close
Marius Tour de France

Jour 762 / Ma première expérience du « Om Chanting »

Le rendez-vous était donné hier à 19h devant l’église de Baud. L’acoustique y est remarquable et idéale pour ce « Om Chanting ». Nous sommes neuf ce soir pour ce rendez-vous hebdomadaire.  Je suis le seul homme. Claude-Marie, la maman de Maïna, organise ce chant. En discutant, elle me précise qu’elle est hindouiste. Toutefois, elle souligne : “Je suis Catholique de naissance et pratiquante depuis toujours mais, en fait, j’ai surtout une très profonde relation Christique… Et le Christ, en tant que présence Divine, est en effet présent en chaque religion. Pour moi, la religion soutient cette relation avec le Divin et grâce à l’enseignement de Swami Vishwananda, dont je suis dévote depuis deux ans, j’ai pris conscience de cela.” Paramahamsa Sri Swami Vishwananda est un Maître Spirituel réalisé de l’Ile Maurice. Il est le fondateur et celui qui a inspiré le mouvement Bhakti Marga et serait “la personnification de celui qui vit le chemin de la dévotion menant à la perfection”. Les principes essentiels de la mission de Swami sont “Amour, Patience et Unité”, trois mots qui, réunis, créent une formule intemporelle qui indique à la fois l’objectif ainsi que le chemin menant à ces qualités. C’est lui qui a réintroduit cette technique de groupe antique pour soutenir la Terre Mère et l’humanité.

“Je pense que le monde a besoin de changement, d’évolution, et qu’il a besoin de beaucoup d’Amour pour que ce changement soit orienté vers, ce qui me paraît, un meilleur pour la terre et pour l’humanité.” me confiait hier soir la maman de Maïna. “Alors comment faire ma part pour ce changement ? Mon fils veut faire une révolution, mettre au gouvernement des gens ayant plus de cœur, de meilleur jugements… Je pense au contraire, que si le monde n’est pas prêt profondément, si les gens ne sont pas intrinsèquement prêts, ce n’est pas en changeant de dirigeants que se produira cette évolution !”.  Et Claude-Marie de poursuivre : “J’avais l’habitude de prier, de “demander”. Et sont arrivés à moi le « OM Chanting », les méditations, l’Atma Kriya Yoga c’est à dire le yoga de l’âme. Le « Om » est la vibration universelle, c’est la vibration de la création, et c’est celle de nos cellules, et de nos âmes ! Le « OM Chanting », avec le soutien des Maîtres, crée une vibration extraordinaire sur les personnes qui sont dans le cercle, mais aussi sur plus de 2 km , en largeur, en hauteur, en profondeur ! Nos cellules se mettent à vibrer, ainsi que celles de la terre, et en multipliant le nombre des « OM Chanting » dans le monde, cette vibration qui harmonise apporte cet Amour, propice au changement. Je pense de cette façon faire ma part, cette part si importante pour le bien du monde !”. J’avais hâte de découvrir et surtout de ressentir tout cela !

Au début de la cérémonie, ceux qui le souhaitent, peuvent écrire le prénom de personnes pour lesquelles ils souhaitent plus particulièrement prier. Nous prenons place dans le chœur de l’édifice, assis sur une chaise et formons deux cercles : un premier au centre, composé d’un tiers des participants et un second, plus grand, lui faisant face. Sous la statue du Christ, ont été placées par Claude-Marie, les photos de leur maître spirituel, Swami Vishwananda, du maître spirituel de Swami, Babaji, et celle du visage de Jésus, réalisée d’après le Saint Suaire. Avant de commencer, elle explique le déroulement du « Om Chanting » aux personnes qui comme moi, n’y ont jamais participé : “Il dure 45 minutes. Toutes les 15 minutes, les personnes se trouvant au centre du cercle changent leur place avec le tiers des adeptes situés dans le cercle extérieur”.

Je commence le « Om » dans le cercle extérieur. Ma posture est bien droite. Mes bras sont ouverts, les paumes des mains tournées vers le ciel. Le majeur et l’index touchent le pouce (En regardant les photos je me demande si j’avais vraiment la bonne position !!!). Je ferme les yeux. Au début, je ne suis pas très à l’aise. “Est-ce que je chante bien ? Est-ce que je prononce le “Om” correctement ? Ce n’est pas compliqué de dire “Oooooooooommmmmmmm” mais bon… je ne voudrais pas faire rater ce mantra de la paix parce que je chante mal !!”. C’est fou ce qu’on peut se poser comme questions en un minimum de temps ! Mes lèvres sont entrouvertes. J’inspire par le nez profondément. En expirant, je prononce d’un son grave, le “Oooooooommm……. On ne chante pas en chœur, car chacun a sa respiration propre, plus ou moins longue. Il faut aller jusqu’au bout de l’expiration, jusqu’à chasser le reste d’air en émettant un “m………”. Petit à petit, je lâche prise. Je me détends. Je me laisse envahir par les voix qui m’entourent. Je ressens beaucoup d’énergie et l’effet est décuplé lorsque je me déplace au centre.

Le tintement discret d’une clochette actionnée par Claude-Marie indique la fin du chant. Je suis vraiment détendu. Je me sens bien.  On se frotte les mains pour activer l’énergie, et ainsi les passer sur les parties du corps qui ont le plus besoin de soutien. Puis on marque un temps de silence avant de remercier l’Univers ainsi que les Maîtres, en envoyant cette énergie reçue. Cette dernière prière est très connue et utilisée sans connotation de religion : “Loka Samasta Sukhino Bhavantu , OM Shanti Shanti Shanti”, ce qui signifie “Puissent tous les êtres de tous les plans d’existence être heureux et libres. OM, paix paix paix”.
D’ailleurs, même si ce sont des maîtres hindouistes qui l’ont remis au jour, le OM Chanting n’est pas une prière hindouiste et peut être faite partout. Le OM est sans religion. Juste le son de l’univers.

Après le « Om Chanting », j’ai répondu aux questions des participantes sur mon voyage et notamment sur sa dimension spirituelle. Je n’ai pas fait ce voyage pour “rencontrer Dieu”, mais le côté “spirituel” est indéniable. Et peu importe comment nous l’appelons (le Ciel, la Vie, l’Univers, les Anges, Dieu…), il se rappelle souvent à mon bon souvenir sur mon chemin. Ma présence dans cette église pour ce chant hindouiste en est pour moi, une nouvelle manifestation. Cela m’a rappelé mon premier voyage avec Marius, en 2007, ma rencontre avec un lama tibétain quelques semaines après être rentré et avec Ama en novembre de cette même année.
J’ai poursuivi cette discussion chez mes hôtes où nous avons aussi longuement parlé d’hindouisme et de Swami. Claude-Marie avait invité deux amies pour la soirée. J’étais ravi de les rencontrer et de partager cette expérience et ce très bon moment avec elles.

J’aurais pu discuter encore des jours avec Claude-Marie et Maïna, mais il me faut repartir. C’est en milieu d’après-midi que je quitte le terrain où Marius a passé une partie ces 20 dernières heures ! Je n’ai pas l’intention de marcher beaucoup aujourd’hui. Je n’aurais pas beaucoup de temps de toute façon, il est tard. En plus, Marius est un peu mou du genou ! Il avance doucement ! Il n’a pas l’air très motivé… Mon itinéraire contourne la commune de Baud en traversant la forêt domaniale de Camors puis celle de Florange. L’idée est de s’arrêter à l’orée de la première. Je passe sous la 2X2 voies et rencontre un jeune homme qui traverse la Bretagne avec deux chevaux. On discute un peu, mais il ne s’attarde pas, car d’après lui ses équidés ont peur “de l’âne et du drapeau”.

Finalement, après avoir marché deux heures, je suis arrêté par une automobiliste qui me propose de bivouaquer dans un hameau situé non loin de là :
– “Il y a un du terrain avec des cabanes en bois. On y organise chaque année au 15 août une fête de l’artisanat. Vous y serez bien et il y a de l’herbe pour votre âne” m’indique-t-elle.
– “Pourquoi pas” lui répondis-je !
– “En passant, demandez de l’eau à Cécile. Elle qui vient de perdre son mari. Ça lui fera du bien de parler avec vous.” me dit la conductrice avant de démarrer.

Me voilà donc en quête de Cécile et du-dit terrain. Ou l’inverse ! Quoi qu’il en soit, si j’ai bien trouvé le site herbeux dont me parlait la riveraine, je n’ai en revanche pas croisé de Cécile. C’est Paulette, une retraitée que j’ai pris pour Cécile qui a finalement rempli mes gourdes. Enfin… C’est moi qui les ai remplies car elle semble avoir peur de moi !

Une fois Marius débâté et libre, je me suis posé dans une cabane pour dormir un peu après avoir grignoté une banane et une pomme. Une demi-heure plus tard, j’entends des voix. Je sors de mon abri et aperçois la dame de tout à l’heure accompagnée de deux enfants. “Mes petits-enfants” précise-t-elle. “Je n’y ai pas pensé tout à l’heure, mais mon fils m’a dit que vous devriez venir à la maison. Il y a du terrain et de la place pour vous. On habite à 300 mètres d’ici”. Je réfléchis. J’hésite. Je suis maintenant bien installé ici, même si je n’ai pas encore monté ma tente et je n’ai pas très envie de charger à nouveau mon âne même pour quelques centaines de mètres. La femme insiste : “Je peux charger vos affaires dans ma voiture si ça peut vous éviter de tout remettre sur l’âne. Bon j’ai peu de place, j’ai un coupé cabriolet…”. Je finis par accepter. Le coffre est assez grand pour charger les sacoches et le boudin de Marius. Je le bâte simplement et enfile mon sac à dos. “Désolé Marius, on a encore un peu de route”. Mais mon âne n’a pas très envie de quitter son pré verdoyant ! Et il me le montre redoublant de lenteur !!


Il nous aura fallu 20 minutes à peine pour arriver chez mon hôte. Effectivement il y a de l’herbe en suffisance et moi je vais monter ma tente sous le hangar. Je fais la connaissance de son baroudeur de fils qui revient de plusieurs années passées en Polynésie et de son voisin qui retape le toit de sa maison avec du chaume. J’apprends qu’en Bretagne, les toits de chaume, faits notamment à base de paille de seigle, caractérisent l’habitat traditionnel.
Je passe une très bonne soirée en compagnie de mon hôte. Il est tard lorsque je vais me coucher. Il faut que je sois en forme demain. J’ai pas mal de kilomètres pour traverser les forêts. Il paraît qu’elle est habitée par des Korrigans … Je vous raconte demain !

Vous aimez suivre nos aventures ? Pour nous aider à les continuer et à vous les partager, vous pouvez faire un don et nous soutenir sur Tipeee.com ou acheter des goodies aux couleurs de Marius dans la boutique. Merci !

Tags : BreizhBretagneMorbihanTour de France

Laisser un commentaire

Simple Share Buttons
Vous ne voulez manquer aucune de nos publications ? Abonnez-vous en laissant votre mail ici :
Abonnez-vous !