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Marius Tour de France

Jour 618 / L’accueil breton me réenchante chaque jour un peu plus

Après trois jours à dire « On part demain », ce dimanche devrait être le bon… J’ai toujours des douleurs à la tête et à l’œil mais c’est moins pire. Diane, de Caval’Breizh, m’a rejoint il y a quelques jours pour marcher avec moi, et elle trépigne ! Ce matin, comme chaque matin depuis qu’elle est arrivée, elle me demande si je me sens suffisamment bien pour reprendre la route. Je lui réponds qu’on prépare nos affaires et qu’on décide ensuite. Pas sûr que ma réponse lui plaise…

Cela fait 8 jours que je suis posé à la pointe de Dinan, chez le couple de bergers. Ce n’est pas la grande forme. Bon, y a pire comme endroit pour se requinquer ! D’autant que mes hôtes sont adorables. Émilie m’a conduit chez le médecin qui m’a diagnostiqué une sinusite ! Décidément après la pharyngite, je cumule ! Mais cela n’explique pas mes douleurs à la nuque qui déclenchent des migraines. J’espérais que les antibiotiques et corticoïdes fassent rapidement effet… mais c’est plus long que je le pensais. Peut-être qu’il me faudrait aller voir un ostéo… En attendant, je n’avance pas…

Comme à chaque fois lorsque je suis arrêté, j’en profite pour écrire, monter des vidéos ou améliorer mon blog. J’ai pu faire une interview d’Émilie et Vincent, que j’espère pouvoir monter bientôt pour vous la présenter. Originaires de Nantes, tous les deux étaient dans une démarche de changement de vie lorsqu’ils se sont rencontrés. C’était il y a trois ans. Ils passaient alors un Brevet Professionnel de Responsable d’Exploitation. Elle voulait élever des chèvres pour fabriquer du fromage. Lui des moutons pour la viande. Vincent connaissait la pointe de Dinan. Une zone naturelle protégée qui appartient au Conservatoire du littoral. Celui-ci avait lancé un appel d’offre auquel Vincent a répondu. Son projet a été retenu et voilà comment le couple s’est installé au bout du bout du monde en 2015. Un endroit magique et magnifique. Avec Diane, on aide comme on peut nos deux éleveurs, notamment à « transhumer » leurs moutons. Transhumer est un bien grand mot puisque si leur exploitation est vaste sur la pointe de Dinan, les parcs eux, ne sont pas très éloignés.

Bon, de toute façon aujourd’hui, nous avons la visite de Ann-Krystel et son copain qui veulent réaliser une vidéo pour leur chaîne Youtube. Il nous faudra bâter Marius pour faire les images. Ils doivent arriver vers 10H30. Mais comme à chaque nouveau départ après plusieurs jours de pause, il faut un certain temps pour rassembler les affaires, voire un temps certain pour se réempaqueter les idées. C’est pas gagné pour partir en milieu de matinée. « Où est ma carte mémoire ? ». « T’as pas vu mon bonnet ? ». « Je crois que j’ai perdu une chaussette ! »… Mouais, j’ai l’impression de m’être un peu étalé en huit jours !

Anne-Krystel et son copain Ronan nous accompagnent pour aller chercher Marius. Il vient vers moi guilleret et motivé à la vue de son licol, laissant derrière lui les deux ânesses avec qui il partageait la pâture. Et c’est autonome et sûr de lui qu’il revient à la ferme. De son côté, Émilie prépare sa jument dans l’idée de nous accompagner sur quelques kilomètres. Cette nouvelle étape doit nous amener au Cap de la Chèvre puis à Morgat. Nous allons emprunter le GR 34 sur une bonne partie de l’itinéraire pour admirer la côte bretonne déchiquetée.

Pour mettre une partie des affaires de Diane dans les sacoches, j’abandonne ma grosse batterie que, de toute façon, j’utilise peu. Je me déleste ainsi de 5 kg. Marius récupère 3 kg de croquettes de Jango, le chien de Diane, un peu plus de nourriture pour les bipèdes ainsi que deux matelas supplémentaires. Je crois qu’il y gagne au change. Le chargement me paraît moins lourd.

Il est 12h30 passé lorsque nous décollons. Finalement, Émilie partira de son côté estimant que le rythme sera trop lent pour sa jument. Émus, nous nous disons au-revoir. Nous ne reverrons pas Vincent, parti à Nantes vendredi, voir ses enfants. Nous avons passé de très bons moments en leur compagnie et avons eu des échanges enrichissants sur une grande diversité de sujets. Un grand merci pour votre chaleur humaine et le temps partagé avec nous durant cette semaine de convalescence.

Après 100 mètres de goudron, nous empruntons les premiers chemins sous la caméra et le micro d’Ann-Krystel qui m’interview en marchant. C’est Barbara de Irvillac, chez qui nous étions en octobre dernier, qui lui a parlé de mon voyage avec Marius. Elle a eu envie de nous rencontrer et de réaliser un témoignage vidéo.

Les sentiers qui nous mènent à l’océan sont détrempés. Normal c’est une tourbière, Vincent nous avait prévenus ! On ajuste le parcours : moins direct mais plus praticable ! Un peu marre de la boue !

A Tromel, on récupère une piste moins boueuse pour nous arrêter sur les hauteurs de Lostmarc’h, à côté d’un menhir. La pointe du même nom servait de camp retranché aux Celtes en cas de dangers momentanés. La vue est grandiose. Le lieu est chargé d’émotion pour Ann-Krystel qui y a passé une partie de son enfance. Nos deux Youtubeurs le choisissent comme toile de fond pour une interview.

A la fin de l’interview, nous les saluons puis mangeons un morceau avec Diane à l’abri du menhir. Il fait frisquet ! Le vent est glacial. Nous ne nous attardons pas. Le froid ne décourage pas des promeneurs qui sillonnent la côte. Certains viennent à notre rencontre et me félicitent pour mon projet.

En descendant vers la plage de la Palue, on aperçoit l’île de Sein et la Point du Raz, la pointe la plus à l’ouest de la France continentale. Des surfeurs taquinent les rouleaux. Le site est reconnu par les adeptes. On profite de la marée basse pour tirer tout droit par la plage. Marius va prendre goût aux embruns salés à force de fouler les plages bretonnes ! C’était une des idées fortes et motivantes de Céline, s’imaginer marcher sur les plages avec les mul’ânes et rencontrer la Bretagne. Elle se demande encore pourquoi elle ne sera pas arrivée jusque là… Le voyage a ses raisons.

On rencontre un couple qui nous propose de dormir chez eux ce soir à Saint Hernot. Ils seront absents mais laisserons la maison ouverte. Décidément les gens sont incroyables de générosité. Quand je vous dis que je marche dans un autre monde … Ou peut-être est-ce cela le vrai monde. Quoi qu’il en soit, l’accueil breton me réenchante chaque jour un peu plus. Pourtant, il est vrai que j’avais été sévère au début de ma traversée de la Bretagne. Quelques rencontres peu sympathiques m’avaient un peu refroidi me faisant même douter du légendaire accueil breton. J’avais alors écrit que « la Bretagne n’est pas une terre d’irréductibles d’hospitaliers qui reçoivent l’étranger avec son âne les bras ouverts » (Cf Accueil Breton… Je déchante) ! Force est de constater qu’après trois mois en terre Breizh, c’est certainement l’endroit le plus accueillant depuis le début du voyage.

On repique un peu loin sur les chemins qui mènent au sémaphore du Cap de la Chèvre. Des chicanes sur le GR nous contraignent à un détour par le hameau de Kerdreux. Nous retrouvons un PR qui sillonne dans les landes et nous offre une vue magnifique sur toute la côte jusqu’aux Tas de Pois. Le soleil décline déjà offrant de très belles lumières. Il est déjà 17h30 lorsque nous arrivons à Rostudel. Il nous faut trouver à dormir ici. Il trop tard pour remonter à Saint Hernot avant la nuit. Tant pis !

Dans le hameau désert, deux femmes nous indiquent un terrain communal près de leur maison. Elles ne seront pas là ce soir mais nous proposent de remplir nos gourdes et de partager une boisson chaude avant leur départ. Marius a une belle étendue d’herbe et nous posons le bivouac à côté. Jango est étonnement inquiet. Il observe le campement à dix mètres de là ! Marius lui aurait-il fait des menaces discrètes. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’il voyage cette année avec des équidés. C’était un des équipiers de Caval’Breizh. Diane ne comprend pas cette peur inexpliquée et tente de le rassurer. Il finit par se poser dans l’abside de la tente.

Nous sommes bien sur ce bout de terrain bien herbeux. Il fait froid mais je me sens mieux ce soir. La magie du chemin ? On a envoyé un texto au couple rencontré sur la plage pour les prévenir que nous n’étions pas chez eux ce soir. Ils nous ont répondu qu’ils nous avaient laissé des bières et que nous pouvons passer demain midi… Pourquoi pas !

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Tags : BreizhBretagneCaval'BreizhFinistèrePresqu'ile de CrozonTour de France

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