close
Marius Tour de France

Jour 620 / Trop mal pour continuer le voyage…

Ce matin je ne vais guère mieux. Mal aux cervicales, migraine tous les deux ou trois jours… Ce n’est plus possible de poursuivre le chemin comme ça. Il me faut voir un médecin et surtout trouver un bon ostéo.

J’avale encore un anti-inflammatoire en guise de petit déjeuner et appelle le cabinet du généraliste que j’ai consulté il y a quelques jours. La secrétaire me propose un rendez-vous en milieu de matinée mais précise que c’est une remplaçante qui assure aujourd’hui les consultations. J’hésite car je préfèrerais être reçu par le médecin… Mais bon… Je n’ai pas le choix… Je prends ! Je suis trop mal pour attendre un jour ou de deux de plus.

C’est Annyvonne, toujours là pour rendre service, qui me conduit à Crozon. Après une auscultation qui dure quelques minutes, l’interne met un nom sur ma pathologie : une névralgie d’Arnold. Arnold est un nerf qui part de la deuxième cervicale, innerve les muscles profonds du cou et agit sur le plan moteur (mobilité du cou) et sur le plan sensitif (permet de sentir le cuir chevelu). C’est lui qui provoquerait mes migraines à répétition et chatouillerait mon œil.

Pour le médecin remplaçant, il n’y a pas grand chose à faire. Elle me prescrit des corticoïdes et une minerve. Si ça ne suffit pas, des infiltrations de cortisone seront nécessaires pour atténuer la douleur et la rééducation du rachis cervical. Pour moi, et par expérience lorsque mes cervicales me font mal, seul l’ostéo peut me soulager. La généraliste note deux noms de spécialistes sur un bout de papier et me lance : “Je ne l’explique pas mais les ostéos peuvent paraît-il faire des miracles”. Je suis encore trop loin de Lourdes, mais il me faut en voir un.

Si je ressors confiant, je dois me rendre à l’évidence : je vais avoir du mal à repartir tout de suite dans ces conditions. Annyvonne me propose alors de revenir chez elle à Lanvéoc et d’y rester le temps qu’il faudra pour me soigner. J’accepte volontiers la main tendue. Ça me coûte de m’arrêter encore mais je n’ai pas d’autre choix si je veux aller mieux. L’arrivée à Brocéliande me semble bien loin. Mais je n’ai pas le choix. Comme à chaque fois, je dois accepter ce que m’impose le chemin.

De retour au bivouac, Diane et moi démontons la tente. Il fait frais. Alors que nous rangeons nos affaires, nous avons la visite d’Émilie et Vincent, les deux bergers de la Pointe de Dinan. Ils reviennent du marché de Crozon. Devant mon état, ils me proposent de venir chez eux pour me soigner. Je constate encore une fois comme les gens sont adorables et bienveillants avec moi ! Je suis tellement loin des clichés du Français râleur et inhospitalier qui ferme la porte par peur, à “l’étranger”. Bon je ne dis pas que ça n’est pas arrivé pendant mon voyage mais comme j’aime aussi à le répéter, le voyage a cela de magique qu’il nous trouve toujours une solution à chaque problème… voire avant le problème ! Et présentement, alors que je suis malade depuis un mois, j’ai toujours rencontré de bonnes âmes pour m’héberger, garder mon compagnon de voyage et me permettre de me soigner ! Magique je vous dit ! Et ça fait du bien au moral ! Cela aide aussi à marcher sans crainte. Je laisse faire et l’Univers s’occupe du reste !

Avant de partir, Annyvonne revient pour récupérer nos affaires. Nous partons donc tous les quatre à vide. Cela dit, nous n’avons que 7 ou 8 kilomètres à parcourir pour nous rendre à Lanvéoc. Direction donc plein nord. Nous quittons les hauteurs de la plage de l’Aber pour remonter vers Kervon par une petite route goudronnée. Nous traversons la départementale puis la voie verte avant d’arriver dans la zone d’activités de Kerdanvez. Après la SPA, nous rencontrons sur un chemin boisé, une bénévole de l’association avec qui nous parlons de leurs petits protégés. Alors que nous discutons, je vois mon Marius s’éloigner de nous tranquillement… De touffe d’herbe en touffe d’herbe, il avance sans se soucier de nous ! Je coupe alors court à la conversation pour le rejoindre ! On ne sait jamais, il pourrait arriver avant nous à Lanvéoc ! Il connaît la route puisque nous l’avions empruntée en partie début novembre lorsqu’il a quitté le pré d’Océ’âne pour celui d’Annyvonne !

On découvre un peu plus loin un pont gaulois qui enjambe une rivière. Marius ne peut passer sur le pont. Il y a d’abord une grande marche pour y accéder et par ailleurs la pierre est très glissante. Mais Marius rechigne à mettre ses sabots dans l’eau. Le courant est assez fort et les abords sont boueux… Vraisemblablement, il a peur… J’essaie de le rassurer, de le faire passer aux endroits où le sol ne s’enfonce pas sous ses sabots… Mais il fait marche arrière et rien y fait ! Ça va être compliqué ! Je demande à Diane d’aller voir si le chemin qui continue après ce pont est ouvert car Annyvonne nous a averti qu’un agriculteur avait fermé l’accès du sentier ! Si c’est le cas, cela va nous obliger à faire un grand détour notamment par une départementale très fréquentée.

Cinq minutes plus tard, Diane revient. Le chemin rural est effectivement bloqué. Constater que certains se permettent d’étendre leurs parcelles agricoles sur le domaine public avec la bénédiction des élus qui ferment les yeux, me fout en rogne ! D’autant qu’on va devoir serrer les fesses sur la route sur au moins un kilomètre. Heureusement, la D63 n’est pas trop fréquentée au moment où nous l’empruntons. Diane reste dernière mois avec Jango. Pour faire ralentir les véhicules, nous faisons de grands signes. Ils sont plutôt respectueux et nous dépassent doucement.

Nous retrouvons un chemin goudronné au niveau du hameau de Guenatec. Le bitume s’étend jusqu’au GR 34 qui nous amène jusqu’à Lanvéoc. Avant de nous rendre chez Annyvonne, on laisse Marius dans le parc où il retrouve Quinig, Arobase, Daoulinn et Napoléon, les 4 ânes de notre hôte. Il va avoir des choses à leur raconter ! Moi, je vais me poser aussi et dormir. Je suis HS. Besoin de fermer les yeux. Demain j’ai rendez-vous chez un ostéo. J’espère qu’il fera “un miracle” !

Vous aimez suivre nos aventures ? Pour nous aider à les continuer et à vous les partager, vous pouvez faire un don et nous soutenir sur Tipeee.com

Tags : BreizhBretagneFinistèrePresqu'ile de CrozonTour de France

2 commentaires

  1. Un peu de Pilates minimaliste peut faire beaucoup de bien, même si vous ne le faites que mollement. Le plaisir vient en mangeant. On peut le faire seul dans sa chambre et il existe beaucoup d’intros sur youtube etc. Commencer avec 5 minutes seulement.

Laisser un commentaire

Simple Share Buttons
Vous ne voulez manquer aucune de nos publications ? Abonnez-vous en laissant votre mail ici :
Abonnez-vous !