais ! Et alors que je n’y croyais plus, j’aperçois sur la terrasse d’une des toutes dernières maisons, une petite famille en train de manger dans le jardin. 
“Bonsoir est-ce que je peux vous demander de l’eau s’il vous plaît”. 
Un homme s’approche du portail. Son american-staff court vers nous en aboyant. Je lui tends ma gourde et le petit seau pliable de Marius. Lorsqu’il me les ramène, je l’interroge sur un éventuel terrain à proximité où l’on pourrait se poser pour la nuit.
 “Juste après le hameau, sur la gauche. Il a été acheté pour la construction de la déviation de la ville” m’indique le propriétaire de la villa. 

Ça construit de partout!!

Je ne m’attarde pas, j’ai hâte de me poser enfin. Les herbes sont très hautes sur le terrain en question. Alors que je réfléchis à l’endroit où je vais me poser, l’homme qui m’avait donné de l’eau quelques minutes plus tôt, vient vers moi pour me proposer de dîner avec eux avant de me poser. Il est tard et j’accepte volontiers. J’en profite pour recharger mes batteries de téléphone. Elles sont à plat.
Il est presque 21h30 lorsque je plante ma tente dans un champ situé derrière celui de la déviation.
Le bivouac monté, je me pose dehors et profite d’un agréable moment. L’air est plus frais. Je contemple deux chouettes Effraie chassant autour de moi. Magnifique. Un pur moment de bonheur après cette journée de galères.

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Tags : BreizhBretagneTour de FranceVendée

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