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Marius Tour de FranceMTF #Orne

Jour 511 / Marre des barrières normandes !!

Je n’ai pas bougé hier. J’ai attendu que la pluie cesse… Le temps ne s’est pas vraiment arrangé. Finalement Maria m’a proposé de déjeuner avec eux.  C’est donc avec plaisir que j’ai été partagé leur repas. D’origine Allemande, elle télé-travaille une partie de la semaine pour une société d’outre-Rhin qui aide les exploitations agricoles à une meilleure gestion du troupeau. Martin son mari, est éleveur et possède une centaine de vaches. Nous discutons beaucoup des fermes et notamment de leur taille. Il souhaiterait développer son exploitation en l’intensifiant pour arriver à une autonomie aussi bien énergétique (méthanisation) qu’alimentaire (protéine) et intrant (engrais). Ce serait une fierté pour lui que de transformer en énergie le lisier produit par ses laitières. On évoque la fameuse ferme des 1000 vaches et les conditions de vie de troupeau. Selon lui, les bovins de fermes à taille humaine en Haute-Savoie par exemple, sont aussi heureux que les vaches sur les grandes fermes, par ce qu’elles sont souvent enfermées six mois par ans à cause des conditions météorologiques. Vu sous cet angle…
Maria me raconte qu’en Allemagne de l’Est il n’existe plus de petites exploitations comme nous connaissons dans l’hexagone (la majorité du lait est encore produite par les petites fermes dans le sud-ouest). Elles seraient plus rentables et permettraient de produire plus de lait. Elle estime qu’en France, à terme, on trouvera aussi des grosses exploitations. C’est son job de travailler pour rendre meilleur les rendements.

Sur les conseils de Martin, j’ai pris un sentier qui longe ses pâtures pour reprendre mon itinéraire. Je continue à suivre le GR22 qui fusionne avec le PR des Crêtes du Mortainais. Un très beau sentier qui grimpe jusqu’au Calvaire du Roc avant de redescendre à travers un bois jusqu’à la Fosse Arthour. Située à la limite des départements de la Manche et de l’Orne, ce site se présente comme une gorge profonde de 70 m creusée dans une barre rocheuse où au fond coule la Sonce. Il a suscité un certain nombre de légendes dont la plus connue se rapporte au Roi Arthur qui, avec son épouse, s’étaient établis chacun dans une grotte située de part et d’autre de la rivière. Le roi n’était autorisé à rejoindre son épouse qu’après le coucher du soleil. Un jour, il a enfreint cet ordre avant le soir. Un gouffre se creusa dans le torrent où le Roi disparu et où la Reine, désespérée , se précipita. De part et d’autre du torrent on peut encore voir la chambre du roi et la chambre de la reine.

Je traverse la Sonce et longe un étang où je m’arrête pour déjeuner. Marius a de quoi manger ! En général je fais une pause d’une heure avant de reprendre ma route. Le très beau sentier trace dans un sous bois magnifique puis se dégrade et devient piste boueuse et défoncée par les engins forestiers. La terre est très humide. Je finis par retrouver la route que je traverse pour reprendre le GR mais il est barré…  Je ne peux pas passer. Ça me met en pétard. Ça me saoule vraiment. Depuis que je suis en Normandie, les chemins sont sans arrêt fermés. C’est pénible. Je dois contourner par une route relativement fréquentée. Je suis tellement énervé que j’en fait tomber mon téléphone qui se casse. Hé merde ! Il fonctionne toujours, et heureusement car j’utilise une application pour lire mes cartes IGN mais il a pris un sacré pète en tombant sur un caillou.

Je continue et finis par retrouver le chemin de grande randonnée. Il traverse la forêt de la Lande Pourrie où là encore je rencontre quelques mauvaises surprises. D’abord je me trompe de chemin ce qui m’amène à traverser une propriété privée. J’ai pensé un moment que j’allais devoir faire demi-tour car elle est en partie clôturée. Heureusement un passage étroit à droite du portail nous permet de nous échapper ! Mais la cerise sur le gâteau de cette journée de me*** ce sont les passages canadiens installés. Enfin, pas tout à fait. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit « d’un système de confinement des grands animaux (sauvages ou domestiques) qui permet de se passer de barrière mobile, en laissant, dans un système de clôture, une ouverture permettant la libre circulation des piétons et des véhicules ».

La définition de Wikipédia vous va ? Ce passage est donc constitué de solides barres arrondies ou de section rectangulaire alignées au-dessus d’une fosse. La plupart des animaux sont effrayés par cette structure qu’ils ne connaissent pas et le vide qui est dessous. Généralement, ils ne la franchissent. Ici, ce sont, je pense, les animaux sauvages que l’on ne voulait pas voir sortir car dans cette forêt je n’ai trouvé ni vache ni mouton. Alors pour permettre aux chevaux et aux ânes de passer, une planche relevée a été placée. Système ingénieux qui remplace les portillons. Pour traverser il suffit donc de rabattre la planche sur les rouleaux et les équidés n’ont plus peur ! Sauf qu’après deux passages, la planche avait été enlevé du troisième. Impossible donc de poursuivre. Demi-tour obligatoire. Difficile dans ces moments-là de garder son calme ! Si je peux donner un conseil aux responsables touristiques de Normandie c’est d’arrêter la promotion du tourisme équestre. Je ne compte plus les barrières rencontrées en chemin, les demi-tours, les déchargements en catastrophe…  Ce n’est en tout cas pas cette région que je mettrai en avant pour randonner avec un équidé.

Il est temps de me poser. Je suis fatigué. La journée a été rude. Je traverse plusieurs petits hameaux sans trouver l’endroit idéal. Ici les fermes semblent très pauvres. Les tracteurs sont vieux. Je ressens vraiment de la pauvreté.
A Rancoudray il faut absolument que je trouve un lieu pour bivouaquer car après, c’est la forêt, et il me sera donc impossible de trouver une pâture. Alors que je perdais espoir, je croise deux couples qui, au vu de leur panier rempli de champignons, reviennent d’une fructueuse cueillette. À leurs sourires, je comprends que j’ai sans doute trouvé où j’allais passer la nuit ! On échange quelques mots et ils me proposent de venir chez eux. Cool ! Demi-tour. On remonte la route sur 1 km environ.

La maison d’Eva et Pierre est en travaux. C’est une ancienne ferme. Derrière il y a un grand terrain. Après avoir cherché pendant un moment où attacher Marius, je finis par opter pour un poteau qui donne sur la cuisine ! Il me verra et sera rassuré ! En attendant je le laisse un peu libre. Mes hôtes me proposent de m’installer dans une ancienne grange où de grands lits sont posés ! J’ai même le choix. Au grenier, niche une jeune chouette effraie. J’aurai de la compagnie cette nuit !

La suite ? Je vous raconte demain ?

 

Tags : LéendeMancheMortainNormandieOrneRoi Arthur

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