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Marius Tour de France

Jour 711 / Plan grand froid : les Finistériens assurent !

Les rencontres se suivent mais ne se ressemblent pas. Toutefois, elles ont souvent le même dénominateur commun : la bienveillance !

Avant-hier matin, nous étions partis de chez Magali et Yann heureux d’avoir rencontré un jeune couple charmant et très accueillant. Ils habitent un ancien moulin au bord d’une rivière. Nous avons pu dormir au chaud et Marius profiter d’un abri. Nous avons passé tous les 4 une très belle soirée. Enceinte de 7 mois, Magali a préféré refusé le soin de réflexologie plantaire proposé par Laurence. Du coup, c’est moi qui en ai profité ! Et je peux vous dire que cette médecine douce millénaire qui peut soigner tous nos petits maux, fait un bien fou !!

Hier soir, nous étions chez Éliane et Lukian Kergoat, vous savez, le couple de randonneurs croisés près de la ferme de Magali et Yann justement, qui nous avaient proposé de passer la nuit chez eux, à Locronan.  Nous sommes arrivés en fin d’après-midi au terme d’une journée particulièrement venteuse, froide et monotone puisque nous avons mangé du goudron presque toute la journée !  Nous avons contourné Plomodiern et Ploéven, bu un café devant l’église de Plonévez-Porzay. C’est là d’ailleurs qu’est venue à notre rencontre une vieille connaissance : Dominique. Cette retraitée a voyagé pendant plusieurs années avec Joël de la “Maison qui bouge”. J’ai eu l’occasion de discuter avec eux en 2014, alors qu’ils étaient arrêtés dans un village de Franche-Comté.

Le couple qui nous a donc hébergés à Locronan habite une ancienne ferme ayant appartenu à l’oncle de Lukian. Un lieu chargé d’histoire comme nous l’a raconté avec passion notre hôte. Il n’est d’ailleurs pas seulement un féru d’histoire : Lukian est linguiste et écrivain breton. Il est membre de l’Institut culturel de Bretagne (ICB) section “Langue et linguistique”, membre du centre de terminologie des écoles Diwan et fut aussi le directeur du Département de breton de l’Université de Rennes 2. Inutile de préciser qu’en famille, on parle en breton !

Ainsi toute la soirée a été ponctuée d’anecdotes ou de récits historiques. Nous avons appris par exemple que les cours d’eau qui traversent le village sont aurifères. Bon, je vous le dit tout de suite, je n’ai pas le temps d’aller écumer la rivière qui longe le terrain de nos hôtes à a recherche de paillettes d’or ! Lukian nous a conté aussi l’histoire de Saint-Ronan, un évêque, né en Irlande au XIe siècle, a traversé la Manche pour évangéliser la Bretagne encore sous influence druidique (culte de divinités de la nature). Aussi, il christianise notamment un nemeton, un parcours Celte jalonné de stations symbolisant les 12 mois de l’année et donne naissance à la ville de Locronan.

Marius a passé la nuit dans la bergerie, avec avec les moutons du couple. Ce matin c’est en duo que nous poursuivons l’aventure. Laurence s’arrête là. Éliane et Lukian l’emmèneront dans la matinée à Quimper où elle prendra un bus pour Brest puis un avion pour Marseille. Retour au pays donc pour l’Arlésienne d’adoption qui semble satisfaite de ses quelques jours passés en notre compagnie.

Pour Marius et moi donc, on prend la route de Douarnenez. Nous sommes attendus ce soir chez Olivier, un voyageur aussi au pas de l’âne. En fait, lui et sa compagne Caroline, sont partis pendant 2 ans avec leur fille âgée de quelques mois et leurs deux ânes Gaspard et Bambou. Ils ont traversé toute la France pour passer quelques mois en Espagne. Ils en sont rentrés en novembre dernier.

 

Mais avant d’attaquer mon itinéraire, une visite de Locronan s’impose ! Annyvonne m’avait conseillé de passer par cette commune car elle fait partie des clubs très fermés des “petites cités de caractère” et des “plus beaux villages de France” ! Rien que ça ! Et en arrivant sur la place centrale pavée ornée d’un puits, je comprends pourquoi ! Les maisons en vieilles pierre de granit, l’église Saint-Ronan et la chapelle du Pénity, accolées, font façade commune, sans se mélanger les gargouilles. J’y rentre après avoir discuté avec plusieurs familles intriguées. En fait, le bourg a gagné en richesse et en beauté à partir du 14e siècle, grâce au tissage de toiles à voile. Le commerce établi avec toutes les grandes flottes, participe aussi à la fortune du village.

Je ne tarde pas, Marius, attaché à une grille devant l’édifice, m’appelle ! On emprunte ensuite des rues également bordées de charmantes bâtisses. Direction le Bois de Névet. Autrefois sanctuaire druidique, il est découpé par de grandes et larges allées rectilignes. Plus je m’enfonce dans le bois et plus je croise des promeneurs. Des bûcherons sont aussi à pied d’œuvre. La forêt est exploitée pour son bois depuis très longtemps. La présence de nombreux emplacements d’anciennes huttes de charbonniers l’atteste. Les taillis étaient transformés sur place en charbon de bois, et servaient à alimenter les industries locales, en particulier les conserveries de Douarnenez.

Dans le bois de Névet, un chemin aménagé pour les personnes à mobilité réduite !

Je suis surpris de traverser un institut médico-éducatif. Je me demande d’ailleurs si je ne me suis pas trompé mais effectivement, le GR 38 traverse bien le parc de l’établissement. Cependant,  je suis obligé de l’abandonner car des troncs d’arbres en travers, bloquent l’accès de Marius. Je passe donc par la voie d’accès et rencontre deux élèves qui suivent ici une formation. Je prends le temps de leur expliquer notre voyage mais mon compagnon a peur de quelque chose. Il se montre craintif. On reprend notre avancée. Le chemin redescend jusqu’à une petite route qui doit nous conduire jusqu’à une voie verte qui relie Quimper à Douarnenez. Autrefois, c’est un train qui desservait le grand port sardinier.

Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu parce qu’un agriculteur a fermé tous les accès à la voie par des fil de clôture électrifiés. J’ai bien essayé de faire passer Marius en démontant un gros piquet taillé dans de l’acacia pour mettre le fil au sol mais mon compagnon a posé le pied dessus et à fait un joli bond en arrière. Impossible ensuite de le faire passer ! On est donc quitte pour un bon détour ! C’est là que je rencontre une jeune cavalière et deux copines qui marchaient à ses côtés. Bien évidemment, l’équidé n’était pas très rassuré en voyant mes longues oreilles et j’ai bien cru qu’il allait envoyer valser l’adolescente ! La rencontre s’est finalement bien passée et chacun est parti de son côté.

Le contournement me coûte deux kilomètres supplémentaires sur une petite route de campagne pour retrouver la voie verte. Sauf que, après la zone industrielle de Lanugat, c’est un pont qui enjambe l’ancienne voie ferrée à cet endroit là ! Je pensais trouver un ancien passage à niveau… Pas de chance. Dans un premier temps j’ai pensé qu’il n’y avait pas d’accès mais finalement je retrouve un PR qui descend depuis la route jusqu’à la piste ! Bon, l’accès est un peu compliqué avec un âne bâté sur les derniers mètres, mais ça passe. Marius me fait un grand bond pour éviter de marcher sur une passerelle en bois de 2 mètres qui enjambe un fossé ! Ma foi !

Bon ça y est : on avance sur la voie verte.  D’ici, c’est tout droit jusqu’au Port Rhu… ou presque ! On y croise quelques joggers et plusieurs familles lorsqu’on approche de la ville. Marius me fait un blocage sur des énormes troncs d’arbres placés ça et là le long de la piste sans doute pour permettre aux promeneurs de s’asseoir ! Mon âne lui, en a peur et stoppe systématiquement quelques mètres avant de les passer.

Après le port, c’est par les rues de la ville puis la zone commerciale, que j’atteins une piste cyclable. Je croise quelques troupeaux de collégiens qui ricanent bêtement sur notre passage. Leur attitude me consterne… mais il paraît que l’âge bête existe toujours ! (Désolé je suis fatigué et pas de bonne humeur !!). Le chemin serpente dans la campagne jusqu’à Lesconil, un petit hameau situé non loin de mon hôte. C’est là que je l’appelle pour lui signaler que j’arrive enfin. Il me rejoint pour faire ensemble les derniers kilomètres.

Il est presque 20 heures lorsqu’on arrive. La nuit est tombée et c’est à la lampe frontale que l’on se dirige. On passe devant le parc de Bambou et Gaspard puis on descend jusqu’à la maison. En fait il s’agit d’une cabane en bois devant laquelle coule une rivière. Il n’y a ni eau, ni électricité. Une cheminée permet de se chauffer, mais le couple a installé un poêle à bois. Ils seront les bienvenus car il fait très froid. La nuit s’annonce glaciale. Plus froide encore que les précédentes. Ça promet ! Marius dormira avec les deux ânes voyageurs. Je pense qu’ils auront plein de choses à se raconter !

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Tags : BreizhBretagneFinistèreTour de France

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