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Marius Tour de France

Des nouvelles de Céline et Symphonie : Réveil d’hibernation…

Chères Toutes et Tous,

En ce début 2018 et même si je suis hors délai pour le faire, je commence par vous envoyer mes plus belles pensées d’ouverture du cœur à l’évolution et à l’unité. Même quand ça dépote!

 Cela fait des mois que je n’ai pas donné de nouvelles – et je sais que vous êtes nombreux(ses) à en demander – parce que j’en n’étais tout simplement pas capable, émotionnellement et “scribement” parlant. Cœur gros et pas grand-chose à dire… Mais me revoici, me revoilà:

Pour rappel, j’ai dû interrompre le périple à Dieppe à la fin juin 2017. Je me suis arrêtée avec Symphonie, suite à un épuisement général et à quelques incidents qui m’ont alertée sur notre besoin de nous poser un moment et d’envisager la suite différemment. Un claquage au mollet pour moi et une entorse pour ma mule, le même jour, ont fini de placer la cerise sur le sac à dos. C’est Emma et ses proches, en Picardie, qui m’ont ouvert leurs bras et leurs maisons. Ils nous ont accueillies avec une simple évidence et une générosité de cœur que je ne pourrai jamais oublier. Et j’ai laissé Stéphane et Marius continuer le périple en duo et s’éloigner jusque tout au bout de la Bretagne…

 Si, au départ, je ne démordais pas de l’idée que nous pourrions rejoindre la caravane dans le courant de l’été, l’arrêt s’est prolongé. Il a fallu que je me rende à l’évidence: en dépit de mon agitation et de ma frénésie à “faire”, à “contrôler” et à “planifier”, il me faudrait beaucoup plus de temps pour reprendre mes esprits et pour accueillir ce qui est.

L’été s’est donc déroulé entre les activités d’extérieur, les soins aux chevaux, quelques balades et la (di)gestion de cet arrêt de voyage un peu soudain. J’ai dû aussi appréhender l’humeur très maussade de Symphonie qui a commencé à montrer beaucoup d’irritabilité et de susceptibilité dès le moment où elle a pu être intégrée à son nouveau troupeau. J’ai fini par comprendre qu’elle rejetait en fait mes émotions fortes, mes doutes, ma fatigue et mes questions existentielles, elle-même travaillée par des chaleurs douloureuses et difficiles. Assez rapidement il n’a plus été envisageable de la séparer des autres équidés, ni de faire quoi que se soit seule avec elle. Par ailleurs, la tumeur à sa mamelle avait grossi, et ma priorité a été de m’occuper de ma mulette et de lui offrir le plus de sérénité possible. Bien suivie par des professionnels, j’ai préféré les soins énergétiques intenses, l’homéopathie et les synergies de plantes à la chirurgie, pour la soutenir. Je souhaitais et souhaite toujours éviter l’opération tant que possible, les vétérinaires ne connaissant pas la nature de cette grosseur et ne pouvant se déterminer sans avoir ouvert. Je me suis fixée la fin de l’hiver 2018 pour faire le bilan.

Les mules et mulets de Virginie Cheysser.

 A la fin septembre, j’ai compris que je ne repartirais pas pour cette année. Et là, j’ai sombré dans un abîme de confusion. Très fatiguée et déprimée tout l’automne ; la joie et l’entrain m’ayant quittée, je me débattais chaque jour pour être forte et me lever, en mode survie doublé de la crainte d’être une charge pour mon entourage. Et puis l’hiver, sa sombritude et sa boue, sont venus poser un décor morose supplémentaire sur mon théâtre intérieur déjà peu gai, dans lequel mes nerfs et mes anciens réflexes de survie avaient pris le relai malgré moi. Plusieurs personnes autour de moi m’ont fait comprendre qu’il serait bon que je me détourne un peu de Symphonie pour prendre soin de moi aussi, de diverses manières… me programmer quelques massages et autre séances, lâcher prise et laisser être, me reposer sans culpabiliser, retrouver un corps non douloureux et de la confiance. J’ai acquiescé. Et j’ai aussi profité de faire quelques virées à Genève pour voir ma famille et mes proches, dans le sud pour participer à un stage chez Virginie Cheysser et ses mules et mulets qui m’ont fait le plus grand bien, et à Veselay pour le mariage de mon amie Sophie. J’ai reçu la visite de mon amie Victoria également, qui doit se rappeler de mon indisponibilité émotionnelle et décisionnelle à ce moment-là… J’en suis désolée. Puis, un jour après l’autre, nous avons avec Emma imaginé des projets, amélioré des choses, partagé en avançant, avancé en partageant.. Avec l’énergie disponible. Je remercie du fond du cœur toutes les âmes qui m’ont soutenue de près ou de loin, en direct ou au téléphone, pendant cette période.

Quant à la mulette, elle a doucement trouvé sa place dans le troupeau. Au fur et à mesure que je lui lâchais la grappe, elle est devenue progressivement de bien meilleure humeur – bien qu’encore changeante – et à nouveau en demande de contact. Après avoir été plus que prudente, au début, face aux trois chevaux qui partagent sa vie, elle a réussi à filouter pour aujourd’hui être à même de piquer dans leur seau !! Enfin, sauf avec Gipsy, la matriarche, avec qui tout le monde se tient au garde à vous. Symphonie semble s’être particulièrement attachée à la vieille Cafi, avec qui elle forme un joli duo. Courant décembre 2017, il m’a semblé constater une diminution de la taille de sa tumeur. Ça bouge en tout cas, et ça veut dire que l’énergie revient ! J’ai donc persévéré dans les soins de plus belle, visualisant ma mule complètement guérie chaque jour. Je peux être très têtue, ça vous étonne?

Le mois de janvier s’est dès lors présenté comme le réveil d’une hibernation, la première respiration consciente après un long sommeil lourd. Aujourd’hui, même si tout est encore fragile, je me sens mieux, je commence à retrouver des envies et surtout à pouvoir imaginer une suite. Le voyage me semble loin, bien que j’en aie toujours l’envie, qu’il me manque même sur plein d’aspects. Ceux que nous vous avons partagés tout au long de l’itinérance, ceux qui nous font nous sentir libres et parfois presque en apesanteur… Mais quelque chose me retient, ou me pousse ailleurs plutôt. Symphonie et moi sommes encore trop bancales pour le moment, et Steph a aussi rencontré son lot de difficultés. Est-ce lié, d’ailleurs ?

Par ailleurs la vie continue, j’ai fait d’autres rencontres qui vont aussi compter dans mes choix futurs. Si le voyage ne continue pas immédiatement, rien n’affirme qu’il ne reprendra pas plus tard. Vient alors la question de me poser quelque part avec Symphonie, de retrouver une indépendance, un petit chez moi et une activité pour renflouer les caisses. Mais où ? Comment ? Pour quoi faire ? J’y réfléchis, j’essaie de visualiser, de confier tout ça à l’univers pour le laisser travailler. Même si cela m’attriste le cœur de me séparer de mes hôtes et de séparer Symphonie de ses nouveaux amis, je sais que je ne vais pas rester en Picardie, car si je ne suis pas en voyage, j’aimerais vivre plus proche de Genève, où se trouvent mes racines et mes proches.

Différentes possibilités m’apparaissent, mais mes projets partent en étoile. J’ai fait des recherches, je suis allée visiter quelques lieux où mettre Symphonie en pension. J’ai des pistes, tout est ouvert mais pour l’instant je ne parviens pas à faire coïncider mes différents besoins avec mes millions d’idées et de principes… Trop exigeante dites-vous? Je ne sais pas… Alors je lance humblement des appels autour de moi, et à vous toutes et tous également, avec la confiance qu’un écho me reviendra avec une issue, une idée, une brique supplémentaire à l’édifice commun.

Avant de développer mon lieu idéal de vie, ou de repartir sur les chemins, peut-être dois-je penser en terme de priorités ! Et en ce moment, que je le veuille ou non et même si mon ego aspire à la grande aventure et à la liberté, elles sont simples et matérielles, ces priorités. Idéalement je cherche un endroit tranquille, sain et naturel où je puisse vivre près de Symphonie (en tout cas le temps qu’elle soit complètement rétablie) et où il y aurait donc du terrain et d’autres équidés. Dans l’Ain, le Jura, en Savoie, Haute Savoie, éventuellement en campagne romande si je reviens en terre helvète. Et pour moi, un petit nid indépendant où je pourrais me reconstituer et prendre soin de moi. 

Puisqu’il me faut un revenu, ce serait bien que je puisse y exercer une activité rémunérée, un peu, pas trop loin, ou en mode échange… Ou alors que je puisse m’absenter deux jours par semaines pour aller travailler en ville. Une autre possibilité serait un lieu où je puisse sereinement laisser Symphonie en pension, le temps de me retourner… Je suis ouverte à tout cas de figure, je peux volontiers donner des coups de main.

Ce n’est vraiment pas évident de repasser en mode sédentaire, même provisoire, et j’ai décidément du mal à me décider. Mais on avait dit qu’on accueillerait cette éventualité comme une autre. Alors il est temps, et si quelqu’un d’entre vous a une idée, ou connaît quelqu’un qui… Je suis toute ouïe 🙂

Voilà mes chères et chers, un voyage a de multiples facettes, formes et couleurs, et je vous remercie d’être avec nous dans les moments magiques comme dans les difficiles.

 A bientôt qui sait, sur la toile ou ailleurs 🙂

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Tags : Céline BugnonOisePicardieTour de France

6 commentaires

  1. Bonjour Céline, merci pour ton ouverture du Cœur à nous confier , tes « états d’âme »… nous sommes nombreux à ne pas savoir quoi faire et où vivre , sacré chemin de Vie que d’etre Dans l’inconnu, et pourtant tout cela va te mener vers un lieu où tu pourras y vivre en confiance …
    je pensais ces derniers à toi et me demander comment tu allais… voilà la réponse … je suis Michèle, tu m’as rencontrée au Val de Consolation en Automne 2016 déjà tant de temps passé … habitant sur Dijon pour l´instant , je ne peux rien te proposer mais je t’e Fort et t’envo Plein de belles énergies pour la suite . Michèle

    1. Oh salut Michèle ☺ Merci pour tes douces pensées ! Oui, j’étais partie en conquérante de ma vie, et je me retrouve à devoir m’accueillir dans ma plus grande fragilité. Une belle leçon d’humilité 😊 Je pense bien fort à toi
      Céline

  2. Coucou Céline, merci pour ce partage de cette tranche de vie mouvementée que tu viens de traverser. C’est chouette que tu aies retrouvé l’énergie pour une nouvelle aventure, c’est le bon moment à l’approche du printemps :-). Je vais me renseigner auprès des contacts que j’ai dans les coins qui t’intéresse. Bises et à bientôt, Clément

    1. Merci Clément pour ton soutien 😊 Oui l’énergie est mieux, elle va et vient… J’ai envie d’accepter que tout ne soit pas clair. Chaleureuses pensées 😉

  3. Bonjour Céline, et bienvenue dans la vie des : je sais ce que je ne veux pas, mais pas ce que je veux vraiment ….. Je me réjouis malgré tout de nous voir aussi nombreux dans un carrefour de notre vie, c’est juste pas simple de prendre une direction. Plus envie de suivre le troupeau, mais difficile de tout réinventer. Le tissu des nouveaux paradigmes n’est pas encore tissé, soyons créatifs. Bonne chance.

    1. Merci beaucoup Laurence pour ton soutien. Oh oui nous avons besoin d’être créatifs c’est vrai 😊 Les chemins sont multiples pour suivre une voie 😁

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