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Marius Tour de France

Jour 706 / Dure reprise … mais la reprise… Enfin !

Nous revoilà en mouvement… Quelle joie, quel bonheur de retrouver enfin le chemin… Bon, il est boueux mais ce n’est pas grave ! Il est là. Sous mes pieds. Enfin…

J’ai retrouvé mon Marius. Il m’a ignoré lorsque j’ai été le voir en arrivant mardi soir. Faut dire qu’il avait le nez dans le foin et quatre compères autour de lui à qui il ne voulait surtout pas laisser la chance de manger sa part ! Quand je l’ai appelé, il a levé les oreilles puis m’a regardé. La chose la plus importante est qu’il savait que j’étais rentré. Le lendemain, idem. Vous l’avez sans doute vu sur la vidéo publiée sur Facebook, il s’est approché de moi puis a passé son chemin voyant, à l’entrée de la pâture, Annyvonne une fourche à la main, prête à leur servir leur ration de la journée ! Pour le coup, retrouvailles ou pas, ce n’était pas le moment. L’appel du ventre ! “Pour la bise on verra après si tu veux bien !!” aurait pû me lancer mon compagnon de voyage.

Après près de trois mois d’arrêt, je dois repenser mes sacoches d’autant que je n’ai plus la grosse batterie de 5 kg. J’ai aussi un sac de provisions pour environ 5 ou 6 jours de marche du coup il faut tout rééquilibrer. Le peson que j’ai acheté hier dans un magasin de pêche m’aide à être au plus juste. Ça me fait tout bizarre de me remettre dans le grand bain du voyage. Je suis très excité à l’idée de repartir mais en même temps j’ai craint le retour d’Arnold.

Je vais commencer par une petite journée. Juste 12 km. Tranquille. Je suis attendu ce soir à Raguénez, près de l’île de l’Aber, chez Florence qui nous suit depuis que nous sommes sur la presqu’île et m’a proposé de m’arrêter chez elle. Ce que j’ai accepté avec plaisir. Pour s’y rendre, on empruntera un itinéraire que j’ai déjà pris 2 fois : la première c’était pour ramener Marius de chez Océ’âne jusque chez Annyvonne et la seconde lorsque nous sommes revenus avec Diane de Trébéron, fin novembre, alors que j’étais très mal.

C’est vers 15 heures que nous prenons la route. Je vous l’ai dit, la reprise est difficile ! Heureusement il fait beau et nous avons une petite journée de marche. Marius a perdu ses muscles et un peu de poids. J’ai été mauvaise langue à répéter pendant ma convalescence que “mon âne faisait du gras en Bretagne” lorsque les gens me demandaient comment il allait ! Attention, il n’est pas maigre ! Il a retrouvé son poids de forme et a perdu son gros bidou mais en gardant toutefois son bourrelet de graisse au niveau de l’encolure ! La morphologie de mes longues oreilles a donc changé et les sangles sont devenues trop grandes. Du coup, le bât a vrillé à plusieurs reprises en chemin. Galère. Il a fallu s’arrêter pour débâter et remettre le chargement de façon correcte. Si les sacoches sont équilibrées en poids, l’une d’elles est plus bombée ce qui change le centre de gravité et expliquerait la déstabilisation du harnachement. Car une fois le bât réinstallé, il a presque aussitôt commencé à pencher du même côté…

Alors que nous nous inversons la sous-ventrière et sangle-ventrale, je reçois l’appel de Laurence qui doit me rejoindre pour quelques jours de marche. Marseillaise installée à Arles depuis quelques années, elle avait envie de vivre cette aventure pour se 50 ans ! On doit se croiser du côté de la déchèterie de Crozon où l’on doit passer. Quand on arrive dans la zone artisanale, on ne la voit pas. En fait, elle est toujours sur la voie verte. On continue alors. Après Trébéron, le chemin débouche sur la plage de l’Aber. Au loin, l’île du même nom accessible à pied par marée basse. Un fort y a été construit par Vauban en 1694, en même temps qu’il terminait la Tour de Camaret. Depuis notre position, on devine les ruines d’un ancien fort du 17e.

Après encore plus d’un kilomètre de route qui domine une zone naturelle humide, on arrive en bas de Raguénez. Sur notre gauche, un ancien four à chaux construit au milieu du XIXe qui permettait l’approvisionnement en matière première et en combustible par mer, de même que les livraisons des barils de chaux.

Tandis que Laurence est encore dernière nous, Florence nous rejoint. Elle habite une ancienne maison de pêcheur dans le village de Raguénez, “La pêcherie” où lorsque mon hôte a acheté, tout le matériel se trouvait encore à l’étage. Ici, dans le temps, la femme s’occupait de l’agriculture et l’homme de la pêche. La maison qui fut aussi une ferme, dispose d’une grande pâture derrière chez elle, qui surplombe l’océan. Marius y passera la nuit. Malheureusement, je vais devoir l’attacher car le terrain n’est pas clos. Cependant, il est bien vert et il aura de quoi manger. Avant de le laisser, je tire une corde pour éviter qu’il grignote la haie du jardin mitoyen. Pas seulement pour éviter une querelle de voisinage mais parce que je ne connais pas cette essence qui pourrait être toxique pour Marius.

On profite d’un magnifique coucher de soleil sur l’océan lorsque Laurence arrive. La nuit, il devrait faire froid car le ciel est dégagé. Les températures sont déjà fraîches. Florence nous invite à entrer chez elle. On fait connaissance devant une bonne bière et un verre (ou deux) de cidre local ! Notre hôte était à Nantes avant de s’installer ici. Son compagnon est ébéniste – restaurateur de meubles anciens. Il a été obligé de retourner en Loire-Atlantique car une source traverse son atelier et l’eau remontait par capillarité. Pas top pour le bois qui n’aime pas l’humidité !
C’est autour de délicieuses crêpes bretonnes que nous avons poursuivi la soirée. Laurence s’est alors rendu compte que, mis à part Annyvonne et moi, personne ne connaissait personne et pourtant nous étions accueillis avec générosité par Florence. La magie du voyage, la magie des rencontres, la magie du voyage avec un âne ! Nous avons passé une très beau moment à papoter de nos vies, de mon périple… Je vais dormir au rez-de-chaussée pour aller voir Marius durant la nuit. Je ne suis pas inquiet mais lorsqu’il est attaché à la longe, je préfère me lever et affronter le froid afin de vérifier que tout va bien.

D’ailleurs avant de me coucher, j’enfile ma veste et mes chaussures pour lui souhaiter bonne nuit. Alors que je suis encore assez loin de lui, il m’appelle. Quelque chose ne va pas. Lorsque je m’approche, je ne vois rien de particulier mais  je comprends que le fracas des vagues sur les roches en contre-bas lui fait peur. Je le déplace de quelques dizaines de mètres plus haut. Je ne suis pas certain qu’il soit davantage rassuré mais il sera à l’abri du vent grâce à un mur en béton.

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Tags : BreizhBretagneFinistèrePresqu'ile de CrozonTour de France

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