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Marius Tour de FranceMTF #Ille et Vilaine

Jour 521 / Entre Vallée de la Rance et piste cyclable

Dimanche 20 août]

Ce matin, après avoir replié le camp, nous descendons en bas du village, chez les agriculteurs qui nous ont accueillis dans une de leurs pâtures pour la nuit. Ils nous ont invité à prendre le petit déjeuner avant notre départ. Du pain frais, du beurre salé et de la confiture de myrtille. Un régal ! Partage convivial avec la famille : les parents, le fils, la belle-fille et les deux petits enfants. Un dimanche matin en famille. Un dimanche un peu spécial qui accueille des étrangers de passage, des voyageurs. Les enfants sont curieux. La petite, trois ans encore tout ensommeillée dont la mine interroge « mais qui sont ces gens ?! » Tandis que son grand frère de cinq ans, pas plus, se jette au cou de Christelle avec un bisous sonore pour dire « bonjour » ! Nous sommes touchés par l’accueil simple et généreux de cette famille. Nous partons le ventre plein, le cœur chaud et le cheveux gras ! Pas de proposition de douche et nous n’osons pas demander ! Et puis la famille devant se rendre à un baptême après la traite du matin, la matinée est donc chronométrée pour elle ! Nous prenons congé et partons chercher Marius pour reprendre le chemin.

C’est le dernier jour pour Christelle. Elle a un covoiturage à 17h30 à Dinan. Nous ne devons pas traîner : nous avons une quinzaine de kilomètres à enquiller pour y arriver. L’itinéraire n’est très compliqué : on avale de la route d’abord jusqu’à Pleudhen-sur-Rance le long du fleuve côtier. Sur plus de 20 km, les rives de l’estuaire de la Rance se cisèlent en baies, petits ports fluviaux, presqu’îles prisées par les randonneurs et les pêcheurs. Sur le chemin, Christelle me rappelle qu’elle rêve de manger une galette, alors elle compte arriver plus tôt à 17h le temps de se régaler ! Ça lui donne un objectif et la motive !

Nous arrivons à Mordreuc de l’ancien breton « Mor-truc », traversée de la mer, un point de passage d’une rive à l’autre de la Rance. Curieux, nous descendons au port. Ici autrefois, des fours à chaux transformaient le calcaire en chaux vive. Nous découvrons les souilles, ces petites vallées très encaissées et remplies de vase, creusées par les ruisseaux rejoignant la Rance, où échouaient autrefois les gabares de Pleudihen, de lourdes embarcations aux voiles de toile rousse, utilisées pour le transport du bois, au gré de la marée et du vent, depuis la fin du 16ème siècle jusqu’à la guerre de 1914-1918. On aperçoit un phoque sur le port qui a élu domicile depuis plusieurs années à la Cale. Il appartiendrait probablement à la colonie du Mont Saint-Michel et fait la curiosité des touristes !
On reprend la départementale direction La Vicomté-sur-Rance. Encore quelques kilomètres et nous serons au bord de la Rance. On traverse grâce à l’écluse du Châtelier. Il y a beaucoup de monde en ce dimanche. Nous gagnons la voie de halage devenue aujourd’hui l’attraction des promeneurs, cyclistes et autres joggers. C’est pour Christelle et moi, le moment où nos chemins se séparent. Elle doit accélérer le pas, fini le rythme à 3km/h ! Elle file sur Dinan le cœur gros, pourtant nourrie de ce temps partagé au rythme du Soleil et du sabot de Marius. Je poursuis donc seul sur les bords de Rance.

Beaucoup de gens viennent à ma rencontre. Me posent bien évidemment plein de questions… et toujours les mêmes « Vous venez d’où ? » « Vous allez où » « Combien de kilomètres vous faites par jour » … J’ai du mal à progresser mais je prends le temps de répondre. Un homme m’offre du chocolat pour le goûter. Prêt à refuser pensant que c’est pour Marius, l’homme me confirme que c’est pour moi ! Quelle gentille attention ! Un cycliste vient à ma hauteur engage même la discussion tandis que je marche. Christelle m’envoie quelques textos pour me prévenir de barrières sur mon chemin et m’envoyer quelques photos notamment de sa délicieuse crêpe dégustée à Dinan au bord de la Rance. A hauteur de Taden, je débâte Marius. On fait une pause ! L’endroit est sympa près d’un petit port où plusieurs bateaux sont amarrés. Il invite à bivouaquer.
Je discute encore un moment avec le jeune cycliste qui part et me fait la surprise de revenir avec de la nourriture et une bière pour poursuivre ce moment d’échange.

C’est ici finalement que je monte la tente, profitant du calme revenu après le départ des promeneurs. Le soleil se couche lentement m’offrant de magnifiques couleurs rougeâtres dans le ciel. Quelques joggeurs traversent encore la voie de halage tandis que trois montgolfières survolent la vallée de la Rance. Qu’elle magnifique carte postale.

[Lundi 21 août]

Étrange de se retrouver seul à nouveau. J’aimais bien la compagnie de Christelle, toujours radieuse, heureuse, positive et pleine de bonne humeur. Son rire manque déjà dans la caravane.
Un bateau est parti tôt. Le groupe électrogène de la péniche des britanniques fait beaucoup de bruit ce matin. Je n’ aimerais pas être son voisin de bateau !!!
Il me faut un temps incroyable pour ranger. Je suis mou du genou !! J’ai vraiment du mal à me bouger ce matin…. C’est vrai qu’à deux lever le camp est plus rapide…
Rapidement et après une petite côte, j’arrive à Taden. Je m’arrête au café-épicerie du bourg. Il y a du wifi. Chouette, je vais pouvoir mettre à jour le blog et trouver une solution pour mon téléphone. Sauf que, quand je demande le code d’accès à la serveuse, panique, j’ai l’impression de lui demander sa caisse !! Bref, j’avale mon café et après 15 min d’attente, je rebâte mon âne qui broutait tranquillement dans le parc du manoir de la Grand’Cour. Je ne l’ai pas attaché à côté du bar car un magnifique if trône devant. Il faut avoir l’œil tout le temps !
Le village est magnifique. Je le visite en rejoignant mon chemin. Je traverse une départementale puis je suis un sentier marqué de bleu. C’est une ancienne voie romaine. Je me trompe, reviens et m’arrête. Je suis suivi par une dame. Une néerlandaise. Elle m’a aperçu alors qu’elle circulait sur la route avec son ami. Ils me posent plein de questions en anglais sur mon voyage. Questions auxquelles j’ai bien du mal à répondre tant mon anglais est limité… C’est Christelle qui assurait la promotion internationale de la caravane en faisant la conversation en anglais !!! Je finis par poursuivre ma route après quelques photos souvenir. Direction la voie verte que j’atteinds avant Saint Samson sur Rance. Elle doit me conduire le long des berges de la Frémur puis du Cap Fréhel.
J’y croise pas mal de monde, ça coupe la monotonie de cette ancienne voie de chemin de fer. Il y a encore quelques touristes.

A Preslin, la voie prend de la hauteur et surplombe un quartier résidentiel. C’est calme. Devant l’ancienne gare transformée en maison du randonneur, je rencontre des curieux. J’en avais rencontré certains sur la piste cyclable. Mes 15 mois de voyage interrogent, questionnent, suscitent l’admiration et rendent perplexe. Quant à moi… « Je vais où ? ». C’est ma seule question ! Soit je rentre dans le bourg pour me poser soit je continue sur la piste. Allez, je continue !

A Trébéfour, le village d’après, je décide de m’arrêter mais après un tour dans le centre du bourg, je ne trouve qu’un terrain vague. L’habitant de la maison attenante où je suis allé sonner pour savoir si je pouvais m’y poser, me regarde bizarrement. Lorsque je lui explique que je voyage avec mon âne, il lève les yeux au ciel. J’ai compris que je dérangeais. Je lui parle du terrain et il me répond du tac-au-tac que ce n’est pas possible, il n’est pas à lui et la proprio est un peu « con con… ». Sympa l’ambiance dans le coin… De quoi me dissuader de rester ! Le gars me conseille d’aller à l’hippodrome qui se trouve à la sortie du village. Je repars donc vers la voie verte tout en regardant ma carte. Je ne vois rien qui ressemble à un circuit hippique. Un peu perdu, je finis par arriver dans la cour d’une maison. Visiblement le propriétaire a des chevaux. Ça trotte même. Je suis accueilli par des grognements. Un chien est tapi dans la haie. Je rentre dans la cour. A ma droite il y a des boxes de fabrication maison mais dans un état de délabrement. J’ose un « y a quelqu’un ? » Personne ne répond. J’insiste. Toujours rien. Après trois appels, je renonce et fais demi tour.
Retour donc sur la voie verte. Village suivant. Tréméreux. J’espère avoir plus de chance. Avant de quitter la piste cyclable, Marius bloque sur un fossé. A-t-il entendu ou vu quelque chose ? Je ne sais pas mais quoi qu’il en soit, ça lui fait peur. Je le tire pour qu’il avance, nous descendons la route vers le centre du village. Marius semble être inquiet. Il se met à courir, les oreilles en alerte… Aurait il croisé un elfe ? un korrigan ?
Je tourne, je vire, je ne trouve rien, Marius est toujours inquiet. Je finis par sortir du village, direction le suivant ! Je passe devant une grosse bâtisse qui possède plusieurs parc à chevaux. Je fais demi-tour et décide d’aller demander une pâture. Un peu en marche arrière car je ne sens pas l’endroit. Je sonne. J’aperçois un homme qui m’observe derrière une baie vitrée avant de disparaître. Je ne le sentais pas ! Je continue mon chemin, passe devant des parcs à chevaux puis le hameau suivant. Il y a un terrain qui pourrait être idéal. Je décide de trouver le propriétaire ou un voisin.

Au bout d’une impasse, deux hommes s’affairent à réparer une tondeuse à gazon. Je leur demande si je pourrais bivouaquer dans le champ derrière chez eux. Tandis que l’un des deux fait mine de ne pas me voir, la tête dans son engin, l’autre bafouille, cherche ses mots et finit par me dire qu’il n’est pas d’ici et qu’il ne connaît personne tout en retournant aider son ami. Un discours que je connais bien. Et bien sûr, ils ne connaissent personne qui pourrait me renseigner… Bref ! Y’a des jours comme ça ! La positive attitude de Christelle serait bienvenue ! Alors que je repars, deux enfants sortent d’une maison puis leur grand père. Il me semble être du pays. Je lui pose la question pour le terrain et il m’indique un terrain en jachère un peu avant le hameau. On parle du même ! Cool !
Le terrain est bien herbeux ! Seul hic, il y a des chênes et les glands commencent à tomber. Ce n’est pas très bon pour Marius qui pourrait s’intoxiquer. Après avoir monté la tente, je lui bricole un périmètre à ne pas dépasser pour éviter qu’il aille se goinfrer durant la nuit. Je pense que ça ira.

Tags : BretagneCôte d'ArmorDinanMordreucTour de FranceVallée de la Rance

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