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Marius Tour de FranceMTF #Calvados

Jour 488 / De l’eau dans le gaz de la caravane !

[Mardi 18 Juillet]

Aujourd’hui on rejoint une voie verte qui doit nous emmener à Livarot. Alors qu’on traverse un village, une dame sort de son jardin et vient à notre rencontre. Rapidement elle nous parle de sa maison augeronne que nous avions remarquée en passant devant. Nous l’avions trouvé très belle. Cette bâtisse magnifique a traversé les siècles et les générations. Malheureusement, nous dit-elle, elle ne connaîtra pas les suivantes car elle doit la vendre. Ses enfants ne viendront pas habiter ici. Devant notre curiosité, elle nous propose de la visiter. Malgré notre envie d’avancer, nous acceptons volontiers car cela n’arrive pas tous les jours de pouvoir découvrir un tel patrimoine. 

Notre matinée a été émaillée par un accrochage entre Camille et moi. A vrai dire, c’est quasi quotidien depuis qu’elle m’a rejoint. Je suis souvent agacé par ce qu’elle fait ou dit. A tort ou à raison. Je regrette souvent mes réactions mais c’est plus fort que moi. C’est la première fois que quelqu’un me rejoint depuis le départ de Céline. Peut-être est-ce la raison pour laquelle ça se passe si mal. Je ne retrouve pas cette fluidité, cette connivence, cette complicité que j’avais avec celle qui m’a accompagné pendant 15 mois. Bien sûr il y a eu des accrochages, mais Céline, c’est Céline. Et puis, elle est toujours là sans l’être. Camille me fait d’ailleurs souvent remarquer avec une pointe de jalousie, que je parle d’elle tout le temps. Difficile de ne pas parler d’une personne qui est la plus proche de soi après avoir traversé près d’un an et demi de voyage.

Ce midi, c’est le choix d’un lieu de pause qui me fait sortir de mes gonds. Camille propose de s’arrêter près d’une rivière mais celle-ci se trouve près de la route. Malone et elle décident de s’y rafraîchir tandis que Djali s’y baigne. Le bord de la rivière est arboré mais il ne me convient pas. La route est circulante et j’aimerais avoir l’esprit tranquille et ne pas avoir à surveiller et fliquer Marius qui voudra inévitablement brouter de l’autre côté de la départementale. C’est évident. J’avance donc. Mais pour rejoindre la piste cyclable, on quitte le GR. Là j’ai un doute : « Camille saura-t-elle quel chemin prendre ? » Alors que j’entre dans Caparmesnil, je ne les vois pas me rejoindre. Ça m’agace ! Il fait chaud, le soleil tape, j’ai faim… Je fais demi-tour avec une enclume au bout de la longe qui n’avance pas. Je finis par les apercevoir.

Je gueule : « Bougez-vous, je vous attends ! ». Re-demi-tour. Mon enclume n’avance pas plus vite. Je rumine une colère que je n’arrive pas à calmer. Si Malone était resté avec moi, c’est sûr que je n’aurais pas attendu. Finalement je me pose à la voie verte, au bord du chemin. Je décharge Marius. Camille et Malone me rejoignent peu de temps après. On s’explique. Le ton monte. J’attends trop d’elle et on ne se comprend pas… Je ne la comprends pas. Heureusement, comme à chaque fois, l’orage passe… Le ciel, lui, reste orageux. On espère passer à côté. Je scrute les nuages, je suis attentif au sens du vent. Je ne veux pas prendre de risques avec mon fils.

On finit par reprendre notre cheminement. La voie verte est monotone. On joue avec Malone en pause mais aussi en marchant. Les jeux que proposent Camille font passer le temps parfois sur les sentiers. On parle beaucoup aussi. Les réflexions de mon fils me sidèrent parfois. Le regard de cet enfant de 9 ans sur la nature, l’environnement, notre consommation me surprend. Il est très éveillé et tient souvent des paroles d’adultes. Je suis fier de lui !!

Nous rencontrons sur cette ancienne ligne de chemin de fer un groupe d’autistes dont certains sont attirés par Marius. Dans les champs, on assiste à un bal de tracteurs qui mettent en bottes la paille et le foin pour les haras. Est-ce signe d’orage ou de pluie ?
L’orage gronde pas loin justement mais il semble qu’il passe à côté. Je croise les doigts pour que le vent ne tourne pas. Au Mesnil-Durand on quitte la piste pour trouver un bivouac. Sur la carte, un groupe de maison à proximité nous fait espérer un lieu tout près mais il s’agit d’un site pour personnes handicapées. Il est fermé. Zut. On continue de marcher sur la route goudronnée qui mène au village.

 

Juste après l’Esat (Etablissement et service d’aide par le travail), un champ nous ouvre les bras. Il est ouvert et bien herbeux, du coup on se dit qu’il est fait pour nous ! A moins que… Camille part à la recherche d’un agriculteur qui pourrait nous le confirmer ou nous proposer un autre terrain. Elle revient après avoir vu un habitant du village qui ne lui a pas donné véritablement de réponse. Ils ont tenté de téléphoné au maire, seul agriculteur du village, mais en vain.

Allez, on s’installe là. On prend soin de s’enfoncer au fond de la parcelle. Le chemin fermé par une barrière qui la longe donne sur une petite maison qui touche l’établissement pour travailleurs handicapés. Une personne âgée et ce qui semble être ses deux petites-filles, des ados tout de même, nous saluent. La dame vient vers moi. On discute quelques instants mais je sens de la crainte. Elle reconnaît toutefois m’avoir vu dans le journal il y a quelques jours mais l’article ne nous ouvrira pas ce soir de passe-droit : ni eau, ni douche et encore moins un terrain. Pas grave, la pâture nous suffira ! Tandis que je monte la tente et prépare à manger, Camille est allée remplir les gourdes au cimetière où d’ailleurs elle a fait un brin de toilette… Je n’aurais jamais osé.
La nuit tombe doucement. La fatigue aussi ! 

[Mercredi 19 juillet]
C’est aujourd’hui que je dois récupérer à la Poste de Livarot, un colis envoyé par Céline qui contient  des arceaux de la tente qui me permettront de réparer ceux qui sont cassés même si les réparations provisoires semblent tenir. Nous ne sommes qu’à une heure de marche de l’entrée de cette ville qui a donné son nom à un fromage au lait de vache AOP. A l’entrée justement, un supermarché nous permet de faire quelques courses. C’est Camille qui s’y colle pendant que Malone et moi attendons sur la voie cyclable.

Lorsqu’elle revient, je rééquilibre les sacoches de Marius et nous repartons. On se retrouve bloqués quelques kilomètres plus loin : la voie est fermée ! Arrrrggg !!! Demi-tour ! On peste. Ça démoralise. Nous avons la possibilité de couper : un passage dans la haie qui nous sépare de la route nous permet d’éviter de tour refaire en marche arrière. Un sentier nous guide jusqu’à une rue de Livarot. On doit se dépêcher car midi approche. La poste va fermer ! Camille me propose de garder Marius et Malone pendant que je vais retirer le colis. Ok ! C’est parti ! Alors qu’ils se dirigent vers ce qui semble être un pré moi je me mets en quête, mon gps à la main, d’un logo jaune ! Je ne cherche pas longtemps ! Mais sur la porte une affiche écrite à la main : « Fermeture exceptionnelle ce mardi 19 juillet » …. Nooooooon !!!! C’est pénible !!!

Je rejoins la caravane qui s’est installée dans un terrain aménagé en vue de la construction d’un lotissement. J’explique à Camille que le bureau de poste est fermé. Je m’assois et cherche une solution. Il est midi. Deux possibilités me viennent en tête : soit on trouve un terrain à proximité et on se pose, soit on avance et le père de Camille, qui vient la chercher demain, me ramène ici d’un coup de camping-car. J’en parle à Camille et lui propose de demander à son père, qui vient la chercher demain, de me conduire ici demain. Après réflexion, elle accepte, et quelques minutes plus tard, lui aussi ! Yeeees !

Après avoir mangé un bout, Marius n’a pas attendu !  Malone a trouvé de nouveaux copains de jeu : les enfants des propriétaires d’une des maisons qui jouxtent le terrain sur lequel nous nous sommes posés. Nouvelle rencontre éphémère. On traverse la ville et on retrouve la voie verte. Celle-ci longe « La Vie », une petite rivière normande qui traverse le Calvados et l’Orne. Joli clin d’œil ! On marche environ 6 ou 7 kils avant de se poser à Sainte-Foy-de-Montgommery. Il faut se trouver un endroit assez accessible pour que le père de Camille puisse nous trouver. Finalement, c’est derrière la mairie que nous trouvons un terrain pour poser la tente. Il y a des toilettes et un lavabo, c’est parfait bien que l’endroit ne soit pas trop silencieux. Ça ira pour la nuit !

Alors qu’on s’installe tranquillement, le camping-car du père de Camille se gare à proximité du terrain où nous sommes posés ! Il ne devait venir que demain mais finalement, son amie et lui ont décidé de venir passer la soirée avec nous. C’est ensemble que nous dinerons sur une table de pique-nique. Les anecdotes du voyage colorent notre repas tandis que Marius occupe le petit jeu de boules, pas pour la pétanque, mais pour s’y rouler ! 
Je profite d’avoir un peu d’électricité pour travailler sur le Vlog. Le dernier de la saison 1. Malone m’accompagne pour la présentation. J’aime le faire participer et puis, parler devant la caméra, il adore ça aussi ! Il dort lorsque je le rejoins dans la tente…

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