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Marius Tour de France

Céline et Symphonie, à nouveau sur les chemins de traverse.

Chères Toutes et Tous, 

Que d’événements se sont déroulés depuis mon dernier post !
Quelque chose m’empêchait de reprendre le périple tel que je l’avais vécu jusqu’alors, comme s’il me fallait passer à une autre dimension du voyage. Parallèlement, quelque chose me soufflait que, bien qu’ayant trouvé un endroit paisible et l’amitié d’Emma en Picardie, ma place n’était pas ici pour l’instant et me poussait à revenir vers Genève. Mais en même temps, quelque chose d’autre me détournait systématiquement de l’organisation de mon retour avec Symphonie en camion. J’avais bien trouvé plusieurs possibilités pour installer ma mulette, mais un gros point d’interrogation subsistait, ainsi qu’un arrière goût non pas d’échec, mais d’inachevé… Alors quoi?? Symphonie pourtant allait mieux et quand nous sortions en balade, elle participait gaiment et suivait très bien les chevaux, se montrant joyeuse à nouveau et prête à aller de l’avant. 

Après plus de deux mois à ce régime de changement d’avis tous les deux jours, lors d’une discussion, Emma me lance: “Et bien, pourquoi ne rentres-tu pas à pied?”. Tilt. J’y avais pourtant bien pensé, mais Symphonie n’appréciant pas du tout le fait d’être seule équidé de l’équipe, j’avais balayé cette possibilité sans m’y pencher plus sérieusement. Parce qu’il m’en faudrait un deuxième… une folie… pas raisonnable… quelle responsabilité…. comment vas-tu faire…. tu n’y arriveras pas…. quelle organisation… et où vas-tu le trouver ce deuxième, hein? Et cheval ou mule(t)? Mule(t), bien sûr… et l’idée a germé, immédiatement, inexorablement, et mon cœur a explosé malgré les mises en garde de ma raison. OK, je prends.

 

J’en parle à mes proches, puis à mon amie muletière Virginie Cheysser. Elle me propose quatre possibilités, trois mules à placer, qui ne viennent pas de chez elle directement, et son beau Danapo. Quoi, Danapo? Ce super mulet adorable, appliqué, sensible et volontaire, que je vois évoluer depuis deux ans et dont je suis les progrès sur les réseaux sociaux? Saurais-je? Il semblerait que le beau Danapo s’est bien développé ces derniers temps, physiquement et émotionnellement, et que vu la manière dont il campe devant le portail, il est prêt pour partir à l’aventure, en sage guerrier au grand cœur qu’il est.

Sur les quatre doudous proposés, j’en retiens deux. Mais alors que je m’organise pour aller la voir, une des mules trouve une famille. Je pose donc un et… retiens Danapo. Départ donc pour le sud dans le but de passer quelques jours avec lui, de faire un stage à pied et une randonnée d’une journée pour le tester à la selle. Je suis conquise et honorée. Puisque lui aussi a l’air partant, je ne chercherai pas plus loin. Branle bas de combat, essai de matos, organisation d’un transport, et voilà que je remonte en camion avec Eric, convoyeur équin dont je recommande les services au passage, et mon Napo, jusqu’en Picardie. Ouf!

Dès le lendemain, les présentations sont faite avec Symphonie, qui se montre plutôt réticente : “c’est qui suissi?” Elle reste scotchée aux chevaux. Après une semaine, je les enlève de chez Emma, pour que Symphonie fasse son deuil, et que leur duo se forme. Transition, mise au point parfois musclée. Ma mulette fait la tête face à son nouveau compagnon qui mène la danse et compte bien se faire obéir. Mais je sais que cela la rassure d’avoir un chef. Elle n’est pas dominante, juste parfois un peu rebelle. Pour apaiser son inquiétude et son stress liés à la perte de son troupeau, et qu’elle manifeste par un air déprimé et une réaction cutanée sous les yeux notamment, je lui donne des fleurs de Bach, un complexe spécial “séparation”. Dix jours plus tard, tout semble rentré dans l’ordre. Mes doudous sont zen et connectés et nous commençons à avoir nos petites habitudes à la ferme où je les ai mis et où ils bénéficient de chouettes parc à l’herbe haute.

 

Vous commencez à me connaître, je suis passée par des gros moments de solitude genre : “Mais dans quoi tu t’es embarquée? Je ne tiendrai jamais le coup physiquement? Au secours j’ai la trouuuuuuuilllllle“!!! J’ai respiré, me rappelant que chaque étape arrive en son temps, et qu’une chose après l’autre, un pas après l’autre, on parcours de longues distances. Le tout est d’aller à son rythme. Dans les moments de joie comme les moments de doutes, j’ai été soutenue et suivie par mes amis et famille, que je remercie du fond du cœur. Stéphane bien sûr, avec qui je suis en contact très régulier, mais aussi tout notre réseau, et bien sûr tous mes proches dont je ne ferai pas la liste ici.

 

Je me suis donnée un gros mois entre l’arrivée de Napo et le départ. Donc je ne chaume pas, puisqu’il me faut établir mes tracés, revoir mon matériel et obtenir ce qui me manque, tester les sorties avec deux, et de plus en plus longues, faire des tests de chargement, enfin, je vous passe tous les détails de l’intendance. Ce qui m’importe, c’est d’avoir un duo d’équipiers qui s’entend, et sur qui je peux compter. Chaque jour est une nouvelle avancée, et nos liens se resserrent, au fur et à mesure des problématiques abordées, des essais, des remises en place, des ajustements et réglages tant matériels que relationnels.


Nous sommes prêts dans nos têtes et cœurs. Aujourd’hui, jeudi 28 juin 2018, c’est le départ, après plus d’un an passé ici. Pour le fun, nous avons décidé d’emmener le chargement à mon premier bivouac, et de faire la première étape montée. Emma sur Symphonie (qui assure de plus en plus en mule de selle), moi sur Napo. Une petite étape de mise en route, qui nous permettra de nous dire au revoir comme nous l’avons toujours fait: Dans l’action, simplement, sincèrement. Et on se reverra en septembre.


Ça y est, je vais expérimenter ce qu’était ma vision de base. Le voyage en solo, avec deux équidés, un monté, l’autre bâté. Même si au début je vais beaucoup marcher et qu’ils seront bâtés tous les deux (la selle-bât de Napo est bien pratique!).
Je ne fais pas plus long car en cette veille de départ vous imaginez bien qu’il me reste trois milliard de trucs à faire, je vous dis à très bientôt, vivez vos rêves, et merci d’avoir lu ces lignes dans un partage d’énergie qui nous porte, toujours plus haut.

Avec joie,
Céline.

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Tags : Céline BugnonTour de France

6 commentaires

  1. Génial, à nouveau sur le chemin. Nous suivrons avec intérêt l’évolution de ton voyage. Merci de nous faire partager cette expérience de voyage à 3 (un bât et un monté). A très bientôt, Elisabeth et Didier

  2. Génial, à nouveau sur le chemin. Nous suivrons avec intérêt l’évolution de ton voyage. Merci de nous faire partager cette expérience de voyage à 3 (un bât et un monté). A très bientôt, Elisabeth et Didier

  3. Génial Céline, oui du doute face à son destin, je connais et à la fois suivre son Cœur « déraisonnable » , hihi !

    Bravo à toi , beau périple avec tes 2 compagnons de route …

    Merveilleux partage que tu nous laisses , face aux problématiques de tout genre dont tu fais face avec Cœur !

    Je t’embrasse avec mes belles pensées que nous avions partagées ensemble au Val de Consolation.

    Belle route à vous avec de merveilleuses rencontres !

    Michèle

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