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Marius Tour de FranceMTF #Oise

Des nouvelles de Céline et Symphonie : Quand la santé « s’emmêle »

Bonjour à toutes et tous,
 
Trois mois après avoir quitté la caravane, vous êtes toujours nombreux à me demander des nouvelles et j’en suis touchée. La question qui m’est le plus posée étant bien évidemment « Tu reprends quand le voyage? ». En contact quasi quotidien avec Stéphane, je suis toujours liée au périple, même si celui-ci est en train de devenir un souvenir.
 
Si jusqu’à la mi-août, je n’ai jamais quitté des yeux la perspective de repartir, malgré les dispositions je dirais contrastées de Symphonie qui avait déjà fort à faire avec son nouveau troupeau, force m’est de constater que mes élans compulsifs de baroude ont été par la suite réduits à néant, ou presque. Mais ce n’est pas pour rien, je le sais.
 
Je vous passerai les détails quotidiens de ces montagnes russes émotionnelles qui m’ont transportée dans des mondes tour à tour de déception, de frustration, d’impuissance, de tristesse, de culpabilité, puis de reconnaissance, d’espoir, de compréhension, de lâcher-prise-de-conscience et d’opportunités à explorer. Je m’y perds moi-même…
 
Ce que j’en retiens, c’est que j’ai eu des difficultés à revenir à un rythme sédentaire, sans avoir immédiatement à mes trousses cet espèce de grand vide épuisant qui me murmure que je suis en train de m’encroûter. Et il m’a été aussi compliqué de réapprendre le fonctionnement des chevaux au parc et séparés de nous, Symphonie et ses nouveaux copains étant à 15 km du lieu où nous habitons. Chacun a sa vie, puis nous nous réunissons quelques instants chaque jour pour ce que nous avons à faire, une balade, les soins, le nettoyage, un peu de travail, et chacun retourne à ses occupations d’humain ou d’équidé. En effet, depuis février 2016, j’avais pris l’habitude de vivre en quasi permanence avec Symphonie et Marius, d’avoir tout le loisir de les voir évoluer, changer d’humeur, se connecter à nous, profiter des bivouacs appétissants, grignoter des plantes variées dans un terrain toujours renouvelé. Lâcher ça n’a pas été une mince affaire pour mon petit cœur épris de liberté. J’ai bien essayé d’aller dormir dans la pâture quelques fois, mais la météo fraîche et très humide, doublée de la sensation d’inutilité totale de la démarche, ont finalement eu raison de moi. En effet, si Symphonie semblait les premier temps ne pas vouloir me quitter des yeux, elle s’est ensuite trouvé une place dans le troupeau et j’ai dû me résoudre à l’évidence: je ne suis pas un équidé ! Ce que je prenais pour un contact privilégié était en fait un état de stress lié au besoin grégaire frustré de ma mulette. Entre nos états émotionnels et l’organisation des journées, j’ai vite compris que mes envies d’escapades ne concernaient que moi et causaient une grosse insécurité à Symphonie, m’ôtant à nouveau petit à petit toute autonomie avec elle. Aujourd’hui, partir seule en promenade avec ma mule est devenu un moment fort désagréable pour toutes les deux: Elle qui n’a pas, mais alors pas du tout envie de quitter ses potes de parc, et moi qui doit l’en convaincre à longueur de temps: à quoi bon? Les sorties se font donc en groupe et en fonction des nécessités de chacun.
 
Il m’a fallu passablement de temps pour digérer tout cela, prise parfois de vertiges et de nausées tant j’étais déstabilisée par le fait que tout semblait m’échapper, et pour faire la paix avec l’idée que ce qui m’arrive fait partie du voyage et qu’en plus, je bénéficie de l’aide et du soutien précieux d’Emma et Cyrille, de la famille et des amis. Il a fallu à Symphonie le même temps d’adaptation, pour retrouver un équilibre. Je me suis dit que je pouvais dès lors profiter de ce temps d’arrêt pour reprendre le travail à pied au parc, en présence des autres, reposer les bases et travailler le chargement en van, ce qui a fonctionné un moment. Profiter aussi de prévoir des soins, des cures de plantes séchées, ce qui est plus difficile une fois sur la route. J’ai aussi pensé à prendre un deuxième mulet pour former un duo autonome et me sentir plus libre de mes mouvements. Décision tentante, mais à ne pas prendre à la légère. Non seulement un deuxième animal double les frais généraux, et suis-je en mesure de les assumer, mais en plus, il faut que le duo fonctionne au poil. En gros, soit c’est génial, soit c’est l’enfer.
 
Mais à tout cela s’est ajouté une autre problématique qui a tout mis en suspens: l’état de santé de Symphonie. Depuis notre départ, Stéphane et moi nous sommes toujours promis que nos animaux passeraient avant tout, c’est bien le minimum qu’on leur doive, à eux qui nous accompagnent sans l’avoir choisi. L’humeur très changeante de ma mule, passant d’un état doux et coopératif à une irritabilité extrême, est donc venu compliquer mes plans. Comment jouer sereinement et dans le plaisir partagé avec une louloutte qui évite tout contact et plaque les oreilles en arrière lorsqu’on l’y contraint, même avec douceur, qui deux semaines sur trois fouaille de la queue, recule et tressaille à chaque tentative d’interaction? Après avoir d’abord cru qu’elle était surtout fâchée contre moi, à cause de mes états d’esprit ou des changements que je lui imposais, nous avons compris, avec Emma, que Symphonie souffrait de quelque chose. Son antérieur gauche qui avait doublé de volume à Dieppe est encore très légèrement gonflé, même s’il n’occasionne aucune boiterie et ne semble pas douloureux. En revanche, son kyste à la mamelle a grossi ces derniers temps et, elle qui voulait en permanence que je le lui masse, ne veut plus qu’on y touche.
A mon retour de Genève, où je suis allée passer 10 jours fin août début septembre, nous avons un jour retrouvé Symphonie mal en point, désemparée et tentant de se rouler sans cesse, nous faisant croire à des coliques. Son ventre était gonflé, elle respirait rapidement et était d’une humeur massacrante. Appel d’urgence, le dimanche 3 septembre. En attenant l’arrivée de la vétérinaire, je demande un soin à distance à un magnétiseur et dans les minutes qui suivent, elle s’est un peu calmée. L’osculation ne montre rien d’anormal, sauf un pouls un tout petit peu rapide. Le transit est normal. Symphonie a quand même droit à une sédation et une fouille, « pour être sûres » et vérifier la bonne place des organes. Tout est ok, pourtant elle a mal au ventre. Profitant de l’état de sédation de la mulette pour palper également sa mamelle, la vétérinaire nous dit n’avoir jamais eu de cas similaire dans sa jeune carrière. À l’instar des différents intervenants qui l’avaient touchée en deux ans, elle ne pense pas que ce soit un sarcoïde, mais prend des photos et propose d’en parler à un bon chirurgien de sa connaissance, pour savoir ce qu’il en pense, si c’est opérable et à quelles conditions.
Nouveau chapitre donc. Je comprends que je suis arrêtée pour de bonnes raisons, et que je peux lâcher prise sur le contrôle de ce que je pense être nécessaire pour entretenir de bonnes conditions en vue de la reprise du voyage. On n’en est clairement plus à ce stade. Ma mule a besoin qu’on prenne soin d’elle et cela devient la top priorité. J’ai quant à moi beaucoup à apprendre de cette situation et ai tout intérêt à fluidifier mes pensées pour également prendre soin de moi et me renforcer. J’ai aussi des douleurs articulaires qui m’étaient inconnues, et une verrue plantaire qui me rend la marche très douloureuse… le message est-il assez clair?
 
Les jours qui ont suivi cette crise, j’ai effectué des recherches. Sur les conseils de Virginie Cheysser, notre amie muletière de grande expérience qui a déjà vu ce genre de symptômes sur une de ses mule, je me suis également sérieusement penchée sur la piste d’une perturbation du cycle hormonal chez Symphonie. Il se peut qu’elle ait des chaleurs très douloureuses, ce qui expliquerait sa susceptibilité et son irritabilité, ainsi que son état congestionné. Il semblerait aussi qu’elle soit très sensible à la lune. Et effectivement, trois jours avant et jusqu’à trois jours après la pleine lune, son état s’empire.
 
Bref, j’en suis là. Le chirurgien consulté dit avoir eu le cas sur une ânesse, et que l’opération s’est bien passée. Malgré tout, les vétérinaires n’arrivent pas à s’accorder sur le diagnostic, tumeur ou sarcoïde interne, et ne ils ne pourront se prononcer avec certitude qu’une fois la mamelle ouverte (!). On me propose donc une exérèse compliquée et onéreuse, dans une clinique située à plus de trois heures de route, avec risque de récidive s’il s’agit d’un sarcoïde. Par ailleurs, la plaie serait laissée béante et il faut compter environ 3 mois pour une cicatrisation complète… Avant d’en arriver là, et je le ferai si je n’ai plus d’autre choix, je vais tenter tout le reste, et demander d’une part un deuxième avis à d’autres cliniques, et d’autre part sa collaboration à Symphonie, car la guérison dépend aussi d’elle. J’ai lu et relu que d’excellents résultats étaient obtenus, tant sur les humeurs que les hormones et les sarcoïdes, avec l’homéopathie, le shiatsu, la phytothérapie. Sauf urgence, je nous laisse jusqu’à fin janvier pour voir si nous arrivons à éviter l’opération.
 
Mon voyage n’aura pas suivi la forme que je lui souhaitait. Mais si le but est d’être ouverte à la vie, d’évoluer en conscience, en amour et en compétences, je me dois de faire confiance à la vie pour me mettre sur le juste chemin, et d’accepter ce qui m’est proposé aujourd’hui.
 
Grosses pensées pour Stéphane et Marius.
Tags : Céline BugnonOisePicardieSymphonie

5 commentaires

  1. Il y a l’aloès vérà en gel ou crème ou à boire il y a LR qui font c’est produits ils sont connues même en milieu hospitalier et marche aussi sur les animaux, vous avez aussi homeoanimo un site canadien dont on parle beaucoup la directrice s’appelle Denise lessard bon courage à vous.

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