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Marius Tour de France

Jour 767 / Vivre de bonheurs simples…

Pierrot est enchanté de nous recevoir. Ce matin encore il a été aux petits soins pour nous. Il a même accepté de conduire Mo’ à Colpo pour qu’elle puisse récupérer sa voiture et la déposer à Ploermel où nous devrions arriver mercredi matin. Durant le trajet, je démonte le bivouac, trempé ! La pluie est tombée une bonne partie de la nuit.
A leur retour, Pierrot nous invite à rester manger pour midi. Nous acceptons volontiers. Nous nous sentons bien avec lui. Il a vraiment le cœur sur la main. Les Bretons l’ont très bien compris et l’ont d’ailleurs rapidement adopté !!

Tout au long de la matinée, plusieurs voisins passent chez Pierre pour discuter. Parmi eux, Émile, 92 ans, à l’accent bien prononcé. Notre itinérance lui rappelle l’Algérie lors des “évènements”. Le voisin d’à côté, celui qui s’était esquivé hier à notre approche, nous offre à chacun des brins de muguet pour le voyage. Finalement, notre voyage suscite chez lui la curiosité !

A 13 heures, après la photo souvenir, nous démarrons ! À peine partis, on se trompe de chemin. Je ne suis pas assez attentif. On prend un chemin parallèle, laissant le chemin équestre qui pourrait être boueux après la pluie de la nuit. L’itinéraire que j’ai tracé nous fait traverser une ferme… ou plutôt, un groupement d’énormes poulaillers industriels. Les bâtiments sont hermétiquement fermés. Pauvres poules… Plusieurs panneaux indiquent que l’accès est privé mais ce n’est pas très clair : est-ce l’accès aux installations ou au chemin goudronné aboutissant à une maison (peut-être celle de l’exploitant) qui est interdit d’accès ? Quoiqu’il en soit, on passe… on verra bien. Nous ne rencontrons personne. À hauteur de la maison, le chemin goudronné disparaît sous un sentier herbeux et arboré.

L’itinéraire équestre que nous avons rejoint, longe la Chênaie, une rivière qui court en contre-bas et que nous finissons par traverser.
Un peu plus loin, après être passé dans un hameau où, nous dit-on, Birkin et Gainsbourg  avaient acheté une maison, nous nous trompons à nouveau de chemin ! Décidément ! Cette fois ce sont les panneaux qui nous ont induits en erreur ! Du coup, on suit l’itinéraire équestre qui nous évite un bout de départementale. Le sentier descend dans une rivière, contourne un moulin puis remonte dans les terres. C’est là qu’on découvre un champ recouvert de bandes de plastique. Je ne sais pas de quoi il s’agit. Je n’ai jamais vu ça !

Après un bout de route, on change de cours d’eau. Cette fois, on suit Le Sedon depuis une piste qui chemine de moulin en moulin : Panros, Roxa, Coët Digo. C’est dans ce dernier que nous sommes allés demander de l’eau, décidés à nous poser un peu plus loin dans un champ. La cloche que j’actionne retentit. Une jeune femme me fait signe au fond de son terrain et s’approche. Elle accède à notre requête et nous invite à nous poser dans leur champ pour la nuit. Ils possèdent une grande pâture sur laquelle paissent des chèvres poitevines. Comment refuser une telle proposition ! Pour y accéder, il nous faut contourner le champ par la route. On s’y rend au son du biniou que l’on entend au loin. Improbable et magique à la fois !! Une fois à l’intérieur du parc, Teddy et Gwendoline nous proposent des piquets et du fil pour installer un parc pour Marius. Bonne idée ! Cela évitera à mon compagnon de se gratter toute la nuit contre un arbre. Sa plaie cicatrise bien et ce serait dommage qu’il se blesse à nouveau.

Le couple nous confie vouloir se lancer dans l’élevage de chèvres pour produire du lait et fabriquer du fromage. Mais leur terrain est trop petit pour qu’ils puissent s’implanter ici. En discutant, je leur parle de la fromagerie de Laz où je me suis arrêté en mars dernier. Caroline, l’éleveuse, cherchait à vendre son exploitation pour s’installer en Loire-Atlantique. Peut-être que l’endroit peut les intéresser.
– “Laz ? Chez Aline ?” me répondent-ils.
– “Non, Caroline de la Bergerie des Ifs ! Mais Aline est une amie qui vit en ce moment chez elle. Vous la connaissez ? “
– “On a failli acheter son terrain… Celui sur lequel elle avait un bungalow qui a brûlé. Mais nous ne sommes pas tombés d’accord sur le prix ! ” poursuivent les éleveurs qui ne désespèrent pas de trouver.

Le monde est vraiment petit ! J’adore lorsque le voyage est parsemé de coïncidences et de synchronicités. C’est vraiment surprenant… magique ! J’adore !
Teddy me pose plein de questions sur le voyage avec un âne. Le couple aimerait bien voyager avec des longues oreilles pour transporter leur berger des Pyrénées. Un chien dont le train arrière se bloque et qui aurait du mal à marcher sur de longues distances. Il imaginait pouvoir le faire porter par leur équidé, posé sur un bât ! Je leur en dissuade et leur explique que c’est impossible parce que, notamment, le berger ne fera que bouger sur l’âne. Un carriole pourrait leur permettre de voyager avec eux.

On profite d’une belle soirée pour papoter. Il y a dans l’air des odeurs de noisettes grillées. Le chevreuil aboie au loin alors que nous nous endormons.Demain sera la dernière journée de Mo’.

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