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Marius Tour de France

Jour 576 / Ces coïncidences qui parsèment notre chemin

[Samedi 14 octobre]

Notre chemin est souvent parsemé de coïncidences ou de synchronicité. Même si on commence à le savoir et à s’y attendre, leur apparition nous fait toujours un sourire à l’âme. Ici il s’agit plus de coïncidences.

Ainsi à Irvillac, Barbara avait proposé de m’accueillir alors que j’étais encore dans les préparatifs du voyage. A l’époque, je devais partir seul. Elle n’en a pas cru ses yeux lorsqu’elle a appris, par Céline, que cette dernière m’accompagnerait : en effet, Barbara et Céline se connaissent pour s’être rencontrées en 2014 dans les Pyrénées, à l’occasion de la transhumance d’été des chevaux d’EquiLibre !! Sous la conduite de Carol Enoff et de Pierre Enoff, militant affirmé et fervent défenseur du bien-être des chevaux, passant par le respect global des besoins liés à leur espèce, les deux filles avaient pu goûter, en compagnie d’une douzaine d’autres cavalier(ère)s, aux délices et au frisson de guider un troupeau de 80 chevaux depuis leur résidence d’hiver dans l’Aude jusqu’à leur montagne estivale pyrénéennes, pendant une semaine. Ces chevaux, de tous âges et toutes morphologies, montés sans mors et n’ayant jamais vu un fer de leur vie, vivent en effet dans des parcs gigantesques en pleine montagne, en autonomie et en presque totale liberté. Des poulains y naissent, des anciens, battant des records de longévité, y meurent. Si cela avait été une découverte extraordinairement inspirante pour Céline, ce n’était pas un coup d’essai pour Barbara qui avait déjà fait plusieurs transhumances avec Pierre Enoff, y compris celle d’hiver.J’ai fait un détour d’une dizaine de kilomètres pour me rendre chez eux. Céline n’est pas avec moi comme nous l’avions prévu… mais je tenais à les rencontrer.
Plus d’un mois avant d’arriver à Irvillac, Valentine, propriétaire de deux ânes, qui suivait depuis un petit moment notre aventure, a pris contact avec moi pour me proposer de m’arrêter chez elle, à Kerdalaez, un hameau situé à deux pas de chez Barbara ! Toutes les deux ne se connaissent pas ! Valentine est dès lors allée la voir pour parler de notre arrivée !

Valentine me rejoint sur la route que j’emprunte pour me rendre chez mes hôtes. On a pu discuter sur plusieurs kilomètres, moi tirant mon âne, Valentine poussant sa fille confortablement installée dans sa poussette. Alors qu’on assiste au ballet de tracteurs, elle m’explique qu’ici c’est le pays de la pomme de terre. Enfin, disons plutôt qu’un ingénieur agronome d’Irvillac a inventé la Charlotte, l’une des variétés les plus célèbres de France et d’Europe. Toutefois le tubercule qui est récolté en ce moment ne l’est pas pour la consommation. Il l’est pour la semence. Une échalote traditionnelle est l’autre culture importante de la région d’après Valentine. Ce serait même le produit phare de la Bretagne !

Lorsque j’arrive chez mes hôtes, je suis accueilli par Didier et les enfants du couple. Barbara arrive un peu plus tard. Elle tient ce week-end un stand au Salon de la parentalité. Valentine reste un moment avec nous. Nous profitons des derniers rayons du soleil pour boire un verre sur la terrasse. Nous observons leurs chevaux qui nous scrutent depuis leur parc, Marius en liberté autour de la maison.

J’ai passé une très belle soirée en compagnie cette petite famille. Je serais bien resté une journée pour partager un plus long moment en sa compagnie mais il me faut arriver dans 5 jours chez Océane Crozon pour laisser Marius le temps des vacances de Toussaint. Je n’ai donc pas le choix. Je dois partir.

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[Dimanche 15 octobre]

Me voilà donc reparti pour une courte journée … J’étais un peu fatigué ce matin. Je me suis même endormi Il est 15h lorsqu’on reprend la route accompagné par Didier et ses enfants ainsi que Valentine et sa fille Héloïse ! Ils m’accompagnent jusqu’à Irvillac où je prends la direction du Faou.

Cette étape est plutôt tranquille. Il fait beau. J’alterne entre chemins et routes, et traverse la très belle forêt domaniale du Bois du Gars. Une forêt, scindée en deux par une nationale, domine la jolie rivière du Camfrout que je franchis pour y pénétrer. J’y croise pas mal de promeneurs. Selon une légende, l’ermite Saint Conval en aurait été chassé par le seigneur du lieu pour avoir coupé quelques pieds de chêne, afin de bâtir son oratoire. En s’en allant, le saint aurait lancé une malédiction sur ce bois, prophétisant qu’on n’y trouverait plus de quoi fabriquer un timon de charrette. Réfugié en forêt du Cranou (où nous sommes passés hier), le seigneur local, plus complaisant, l’autorisa à utiliser les arbres comme il le souhaitait. Ce dont le récompensa Conval en prédisant qu’ici jamais le bois ne manquerait.

Une autre légende, totalement différente, aboutit à une malédiction identique. Un méchant forgeron, ayant abandonné à la mer une maie contenant ses sept enfants en bas âge, l’équipage s’échoua à Daoulas. Mais personne ne voulut accueillir les enfants. Ceux-ci maudirent alors les habitants, disant que « jamais le bois du Gars ne fournirait arbre assez gros pour en tirer un timon de charrette ». Ces malédictions sont devenues par la suite réalité : depuis lors, le bois n’était plus que taillis.

Quoi qu’il en soit, il semble qu’elle ait été choisie par des fêtards pour y faire une Rave Party ! J’entends depuis hier soir la musique résonner dans la vallée sans savoir d’où provient le son. Il s’avère que la musique provenait du bois : quand je le traverse, je croise des raveurs à pied alors que je rejoins le GR 34. La piste redescend jusqu’à la voie express en sillonnant à travers la campagne jusqu’à Boudourec. Ne trouvant pas jusque-là un terrain pour me poser, j’entre dans le hameau et frappe à la porte d’une maison derrière laquelle se trouve un champ. “L’agriculteur habite à 700 ou 800 mètres d’ici” me répond la dame qui m’ouvre. Je n’ai pas très envie de le chercher. Je décide de m’y poser. Il n’y a pas de raison que cela pose problème. On verra bien si je le croise.

Vers 20h, alors que la nuit tombe, je retourne voir la dame que j’ai vue tout à l’heure pour lui demander de l’eau. Enseignante à la retraite, Dominique me fait entrer chez elle. On parle un long moment. Elle publie des recueils de poèmes et me conseille d’écrire des livres pour les enfants dans lesquels je raconterais mon voyage. C’est important pour eux selon elle. Dominique a entendu parler de mon voyage. Sa fille lui en a sans doute parlé. “Elle habite dans un village paumé” me répond vaguement mon hôte lorsque je lui demande où sa fille habite. Notre discussion se poursuit encore un peu mais je dois retourner auprès de Marius. Il est libre dans le parc mais il est capable de fouiller dans les affaires pendant mon absence, notamment les sac des nourriture. Plusieurs fois déjà, le bougre a mis son museau dans les sacoches pour y piquer quelques victuailles !

De retour au bivouac, tout était tranquille. Je me suis préparé un petit truc à manger avant de m’engouffrer dans la tente !

Quand on parlait de coïncidences… Barbara m’a envoyé un texto “La dame chez qui tu as été cherché de l’eau, c’est ma mère !”… Il n’est pas magique le chemin ?! Moi j’accueille ça comme un cadeau …

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Tags : BreizhBretagneFinistèreTour de France

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