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Marius Tour de France

Jour 668 / Vous avez demandé un miracle ? Ne quittez pas !

Petite visite du plus vieux quartier de Brest, guidé par Annyvonne !

Près de six semaines que je suis à l’arrêt …

Les quinze premiers jours, j’ai enchaîné visite chez le médecin, séances de kiné, d’ostéo, et même énergéticienne… J’ai senti un peu de mieux mais aussi du pire : la névralgie d’Arnold ne provoque pas seulement une douleur du cou et de la nuque, elle peut irradier jusqu’à l’œil et donner une impression de brûlure au niveau du cuir chevelu. Mon œil est parfois à moitié fermé et j’ai l’impression qu’une aiguille le pique à l’arrière. Voilà pour mes symptômes, en plus des migraines à se taper la tête contre les murs. J’ai fait une radio qui, à part souligner le fait que j’ai un début d’arthrose, ne montre rien d’anormal. Ma trousse de soin ressemble à une pharmacie mais les anti-inflammatoires, comme les corticoïdes, ne font guère d’effets… Et pour éviter de nouveaux torticolis,  je dors avec une minerve.

Avec Diane, on s’est amusés à imaginer un tour de France des médecins, spécialistes et autres pharmacies ! Un voyage à thème comme un autre !! On se marre comme on peut ! Ça fait du bien. Ne trouvant pas légitime de rester ici pour attendre avec moi, elle est repartie il y a plusieurs jours déjà. De mon côté, c’est avec une semaine d’avance que j’ai pris le train pour la Drôme où je vais fêter Noël en famille. J’espère revenir vite. J’ai confié Marius à Annyvonne. Je sais qu’elle s’en occupera bien, j’ai confiance. Et puis, il n’est pas seul : il partage toujours un pré avec un petit troupeau d’ânes. Avant de le laisser, il a vu un pareur histoire de raboter ses postérieurs, trop longs, et corriger ses aplombs.

En fait, j’ai avancé mon départ au 15 décembre pour profiter d’un week-end avec mon fils avant les fêtes de fin d’années. Mon voyage n’est pas facile pour lui. C’est un déchirement pour moi aussi de le voir pleurer à chaque nouvelle séparation… Il n’aime pas cette « nouvelle vie ». Je sais que la névralgie dont je souffre, en tout cas les tensions qui en sont la cause, sont d’origines psychologiques et émotionnelles, car je me suis tordu le cou deux jours après avoir laissé Malone en octobre dernier. Dommages collatéraux d’un changement de vie difficile à digérer et à gérer en ce qui concerne mon fils. Mon corps parle, j’essaie de l’écouter et de le comprendre les signaux qu’il m’envoie…

Depuis mon retour au pays donc, je multiplie les rendez-vous médicaux : chez mon médecin généraliste d’abord, puis mon ostéo, celui qui à l’habitude de remettre d’aplomb mon squelette qui part en sucette. Et c’est vrai, une fois deux cervicales, quelques dorsales et autant de côtes replacées, je me sens beaucoup mieux. Mais pas assez pour repartir immédiatement. Je comprends rapidement que je ne devrais pas sauter au plafond tout de suite, car des tensions restent en effet au niveau de la nuque. Et séance de kiné après séance d’ostéo, les résultats qui étaient sensibles au début, le sont de moins en moins. Écouter mon corps veut dire ne pas me précipiter à l’identique, après quelques thérapies miraculeuses qui seraient censées régler le « souci » sans que je n’aie rien à y faire.

En attendant, les jours et les semaines passent et je ne vois pas comment je vais pouvoir reprendre la route dans ces conditions. Je tourne en boucle dans ma tête mon état qui ne s’améliore pas franchement. Les douleurs sont toujours là. Les maux de têtes sont quotidiens. Arnold ne me lâche pas ! Il s’accroche. Je sais qu’il y a toujours une raison à ce qui nous arrive. Nous avons pu le vérifier cent fois durant ce tour de France. Nous savons aussi que le périple peut s’arrêter prématurément… sans prévenir. Et si nous pensions que rien ne pouvais nous arriver en chemin, le départ de Céline nous a montré que nous n’étions pas à l’abri des changements. Mais on a beau y être préparés et forts de la certitude que nous accueillerons tout en conscience, et on a beau garder en mémoire la fragilité du moment présent, lorsque ça nous tombe dessus, on le vit mal. C’est aussi un peu le revers des demandes que nous formulons intérieurement. L’Univers répond toujours, mais pas forcément sous la forme que nous attendions.

Et si l’aventure devait s’arrêter là. Et si je ne pouvais plus repartir. Et si la douleur et les migraines avaient raison du voyage. Je suis pris de doutes, d’angoisses parfois…. Et que ferais-je demain si le nomade devait reprendre sa vie de sédentaire ? Y penser est encore plus douloureux qu’Arnold ! Je dois malgré tout garder confiance. J’ai une IRM à passer dans quelques jours, j’espère que j’en saurai davantage sur mes maux. J’ai aussi rendez-vous chez un acupuncteur… peut-être fera-t-il un miracle…

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7 commentaires

  1. De ma propre expérience (le Pèlerinage Aldo Moro) je sais qu’un périple comme ça use énormément le corps. Le fait d’avoir acquis une grande habitude de l’effort physique,la drogue de la passion que nous éprouvons à aller chaque jour au bout de nos limites, estompe un peu une cruelle réalité : Qu’ au fond, nous utilisons un crédit qui, tôt ou tard, sera épuisé. Je le sens très bien moi aussi, je n’ai plus les mêmes réserves physiques comme avant le grand voyage.
    Partir avec son âne, entrer dans cet instant fabuleux qui est d’avoir l’éternité et l’immensité devant soi, est une expérience absolument singulière et pour qu’elle puisse se faire il faut la situation de vie personnelle remplisse toute une gamme de conditions. C’est une constellation en somme assez rare. C’est pour cela que c’est aussi précieux. Je ne sais pas non plus, si un jour je peux repartir avec gamin vers un périple plus long, encore maintenant les larmes me montent aux yeux à chaque fois que reviennent les souvenirs du grand pèlerinage. Ce n’est pas facile de refaire sa vie après. L’univers nous a offert un cadeau rare et grandios et en même temps, nous le payons un peu.

    Bon rétablissement, Stéphne, donne toi du temps. La route continuera, pet-être différemment, mais elle continue.

  2. Pas facile de commenter des nouvelles de plus d’un mois et demi. J’espère de tout cœur que tu vas mieux, et vu la météo, je ne sais pas si j’espère que tu es sur les chemins … 🙂
    Notre corps est la limite de la charge mentale que nous nous imposons. Quelques soient nos choix on dirait qu’il y a toujours une limite, penser plus à soi au détriment des autres, penser trop aux autres au détriment de soi-même, il est très difficile de trouver le juste milieu. C’est d’autant plus difficile dans notre environnement socio-économique très déstabilisant, et très culpabilisant. Nous avançons avec nos maux, nos « remèdes » et surtout nos questions. Je n’ai pas de réponse, je prends simplement note de ton expérience. J’ai envie d’aller marcher avec un âne, mais, à Cuba, pas envie de neige, de froid, ni de montagne … De plus en plus envie de découvrir cette île, son histoire, sa population, besoin de faire du tri dans ma vie, mais si Arnold m’attaque du côté de je ne sais où …. 😀

  3. Bravo Stéphane pour ton approche et courage pour cette période de vie éprouvante ! De tout coeur avec toi également, garde confiance la vie te l’a bien rendu ces derniers temps ;-). A bientôt j’espère ! Clément

  4. De tout coeur avec toi Stephan et avec Marius…avoir confiance en la vie et accepter ce qui est, aussi un beau chemin!!! Merci de me faire voyager avec toi par tes beaux textes! Je t envoie amour lumière et douceur pour ces instants plus difficiles 💕 prends bien soin de vous deux

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