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Marius Tour de France

Jour 577 / Avis de tempête sur la Bretagne !

Etonnant ces palmiers dans un jardin breton. Le climat change-t-il ici aussi ?

En voyage, j’ai une hantise : me retrouver au milieu d’une catastrophe naturelle comme une inondation ou une tempête ! En 10 ans, j’ai évité pas mal d’orages bien que j’ai reçu quelques grêlons en montant ma tente ! En général, sur le chemin, on repère assez bien les changements de temps et notamment lorsque le ciel se gâte et qu’il faut se mettre à l’abri. Grâce aux smartphones, il est facile de se tenir informé d’éventuelles alertes météos. Et justement, cela fait plusieurs jours déjà qu’une amie m’a envoyé un avis pour le possible passage d’un ouragan en Bretagne. Ophélie, un joli nom pour une tempête qui s’annonce dévastatrice ! Elle a finalement changé sa trajectoire et est passée au large de l’hexagone pour frapper les côtes irlandaises. Cependant, étant proche de l’Atlantique, je craignais d’être un peu secoué sous ma tente !

Cette nuit d’ailleurs, j’ai eu très chaud. Certainement à cause de cet ouragan qui ramène de l’air chaud des Açores. Le vent a pas mal soufflé mais il me reste heureusement quelques bourrelets pour retenir ma toile ! Selon les relevés météos, les rafales ont atteint les 75 km/h. Lorsque je sors de la tente, le ciel est très sombre. La couleur est étrange. Le soleil a du mal à percer les nuages que le vent n’en finit pas de pousser. Et alors que je termine de démonter ma tente, la couverture nuageuse laisse apparaître le soleil qui devient rouge orangé. Étrange…

Je n’ai que de la route pour arriver au Faou, une ville située au fond d’une ria de la rade de Brest. Une ria est un golfe marin étroit, allongé, et relativement profond qui résulte de l’envahissement de la partie basse d’une vallée fluviale par la mer. J’y entre par une départementale qui longe la voie-express. Je traverse un quartier résidentiel puis le pont qui enjambe Le Faou, la rivière cette fois. Le port d’échouage est à marée basse. Il était très important aux XVIe et XVIIe siècles car il permettait le transport du bois de hêtre et de chêne jusqu’à Brest. C’est devant l’église Saint Sauveur, construite justement au bord de la rivière, que je décharge Marius pour manger un bout.

C’est alors qu’un homme vient à ma rencontre. Il a plusieurs ânes et me propose naturellement de m’arrêter chez lui à Camaret, une commune sur la presqu’île de Crozon. Ça tombe bien je vais y passer après les vacances. Il me dit bien connaître « Océ’âne ». On échange nos numéros de téléphone car Yann a des amis qui vont passer leurs vacances dans la Drôme. Je pourrais peut-être faire la route avec eux !

Mon déjeuner sur le pouce terminé, je traverse le centre historique du village de cette cité portuaire. J’emprunte la rue principale où je découvre une succession de maisons en pans de bois et à pignon sur rue (XVIe siècle). Le Faou est une des rares cités bretonnes à avoir conservé ce type de demeures qui ont été recouvertes d’ardoises. Cette ancienne voie marchande aboutit sur la place des halles. Quelques clients occupent l’une des terrasses de restaurants. J’ai envie de boire un café et je cherche un endroit pour attacher Marius. En vain : sur la place fraîchement rénovée, les équidés ont été oubliés ! C’est sur la place aux Foires que je trouve finalement une barrière pour laisser mon compagnon une dizaine de minutes. Je fais fissa car à peine je m’éloigne, qu’il braie !

Retour dans le centre ancien pour regagner le GR 34. Le chemin sillonne la campagne et traverse plusieurs hameaux avant de franchir une départementale. Ce soir, je vais dormir chez Kler, une amie de Valentine d’Irvillac qui m’avait d’ailleurs écrit : « Elle pourrait vous accueillir sur la route de Crozon. Elle a voyagé avec un âne et dormi en tipi qu’elle a elle même fabriqué. Je pense que la rencontre peut être enrichissante ».

Kler habite une grande maison dans lieu-dit de la commune de Rosnoën, à quelques centaines de mètres de de l’Aulne et de la rivière du Faou. Et effectivement comme me l’avait précisé Valentine, mon hôte a voyagé au milieu des années 80 avec une ânesse qui portait ses deux enfants dans des paniers en osier, ainsi qu’une mule et un mulet qui transportait un petit tipi suspendu de sa fabrication ! Kler avait en fait troqué en Espagne, sa voiture et sa remorque contre ces trois animaux et tout leur matériel. Elle a ensuite retrouvé un groupe d’une dizaine de personnes qui avaient le projet de rejoindre Saint Jacques avec une douzaine d’équidés. Toutefois, Compostelle était un but mais la caravane ne marchait pas tous les jours. D’ailleurs Kler se souvient que le groupe n’y est jamais arrivé ! Après trois ans passés au sein de cette communauté, Kler a quitté ses membres pour revenir en France, dans l’Aude où elle a continué ce mode de vie. Elle a rencontré des gens qui cherchaient un endroit où s’établir près de Carcassonne.

Kler s’est installée il y a quelques années en Bretagne où elle a continué de construire des tipis. L’ambiance de sa maison est d’ailleurs très… amérindienne ! J’aime beaucoup. C’est encore une belle rencontre que j’ai faite aujourd’hui. J’ai aussi fait la connaissance des enfants de Kler avec qui je monte une clôture du parc de Marius. Quant à moi, c’est dans un vrai lit que je vais dormir cette nuit. J’apprends au cours de la soirée que le soleil jaune observé ce matin, était dû à tempête Ophélia. Étonnant !

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Tags : BreizhBretagneFinistèreTour de France

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