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Marius Tour de FranceMTF #Côtes d'Armor

Jour 532 / Les peurs inexpliquées de Marius

Vendredi 1er septembre 2017]
Après trois jours passés chez Korrig’âne, il est temps pour moi de reprendre la route. Un dernier café avec Corinne et Jean-Marc chez qui j’ai passé de très bons moments, une photo souvenir, et je regagne le chemin qui m’avait conduit ici.
« Korrig’âne » est un jeu de mot avec « Korrigan » et « âne ». Si vous n’êtes pas breton, vous ne connaissez peut-être pas les Korrigans, alors petite explication : parmi les innombrables petits êtres qui peuplent Breizh, figurent des nains malicieux, typiquement bretons, que l’on appelle, selon les lieux, Korrigans, Poulpikets, Kornandons ou Ozégans. Dotés d’une force extraordinaire mais de taille minuscule, ils possèdent une grosse tête fort laide et très ridée. Les Korrigans sont des esprits prenant l’apparence de nains dans la tradition celtique et en particulier bretonne. Loin d’être immortels, ils naissent et meurent sous terre. Ils ne sont pas méchants mais seulement espiègles. Ils jouent des tours pendables à qui leur manque de respect, mais à ceux qui les traitent comme il convient, ils témoignent de la bienveillance et rendent maints services. C’est la nuit qu’ils sont le plus visibles, préférant rester cachés le jour. Les Korrigans sont taquins, mais pas foncièrement méchants. Pourtant, ils ont une image de bandits, de voleurs, de vandales. Ils sont toujours prêts à jouer quelques mauvais tours, parfois, ils sont simplement les gardiens des trésors des collines…
Et si je vous parle des Korrigans c’est que Marius a peur de tout et n’importe quoi depuis que l’on est en Bretagne : d’un moulin à vent devant lequel il est pourtant déjà passé et repassé, d’un tronc d’arbre, un rocher, de « je ne sais quoi » en bas d’un pont que l’on traverse,… La première fois qu’il s’est emballé après avoir eu peur c’était sur la piste cyclable de Tréméreux. Il avait mis un moment avant de se calmer. Je me demandais déjà si ce n’étaient pas les Korrigans qui lui jouaient des tours ! Bien sûr, vous me répondrez qu’un âne peut avoir des peurs inexpliquées, qu’il faut essayer de comprendre ce qui se passe dans sa tête, ce qu’il sent ou ressent… Je suis bien évidemment à l’écoute de Marius. J’essaie de comprendre ce qu’il ne va pas chez lui en ce moment. Peut-être un problème de vue ? Musculaire ? Se sent-il affaibli et du coup plus vulnérable ? Pour en avoir le coeur net, je vais faire appel à  un ostéo. Corinne m’a donné le contact d’un ostéo que j’appelerai lorsque je serai posé à Pontrieux, chez Philippe.
Je quitte donc Corinne et Jean-Marc qui m’accompagnent sur quelques dizaines de mètres. J’emprunte des chemins de randonnée et alterne avec de petites routes jusqu’à Morieux. Ça circule pas mal près du Pont Rolland qui enjambe le Gouessant, un fleuve côtier qui alimentait un barrage hydroélectrique dont la centrale est fermée depuis 2010 et aujourd’hui à vendre.
L’étape est assez monotone d’autant que je fais au plus court ! Trouver un terrain n’est pas simple et les premières recherches restent vaines. Un cycliste m’accoste sur un chemin. On papote un moment puis il repart. Je le retrouve un peu plus tard, au bord d’une piste. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite, il n’avait pas son vélo et s’était changé !! Je lui explique que je cherche un terrain pour passer la nuit et justement il y en a un, juste là, sur lequel est stationné un autobus vert. « Il ne m’appartient pas » me répond-il. Ce n’est pas le sien mais il possède des paddocks autour de sa maison qui se trouve juste à côté ! Je débâte Marius avant de le faire passer par une petite porte. Le terrain est herbeux et il aura du foin. La fille de mon hôte a un cheval qui s’agite dans la pâture d’à côté. Son nouveau voisin semble l’inquiéter !

Daniel me montre où je vais dormir. Une petite remise près du paddock de Marius ! J’espère qu’il ne va pas m’appeler toute la nuit !
Je mange un bout sur la table du jardin avant de terminer la soirée avec mes hôtes. Je fais la connaissance de Chantal, la femme de Daniel, leur fille et leurs petits enfants.

Tags : BreizhBretagneFinistèreKorrig'âneKorriganPontrieuxTour de France

Un commentaire

  1. Oui, tu as raison pour la notion de korrigans, ce sont des énergies comme tant d’autres qui se trouvent en un endroit et que nous emplifions nous humains avec nos croyances et les animaux perçoivent cela très bien. Un coup d’ostéopathie et j’y rajouterai un bon magnétiseur pour ton Marius et pour toi aussi au cas où… Amitiés !

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