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Marius Tour de France

Plus d’un mois après leur arrêt, des nouvelles de Céline et Symphonie !

[Lundi  24 juillet 2017 – A l’arrêt chez Emma et Cyrille depuis samedi 17 juin 2017]
  
Bonjour à toutes et tous,
 
Tout d’abord un grand merci à vous tous qui demandez de nos nouvelles, je suis très touchée. Ensuite, certains se demandent peut-être pourquoi je n’ai pas donné suite à leur proposition « d’amitié » sur facebook, après mon départ de la caravane. Je précise donc ici que mon profil facebook est plutôt d’ordre privé, et que, sauf exception, je n’y ai comme amis que les personnes que je fréquente ou celles que j’ai rencontrées dans la vrai vie. C’est un choix de ma part, et c’est aussi la raison pour laquelle nous publions ce « bulletin de nouvelles » via le blog du voyage ou via la page « Itinéraire d’un âne bâté ». Alors, pour les nouvelles:
 
Voici plus d’un mois que Symphonie et moi sommes arrêtées en Picardie verte. Mon claquage au mollet s’est maintenant complètement réparé, et nous sommes super bien accueillies. Cela m’a fait beaucoup de bien de pouvoir me reposer et faire un peu autre chose. Avec mes hôtes d’abord, puisque j’ai l’occasion de partager leurs loisirs et de participer à leurs activités, notamment dans l’entretien des extérieurs, ce que je fais avec grand plaisir. Être plusieurs à s’activer est beaucoup plus joyeux et motivant, et les choses à faire en commun ne manquent pas, même tranquillement. Entre autres bonnes idées à mettre en œuvre, l’entretien et la gestion des pâtures sont devenus pour Emma et moi une opportunité de projeter le meilleur pour nos équidés respectifs. Certaines parties surpâturées vont êtres mises au repos, et nous mettons en ce moment au point des solutions pour offrir à nos compagnons un grand parc varié avec des parcours façon « paddock paradise », pour les obliger à se déplacer et éviter qu’ils ne mangent de trop. L’herbe ici est très riche, et il faut y faire attention.
 
Avec Symphonie
D’autre part, cet arrêt me permet de connaître ma mulette autrement qu’en mode « voyage ». Son attachement à Marius et le fait qu’ils soient toujours ensemble ne me laissaient pas beaucoup d’indépendance avec elle, même pendant notre pause hivernale où il m’était difficile de la séparer de son compagnon pour aller me promener. En repartant sur d’autres bases et en devenant momentanément sa principale référence, j’ai pu mettre en place de nouvelles règles et habitudes. A peine arrivées, nous sommes tout de suite sorties en balade toutes les deux, et Symphonie ne s’est pas trop posé de questions. Quand nous sortons à plusieurs, je m’applique à garder un peu d’indépendance en choisissant par exemple un passage différent des autres, en cherchant des obstacles naturels, ou en ajoutant une petite boucle à la fin pour ne pas prendre l’habitude de rentrer directement et systématiquement avec les autres. En revanche, elle persiste à garder la dernière place. Nous passons aussi régulièrement devant des parcs à vaches, et cela se passe de mieux en mieux. Je constate que ma fatigue lors du voyage était vraiment la principale cause de nos problèmes, car je n’avais plus l’énergie de gérer les situations à difficulté, ce qui aujourd’hui ne nous pose aucun souci.
 
Mule de selle?
Il faut dire tout de même que nous marchons sans chargement, ce qui facilite les choses! Enfin, sans chargement ou presque, puisque j’ai aussi profité de cet espace-temps nouveau pour apprendre à ma mulette à suivre mes instructions lorsque je suis sur son dos, ce qu’elle fait de mieux en mieux…..quand elle en a envie. Je dois encore parfois redescendre pour insister sur une direction à prendre, surtout si d’autres chevaux marchent devant, et même si ce n’est que passer à droite d’un arbre alors que les autres sont passés à gauche. Mais ça vient, tranquillement. Je ne la monte qu’une petite partie de la balade, avec un hackamors flower doux, et sur les terrains propices. En fait je marche surtout à pied, puis monte un moment sur son dos et redescends, car Symphonie reste un peu petite pour moi, et je souhaite qu’elle garde du plaisir en promenade. Jusque là, je montais à cru. J’ai néanmoins rapatrié ma petite selle barefoot légère, qui lui va bien, pour essayer. Les réglages sont en cours, et j’ai bricolé une avaloire « maison » avec de l’ancien matos retrouvé ici et là. Pas très académique, mais ça fonctionne!. Nous sortons tous les jours, et à pied c’est un régal. J’ai ramené aussi une machette, pour aller débroussailler quelques chemins envahis de ronces et d’orties, façon Calamity Jane avec mon chapeau.
Cure santé, tisanes et plantes
L’antérieur de Symphonie, qui avait doublé de volume après la traversée de Dieppe, est presque complètement rétabli, mais les tendons sont encore un peu engorgés. Elle ne boîte pas et ne semble pas gênée du tout, mais ce n’est quand même pas normal.
Alors j’en ai profité également pour commander des tisanes, synergies de plantes séchées diverses et variées pour faire notamment une cure détox et drainage, ce qui n’est pas aisé à faire en chemin (en même temps, l’exercice de la marche et le choix varié de l’alimentation en voyage ne nécessitent pas d’apporter des soins complémentaires, car c’est la meilleure manière de vivre pour un équidé). Emma et moi avons aussi commencé à cueillir des plantes sauvages, notamment des orties, de l’achillée millefeuille, du lierre, du frêne, du pourpier, etc, pour les donner en complément, fraîches ou séchées. Et faire de l’huile de millepertuis. Nous sommes en pleine phase botanico-phyto, et on s’amuse beaucoup avec ça!
 
Nouveaux compagnons et liens: Trouver l’équilibre
Après avoir respecté le temps nécessaire d’intégration en séparant Symphonie des trois autres chevaux par un fil, nous les avons progressivement mélangés, d’abord loin des boxes en libres service et dans un espace large, puis petit à petit, partout. Symphonie a donc su se faire accepter par Pago, Cafi et surtout Gipsy, la matriarche, qui semble l’avoir prise sous son aile. Nous avons pu observer les tentatives prudentes de rapprochement de Symphonie, qui se sont révélées payantes. Comme les chevaux ne sont pas sur notre lieu d’habitation, nous les séparons encore la nuit, le temps de repenser les parcs et d’ouvrir un espace total devant les quatre boxes.
Les premières semaines, Symphonie me suivait partout dans son parc. Quoi que j’y fasse, elle était sur mes talons. Je suis allée camper deux fois dans la pâture, pour avoir plus de temps pour nettoyer les crottins, faucher les rumex, et passer du temps avec elle. Les deux fois, elle ne m’a pas quittée d’une semelle, et s’est même couchée à côté de la tente. Bien que nous étions séparées des autres, elles les regardait d’un mauvais œil et se mettait entre eux et moi, comme pour me protéger. Ce lien exclusif et cette confiance que je cherchais à renforcer sont, au fil des jours, devenus presque problématiques, car elle m’appelait et essayait de me suivre dès que je sortais. Elle me réclamait beaucoup d’attention et aussi de massage. En effet, elle adore que je masse une de ses mamelles qui présente un gros kyste, que je surveille de près. J’aurais pu passer tout mon temps à faire ça. Nous avons par conséquent dû remettre le courant dans les clôtures, lorsqu’après trois semaines, elle a compris qu’elle pouvait les passer.
Et puis je suis partie quatre jours à Genève, pour récupérer quelques vêtements et matériels dont j’ai besoin ici, en laissant ma mulette aux bons soins d’Emma. Je savais que ce serait bien aussi pour qu’elle trouve sa place auprès des autres. À mon retour, j’ai eu la sensation qu’elle faisait un peu la tête. Avec mes parents, qui sont venus me raccompagner, nous sommes partis faire une balade de trois heures. Symphonie bâtée, avec juste des petites sacoches en toile contenant nos vestes de pluie et un pique-nique. Une fois à l’extérieur, c’était vraiment chouette, Symphonie avait l’air contente. Mais au parc, pas moyen de la toucher, à l’extrême inverse des longs moments que je passais à la papouiller. De très mauvaise humeur, elle baissait les oreilles, bougeait et fouaillait de la queue à chaque fois que je m’approchais de ses flancs. J’ai plusieurs hypothèses à ce comportement, que j’explore en ce moment. En attendant, je lui en ai demandé le moins possible, mais nous avons continué à sortir en promenade, avec les copains équidés. Les massages de mamelle et les soins peuvent attendre un peu, car souvent mule varie…
Et aujourd’hui, miracle. Je suis sortie seule avec elle pour une promenade d’une heure, après avoir négocié sec pour mettre son licol, et partir sur le premier chemin. Puis, tout d’un coup, elle a lâché prise. Elle a décidé de passer un bon moment. Alors que je la laissais goûter aux plantes en bordure de chemin, j’ai pu à nouveau la toucher partout. Le reste de la balade, le retour au parc et les soins se sont ensuite super bien passé, comme avant. Bon.
 
Et le voyage?
Le temps passe vite, et alors que les jours filent à toute allure et que se pointe doucement le mois d’août, Steph et Marius continuent le périple. Je me sens parfois très loin du voyage, embarquée dans une nouvelle énergie où la vie est belle et où il y a tant de choses chouettes à faire, car nous formons aussi une belle équipe, par ici. Par ailleurs, sans le vouloir, je suis à la recherche d’un futur lieu de vie et d’une activité qui pourront me/nous combler. Mais à d’autres moments, ce même voyage m’appelle, me murmure à l’âme les moments de grâce que nous avons vécus, cette liberté désencombrée et le troupeau humanimal connecté que nous formions. Je me souviens du « pourquoi » nous sommes partis, goûter à la vie et sa magie… Je n’en ai pas fini avec l’itinérance, car ce contact privilégié avec l’instant présent et avec nos animaux me manque à vrai dire. Et la perspective de la Bretagne, que je me réjouissais tant de rencontrer… Néanmoins, pour repartir et rejoindre Stéphane et Marius en transport, je ne suis pas tout à fait prête. Je crains de me retrouver vite dans la même situation que lors de mon arrêt. Et puis il y a ce point douloureux sous mon pied, en cours de soin. Symphonie ? Je pense que ça irait. Mais je préfère attendre que son antérieur soit au top. Et l’idée d’un nouveau chargement difficile en van ne me ravit pas, si tant est qu’on parvienne à la charger…
Dès lors, je me prépare pour me lancer très prochainement dans une sortie de plusieurs jours avec Symphonie, pour voir comment elle gère le bivouac seule, c’est-à-dire sans Marius, et dans quelle forme elle se trouve. Voir surtout comment moi je vis la chose, seule aussi. Suis-je capable de reprendre contact avec ce mouvement, si possible en douceur, et par moi-même? Il me manque encore deux trois choses matérielles, que nous transportions pour deux et que Steph a pris avec lui. Ensuite, il faut y aller. Comme toujours, il arrive un moment où il faut sauter, même si on ne sait pas comment ça se passera. C’est le seul moyen de sentir.
Tiraillement entre le bien être d’ici, et l’appel de là-bas… Affaire à suivre.
Tags : Céline BugnonPicardie VerteSymphonie

Un commentaire

  1. Coucou Céline,

    Merci pour ces nouvelles, ça fait plaisir ! En pleine phase vraiment finale de rédaction de thèse je vous suis depuis un peu plus loin en ce moment, mais je me demandais quand même comment tu allais. Prends ton temps, un projet de vie mérite vraiment d’être mûrement réfléchi !

    Bonne continuation et à bientôt j’espère,

    Clément

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