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Marius Tour de France

Jour 578 / Enfin sur la presqu’île du bout du monde !

Comme il fait beau un jour sur deux… aujourd’hui, c’est jour de pluie ! Un chouette temps pour débarquer sur la presqu’île de Crozon ! Le bout du monde ! J’y suis presque ! Encore quelques kilomètres avant de poser les pieds sur la partie la plus à l’ouest de mon voyage. En tout cas pour la partie Française !

Après avoir déjeuné ensemble, Kler m’accompagne pour faire les premiers kilomètres. Elle connaît très bien le coin et me propose d’éviter le goudron en longeant la grève de l’Île d’Arun, un îlot situé au confluent de l’Aulne et de la rivière du Faou, au fond de la rade de Brest. On marche sans trop de difficultés sur les galets. D’ici, on aperçoit l’abbaye de Landévennec où je serai ce soir. Une rivière à franchir et, alors que Kler nous quitte, on retrouve le goudron après avoir traversé un camping désaffecté.

Peu après, une barrière nous bloque le passage. Heureusement, je parviens à démonter la clôture du champ en bordure du chemin pour contourner l’obstacle. Le hameau du Seillou derrière moi, je gagne le GR 34 après une départementale. Sur les conseils de Kler, je descends jusqu’à Kergadalen, dernier hameau avant d’atteindre la presqu’île. Mais pour rejoindre le pont de Térénez qui raccroche ce bout de terre en partie détaché du continent, il me faut encore traverser une forêt. Le chemin est d’abord très large dans ce magnifique bois de Roz, puis il se rétrécit et court entre les arbres tout en prenant de la hauteur. Avant que le sentier ne glisse sur la route, les arbres me permettent tout de même d’entrevoir le pont de Térénez.

Il est loin le temps où le passage de l’Aulne se faisait grâce au bac qui permettait aux personnes, aux animaux et aux véhicules de traverser ! Depuis, trois ponts ont été construits pour désenclaver la presqu’île. Le dernier, un pont courbe à haubans, a été inauguré en 2011. Il est magnifique ! De chaque côté, un large passage permet aux piétons mais aussi aux cyclistes et cavaliers de cheminer en toute sécurité.

C’est sous la pluie mais radieux que je franchis l’Aulne. Cette structure monumentale surplombe le fleuve majestueux au fond de son estuaire. J’admire la beauté du paysage. Marius ne réagit presque pas lorsque des véhicules nous croisent. Il faut préciser que le niveau du cheminement piétonnier est plus bas que celui de la route. Du coup, on a l’impression que les voitures vont nous percuter !! Ça surprend, notamment parce que la route mouillée amplifie le bruit…

De l’autre côté de la rive, le GR se scinde : le 37 part à droite, le 34 à gauche. C’est ce dernier que j’emprunte. Il fait un long détour pour finalement passer sous le pont. Il passe devant les deux belvédères de l’ancien pont, conservés sur chaque rive et qui permettent d’observer l’Aulne mais également le nouvel ouvrage. Je croise trois agents de l’ONF auprès de qui je m’assure que cette portion est praticable avec un équidé. Ceux-ci me confirment ce que m’avait indiqué Océ’âne. Ce n’est pas que je n’avais pas confiance mais je préfère m’assurer que je ne me suis pas trompé de chemin ! Le GR 34 s’enfonce à travers la forêt tout en longeant le fleuve côtier. Je l’abandonne après Moulin Mer et la chapelle Notre-Dame du Folgoat.

Il me reste 5 km avant d’atteindre l’abbaye, où j’avais envisagé de passer la nuit. Vu l’heure, les moines ne seront plus là lorsque je vais débarquer ! D’ici là, je n’ai que du bitume pour y arriver, car le sentier côtier n’est pas praticable avec un équidé. Ça grimpe pendant 2 km environ avant d’arriver sur le plateau. Il fait sombre lorsque je parviens à la départementale qui dessert Landévennec. Je sors la frontale pour me signaler auprès des automobilistes. Un peu plus loin, un belvédère offre une vue sur l’Île de Térénez qui fait face au cimetière des bateaux. J’aperçois d’ailleurs plusieurs bateaux de la Marine nationale française, stockés ici en attendant leur démantèlement.

La nuit est tombée lorsqu’enfin, j’arrive au monastère. Je rentre pour tenter de trouver quelqu’un afin de demander un lieu où passer la nuit, mais comme je le pensais, il n’y a personne. Je fais demi-tour et me dirige vers un terrain devant lequel je suis passé avant d’entrer dans l’abbaye. Il est immense et bien herbeux. Seuls soucis : les glands qui jonchent le sol et les arbustes dont je ne connais pas la toxicité pour mon compagnon. Il est trop tard pour réfléchir. Je vais tirer un périmètre de sécurité avec ma corde, ce sera plus simple !

Lorsque je monte le bivouac, quatre jeunes viennent à ma rencontre. Ils m’ont vu passer dans le haut du village. Ils sont aux Beaux-Arts et travaillent à Landévennec sur un workshop avec un musicien pendant quelques jours. On discute un moment puis je reprends le cours de ma soirée…

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Tags : BreizhBretagneFinistèreParc naturel régional d'ArmoriquePresqu'ile de Crozon

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