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Marius Tour de France

Jour 707 / On ne se lasse pas de la beauté de la presqu’ile de Crozon

Je me suis réveillé deux fois cette nuit pour vérifier que Marius allait bien. Deux fois j’ai pu constater qu’il était bien calé contre le mur en béton qui sépare le terrain de mon hôte de celui du voisin. Pas de prise de longe donc mais un magnifique ciel étoilé et une herbe recouverte d’une fine couche de gel. Cette nuit encore, les températures sont tombées en dessous de zéro. Au bord de l’océan, c’est plutôt rare. La nuit a été courte. J’ai dormi seulement 3 heures. Lorsque Laurence se lève, j’écris sur le blog. Florence descend un peu plus tard et nous partageons tous les trois un copieux petit déjeuner.

Trois centimètres de glace dans la gamelle d’eau de Marius !

Le temps s’annonce beau. Pendant que je finis d’équilibrer les sacoches, Annyvonne arrive. Elle me rapporte du matériel oublié chez elle et est venue avec une perceuse pour ajouter des trous à la sous-ventrière de Marius afin de la resserrer et éviter que le bât ne tourne sans arrêt comme hier. Tandis qu’on s’attelle à percer les cuirs, Laurence fait un soin plantaire à Florence qui apprécie beaucoup.

C’est devant l’ancienne étable que j’attache mon âne pour le bâter. Les trois trous supplémentaires ne sont pas de trop ! Marius a fondu. C’est plutôt une bonne chose ! Bon, les muscles ont disparu mais il devrait retrouver son corps d’athlète après quelques semaines de marche !

A la mi-journée, nous sommes prêts ! Je dis au-revoir à Annyvonne mon “Ange Gardien” et la remercie une dernière fois pour son aide et son soutien durant les trois mois passés sur la presqu’île. Je crois que ça y est, je quitte le bout du monde. Je ne sais pas si je peux dire “enfin” car c’est l’un des plus beaux endroits que j’ai traversé depuis le début de mon voyage. Florence nous accompagne pendant quelques kilomètres et nous conduit sur des sentiers magnifiques en bordure de falaise. On surplombe d’abord la plage de la Source, l’une des plus belles paraît-il, puis celle du Poul. Nous sommes sur le chemin des Douaniers. Grandiose. Les falaises donnent le vertige. Ici la nature est protégée, gérée par le Conservatoire du Littoral. Impossible pour nous d’aller plus loin, le GR 34 devient dangereux pour mon compagnon de voyage. On traverse alors alors la lande pour rejoindre une piste.

Nous n’irons pas non plus par la pointe de Tréboul. Le chemin d’accès y est trop boueux. Laurence, qui a tenté de s’y rendre, a glissé plusieurs fois dans la boue. Je préfère finalement le goudron à la galère des chemins détrempés. D’autant que le bât de Marius glisse à nouveau et a vrillé en bordure de falaise. On débâte donc pour rééquilibrer le matériel. C’est pénible. Vraiment. Si les trous ne suffisent pas, c’est sans doute que je dois repenser la disposition des affaires dans les sacoches.

Après avoir longé la Pinède de Trez Bihan, Florence nous conduit jusqu’au parking de la plage du même nom pour une pause casse-croûte. Il est plus de 14h. Il fait très beau. A l’abri du vent, il fait même très bon. On partage un très bon moment. Partage d’un bout de vie… Un dernier avant que chacun ne reparte sur son chemin. Pendant ce temps, Marius déguste l’herbe iodée avant de se coucher dessus ! Je crois qu’il a mal dormi. Il est tout mou aujourd’hui. Le bruit les vagues lui a fait peur toute la nuit.

Après un chaleureux “au-revoir”, Florence emprunte le GR34 pour rentrer chez elle ; Marius, Laurence et moi regagnons la route pour longer un peu plus bas, la plage de Trez Bellec. Bordée par deux falaises qui l’abritent du vent, Pen Ar Vir et la Pointe de Bellec, cette longue plage de sable blanc s’étend sur 1,5 km face à la baie de Douarnenez où nous serons dans quelques jours. C’est le terrain idéal pour tous les sports nautiques comme en témoigne le centre nautique situé au bout du rivage, de l’autre côté de la route.

On poursuit par une petite côte qui doit nous faire traverser une série de hameaux. Cependant, à la sortie de Ellouët, une dame au volant d’un Renault Espace s’arrête pour nous laisser passer. Alors que l’on s’approche, la vitre avant descend.

– “Vous allez où ?” nous demande la conductrice.

– “On fait un tour de France, répondis-je. Là, on recherche un terrain pour passer la nuit, vous ne savez pas où on pourrait trouver ça ?”.

– “J’ai une maison avec un champ et des dépendances. Vous avez dû la voir en passant devant à l’entrée du village vers l’arrêt de bus avec un camping-car garé. J’ai 3 enfants et ça nous ferait plaisir de vous recevoir. Retournez sur vos pas, c’est pas loin, vous verrez bien si ça convient sinon “.

Géniiiial ! Alors que le monospace démarre et s’éloigne, nous pavoisons, jubilons à l’idée d’avoir trouvé un endroit pour dormir aussi rapidement ! Nous avons peu marché mais le sac à dos de Laurence la fait toujours souffrir. Il n’est pas adapté et malgré des réglages affinés, les douleurs sont toujours là.

Après quelques centaines de mètres, nous arrivons devant le jardin de la maison. Il n’est pas mal et suffirait pour la nuit. Sylvie insiste pour me montrer un second terrain. Il n’est pas très loin, juste un peu plus loin que la maison. Il est joli, avec vue sur l’océan, mais plein vent donc pas idéal pour mon âne ! Le premier fera l’affaire pour la nuit. On décharge donc Marius qui semble heureux de pouvoir se reposer ! Notre hôte nous explique qu’il y a un autre terrain derrière la maison. Je la suis tandis que Laurence reste avec Marius et Maëlic, le fils de Sylvie. Finalement, il est beaucoup mieux. Il y a même un hangar où nous pourrions dormir. Au rez-de-chaussée, un renfoncement permettra à Marius de s’abriter du froid. Nickel. Il nous faut juste rapporter les affaires laissées sur l’autre parcelle !

Sylvie est aux petits soins pour nous et nous cherche des solutions pour tout : elle tire une rallonge pour que nous ayons de l’électricité, cherche un endroit pour que nous puissions laisser nos affaires au sec, me propose même de tondre de l’herbe sur un de ses terrains pour la donner à Marius… Son mari Erwan arrive un peu plus tard. Il est allé chercher ses deux filles Jade et Malik à Vannes, où elles habitent avec leurs mamans respectives, pour passer une semaine de vacances. La surprise est grande bien évidemment de trouver un âne en train de brouter dans le jardin. On fait donc connaissance en buvant d’abord une bière.

Le couple nous invite finalement à entrer dans leur maison pour boire l’apéro et dîner avec eux. Il nous propose aussi de dormir au chaud chez eux. Il y a une chambre de libre. Laurence préfèrerait dormir dehors ! Avant de partir des Bouches-des-Rhônes, elle avait expliqué à ses potes qu’elle partait en mode “warrior” et elle ne voulait retourner au pays qu’en ayant affronté le froid dans son “duvet de survie” ! Quelle drôle d’idée… mais je suis prêt à lui laisser la tente pour vivre cette expérience ! Moi, le lit au chaud me convient très bien ! J’ai eu déjà et j’aurai sans doute bien d’autres occasions de dormir dehors avant la fin de l’hiver ! C’est finalement une partie de baby-foot qui devait nous départager. Et malgré les points marqué par la petite Jade, Laurence a perdu ! Yeees !

Ce soir là, nous parlons peu de voyage. La vie et les problèmes des familles recomposées est au centre des discussions… entre deux ou trois verres de rhum arrangé… Enfin, au moment d’aller me coucher, du rhum ou moi, je ne sais pas qui est le plus arrangé…

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Tags : BreizhBretagneFinistèrePresqu'ile de Crozon

2 commentaires

  1. Des plages de sable en Bretagne, décidément on aura jamais tout vu ! J’ai plus qu’à y retourner !!! C’est bon de vous savoir repartis, bon pied – bon œil ! Bonne route.

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