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Marius Tour de France

Jour 571 / L’identité bretonne s’affiche partout

[Mardi 10 octobre]

Je ne suis pas parti ce matin car le temps était, comme hier, maussade voire pluvieux. La météo annonçait pourtant un ciel plus clément. Et puis le temps que je range les sacoches et prépare mon sac-à-dos, il était l’heure de déjeuner. Avant d’avaler les prochains kilomètres, Brigitte a préparé de quoi charger encore un peu les batteries. Il est 15h finalement lorsque nous prenons congé. Notre hôte nous accompagne jusqu’au carrefour situé non loin de chez elle. On doit se revoir, sans doute en presqu’île de Crozon pour une interview.

Ce sera une très courte journée. Après 4 jours de pause, on retrouve doucement le rythme de la marche et du voyage. Marius lui, ne pense qu’à cueillir des touffes d’herbe en bordure de route ! Du coup, il n’avance pas et ça m’éneeeeeerve !! “Mariuuuuuuuuuus arrête, t’es péniiiiiible!”. Il faut le traîner aujourd’hui ! On reprend donc le chemin emprunté à l’aller. Enfin… le chemin… je veux dire la route ! Cela dit, je préfère avoir les pieds au sec ! La boue attendra ! Les paysages commencent à changer de couleur. L’automne repeint la nature de dégradés d’orange. Au sol, châtaignes et marrons régalent Marius qui ne résistent à un croquer quelques-uns. Mais avec modération !

Je traverse le hameau Saint-Brigitte. Le nom du saint-Patron de l’église devant laquelle je passe me fait penser aux “Brigitte” qui comptent ou qui ont compté dans ma vie… J’ai une pensée pour elles. Dans un des villages, j’ai encore aperçu un drapeau accroché à une porte… Je ne vous en ai pas encore parlé mais ce qui m’a interpellé dès mes premiers pas en Bretagne, c’est l’identité régionale forte qui s’impose un peu partout ici. Très souvent le drapeau breton, le fameux “Gwenn ha Du” c’est-à-dire “Blanc et Noir”, flotte dans les jardins ou est accroché sur les fenêtres. Il y a une vraie fierté d’être breton… même le breton d’adoption s’enorgueillit de vivre sur ces terres ! Et, de mon point de vue, l’étendard ne sonne pas comme du régionalisme, du nationalisme ou de l’indépendantisme exacerbé, contrairement à d’autres dont je ressens une connotation négative. Les gens ici, se sentent héritiers d’une culture notamment grâce à l’influence de musiciens et de conteurs.

La “bretonnité” n’est plus refoulée par honte ou cachée par peur des railleries. Fini aussi le temps où parler Breton, comme cracher par terre, était interdit dans les cours d’école : créées il y a près de 40 ans, les écoles Diwan (écoles associatives, gratuites et laïques) où l’enseignement est dispensé en langue bretonne sont de plus en plus nombreuses. D’autres établissements scolaires en Bretagne sont bilingues. L’identité bretonne s’affiche aussi sur les produits régionaux : du lait aux crêpes en passant par les chips, les sardines en boîte, les biscuits, le cidre et même les compotes à boire et les plats cuisinés ! L’estampille “Produit en Bretagne” n’est pas seulement un business pour des chefs d’entreprises. Il y a un véritable engouement et une réelle confiance pour cette démarche. Bref, cette identité bretonne me plaît beaucoup. Certes certains Bretons vous dirons que les habitants d’Ille et Vilaine ne sont pas de vrais “Breizhad”, que les Vannetais (comprenez “les habitants de Vannes”), perçus comme les Corses Breizh à cause de leur nonchalance, ne parlent pas la vraie langue bretonne et que les Finistériens sont des bretons car “amañ e vez komzet brezhoneg” (comprenez : “ici on parle le breton” !) mais les querelles de clocher font aussi partie du patrimoine local !

Deux heures après être partis de chez Brigitte, je croise un homme en train de tailler sa haie. “Bonjour, ce n’est pas vous qui faite le tour de France avec votre âne” m’interroge-t-il ? La discussion s’engage. Marius en profite pour se remplir le ventre d’herbe bien verte. Toutes les occasions sont bonnes ! “J’aurais pu vous héberger et j’ai un grand terrain où pâturait le cheval de ma voisine. Mais il n’est plus là” me propose-t-il. J’hésite car j’ai peu marché aujourd’hui mais après 5 minutes de réflexion et compte tenu des quelques kilomètres qu’il me reste seulement pour arriver là où j’envisageais d’être ce soir, j’accepte. De toute façon Marius n’avance pas. J’ai l’impression de partager la route avec une enclume aujourd’hui !

Le terrain est très grand mais il y a des chênes partout ! Après avoir expliqué à mon hôte la dangerosité des glands, il me propose de réduire le parc afin d’éviter qu’il ait accès aux fruits tombés au sol. De mon côté, je tire une corde pour fermer une partie de la pâture trop compliquée de fermer. Jean-Jacques m’invite à ranger mes affaires dans son garage avant de me montrer mes quartiers. Il vit seul dans cette maison qui était autrefois la ferme de ses parents. Il me raconte avoir travaillé loin d’ici avant de revenir profiter de sa retraite. Il me confie aussi aimer voyager. Sa bibliothèque témoigne d’ailleurs des nombreux pays qu’il a traversés. Je suis ravi finalement d’avoir accepté la proposition de Jean-Jacques. J’ai passé une chouette soirée.

Tags : BreizhBretonFinsitèreMonts d'ArréeTour de France

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