close
Marius Tour de FranceMTF #Calvados

Jour 486 / Soleil, chaleur et goudron !

[Samedi 15 juillet]

Ce 15 juillet, Romain et Marie, nos hôtes, et leurs invités, sont partis très très tôt entraîner les chevaux à Deauville. Comme ils ne rentreront qu’après midi et que nous avons très peu marché la veille, nous décidons de ne pas attendre leur retour et de lever le camp ce matin.

Après le petit déjeuner, je m’occupe de remballer les affaires pendant que Camille va faire un tour avec sa chienne, car elle est prise d’une soudaine forte douleur dans le bas-ventre, et préfère être seule pour gérer sa douleur par la respiration. A son retour, j’ai presque fini de tout ranger. Nous laissons un petit mot improvisé de remerciements à nos hôtes avant de bâter Marius. Et comme souvent, le chargement de mes longues oreilles se termine par la recherche d’un ou des tendeurs qui me servent à fixer ce que je mets sur le dessus du bât. La matinée est passée encore trop vite, et il est pile midi quand nous quittons le joli jardin de nos hôtes. Et alors que l’on part, Camille prononce à haute voix le souhait de dormir dans un vrai lit ce soir !

Nous reprenons la route avec l’envie de dormir chez des amis d’une amie du voisin de Thierry. Vous suivez ? Bref, hier matin, nous sommes partis de chez Thierry avec les cordonnées d’un couple susceptible de nous accueillir.
Sur le chemin, j’appelle. Valérie me répond… Elle est enchantée et ravie de nous accueillir. C’est la première fois depuis le début du voyage que j’ai un si bon contact téléphonique avec une personne qu’on nous a recommandée. Valérie m’explique au téléphone qu’elle travaillait toute la journée et que son mari travaillant de nuit, il risquait de dormir encore cet après-midi. Néanmoins, elle m’assure qu’ils se débrouilleront pour venir nous accueillir. Nous prenons donc tout notre temps lors de la pause pique-nique, ne voulant pas arriver trop tôt chez nos hôtes.
A environ 1km avant l’arrivée, je confie Marius à Camille pour aller soulager quelques besoins naturels derrière des fourrés. Mais à peine une minute plus tard, j’entends des bruits de sabots sur la route. Un magnifique attelage apparaît : une voiture de cross tractée par 2 cobs normands, menée par un monsieur qui transporte 3 dames, dont 2 portant des chapeaux champêtres.

Marius est très attiré par les 2 chevaux de trait. A côté de ces deux magnifiques équidés de 800kg chacun, mon âne fait tout petit !!! Et nous voilà conversant tous ensemble au milieu de la petite route, les dames charmées par la présence de Malone, qui répond gentiment toujours aux mêmes questions… Un tracteur nous double sans que personne ne bouge une oreille, mais nous décidons de reprendre le chemin pour ne plus encombrer la route.

Après quelques dernières côtes et descentes (décidément, la Normandie est loin d’être plate), nous arrivons chez Valérie, Fred et Jeanne, la dernière des filles de Valérie.

A l’entrée de l’allée, une pancarte indiquant « Elle Mosaique, couturière de vaisselle »: intrigant. A droite du chemin, une grande prairie habitée par des poneys, à gauche, une prairie vide. Quelques mètres plus loin, une caravane joliment repeinte en mauve, accolée à une charmante roulotte. Ironiquement, Camille lance: « une nuit en roulotte, ça vous dirait? ». Au bout de l’allée, une belle maison. Camille enlève son sac à dos et va voir s’il y a quelqu’un, la porte est ouverte. Jeanne est dans la cuisine, Fred dans le bureau.

Fred nous propose immédiatement une boisson puis de nous installer dans la roulotte. Le vœu de Camille se réalise, elle qui est fan de roulotte ! Valérie et son amie Emilie nous rejoignent vers 19h. Toutes les deux exposent leurs œuvres d’arts respectives à la Grange aux dîmes, dans la ville d’à côté, Cambremer.

Nos hôtes nous font le magnifique cadeau de nous offrir une douche, et un délicieux apéro dînatoire! Nous parlons voyages car le couple souhaite effectuer un périple de 4 mois sur les chemins de Compostelle au printemps prochain. Valérie est avide de conseils techniques tout en étant déjà consciente de ce que peut apporter le voyage à pied…

Le couple nous propose de rester chez eux le lendemain, nous acceptons. Nous passons une soirée des plus agréables avant d’aller nous blottir dans la roulotte.

[Dimanche 16 juillet]

Comme c’est agréable de se réveiller naturellement sans sonnerie! Car aujourd’hui, c’est journée off.

Ce matin, j’avance vers la maison, Valérie m’y accueille et me propose un café. Camille me rejoindra un peu plus tard alors que Malone dort encore. Valérie lui propose un thé. Quoi de meilleur qu’une délicieuse boisson chaude autour d’une table dès le matin quand le voyage n’offre parfois qu’un jus de chaussette debout dans l’herbe mouillée!.. Encore une fois, seul le voyage fait prendre conscience de ces bonheurs du quotidien…

Alors que nous papotons, Valérie doit s’interrompre pour filer ouvrir la salle d’expo. Nous restons avec Emilie qui finalement nous emmènera en voiture jusqu’à Cambremer pour que nous puissions profiter de l’expo et du marché artisanal!

Cambremer est au cœur d’un territoire essentiellement agricole où l’on produit essentiellement du lait mais aussi du cidre AOC, du pommeau de Normandie AOC et le fameux Calvados.

Une fois sur place, nous nous offrons le luxe d’aller en boulangerie nous prendre des viennoiseries, et de les déguster à la terrasse du café-restaurant « Les Saisons », tenu par un gars à l’accent du sud super sympa et dynamique!

Puis nous arpentons le marché, où Camille reconnait un vendeur de plantes aromatiques que nous avions croisé dans sa camionnette le jour de notre départ de Beuzeville! Je ne suis pas certain que ce soit lui ! Je vais le voir et lui demande s’il n’a pas croisé ses derniers jours une caravane avec un âne. Il se souvient de nous ! En même temps, comment nous oublier ! Le pépiniériste nous parle de sa passion… nous sommes pendus à ses lèvres et je décide de lui proposer de l’interviewer! Il accepte de bon cœur.

Mais en attendant la fin du marché, nous allons à la grange aux dîmes admirer le travail de Valérie, d’Emilie et de leurs collègues. Nous y passons le reste de la matinée, Malone a même droit à des visites guidées par les artistes!

L’heure du déjeuner arrive, je repars chez Valérie chercher ma caméra, emmené par Emilie. A mon retour, nous nous rendons sur le marché nous prendre un repas…en vain, il ne reste plus rien. Dépités, c’est Valérie qui nous sauve encore une fois en nous proposant de partager le repas des exposants!

Je pars ensuite réaliser mon interview tandis que Valérie ramène Camille chez elle. Malone lui, préfère rester à l’expo avec Fred qui relaie sa femme.

Le reste de l’après-midi se déroule tranquillement, Valérie nous fait l’honneur de nous montrer son atelier, un lieu magique ! J’achète à Malone une mosaïque à faire soi-même tandis que Valérie lui en offre une.

Ce soir Gaele, Bruno et Yaouen reviennent nous rendre visite dans la soirée. Nous nous faisons une joie à l’idée de les retrouver ! Bruno a prévu colliers et scotch pour une réparation provisoire de l’arceau de la tente. Céline va m’envoyer dans les prochains jours de nouveaux arceaux par la poste. Nous prenons l’apéro tous ensemble avec Valérie, puis nous dînons sans elle car elle est fatiguée et veut passer du temps avec Jeanne. La soirée passe vite en très bonne compagnie! On se reverra, c’est sûr, dans quelques semaines. Cette journée off nous a fait grand bien à tous les trois. Ces pauses sont importantes durant un voyage pour prendre soin de soi et de l’animal qui nous accompagne.

[Lundi 17 juillet]

Nous nous levons sous un ciel gris. Nous prenons un p’tit déj sur la table de jardin à côté de la roulotte, nous prenons le temps d’une douche, et essayons de ne pas trop traîner. Mais comme je le rappelle, chaque départ suivant une pause d’au moins une journée, est laborieux…

Nous levons le camp en fin de matinée après avoir salué Fred que nous n’avions pas vu la veille au soir. Direction Cambremer pour faire un dernier coucou à Valérie qui expose de nouveau! Elle en profite pour prendre en photo Marius et son bât, la chienne de Camille et ses sacoches remplies de croquettes.

Nous quittons Cambremer par une légère côte.

Un automobiliste se gare devant nous sur le bas-côté. Il sort de sa voiture pour m’accoster et me questionner sur mon voyage. Il s’appelle Francis. Un retraité plein de joie de vivre qui a lu un article dans Ouest-France sur mon aventure ! Il repart après quelques minutes d’échange et de discussion.

Nous continuons à monter la longue côte qui mène à Saint-Laurent-du-Mont et arrivés en haut… Francis nous attend devant le restaurant « Les Trois Rois » ! Il nous invite à traverser la grand route pour le rejoindre… et nous propose de nous offrir le repas ! Nous n’en revenons pas. Francis prévient les responsables puis s’en va…

L’installation à la table est un peu compliquée car la patronne et son employée ne sont pas d’accord sur la disponibilité de la table où nous voulons nous asseoir pour surveiller Marius attaché à une clôture juste à côté. Il y a du monde qui passe devant l’établissement et le resto est au bord de la départementale.

Une fois définitivement installés, l’attente est tellement longue que nous songeons à partir. Mais finalement tout le reste du repas se déroule agréablement. Nous n’avons jamais revu Francis pour le remercier.

Au moment de partir, la patronne, ultra accueillante, demande à nous photographier et glisse un billet de 10 euros dans la main de Malone. Nous repartons le ventre plein, dans la bonne humeur, touchés par le geste de pure générosité de Francis.

Nous marchons sous le soleil qui cogne et abordons la commune de Crèvecoeur-en-Auge. Nous faisons beaucoup de route dans ce pays d’Auge ! « C’est le pays du cheval » m’avait-on dit ! Oui mais le pays du cheval de course ! « Le cheval du fric » m’avait précisé une autre rencontre. Il est vrai que nous voyons beaucoup de haras et de terrains de course d’entrainement privés. Ici, un tiers environ des chevaux de course français y serait élevé. Combien partent à l’abattoir faute de résultats ou finissent à végéter dans des prés, complètement cassés par les entraîneurs ? Certains témoignages lors de notre voyage font froids dans le dos. Quoi qu’il en soit, les chevaux de course ne vont pas balader sur les chemins de campagne… mais dans des vans ou des camions… alors le goudron peut bien tout recouvrir !

Rare exception de la journée, un chemin arboré nous offre une respiration. La chienne de Camille a soif. Elle va donc demander de l’eau pour Marius et Djali. Elle frappe à la porte ouverte d’une maison. La propriétaire, Evelyne, sort et accepte immédiatement de remplir le seau de Marius, annonçant qu’elle a un âne elle aussi, sur le domaine. Camille lui parle de la beauté de son lieu, de mon voyage… Elle propose alors de nous accueillir pour la nuit, même s’il n’est que 16h ! Lorsqu’elle retourne me voir pour lui demander mon avis… j’accepte même s’il est tôt ! C’est vrai qu’il fait chaud et Malone n’a pas le même rythme.

Marius se retrouve donc dans un magnifique verger, il peut voir l’âne et le poney d’Evelyne, c’est parfait ! Nous prenons le temps de nous reposer avant de monter la tente. Evelyne et son mari Jean-Noel viennent nous voir et nous propose une bouteille de jus de pommes et de cidre, de la maison ! Nous acceptons et ils nous proposent même des œufs de leurs poules! Ce soir-là, après une délicieuse douche offerte par le couple, dans le gite qu’ils tiennent, nous savourerons de savoureux œufs à la coque, en prenant soin d’en faire cuire d’autres, durs, pour le repas du lendemain midi.

Tags : CambremerCrèvecoeur-en-AugeDeauvilleNormandieOuest-FrancePays d'AugeSaint-Laurent-du-Mont

Laisser un commentaire

Simple Share Buttons
Vous ne voulez manquer aucune de nos publications ? Abonnez-vous en laissant votre mail ici :
Abonnez-vous !