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Marius Tour de France

Jour 789 / Mieux que les robots : les woofeurs labellisés “Nature et Progrès” !

Il est temps pour moi de reprendre le chemin après un arrêt de 10 jours à Brambéac, un hameau situé à quelques kilomètres de Maure de Bretagne qui abrite Les Jardins de Siloé, une ferme en polyculture élevage en agriculture biologique, gérée par Lætitia et Nicolas Supiot. Depuis 1995, ce dernier est paysan-boulanger, il cultive du blé en agro-écologie, transforme sa farine et fait son pain. Fondateur de l’association ASPAARI pour le soutien des activités agricoles et rurales innovantes, il s’emploie depuis plus de 15 ans à réaliser un long travail de sélection de blés du pays de Redon mais aussi d’autres céréales de variétés paysannes. L’expérience de Nicolas Supiot en fait aujourd’hui une référence en matière de semences paysannes, de techniques agronomiques innovantes et de fabrication de pain biologique. Sur place, il anime des formations auprès d’un public très varié, dont de futur·es boulanger·ère·s, voire paysan·ne·s-boulanger·ère·s, et intervient parfois ailleurs en France, en Italie 

Il est aussi à l’origine de l’École du Vivant “un groupe de recherche interdisciplinaire pour l’agriculture naturelle et la régénération du vivant qui se réunit annuellement depuis 10 ans. Il rassemble des chercheurs, des scientifiques, des éleveurs, des thérapeutes… afin de développer une connaissance systémique et transversale des facteurs naturels de santé et de fertilité au sein du Vivant”. Cette École qu’il anime, compte des chercheurs en génétique, agronomie, écologie, médecine, pharmacologie, pratiques vétérinaires. Grâce à mon ami Clément qui m’a offert l’inscription,  j’ai pu assister pendant trois jours à des conférences aussi passionnantes qu’enrichissantes, et rencontrer des personnes très intéressantes, notamment Lilian Ceballos, écologue et pharmacologue venu parler de “l’influence du milieu dans la fécondation et l’embryogénèse”, Miguel Neau, spécialiste des plantes bio-indicatrices, Yann Olivaux, chercheur biophysicien spécialiste de l’eau et James Restoux, éleveur, paysan-fromager, biodynamiste ou encore Véronique Chable, généticienne et directrice de recherche en sélection participative à l’INRA qui a longuement développé “les origines, les dérives et perspectives de l’Agriculture Biologique.

Bref, trois jours durant lesquels j’ai appris entre autres que :
– Les cornes des vaches sont indispensables, notamment pour savoir si elles sont en bonne santé ;
– Comment l’apport en eau permet à une graine, dont l’activité métabolique est suspendue, d’éliminer les substances inhibitrices de la germination et une mise en solution des molécules organiques et minérales pour le démarrage des activités biochimiques et cellulaires.
– La reproduction des êtres vivants et l’adaptation de ces organismes à leur milieu et aux changements sont contingents d’un environnement complexe.
– Les plantes poussent pour de bonnes raisons et l’observation des herbes sauvages ou adventices sur le terrain permet de mieux connaître la nature du sol. Ces plantes bio-indicatrices
peuvent germer dans des conditions très précises : dans les sols très caillouteux par exemple on trouve des plantes qui sécrètent des acides par les racines et servent d’espèces pionnières pour recoloniser la roche ; le rumex est révélateur d’un sol acide et modifie dans une forme non toxique le fer et l’aluminium ; le tournesol épure les sols et stocke les produits chimiques dans ses graines. Pour corriger la structure et les propriétés des sols, il faut les amender avec soit des minéraux issus du broyat de roches naturelles, soit de matières organiques issues de litières animales ou de la décomposition de végétaux (algues…). Ils modifient la structure et les propriétés du sol.

Alain à la crêpe !

J’ai vraiment passé un très bon week-end et plus largement 10 jours très enrichissants avec des personnes formidables. Clément m’a fait découvrir “Les Jardins de Siloé”, ferme qui s’étend sur 33 ha groupés sur le site de Brambéac. Des cultures associées de variétés paysannes (parfois appelées « variétés anciennes ») de céréales, de légumineuses et d’oléagineux ainsi que l’élevage de races rustiques d’animaux y sont conduits. Le tout est en agriculture biologique et sous mention « Nature & Progrès ». Les cultures se font sans labour, avec un travail du sol sur les 5 premiers centimètres et sans apport d’engrais autre que les bouses des vaches qui pâturent alternativement sur les parcelles de la ferme.

Cependant mon impression du lieu et du couple qui le gère est contrasté. S’il est très gentil et reste une référence dans son domaine, Nicolas manque profondément d’humanité. De part ses postures et sa façon de s’exprimer, j’ai vu en lui un “Guru” qui aime avoir ses disciples autour de lui, boire ses paroles. À vrai dire, il n’habite pas à la ferme et je l’ai très peu vu une fois l’École du Vivant terminée. En deux ans, c’est la seconde fois que les responsables d’une exploitation sont aussi inexistants ! La première fois c’était dans la Meuse, dans une ferme presque complètement robotisée où étaient élevés environ 800 bovins ! Mais alors, me direz-vous, qui s’occupe des vaches, des chèvres, des moutons, des poules, sans parler du gîte, de la communication… enfin : de la vie de la ferme quoi !?!?

Hé bien, ce sont les woofeurs bien sûr : Thierry et Clément (qui est aussi en stage dans le cadre d’une formation pour devenir paysan boulanger), sans parler de Philippe qui répare et entretient bénévolement le matériel agricole. Il y a également Axel, salarié pour 9 h par semaine et en formation “informelle” avec Nicolas. Tous les 4 sont membres d’une association dont les activités sont essentiellement l’organisation de formations et d’évènements animés par Nicolas Supiot, et parfois par des amis à lui. À raison de 5 jours sur 7 sans compter les “week-end de permanence, ce sont eux qui contribuent beaucoup à faire tourner l’exploitation. À tel point que lors de sa déclaration PAC (Politique Agricole Commune) pour bénéficier d’aides de l’Europe, le propriétaire des lieux ne connaissait même pas le nombre de vaches dans son troupeau !
Outre les stages et interventions lors de conférences, Nicolas Supiot quant à lui, travaille le sol et les semis, et fabrique l’huile. Il fait aussi le le pain avec Axel qui trie des graines et le moulin.

Les animaux et les plantes sont de plus en plus connectées dans les fermes du XXIe siècle mais certains ont compris que l’exploitation des woofeurs était plus rentable ! Pour moi ce n’est rien d’autre que du travail dissimulé et c’est d’autant plus choquant que le lieu se veut être un éco-site prônant des valeurs humanistes appuyées par un label “Nature et Progrès” dont la charte stipule que la structure doit développer “une politique sociale qui veille au respect des salariés et des divers collaborateurs”. On en est loin ! Désenchantés, Thierry et Clément ont déjà pris beaucoup de recul et et vont, chacun leur tour, quitter les jardins de Siloé dans quelques semaines.

Durant les dix jours passés à Brambéac, la mauvaise ambiance à la ferme était le sujet de presque toutes les discussions. Le ras-le-bol était sur toutes les lèvres. C’est dommage, car le lieu est vraiment beau et je m’y suis vraiment plu. Il est vrai qu’on a quand même beaucoup ri et passé de bons moments.

Claire est restée jusqu’à la fin de l’École du Vivant avant de repartir dans le Nord retrouver sa famille. Elle a profité de ce temps de pause pour croquer quelques dessins de Marius. Pour remercier Isabelle d’avoir gardé sa voiture durant cette semaine de rando, Claire lui a aussi dessiné l’œil de son âne. La nature a toujours fait partie intégrante de ma vie. Dessiner me permet de rendre hommage à sa beauté et à tous les bienfaits qu’elle m’a toujours apportés” explique Claire dont la passion lui a été transmise par sa maman. “Dessiner me permet aussi d’être seule avec et face à moi-même, de m’enraciner…. Ce ne sont donc pas que des dessins…. ce sont des petits moments de ma vie… Sans le dessin et la nature, je ne vis pas”.

Si je suis resté ici aussi longtemps, c’est pour soigner Marius qui a toujours une plaie mal placée : elle se trouve sous un des patins du bât et ne cicatrise pas. Pourtant j’ai tout essayé : miel, propolis, argile, huile d’argan, … Mo’ qui est venue quelques jours m’a aussi laissé quelques pommades cicatrisantes. J’ai fait venir un vétérinaire pour mettre un nom sur le parasite qui l’enquiquine ! “Il a des poux” m’a répondu fièrement la toubib après lui en avoir trouvé … un ! Pas certain selon moi que ce soit ce malheureux insecte qui gratte autant mon compagnon de voyage ! 73 euros et un traitement plus tard, il en est toujours au même point : ça gratte, ça gratte, ça gratte !! Je penche plutôt pour une dermatophilose, une maladie cutanée qui se développe en milieu humide. Ça ressemble à une gale de boue mais ça s’installe sur le dos, et les poils s’en vont en formant des petits “pinceaux” laissant une plaie ouverte.

Faute de résultat probant, après avoir désinfecté tapis, bât et matériel de pansage,  j’ai tenté le soin naturel avec une douche au savon de Marseille puis, quelques jours plus tard, une autre au savon noir auquel j’ai ajouté quelques gouttes d’huile essentielle de lavande. Je n’ai malheureusement pas constaté d’amélioration. Ça démange toujours autant Marius.
Seul point positif, il perd ses poils d’hiver par poignées. Ne m’étant pas résigné à le tondre, je le brosse quotidiennement pour l’aider. J’espère que ça permettra de réduire le nombre de parasites.

Durant ces dix jours, j’ai profité de l’aide et du matériel de Philippe pour parer Marius ! Mes longues oreilles avait peur de lui ! Autant dire que les séances de pédicure, étalées sur 4 ou 5 jours, furent musclées ! On a dû s’y est mette à deux, façon technique “à la française” : un aide tenant le pied de Marius et l’autre coupant et rabotant. Ce fut sport mais nous y sommes arrivés !

Voilà… demain on décolle pour de nouvelles aventures, en route pour la vallée de la Vilaine puis ce sera Redon, dernière ville avant de quitter la Bretagne…

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Tags : BreizhBretagneIlle et VilaineTour de France

4 commentaires

  1. Devant ce probleme et tous ces conseils je ne sais si en ajouter un te sera d’une grande aide…
    Je t’airais propose de teouver du solvarome en pharmacie. Un produit a base de melange d’huiles essentielles qui traite les probleme de gratouille, desinfecte, anti champi… en humaine utilise par exemple dans les cas de zona, de psoriasis, et de problematiques sans solutions… pas une recette miracle…. mais dans ce cas…. bon courage…
    C’est quoi le parcours de passage en vendee?

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