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Marius Tour de FranceMTF #Orne

Jour 502 / Des ânes chez les gendarmes du Fort Charenton…

Nous voilà donc à Boucé chez Laure, Franck et leur fils Mathéo. Ils suivent nos aventures depuis un long moment et Laure espérait vraiment qu’on passe chez elle. C’est une des raisons pour laquelle j’ai choisi de descendre dans l’Orne plutôt que de longer la côte sans doute bondée en cette période estivale. Tant pis pour les plages du débarquement et le Cotentin. Je sentais qu’il était important que je passe par là.

Ancienne cavalière, Laure ne peut plus monter. Pourtant, d’aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours dit qu’elle possèderait des équidés ; plutôt des chevaux… mais la vie en a fait autrement et ce sont des ânes qui occupent le pré derrière la maison ! Le couple a dû tout quitter pour des raisons professionnelles et est arrivé dans l’Orne il y a plusieurs mois déjà. Laure et son fils n’allant pas très bien depuis leur arrivée, ils cherchaient « un moyen qu’il parle ». Et comme la famille avait suffisamment de terrain pour accueillir des ânes, ils se sont dit « pourquoi pas ? », après toutefois avoir pris un maximum de renseignements ! C’est finalement dans « Le Bon Coin » qu’ils ont trouvé 2 ânes. Après de longues discussions sur l’adoption ou non de longues oreilles,  c’est un reportage sur des ânes qui amenaient des enfants à l’école, qui a fait tilt ! Le projet était né ! Et puis, Mathéo pouvait les monter tandis que Laure imaginait se faire tracter dans une carriole. La découverte de la chaîne d’Anes Victoires a permis d’affiner leur rêve !

Les deux ânes trouvés dans les petites annonces vivaient dans un paddock très boueux. Le propriétaire s’occupait soit disant de trotteurs dans une autre vie. On lui aurait donné ces deux ânes que le couple a trouvé dans un état pitoyable. « On a été accueillis par deux chiens en cages, assis dans leurs excréments et qui aboyaient sans cesse, me raconte Laure. Les ânes étaient sales et boueux. Leur abri était jonché de crottins et de tôles qui ne tenaient on ne sait comment. Leurs sabots n’étaient pas taillés. Ils avaient des babouches…. Mais leur regard m’a conquise, surtout Charlot. Calva lui, était « en retrait ». Quelques jours plus tard, le couple est revenu avec Mathéo. « Nous lui avions dit que nous allions chercher des poules !! ». La rencontre avec Charlot a été un coup de foudre. « Nous sommes allés les voir tous les jours afin qu’ils s’habituent à nous doucement. Nous avons fait venir le maréchal-ferrant pour que les deux ânes puissent monter dans la moutonnière en toute sécurité ». Depuis leur arrivée à la maison, Laure les éduque. D’abord à la ville aux bruits, … afin de pouvoir faire l’asinobus dans n’importe quelle ville où la famille s’installera. Outre le travail, ce sont pour Laure « des anti-dépresseurs naturels, parce que vivre au pays du cheval sans avoir le droit de monter c’est une torture ». Ils l’aident aussi à surmonter son handicap car elle a de gros problème de dos : « Depuis que je les ai, je me sens revivre. Je suis plus sereine, plus calme… Ce sont également de véritables amis pour Mathéo qui, dès qu’il va mal, file voir Charlot et lui parle ». Autant dire que ces longues oreilles sont des membres à part entière de la famille.

Pendant notre séjour, nous avons été balader avec nos loulous respectifs ! L’occasion pour moi de tester le tapis de selle que m’a envoyé Céline par la poste. Avec l’aide de Laure, j’ai aussi enlevé une partie du galon en simili-cuir usé craquelé qui orne le tapis de feutre et qui est, je pense, une des causes du frottement. On verra après quelques jours d’utilisation si les poils repoussent…

A mon retour de Valence, j’ai fait une halte forcée à Paris pour une histoire de correspondance. Mais je ne l’ai pas regrettée puisque Judith et Wilfried m’ont proposé de m’arrêter chez eux à Maison-Alfort dans le Val-de-Marne. En fait je ne savais pas grand chose d’eux avant de sortir du RER si ce n’est qu’ils avaient des ânes et une association de médiation asine : Anes en Ville. C’est Wilfried qui est venu me chercher pour me conduite à… la gendarmerie !!! J’ai d’abord pensé qu’il était militaire mais en fait, c’est au cœur du Fort du Charenton où est implanté notamment le commandement de la région de gendarmerie d’Ile de France et le Centre des Hautes Etudes du Ministère de l’Intérieur, que les quatre ânes de l’association partagent les 4 ha et demi du fort avec plusieurs moutons ! Étonnant de trouver des ânes sur un site aussi important et sécurisé. En fait, suite à un partenariat signé avec le ministère, les longues oreilles, comme les brebis, ont un rôle d’éco-pâturage en participant à l’entretien des espaces verts.

Judith, est présidente de « Ânes en Ville », Wilfried est en le trésorier. Cette une association créée en 2015  suite au constat que certains grands animaux tels que les ânes n’avaient plus leur place dans les grandes villes : « Nous avons trouvé un espace afin d’y palier. La nature est bien faite et peut s’équilibrer. En effet, face à une vie de citadin, un retour à la nature est parfois nécessaire et bénéfique. Prendre le temps, découvrir, apprendre, être en lien avec les animaux et avec les éléments de la nature… » explique sur son site, l’association qui a pour objectif le développement des contacts de l’homme avec la gent asine notamment par l’étude de l’animal, le contact direct par la promenade, l’accompagnement et la fourniture de moyens aux praticiens dans le cadre de la zoothérapie. 

J’ai fait la connaissance de quelques membres de l’AEV qui en compte une vingtaine aux compétences variées (psychologues, zoothérapeutes, vétérinaires, selliers, infirmiers, administratifs, …). Ils m’ont fait visiter les remparts de ce fort où broutent tranquillement les animaux, et leurs installations aménagées pour la plupart dans des casemates de la caserne. Original ! J’ai passé une très belle soirée en leur compagnie et fait de belles rencontres. Je reviendrai pour faire une interview pour un prochain vlog ! Merci encore Judith et Wilfried de m’avoir permis de découvrir votre association et de m’avoir hébergé ! À très bientôt !

J’ai donc ramené mon loustic à Valence après quelques jours passés ensemble à Le Boucé. Nous avons marché ensemble près de 160 km. Il a été très courageux et n’a jamais rechigné à marcher même si parfois les conditions n’étaient pas top.  Il partage mes voyages depuis l’âge de 5 ans. C’est pour lui une nouvelle approche à chaque fois car il grandit et voit donc chaque année, ces périples avec un autre regard. Même s’il ne comprend pas vraiment pour quelles raisons je fais ça, j’espère qu’un jour les graines semées sur les chemins germeront, lorsqu’il sera adulte. Il me manquera… Il me manque déjà…

Ane en Ville sur : Facebook et sur Internet

Tags : Anes en VilleAnes VictoirescotentinFort du CharentongendarmerieMaison-AlfortVal-de-Marne

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