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Marius Tour de FranceMTF #Côtes d'Armor

Jour 527 / Entre Erquy et Fréhel : Des paysages à s’en faire péter la rétine !

Je suis finalement resté une journée chez nos hôtes. Ils sont charmants et très gentils. J’ai hésité avant de profiter d’une journée de repos. La dernière c’était il y a 15 jours ! Une pause s’imposait finalement pour moi mais aussi pour Marius qui était confortablement installé dans les paddocks situés derrière la maison. Un peu trop loin de moi à son goût cependant puisqu’il m’a appelé souvent !

Yannick m’a emmené faire quelques courses puis m’a montré par quel chemin je devais passer. J’ai aussi pu visiter la boutique de Nadège et faire la connaissance d’Hélène qui habite près du Moulin de la mer où je suis passé il y a quelques jours. Personnalité atypique, elle a un âne et un cheval avec lesquels elle fait de la traction animale et travaille son potager. Nous avons bien évidemment parlé « âne » et « voyage ». Mais la rencontre fut trop courte et nous espérons nous revoir avant que je ne quitte la Bretagne

Nadège a eu la bonne idée d’implanter en bordure de la route qui passe devant chez elle, une boîte-à-troc confectionnée par Yannick. Les habitants ou promeneurs peuvent déposer ou prendre gratuitement différents objets comme des livres, de la vaisselle, des bibelots, des jouets pour enfants, et même des fruits et des légumes. Un lieu pour « donner envie d’échanger » ou pour donner une seconde vie à des objets que les gens n’utilisent plus. Et ça fonctionne ! Alors forte de ce succès, Nadège envisage des échanges de services. Et l’initiative fait des émules puisque la maire du village souhaite installer une autre boîte à troc dans le jardin de la mairie dans le même esprit de partage !

C’est donc reparti ce matin. Première étape de notre journée : le Cap Fréhel, une pointe de grès rose et de schiste culminant à 70 m de haut et au relief tourmenté qui sépare la baie de Saint-Brieuc de la Baie de St Malo. On s’y rend d’abord par une piste puis par une piste cyclable car nous ne pouvons emprunter le GR 34, trop dangereux par endroits. Dommage, il sillonne la lande du littorale qui s’étend sur plus de 400 ha et offre des couleurs alliant le jaune des ajoncs et le rose et le violet des différentes espèces de bruyères. Après plusieurs kilomètres le long de la départementale, nous arrivons devant le phare haut de 32 mètres dont la lanterne domine la mer de 103 mètres. Il y a encore beaucoup de monde venu admirer l’impressionnant panorama.

Le site est une réserve ornithologique. Ses falaises et ses îlots abritent des colonies très importantes d’oiseaux marins nicheurs. En 2010, environ 270 couples de Guillemots de Troïl ont été recensés, c’est à dire près de 80 % de l’effectif de cette espèce. Le Pingouin Torda appartient à la même famille mais il est beaucoup plus rare avec 5 couples. Le Cap Fréhel abrite également 14 des 21 espèces de chiroptères (chauve-souris) recensées en Bretagne dont 6 sont protégées au niveau européen. C’est aussi le plus important site d’hibernation des Grands Rhinolophes des Côtes d’Armor.

Ne pouvant pas laisser Marius sur le parking pour visiter le phare, je ne suis pas monté en haut. J’ai cependant profité du très beau temps pour faire une balade le long du cap afin d’admirer la Côte d’Émeraude. J’en ai pris plein les yeux. L’endroit est juste magnifique et magique avec la vue sur les falaises abruptes ! Une découverte ponctuée par des questions des touristes étonnés de voir un âne bâté ici ! Je trouve cela amusant de pouvoir ainsi me balader avec Marius.

Après environ deux heures de visite, nous repartons. Arrêt sur le parking du site pour manger un bout. Un bout d’herbe pour Marius ! La lande tout autour n’offre pas grand chose pour lui. Un couple de touristes m’invite à sa table. Nous faisons connaissance et partageons un bon moment.

On a donc repris la piste cyclable, le long de la départementale, qui surplombe la mer d’émeraude. Nous marchons toujours parallèlement au GR 34. De là haut, je peux admirer une succession de plages de sable fin parmi, selon le guide, « les plus belles de la côte nord ». Impossible de descendre m’y baigner malgré la chaleur. Le rivage est interdit aux équidés durant la journée. On croise des touristes ! A pied, à vélo, en voiture et en camping-car !

On traverse Plévenon, Pléhérel, puis Sables-d’Or-les-pins, une station balnéaire de la « belle époque » construite sur une vaste dune qui s’étire en un long arc de cercle de trois kilomètres située en Côte de Penthièvre, entre les roches de Follet à l’ouest et la roche Fournel à l’Est. En fait, cette station, lancée par des promoteurs qui voulaient faire de la ville « la première station du monde pour les sports nautiques capable de rivaliser avec La Baule et Deauville », ne fut jamais achevée et la crise de 1929 stoppa son développement et accéléra son déclin. En traversant Sables-d’Or-les-Pins, je découvre des villas anglo-normandes qui côtoient des propriétés Art Déco.

Je rejoins l’ancienne gare pour traverser le marais. La marée basse nous permet d’emprunter une piste submersible qui traverse l’espace naturel et d’éviter ainsi l’ancienne voie de chemin de fer transformée en piste cyclable.

Il y a peu de monde. Il est tard. A l’entrée d’Erquy, je cherche un terrain où me poser. J’aurais pu bivouaquer dans des champs juste après le marais mais Florence, ânière iséroise de passage en Bretagne, doit me rejoindre ce soir pour quelques jours. Il me faut donc trouver un endroit facile d’accès. Près du Lieu dit « Les hôpitaux » je sonne à la porte d’une maison où un âne pâture dans un pré. J’imagine que les propriétaires ont du terrain et qu’ils pourraient nous accueillir. Une dame m’ouvre. Sa réponse est négative : l’âne est entier et pourrait casser les clôtures. Tant pis. Toutefois, elle m’indique un terrain qui lui appartient près de deux châteaux d’eau. Je lui demande de remplir des gourdes et je m’y rends. C’est à 10 minutes.

Je trouve facilement le champ mais ma déception est grande. Entre route et champ de maïs, il n’y a pas grand chose à manger pour Marius sur la bande herbeuse sur laquelle nous sommes autorisés à nous installer pour la nuit. En fait, il y a des chênes et des fougères tout le long de la haie qui nous séparent de la route. Il va falloir jongler pour éviter une intoxication ! Je commence par arracher des fougères et condamner les endroits où il y a le plus de glands. Avant d’attacher mon compagnon de voyage à la longe, je vais le laisser manger tranquillement sur le terrain.

Florence a mis du temps à nous trouver. Pas facile même si on est une aventurière quand on ne connaît pas la région ! Après un voyage en train puis en bus, c’est une habitante d’Erquy qui l’a aidée et conduite en voiture jusqu’ici. Je l’avais rencontrée en Isère alors que nous traversions le Grésivaudan. Elle et son mari Bruno gèrent une association à but non lucratif, Freydâne, qui propose des activités autour des ânes au Moutaret (Isère) dans le but de faire partager le bonheur procuré par la compagnie de ces animaux. Elle profite d’un séjour chez sa sœur qui habite en Bretagne pour venir nous voir !

Tags : BretagneCap FréhelCôtesErquyfreydane

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