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Marius Tour de France

Jour 768 / Tondre ou ne pas tondre mon âne, telle est la question !


Ce matin, on a droit à un magnifique concert d’oiseaux ! Dehors, l’herbe et les belles fleurs mauves qui parsèment le champ sont gelés. Le soleil tarde à sortir de derrière les nuages pour nous réchauffer. L’amplitude de températures entre les heures les plus chaudes de la journée et les plus fraîches de la nuit n’encourage toujours pas Marius à perdre ses poils. Il a encore une bonne partie de sa toison hivernale. Le brossage quotidien l’aide a perdre sa fourrure mais il arrive certains jours, que mon âne n’ait pas envie de se découvrir : l’étrille n’enlève rien ! Frileux mon Marius ? Sans doute ! Alors la journée, il transpire beaucoup sous les couvertures de bât et se gratte sans arrêt. Parfois jusqu’au sang. C’est un terrain idéal pour les parasites de tout poil ! Sa plaie sous le tapis de bât, cicatrise bien malgré tout.

Mo’ me conseille de le tondre mon âne. Selon elle, cela permettrait à mon compagnon de moins suer et de sécher plus rapidement la journée de marche terminée. De mon côté, je ne suis pas favorable à la tonte. J’entends qu’elle a des côté bénéfiques notamment pour éviter le développement de parasites, cependant je constate que Marius est capable de réguler la perte ses poils. Par ailleurs, bien souvent en voyage, il n’a pas d’abri pour se protéger en cas d’intempéries. Et le froid de la nuit passée ne m’encourage pas à le raser. Tondre ou ne pas tondre mon âne … Dilemme …

Tandis que nous commençons à ranger nos affaires, nos hôtes nous apportent le thé ! C’est bien la première fois qu’on m’amène le petite dej’ sur un plateau au bivouac ! Nous poursuivons notre discussion de la veille sur le voyage avec un âne, une bonne tasse de thé fumante entre les mains. On parle aussi de la nourriture qu’on emporte dans nos sacoches et Mo’ souligne le manque de fruits et légumes frais au long du voyage. Comble de la bienveillance, au moment du départ, Teddy nous offre deux kiwis pour la route ! Ce geste la touche beaucoup. Elle pense déjà à son départ demain. Elle sait que tout cela va lui manquer lorsqu’elle retournera à son train-train quotidien…


Ce matin, nous prenons la direction de Ploermel. En chemin, le soleil se montre plus franc et Mo’ est obligée d’enlever des couches. On ne sait pas comment s’habiller avec ce temps! Le GR 34 nous amène jusqu’au Canal de Nantes à Brest. C’est un tronçon du chemin de Compostelle. Nous avons rendez-vous, quelque part sur le chemin de halage, avec Sandrine, Denis et leurs enfants. Cette petite famille qui habite près de Saint-Brieuc m’avait accueilli chez elle durant plusieurs jours, en septembre dernier. J’avais passé de très bons moments avec eux et je suis très heureux de pouvoir les revoir avant de quitter définitivement la Bretagne. Nous nous retrouvons finalement à Saint-Gobrien. Ils ont préparé un pique-nique que nous partageons sur une aire aménagée au bord de la voie verte.



Notre rencontre est émaillée de souvenirs. Sandrine et Denis me racontent l’avancée des travaux dans leur maison, les nouveaux projets professionnels ou personnels, … Le repas se prolonge. Marius, comme à son habitude, en profite pour se remplir le ventre. Il fait beau, même si le fond de l’air est encore froid et de nombreux promeneurs en profitent pour se balader le long du canal: à pied, en vélo, et même à cheval. Bien évidemment, mon âne qui broute en liberté le long du chemin constitue une jolie attraction. Mo’ ne se sent pas à sa place dans la discussion. Elle rit beaucoup avec les enfants amusés par leur chien qui creuse un énorme trou à la recherche d’une souris.

Une fois le repas terminé et la vaisselle emballée, nous longeons tous ensemble l’eau pour une dernière balade avant de nous quitter avant Guillac. C’est là que nos chemins se séparent. Ce fut vraiment très chouette de les revoir avant de quitter la Bretagne.
Après cette longue halte de midi, il paraît peu probable d’arriver à Ploermel ce soir. Nous sommes à environ 2 heures de marche. Nous nous mettons donc à la recherche d’un emplacement et arrivons à la Villa Mena, petit hameau composé de quelques maisons et d’une ferme. Les premières demeures semblent vides et inhabitées. La première maison à laquelle je sonne, est la “bonne”.


Un retraité nous ouvre et va voir dans la ferme située en face de sa maison, s’il est possible de nous allouer un bout de terrain pour nous poser pour la nuit. Il nous amène ensuite à une résidence secondaire appartenant à une belle-sœur. Nous pouvons nous poser dans le jardin derrière la maison. L’emplacement est super. Attenant au jardin, il y a un joli champ d’herbe bien haute. Marius va se régaler!


Nous montons la tente sur la pelouse bien entretenue, entre un énorme sapin et des arbres d’ornement. Le soleil a brillé toute la journée et la fin de soirée est agréable. Mo’ en profite pour lire et moi pour travailler sur le blog.

Vers 21 heures, au moment de rentrer sous la tente, une pluie dense se met à tomber. Au crépuscule, nous entendons le cri d’un oiseau déjà entendu à plusieurs reprises ces derniers jours. Ce cri intrigue Mo’, qui aimerait beaucoup savoir de quel oiseau il s’agit. Elle fait des recherches sur internet mais sans succès. Cela restera un mystère! Nous nous endormons au son des gouttes qui tombent sur la toile. Demain matin, Mo’ retournera en Belgique retrouver les siens, et je continuerais mon chemin vers Brocéliande.

Le Regard De Mo’ Sur La Caravane

Après 5 journées passées à marcher au pas de Marius, l’heure de retourner en Belgique a sonné. J’ai savouré ces quelques journées de liberté, à vivre au rythme de la nature, sans autre contrainte que de satisfaire nos besoins primaires. J’ai pu faire de belles rencontres et me rendre compte que l’entraide et l’ouverture de coeur et d’esprit sont toujours bien présents dans notre monde. Cette aventure humaine m’a ouverte à “autre chose”. J’ai envie de ralentir le rythme, de me concentrer sur l’essentiel et de partager ce nouveau mode de vie avec mes filles. Je remercie Stéphane pour ses conseils et ses partages, ainsi que Marius de m’avoir acceptée à ses côtés. Ils m’ont permis d’explorer un chemin jusqu’alors inconnu pour moi. Un chemin plein de richesses, que je vais m’appliquer à emprunter le plus souvent possible.

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Tags : BreizhBretagneMorbihanTour de France

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