close
Marius Tour de France

Deux ans de voyage : Quand le chemin te mène au coeur de toi-même

Deux ans.
Deux ans de voyage.
Deux ans d’une expérience riche.
Deux ans d’une aventure extraordinaire.
Wouaw quoi ! Deux ans !

Je n’en reviens pas… quand même… Déjà deux ans que nous sommes partis de ce petit hameau de la Drôme Provençale, caché sur les hauteurs de Buis-Les-Baronnies, entre oliviers et lavande. Ce 23 mars 2016 nous avons largué les voiles, pris le large, la tangente, la poudre d’escampette, les chemins de traverse. Nous avons mis le cap sur l’inconnu, tangué vers le nord,  le cœur porté par une envie de liberté, le désir de vivre autre chose, autrement. Vivre nos rêves. Vivre simplement.

Mais ce voyage est bien différent que celui imaginé avant de partir. D’abord parce que nous pensions marcher à un rythme plus soutenu (10 jours de marche puis 2 jours de pause). On en est loin. Une voyageuse a écrit : “La force d’un voyage ce n’est pas d’aller quelque part mais c’est au contraire, précisément, ce qui nous en détourne”. C’est tellement vrai ! Entre la météo, l’hiver, les aléas de l’itinérance, les épreuves, l’inattendu, et surtout nos rencontres… on a l’embarras du choix !!! Par ailleurs, nous n’imaginions pas à quel point les gens pouvaient être aussi généreux, aussi bienveillants, aussi beaux. Les 10 années au cours desquelles j’ai sillonné l’hexagone durant mes congés m’avaient certes réconcilié avec l’Humain, mais je ne pensais pas que les rencontres pouvaient être aussi fortes. Céline encore moins ! Des rencontres d’un soir, des rencontres éphémères ou qui perdurent malgré les kilomètres… Elles font toutes partie de l’aventure. Elles sont l’aventure… Sans ces “rendez-vous”, ce tour de France ne serait pas ce qu’il est … 

Bien évidemment, nous avons croisé quelques bougons, des méfiants, des râleurs, des rabat-joie, des personnes renfermées sur elles même que rien ne fait plus rêver. Néanmoins elles sont tout aussi importantes. Elles nous aident à grandir car elles sont le miroir de ce que nous sommes, de ce que nous voulons lâcher. Bref, on ne vit pas dans le monde des Bisounours, mais comme je le dis souvent, en regard de ce que nous lisons dans les médias et les réseaux sociaux, on a l’impression de vivre dans un monde parallèle. C’est la bonté et l’enthousiasme que nous croisons en majorité au bord des chemins. Et n’est-ce pas merveilleux de voir les regards d’enfants sur les visages d’adultes que nous croisons ? 

Que d’aventures en 24 mois ! Rien ne s’est vraiment passé comme prévu… Mais l’imprévu fait partie de voyage ! Il ne s’invite pas, il s’impose à toi au détour d’un chemin, dans une ville, en toutes saisons…
Après la mort de Kali et l’arrêt de Bahya qui se repose chez Brigitte et Sader près de Metz (merci encore de la dorloter autant !), ce voyage a été surtout marqué cette année par le départ de Céline et Symphonie en juin dernier après 15 mois d’un périple déjà chargé en émotions. Ce fut un moment difficile pour nous. Ceux qui suivaient notre voyage s’en souviennent. Mais voilà, ainsi va le chemin. Il ne propose pas, il impose les choses. J’ai donc continué seul en espérant longtemps que “la caravane d’utopistes” comme certains nous surnommaient, se reformerait quelques semaines plus tard. Mais les mois ont passé. Puis les saisons. Plus je m’éloignais, plus je regardais s’éloigner le possible retour de Céline et de sa mule. Ainsi va le chemin.

J’ai donc séché mes larmes et poursuivi le mien. Seul mais avec Marius. Fidèle compagnon de route. Nous avons foulé monts et vallées, longé des falaises, traversé des forêts, un terrain d’exercice militaire, marché sous la pluie ou sous la neige, greloté dans le froid, planté la tente devant le Mont Saint-Michel, devant l’océan, au bord d’un lac, au milieu de nulle part, dormi dans des champs, dans un squat, entre les bouses de vaches, … J’ai traversé la Normandie puis la Bretagne où je me trouve encore pour quelques semaines. Ce sont les deux régions qui auront certainement marqué le plus mon voyage. Sans doute parce que j’y suis resté le plus longtemps. Certainement aussi parce que l’accueil y a été surprenant et magnifique. A vrai dire, j’ai du mal à quitter la terre de Breizh. Je m’y sens bien. Pourtant, je dois prendre bientôt la direction de Compostelle. Peut-être l’ultime étape de ce voyage… A moins que…

Nous avons parfois été accompagnés de personnes désireuses de faire un bout de route avec notre duo. Être seul en voyage n’est pas difficile en soi. J’ai d’ailleurs souvent pérégriné en solo. Le solitude n’est pas un problème. Je m’en accommode, même si parfois j’aimerais partager ce périple avec quelqu’un de proche pour partager une émotion, un paysage, un parfum,… Sur mon chemin, je ris et je chante souvent. Il m’arrive même de danser !! Non la folie ne m’a pas encore atteint ! Je pleure et je doute aussi. Deux ans sur les routes dont plus de 9 mois seul face à moi même permet de laisser courir ses émotions sans craindre d’être jugé. Parfois on me demande si mon voyage est une fuite.  Je dirais que c’est plutôt une quête. J’ai lu quelque part qu’“il faut parfois mettre des kilomètres entre sa vie et soi pour arriver à mieux cerner une situation”. Le chemin de nomade aide à prendre de la hauteur, du recul et à trouver des réponses.

J’en ai trouvé quelques unes. Les kilomètres aident à la réflexion, à la méditation. J’en ai encore quelques centaines pour poursuivre cette introspection. Il me reste 9 mois pour me découvrir encore, pour me reconstruire, … et peut-être revenir dans cette société qui impose un schéma. Même si je crois le moule dorénavant bien trop étroit pour moi…

Encore une fois à chacune de nos rencontres pour votre accueil, vos sourires, vos mains tendues, votre bienveillance, vos partages et parfois vos larmes; merci à vous tous pour vos messages, vos commentaires, votre soutien, vos encouragements, vos tip’ pour nous aider à poursuivre cette aventure merveilleuse. MERCI 🙂

Vous aimez suivre nos aventures ? Pour nous aider à les continuer et à vous les partager, vous pouvez faire un don et nous soutenir sur Tipeee.com ou acheter des goodies aux couleurs de Marius dans la boutique. Merci. 

6 commentaires

  1. En lisant ton article j’ai pris conscience que cela fait bientôt 2 ans que je vous ai rencontré Céline et toi, ainsi que votre magnifique troupe, sur un chemin que nous vous bloquions Olivier et moi pour laisser passer les chèvres et brebis qu’Aline faisait monter dans une pâture… C’était le 26 juin 2016, et à part de brèves retrouvailles 2 jours plus tard près du lac du Bourget, nous ne nous sommes pas revus depuis. Ravi d’avoir pu suivre vos aventures à distance au cours de ces presque 2 années, et encore plus de vous retrouver Marius et toi dans quelques jours !!

  2. Admirative … et envieuse …. ( même si c’est souvent difficile pour toi …)
    Bayah est magnifique , gentille ….. poussive et vielle …
    comme moi … LOL …
    on t’attend , on sera là quand tu en aura besoin,
    Profite pour nous , continue à nous faire voyager ……❤️❤️❤️

  3. Deux ans …. Comme le temps passe. Les photos de l’article sont super. Partager avec nous tes souvenirs, m’a fait aussi tourner la tête. Il s’en passe des choses en deux ans. Bonne route.

Laisser un commentaire

Simple Share Buttons
Vous ne voulez manquer aucune de nos publications ? Abonnez-vous en laissant votre mail ici :
Abonnez-vous !