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[23 août 2017]

On prend la route direction le château de Guildo après un dernier échange avec le sympathique maire qui venait de transporter du foin chez une personne rencontrée hier.

Situé dans la commune de Créhen, le château du Guildo surplombe de 20 m le fond de l’estuaire de l’Arguenon. Beaucoup de touristes viennent sur cet éperon rocheux visiter ce vestige de l’histoire moyenâgeuse bretonne. Cet édifice du XIIe est en cours de restauration. J’y reste un long moment le temps de faire quelques photos et de répondre aux questions des curieux. Des touristes belges me proposent de déjeuner chez eux mais pour m’y rendre je dois retourner en arrière. Et puis il est déjà tard, je n’y serais jamais pour midi. La descente est rude vers le pont qui enjambe l’Arguenon pour rejoindre le port de Notre Dame de Guildo.

Les sacoches de Marius ballotent pas mal. Sur l’autre rive, je quitte la route pour la rue de la Petite Suisse. Clin d’œil du chemin ? Kali est enterrée dans les Vosges du Nord dans un endroit qui s’appelle justement « La petite Suisse ». Je laisse un peu plus loin le GRP de Penthièvre pour marcher le long du Guébriand. Mon itinéraire remonte un peu plus loin vers Matignon alternant pistes et routes, chemins de terre et goudron. Le dernier tronçon traverse un bois avant de déboucher sur un site d’accrobranches. Je comprends mieux d’où viennent les cris d’enfants ! Je suis sur la commune de Matignon.

J’avance encore un peu pour trouver notre nid du soir. Philippe, un breton d’adoption qui habite du côté de Guingamp, doit me rejoindre pour m’apporter un téléphone que j’ai fait envoyer chez lui. Le petit mobile qu’une famille m’avait donné il y a quelques jours sur la plage de la baie du Mont-Saint-Michel à un problème de localisation. Du coup, l’utilisation d’Iphigénie (une application pour les cartes IGN) est compliquée. A 50 m du champ où je me suis arrêté 20 minutes pour la pause broute de Marius, des caravanes sont installées sur le terrain d’une ferme.

Je pénètre dans ce qui me paraît être un camping, je fais le tour mais ne vois personne. Je refais le tour, toujours pas âme qui vive mais un véhicule se gare devant un hangar. Le conducteur m’explique que l’agriculteur, un ami, doit être pas loin. Il l’appelle mais visiblement il est trop loin pour qu’il l’entende. Personne ne répond. Il me propose de débâter et d’attendre avant de disparaître dans sa camionnette. « Il va revenir, installe-toi ». J’hésite. Si le fermier ne peut nous accueillir… Je tourne une troisième fois autour de l’exploitation agricole lorsqu’une voiture entre dans l’enceinte de la ferme. Un homme vient vers moi. Il me propose de m’installer dans le champ qui se trouve en face des caravanes. Chouette !

La pâture a été coupée il y a peu mais ça ira. Marius mange trop « gras » de toute façon. Philippe arrive quelques minutes plus tard. On fait connaissance.Il me raconte m’avoir déjà croisé, dans une autre vie, alors qu’il se trouvait avec des amis suisses dans le Vercors. Ça doit remonter à 2010 ou 2011… Quand il a appris que je repartais pour ce tour de France, il m’a proposé de m’arrêter chez lui. J’y serai dans quelques semaines. Mais d’ici là je sais que je peux compter sur lui si j’ai le moindre problème ou besoin de quoi que ce soit. Philippe a le cœur sur la main. Merci pour toute cette gentillesse. Pendant qu’il est allé chercher de quoi trinquer à nos « retrouvailles », je monte la tente et fait connaissance avec une famille de campeurs surprise de voir un âne en liberté dans le champ. On échange quelques mots, puis je retourne au montage du bivouac. On papote un moment avec Philippe. Je lui raconte mon voyage, lui sa vie. Il a un grand terrain pour accueillir Marius et une caravane pour m’héberger ! Cool ! Il ne peut pas rester trop longtemps, Catherine, sa femme, l’attend.

Après son départ, la famille de campeurs me propose de venir boire l’apéro. Allez ! Le couple m’explique qu’ils venaient déjà ici lorsqu’ils étaient enfants. A l’époque le camping était plus grand. Aujourd’hui, il n’y a que trois caravanes. Ce sont de vieux habitués qui reviennent ici chaque année. L’heure tourne, je rentre me coucher. La tête tourne aussi ! Je perds l’équilibre et me retrouve à quatre pattes dans l’herbe ! Je n’ai pas l’habitude de boire et n’ayant pas encore mangé, l’alcool me fait trop d’effet. J’avale une bricole, attache Marius et file sous ma tente décuver.

Belle nuit !

Tags : ArguenonChâteau du GuildoMatignon

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