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Marius Tour de France

Jour 718 / Pas de calme avant la tempête !!!

Il est presque midi lorsque je salue Charlène, Jean et Diane. Je profite d’une accalmie entre deux averses éparses. L’itinéraire qui m’attend est tracé sur le goudron. Les chemins sont détrempés. En ce moment, je préfère le bitume à la boue ! Pas vous ? Et ça tombe bien, je retrouve le GR 38 au premier croisement. Il empiète sur une départementale !

Penhoat, Saint-Albin, Kergoff, … j’enchaîne les hameaux, les bourgs, les villages, traverse une voix de chemin de fer… Ça monte et ça descend… Qui a dit que la Bretagne était plate ? L’embellie a été de courte durée ! Trop courte durée ! Je suis rapidement trempé. Une tempête se prépare. Le vent souffle fort. Lorsque je ne suis pas protégé par des haies, il rabat sur moi, avec intensité, des trombes d’eau. Un panneau “Cave” me fait sourire !! Je n’ai pas vu une vigne depuis des mois et quelqu’un vend du vin ici ! Au bord d’un trottoir, c’est un blaireau écrasé par une voiture qui attire l’attention de Marius. Il ne le lâche pas des yeux. Je me demande ce qu’il sent : l’animal ou la mort ? Les deux peut-être…

A l’entrée de Landrévarzec, il y a un grand pré au fond duquel a été aménagé un parc de jeux pour enfants. Le ciel m’offre un peu de répit, ça tombe bien c’est l’heure de la pause déjeuner pour mon compagnon et moi ! Toutefois, on ne s’attarde pas. Je me refroidis rapidement. Et puis, les effluves d’élevages industriels et d’un abattoir de volailles ne m’invitent pas à rester plus longtemps ! “Pouah ça puir !!”

Après 30 minutes de pause, le minimum pour Marius, je poursuis ma traversée de Landrévarzec… sous la pluie ! En bas du village, une 2X2 voies coupe la plaine en deux. De l’autre côté de la route, je me protège de la pluie sous un abri bus. L'”averse éparse” redouble d’intensité. Marius ne semble pas dérangé : sous les arbres, il grignote de l’herbe bien verte. Je n’attends pas l’éclaircie. Vu les nuages sombres qui passent au-dessus de nos têtes, elle n’a pas l’air d’être pour ce soir.

Pourtant, un peu plus tard, et alors que je n’y crois plus, le ciel se dégage derrière moi laissant apparaître un soleil salvateur. Ses rayons me réchauffent. Ça fait du bien. Je ferme les yeux de bonheur. Dans les champs, poussent alors de magnifiques arcs-en-ciel ! Heureux rendez-vous du soleil et des gouttelettes d’eau en suspension dans l’air. Feux d’artifice immobiles et multicolores que m’offre la nature. Je prends ce cadeau qui m’émerveille comme un signe. Je décide donc de m’arrêter dans le hameau que j’aperçois au bout d’un chemin.

Je m’y engage. Quelques pas plus loin, je passe la première maison. Sans doute une ancienne ferme. A ma droite, un champ accolé à un hangar. Ce serait un endroit idéal pour passer la nuit. Je laisse donc Marius qui se dirige aussitôt vers l’herbe qui entoure le bâtiment pour taper à la porte de l’habitation en pierre. Un homme ouvre et me réponds qu’il ne peut m’aider mais qu’en revanche, son voisin dont “la maison est juste au dessus” est l’agriculteur qui possède la grande pâture. “C’est quelqu’un de très gentil et il vous aidera certainement”. Fort de ce détail, je reprend la longe de mon âne puis entre dans le jardin du fameux agriculteur. Le court chemin qui mène à la villa est herbeux et boueux. Il aboutit à une terrasse. Je ne trouve pas la porte d’entrée. Après une seconde d’hésitation, j’avance jusqu’à une grande baie vitrée située à ce qu’il semble être l’arrière de la maison. Je frappe deux coups à la vitre. Une femme entrebâille la porte. Alors que je lui explique ce que suis venu demander, un homme d’un certain âge s’immisce dans la conversation.

C’est le propriétaire. Surpris, il me pose quelques questions et accepte bien volontiers que je dorme sous le hangar et que Marius profite de la pâture. Joseph m’y conduit. On passe par le poulailler avant de traverser la petite route et de se retrouver devant le bâtiment. Mon hôte hésite à me faire dormir là : “Vous serez en plein vent” m’explique-t-il. Il m’ouvre alors une vieille porte en bois coulissante qui donne sur une pièce close de l’entrepôt. “Vous serez mieux ici, à l’abri de la tempête. “Effectivement”… Bon, c’est un vrai capharnaüm. Un fatras d’outils agricoles et de produits vétérinaires jetés sur un tapis de paille. On fait le tour du parc pour être certain qu’il est bien fermé et Joseph rentre chez lui sans omettre de me proposer de revenir chez lui si j’ai besoin de quoi que ce soit. “Je n’y manquerait pas”. De retour dans “ma chambre”, je place deux palettes sur lesquelles je pose ma bâche, puis mon matelas gonflable et enfin mon duvet ! S’il n’y a pas de souris j’y serai très bien !

Je vais chercher de l’eau. Tandis que je me dirige vers la villa de Joseph, je croise Bernard, le propriétaire de la première maison. Il est venu s’assurer que je n’avais besoin de rien et me proposer de prendre une douche. “Avec joie !”. Demi-tour donc ! Je vais chercher mes affaires puis retourne chez ma première rencontre où je suis accueilli très chaleureusement. Je fais la connaissance de Florence, la femme de Bernard. Lorsque je sors de la salle de bain, elle a rempli ma gourde d’eau chaude et réchauffé un plat. “Des restes de midi” précise-t-elle. Peu importe, je vais me régaler ! Le couple me propose de leur laisser mes vêtements trempés. Veste, pantalon, polaire, chaussures… sècheront devant le poêle à bois ! Il me donne des habits chauds pour la soirée et me propose même de venir dormir chez eux. Avant d’accepter, je préfère retourner dans le hangar afin de vérifier que Marius va bien.

Là, je constate qu’il broute tranquillement. “Je suis venu deux fois mais vous n’étiez plus là !”. C’est Joseph ! Il me cherchait depuis un petit moment pour m’inviter à manger une soupe. Je justifie mon absence et lui explique que ses voisins m’ont donné du poulet et des pommes de terre toutes chaudes. Voyant la déception sur son visage, je le remercie et acquiesce. Je le mangerai chez eux.

Tout en mangeant un délicieux potage puis le plat de Florence, le tout arrosé d’un cidre maison, je fais plus ample connaissance avec Joseph et sa femme Marie-Pierre. Atteinte de polyarthrite, elle est fortement handicapée. Le couple d’agriculteurs est aujourd’hui retraité. Ils avaient deux ânes mais “le mâle a fait une crise cardiaque en voulant tirer son coup” précise Joseph en souriant. “Il était très gras” reconnaît-il. C’est sans doute ce qui l’a tué…

Une petite gnôle pour faire passer le tout et je retourne dans mes quartiers. Marius est serein malgré le vent qui souffle fort. Il n’est pas encore 21h. Je décide d’accepter l’invitation de Florence et Bernard. Lui se lève très tôt demain matin. Ça tombe bien, je dois aussi partir très tôt demain : une journée de 20 km m’attend pour aller chez Aline, une cavalière au long cours. Il me faut arriver chez elle avant qu’elle ne parte bosser. Départ programmé à 7h ! Allez, au lit !!

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Tags : BreizhBretagneFinistèreTour de France

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