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Marius Tour de France

Jour 619 / De cap en pointe, le tour de la presqu’île se termine

Jango a fini par se calmer et nous laisser dormir. Diane est restée agrippée à la laisse de son chien… A moins que ce ne soit le contraire ! Pour moi la nuit a été plutôt courte. J’ai travaillé jusqu’à 1h30 sur mon blog… Quelque chose me dit que la journée va être dure ! Et puis je sens quelques douleurs qui reviennent… Nous n’avons pas été trop dérangés ce matin par la vie trépidante du hameau. Seul un chasseur s’est garé non loin du bivouac pour aller promener son chien et son fusil… Fusil duquel deux coups sont partis un peu plus tard. Mais c’est bredouille (“broucouille”, comme disait l’autre) qu’on le voit revenir alors qu’on range nos affaires.

Aujourd’hui, on doit descendre au Cap de la Chèvre, point le plus au sud de la Presqu’île, puis nous approcher de Crozon. Annyvonne, qui m’avait hébergé plus d’une semaine à Lanvéoc lorsque j’étais malade, revient marcher avec nous.

Le bivouac est démonté assez vite. Diane essaie d’attraper Marius que j’avais détaché après être sorti de la tente. Sa tentative de l’apprivoiser se solde par une ruade. De mauvais poil l’animal, ce matin ! Je m’occupe moi-même d’attraper et de préparer l’âne récalcitrant et nous partons. On s’arrête quelques instants pour regarder d’un peu plus près les maisons de grès de Rostudel. Ce village, occupé autrefois par des pêcheurs-paysans, est quasi-vide. Aujourd’hui beaucoup des maisons sont devenues des résidences secondaires.

Une départementale nous amène jusqu’au bout de la péninsule. Là, un sémaphore permet de surveiller l’entrée de la baie de Douarnenez. Plus on s’approche et plus le vent souffle, à tel point que j’en perds mon chapeau et que j’attache mon drapeau ! Nous allons jusqu’au bout du bout admirer les falaises hautes de quelques 100 mètres qui plongent dans la mer, la baie de Douarnenez au loin, et la point du Raz. Nous ne nous attardons pas. Les rafales qui s’engouffrent dans les naseaux de Marius l’agacent. Le temps d’une photo, il broute puis repart vers la route, rattrapé par Jango qui n’a pas l’intention de le laisser filer. Alors que l’on regagne la départementale pour retrouver le GR, nous sommes rejoints par Annyvonne.

Nous ne pouvons longer le sentier côtier sur la partie sud-est du cap car Marius n’est toujours pas un chamois. Cette partie de la péninsule est plus abritée. Annyvonne nous fait remarquer d’ailleurs que la végétation a changé : la bruyère laisse place aux ajoncs et aux pinèdes accrochées aux falaises qui tombent à pic dans la mer. Quelques rares plages de galets, mais d’accès très difficile. Randonnée très agréable car on est à l’abri du vent. Mais le dénivelé incessant fait travailler les mollets !

On repasse donc par Rostudel, cette fois par un chemin herbeux. Dommage, exceptionnellement on n’avait rien oublié ! On poursuit sur le PR qui nous éloigne de la côte. Le sentier sillonne dans la lande et traverse de jolis hameaux typiques : petites maisons basses en granit, toits en ardoise et menuiseries bleu pétant, sans oublier les fameux hortensias qui fleurissent les jardins ! Sur le plateau, nous sommes trop loin pour admirer la Pointe du Dolmen ou celle de Rostudel.

Il est bientôt midi, nous nous dirigeons vers Saint-Hernot pour profiter du penty de Corinne et de son mari qui nous avaient proposé hier sur la plage de nous y arrêter. Deux bières nous y attendent ainsi qu’un petit jardin herbeux pour Marius. Un penty est une petite maison de pêcheur souvent sans eau ni électricité, utilisé aujourd’hui comme maison de vacances. Étymologiquement, un penty, c’est un petit abri en bout d’une habitation (pen= tête ; ty= maison), dont l’usage était selon les cas, pour les animaux ou plus souvent, pour les domestiques. D’où l’aspect peu éclairé de la pièce (car généralement, cela ne comportait qu’une pièce).

Nous dégustons sur la table du jardin un délicieux “fouzytout” d’Annyvonne et un pâté végétal qui, à la lecture de la composition, n’a de végétal que le nom… vive le bio de supermarché !

Après une petite sieste sur le canapé du salon (il faut bien récupérer de la nuit trop courte), Diane laisse un petit mot de remerciement, puis nous rebâtons Marius. Direction Morgat et Crozon cette fois en passant par le GR 34 plus accessible après l’île vierge. L’eau est ici étonnamment turquoise malgré le manque de soleil et il paraît même que des photos du site ont été utilisées pour illustrer des offres de voyage pour la Corse et la Crète !! Le chemin côtier sillonne entre lande, bruyère et pins maritimes. La végétation a vraiment changé. Elle est plus haute et presque méditerranéenne. Il ne manque plus que les cigales !

Au Ménez Kador on retrouve une piste forestière jusqu’au phare de la pointe de Morgat où l’on entame notre descente vers la plage du même nom. Nous sommes accueillis par un crachin typique et par des adeptes du longe-côtes, pratique consistant à marcher le long des plages avec de l’eau jusqu’à la taille. Nous, c’est par la route qu’on longe la plage de cette station balnéaire construite par Armand Peugeot pour ses cadres au début du XIXe. On passe devant d’anciennes maisons de pêcheurs très colorées qui bordent la grève, puis découvrons les maisons cossues et les manoirs construits par de riches familles parisiennes qui ont suivi la famille Peugeot. Un peu plus bas, Annyvonne nous montre la “villa Ker ar Bruck” ou “villa de fer”, construite en 1890 dans un autre style par l’architecte belge Joseph Danly avec charpente et bardage métalliques (plaques de fer galvanisé et peintes en blanc). Elle aurait paraît-il été construite pour l’exposition universelle de 1889, puis démontée et remontée à Morgat. C’est particulier dans le quartier !

A partir de là, je m’enferme dans ma migraine qui a débuté quelques kilomètres plus tôt. Encore une… J’ai hâte d’arriver au bivouac et de m’enfouir dans mon duvet. Mais avant ça, il nous reste encore une petite heure de marche. On traverse le parking du Grand Hôtel de la Mer puis les faubourgs résidentiels de Crozon pour atteindre la plage de Postolonnec où nous rejoignent Ronan et ses copains d’aventures. Ils sont venus se filmer avec nous pour annoncer sur leur chaîne Youtube leur prochain trip : un périple où des ânes seront chargés de porter les planches de surf.

Il fait presque nuit lorsque nous arrivons à notre bivouac, à l’endroit de l’ancien centre équestre de Trébéron, dont le propriétaire nous met à disposition un paddock herbeux pour la nuit. Un lieu déniché par Annyvonne qui a fait jouer ses relations.

Chose promise, chose due, une fois la tente montée, je m’engouffre dans mon sac de couchage pour une nuit qui, je l’espère, sera réparatrice. Il est 18 h…. Je mangerai demain… ou pas ! Là, je n’en peux plus…

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Tags : BreizhBretagneFinistèrePresqu'ile de CrozonTour de France

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