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FinistèreMarius Tour de France

Jour 563 / Dans la forêt où les arbres tutoient les rochers

Lundi 2 octobre]

Ce matin je fais la connaissance du beau-père de Corinne qui a apporté quelques carottes de son jardin à Marius. Le veinard ! Veinard, mais pas très bien : il a de violents spasmes. L’herbe était sans doute trop riche. Il n’a fait que manger cette nuit. Et comme ce dont il disposait ne lui suffisait pas, il est passé derrière la tente durant la nuit. J’ai donc dû me lever à 3h du mat, réveillé par un bruit de frottement qui m’a fait bondir à l’extérieur pensant que ma toile se couchait de nouveau ! Habituellement pourtant, les longues z’oreilles respecte la corde qui doit l’empêcher de passer. Mais là, visiblement, l’herbe devait être meilleure. Bref je l’ai changé de place en pleine nuit pour éviter un nouveau trou dans la toile ! Un ça suffit !

Pour qu’il cesse de manger, je l’attache court ce matin, le temps pour moi de ranger de mes affaires et de retourner chez mes hôtes chez qui j’avais laissé mes chaussures à sécher. Corinne et Joseph sont partis bosser mais ils ont laissé leur porte d’entrée ouverte pour me permettre de récupérer mes affaires.

La météo est au beau ! Il me faut deux heures pour arriver là où initialement, j’envisageais de m’arrêter hier soir ! Après de 6 kilomètres dont les trois-quarts sur du goudron et me voilà dans les Mont d’Arrée. Le pont de l’Aulne enjambé, je poursuis sur une voie verte qui longe la rivière. La Vélodyssée, qui relie la Bretagne au Pays Basque, a été aménagée sur l’ancienne voie ferrée Carhaix – Morlaix. A l’orée de la forêt d’Huelgoat, je quitte la voie verte qui sillonne dans une une vallée encaissée, pour prendre de la hauteur et m’enfoncer dans ce vestige de l’antique forêt de Brocéliande. Ici, paraît-il, les arbres tutoient les rochers, les pierres tremblent, et le diable possède sa grotte. Mais sur la piste que j’emprunte je ne vois ni cascade de pierres, ni fées et encore moins de korrigans !

Tiens d’ailleurs, en parlant de korrigans, j’ouvre une parenthèse pour vous donner quelques nouvelles sur les problèmes de vue de Marius qui, depuis la séance d’ostéo chez Catherine et Philippe, n’a plus eu de peurs inexpliquées en chemin !

Ce point santé terminé, je retrouve la voie verte pour quelques centaines de mètres. Arrivés à l’ancienne gare de Scrignac, transformée en gîte communautaire, je retrouve la route le temps d’une petite grimpette. La côte, je la poursuis sur une piste qui traverse le bois de Lestrézec. L’automne commence à repeindre les feuilles de chênes et de hêtres qui jonchent le sol. Le site est très humide par endroit. Tellement humide qu’il se met à pleuvoir alors que j’avais entamé une pause broute pour Marius près du Mendy, un petit ruisseau qui court au pied des collines jusqu’à se jeter dans l’Aulne.

Je sors de la forêt. Je reste sur ma faim. L’itinéraire que j’ai emprunté était très décevant. Je ne suis pas passé dans les lieux aux noms mystérieux. Ceux faisant référence au roi Arthur, au diable ou à la Vierge… J’aurais dû m’approcher au plus près d’Huelgoat pour entrer dans la légendaire forêt. Tant pis.

Le chemin me conduit jusqu’au lieu-dit Trénivel, descends devant la très belle chapelle Saint-Corentin et grimpe à Kermarzin. Dans le jardin d’une des premières maisons du hameau, j’aperçois un homme. Je lui demande de l’eau. Il est temps de s’arrêter. A peine avons nous entamé notre discussions que François me propose un terrain pour Marius. Sa femme arrive sur ces entrefaites et m’invite à passer la nuit dans la crèche qui se trouve face à leur maison. La crèche désignait autrefois la mangeoire. C’est d’ailleurs dans cette mangeoire pour animaux dans laquelle, selon l’Evangile, fut déposé l’enfant Jésus après sa naissance. Je ne connaissais pas ce terme utilisé dans les fermes.

Donc je vais crécher cette nuit, dans le bâtiment où dormaient les animaux lorsque la maison était une exploitation agricole ! En attendant, je tire ma corde entre les arbres du terrain où Marius va passer la nuit pour éviter qu’il ne se fasse une prise de longe ou qu’il s’entortille autour d’un arbre !
Mes hôtes m’invitent à prendre un verre avant de dîner avec eux. Entre temps, Philippe a fait le déplacement depuis Saint Brieuc pour m’apporter une nouvelle housse de caméra qu’il avait commandée. La fermeture éclair de la mienne s’est cassée il y a quelques semaines. Quand je vous dit qu’il a le coeur sur la main ! Ça me fait très plaisir de le revoir et je regrette qu’il ne puisse pas rester. Mes hôtes l’avaient invité à dîner mais il a à faire et ne peut s’attarder trop longtemps.

La suite ? je vous raconte demain !

Tags : BretagneFinistèreMonts d'ArréeTour de France

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