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Marius Tour de France

Jour 606 / Trop bien amarré à la Presqu’île !

27 jours ! Je n’ai pas marché depuis 27 jours ! Je suis comme amarré ici ! La presqu’île semble me retenir avec ses petits bras musclés !

Non mais sans rire ! Depuis que je suis rentré de la Drôme, le 29 octobre, je n’ai pas bougé. Enfin presque pas ! Marius et moi nous sommes juste déplacés de 6 km pour aller chez Annyvonne à Lanvéoc. Elle a en effet eu pitié de moi et m’a sorti de la caravane où je grelottais depuis mon retour en Bretagne. Les températures ont chuté et c’est avec une pharyngite que je suis revenu des Monts d’Arrée où j’ai participé, pendant trois jours, à l’assemblée générale des Cavaliers au long cours. Le cou complètement bloqué, la gorge en feu et la fièvre ont eu raison de moi ! Mais c’est surtout les cervicales qui me titillent le plus.

Heureusement, comme on le répète souvent, il y a toujours des Anges Gardiens sur notre chemin. Et l’Univers nous apporte toujours une solution avant même d’avoir un problème ! Ma Mimie Mathie de la presqu’île, Annyvonne donc, a été aux petits soins pour moi. D’abord comme je l’écrivais plus haut, en m’offrant le gîte et le couvert et en me conduisant chez un médecin. J’étais comme un coq en pâte !

Durant mon séjour, j’ai pu donner un petit coup de main pour nettoyer la basse-cour et donner à manger aux poules, canards, oies, cochons, lapins et autres moutons et chèvres de la ferme pédagogique de l’association Océ’âne. J’ai aussi aidé à l’organisation d’une visite d’un centre de loisirs. Comme souvent, les structures de vacances locales passent une journée ici pour des balades à dos d’ânes, des jeux, la visite des animaux… Une journée sympathique qui m’a rappelé l’époque où j’étais animateur dans un centre de loisirs… c’était dans une autre vie !!

J’ai eu de la visite lorsque j’étais dans ma caravane : Kler et Florine, chez qui je m’étais arrêté avant de passer le Pont de Térénez ainsi que Sandra et Arnaud, qui habitent près du canal de Nantes à Brest. Ils m’ont proposé de m’arrêter chez eux pendant les fêtes. Je pourrai leur laisser Marius pendant que je descendrai dans le sud fêter Noël avec ma famille. C’est toujours rassurant pour moi de savoir à l’avance où je peux laisser mon compagnon lorsque je prévois de retourner voir mon fils pendant ses vacances ! Je suis aussi très intéressé par le travail d’Arnaud qui, comme responsable du service hippomobile du Smatah (Syndicat Mixte qui assure l’entretien des équipements du Canal de Nantes à Brest dans la partie du Finistère) balaie le chemin de halage grâce à une balayeuse tractée par son trait breton ! Hâte de voir ça !

C’était chouette de les voir tous les quatre même si je n’étais pas au mieux de ma forme !

Je ne suis pas complètement guéri mais je me sens mieux ! Donc aujourd’hui, je pars ! Enfin, je vais faire le tour de la presqu’île !! Mais avant de terminer de ranger mes affaires et de bâter Marius, Aline vient nous rendre visite. Aline ? Ah oui, Aline : C’est une dentiste équin. Elle suit nos aventures sur le blog et m’a contacté via Facebook pour me proposer de réaliser un soin dentaire à mon compagnon de voyage. “Son cadeau de Noël !” Veinard ! Marius n’avait pas grand chose. Selon elle, le fait qu’il soit en voyage, son alimentation très variée lui permet de limiter la pousse des dents.

Nous sommes partis finalement vers 15h, après le soin. C’est tard car la nuit tombe de plus en plus tôt. J’ai mangé avec Annyvonne, qui nous a accompagnés pour la journée. Depuis quelques jours, elle s’est mise en quête de lieux où Marius et moi pourrions dormir sur la presqu’île. Elle a envoyé plusieurs mails, passé quelques coups de fil et surtout laissé un message sur un groupe Facebook de la presqu’île. On a déjà des retours positifs ! Et ce soir, on va passer la nuit à Quélern près de Roscanvel, en allant à la pointe des Espagnols.

Après avoir traversé Lanvéoc, Annyvonne nous guide sur de très beaux chemins empruntés par les ânes d’Océ’âne. Doucement nous arrivons au petit port de Fret situé sur la rive sud de la rade de Brest, au fond d’une anse. Pour y accéder, il faut d’abord longer un étang à marée. Une zone protégée que l’on doit longer par une route-digue. La marée est basse, on préfère alors passer par la grève qui borde cette route. On y croise trois militaires en patrouille. Du port qui fut pendant longtemps très actif, il ne reste qu’un modeste port de plaisance. On y pratiquait pourtant ici la pêche à la sardine, puis à la coquille. Face à plusieurs épaves échouées sur la grève, les bâtiments de l’ancien constructeur de bateaux Stipon, désormais propriété de l’ASPMF (Association de Sauvegarde du Patrimoine Marin du Fret), témoigne de l’activité des chantiers navals du port.

Juste avant la tour crénelée construite en 1882 par le patron du café-restaurant “Au retour de Morgat” pour attirer les touristes, on quitte Fret par une petite rue, direction Rostellec, derrière commune avant l’Île Longue, une presqu’île qui sert, depuis le début des années 70, de base sous-marine à la Marine nationale française pour ses sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Rostellec est aussi connue pour son impressionnant cimetière de bateaux que les amoureux de la mer viennent contempler et photographier. Les gens sont si attachés à ce qu’ils considèrent comme un patrimoine maritime, qu’ils ont lancé une pétition pour le sauvegarder à l’heure où les élus Bretons veulent la voir disparaître et nettoyer la plage.

Annyvonne agrémente l’itinéraire en partageant anecdotes et souvenirs. Avant d’emprunter une grosse départementale, on traverse d’ailleurs Saint Fiacre où elle a enseigné plusieurs années. Sur la D355, les dernières lueurs du jour nous permettent de marcher au bord de la route sans trop craindre l’accident. J’ai sorti le gilet jaune pour être bien vu et ma lampe frontale que j’allume lorsqu’on aperçoit une véhicule. Par endroit, on peut éviter des portions de route sur quelques centaines de mètres.

Avant d’arriver à Quélern, une voiture ralentit à notre hauteur. C’est Diane, de Caval’Breiz, qui vient passer la soirée avec nous. Nous sommes alors à moins de deux kilomètres du terrain où nous nous poserons pour la nuit. Plus qu’un terrain, il y a aussi une maison. Elle appartient à Claude-Marie, une amie d’Annyvonne qui a l’habitude de recevoir les ânes d’Océ’âne. La bâtisse est abandonnée et non chauffée. Il y a néanmoins une table et des matelas. Spartiate mais ce sera bien mieux que la tente !

Le terrain est clos. Seul le portail est cassé. Un acte de vandalisme commis par des chasseurs. Diane et moi bloquons donc l’entrée pour éviter que Marius ne se fasse la belle pendant la nuit. Une fois les affaires à l’abri et mon compagnon de voyage libre de manger l’herbe haute du terrain, on passe aux choses sérieuses : l’apéro !

La nuit va être froide. La température baisse assez vite et les bières ne nous réchauffent pas ! Avant de se coucher, je laisse la porte d’entrée de la maison ouverte pour permettre à Marius de passer la nuit dans le couloir, à l’abri s’il pleut.

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Tags : BreizhBretagneCaval'BreizhPresqu'ile de CrozonTour de France

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