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Marius Tour de France

Jour 480 / La caravane s’agrandit !

[Lundi 10 juillet]
Après 12 jours passés chez Bruno, Gaëlle et leur fils Yaouen, nous voilà repartis pour de nouvelles aventures.

Comme à chaque départ après une longue pause, il faut un certain temps, voire même un temps certain pour ranger et rééquilibrer les sacoches. D’autant que j’ai acheté trop de nourriture et tout ne rentre pas.

Avec la présence de Malone, Marius porte un duvet, un matelas et des vêtements supplémentaires. À la pesée, maintenant devenue plus précise grâce au pèse-bagages que j’ai acquis, il dépasse la charge habituelle qui se situe autour de 45kg. Là, on est proche des 55kg !  Alors je mets quelques affaires dans mon sac-à-dos. Mon fils, lui, porte un petit sac à dos avec quelques jeux et livres.

Comme Bruno et Gaëlle envisagent de nous rejoindre le temps d’une soirée dans quelques jours, ils ont accepté de garder une partie de mes affaires qui, de toute façon, ne rentrent pas dans les sacoches. Tous deux ont toujours été aux petits soins pour moi, veillant à ce que je ne manque de rien et toujours prêts à me rendre service. Ils ont été d’une grande bienveillance à mon égard et je leur suis infiniment reconnaissant. 

Une averse éparse plus tard, il est 11h45 lorsque nous partons enfin. Il est tard mais c’est notre journée de reprise et avec Malone, nous ne marcherons pas 20 km.
La météo s’améliore dès les premiers kilomètres. Nous sommes accompagnés par nos hôtes venus marcher quelques heures avec nous, et par Doudoune qui transporte leur pique-nique mais aussi, sur quelques kilomètres, le sac de Camille, bien trop lourd pour elle.
Comme Bruno connaît parfaitement le coin, il nous indique par où passer sans avoir besoin de carte. Rapidement, on quitte le département de l’Eure pour entrer dans le Calvados.

Après deux heures de marche, nous nous arrêtons sur un chemin herbeux au bord d’un champ de maïs. Nous profitons de ce dernier moment passé ensemble avant de nous dire au revoir quelques kilomètres plus loin, au bord de l’autoroute. Certes on se reverra !
Peu après, nous quittons une petite départementale pour un chemin qui nous conduit devant une magnifique maison typiquement normande composée de torchis et colombages. La propriétaire vient à notre rencontre et nous propose à boire. Marius a droit à de l’eau dans une bassine à confiture en cuivre. Le temps de boire chocolat chaud, orangeade ou café, nous papotons avec Sabine et son voisin Joël. Ce dernier est agriculteur à la retraite, passionné de chevaux avec lesquels il randonne dès qu’il peut.

Mais l’heure tourne, il faut qu’on avance un peu. Nous poursuivons notre route après avoir rebâté Marius et arrivons sur une voie verte, ancienne voie ferrée transformée en chemin de randonnée. Après une poignée de kilomètres, nous en sortons pour nous mettre en quête d’un terrain pour la nuit. Alors que nous arrivons à proximité de Saint-André d’Hebertôt, une dame et sa petite fille qui nous ont vus depuis leur jardin, accourent vers nous pour nous proposer de l’eau. Malone accepte et les suit avec sa gourde presque vide. Après avoir répondu aux questions d’usage sur notre voyage, nous demandons où l’on pourrait trouver un terrain pour la nuit. La dame nous indique un terrain communal à l’entrée du Bourg. « C’est un parking utilisé par la commune » nous signale-t-elle.
Nous nous dirigeons donc vers le centre du village, sûrs d’avoir trouvé notre pâture. Après être passés devant ce qui semble être le dit-parking, nous nous mettons à la recherche du maire ou d’un élu pour lui demander s’il est possible de nous y installer.
Je laisse Camille tenir Marius devant la mairie et me mets en quête du premier magistrat de la commune. Je rencontre un autochtone qui me dit ne pas savoir où habite le maire et m’assure qu’il a son numéro de téléphone, il me propose de l’appeler. Alors que je retourne auprès de la caravane pour attendre l’individu, celui-ci revient bredouille. C’est sur la porte de la mairie que nous trouvons finalement le numéro de téléphone de Mr le maire. Je l’appelle, il accepte que nous dormions dans le pré communal. Nous prenons donc la direction du parking mais devant le portail cadenassée, on déchante. Je rappelle le maire, lui explique que le portail est fermé à clé, et celui-ci me répond qu’il ne peut rien faire, que le terrain est parfois occupé par la propriétaire de chevaux qui a dû fermer la porte. Déçus et alors qu’on s’apprête à partir, j’aperçois un homme à la fenêtre de l’ancien presbytère du village qui fait face au terrain communal. Camille et moi échangeons un regard et elle va dialoguer avec l’homme. Il semble y avoir du terrain autour de sa propriété. Après d’âpres négociations, elle m’appelle et Didier accepte que nous installions notre bivouac pour une nuit sur l’un de ses terrains, à condition que Marius ne boulotte pas ses précieux plants de pomme de terre. Ça tombe bien, Marius n’aime pas les patates !

Il est 17h 30 lorsque nous débâtons et nous posons. Malone qui a bien marché a mal à un pied, Camille a mal aux épaules car son sac à dos est mal réglé, elle ne parvient pas à l’ajuster, ce qui lui occasionne un hématome en bas du dos.

Ce soir c’est pâtes à la bolognaise pour ce premier soir entre deux averses normandes !

[Mardi 11 Juillet]
Ce matin on démonte sous la pluie ! Et alors que je cherche Marius du regard, je ne le trouve pas. Je finis par l’apercevoir au loin,  de l’autre côté du parc. Il est passé par le seul endroit non clôturé pour trouver un abri. Je cours vite le récupérer derrière la maison, et alors que je le ramène, le propriétaire sort de l’ancien presbytère. Après avoir échangé quelques mots, il propose un café que j’accepte volontiers, me disant que cela nous permettrait de nous réchauffer et de nous mettre au sec. Je ramène Marius, préviens Camille et Malone, puis nous nous réfugions chez notre hôte. Didier est prof d’anglais. Une reconversion après avoir passé 20 ans dans l’industrie. Le presbytère est la maison familiale où il vient passer ses vacances et se mettre au vert. Nous échangeons pendant une grosse heure. Dehors la pluie a cessé de tomber, le ciel s’est dégagé, il est temps pour nous de bâter Marius et de repartir.
Il est 11h30 passé lorsqu’on rejoint la voie verte quittée la veille au soir, qui nous conduit jusqu’à Pont-l’Évêque.
Le chemin est très agréable, 7 km boisés, légèrement en pente.
Nous traversons une partie du centre de cette ville qui porte le nom d’un célèbre fromage normand, pour nous rendre d’abord au café La Station, où j’avais attendu mon train (et non pas l’avion comme l’écrivait Ouest-France récemment) lorsque j’étais allé chercher Malone début juillet.
En effet, j’avais parlé de mon voyage au patron du bar et j’avais été invité à passer lorsque je traverserais la ville avec Marius. J’attache donc mes longues oreilles à une clôture et nous nous installons en terrasse. Inutile de dire que la présence de mon fidèle destrier fait parler et ralentir les voitures.
Sébastien me pose plein de questions et semble être très touché par notre voyage. Très attentionné et plein d’empathie, il a vraiment pris le temps de réfléchir où l’on pourrait passer la nuit avec un âne, qui pourrait nous héberger. Il a même demandé à un de ses clients s’il pouvait nous loger. Pendant ce temps, Camille va faire quelques courses. Le voyage à trois demande une intendance particulière. On ne peut pas charger davantage Marius alors j’ai pris un peu plus d’affaires dans mon sac qui avoisine les 17 kg. Le rythme de la marche est différent avec Malone, on ne peut pas se permettre de sauter des repas. Il nous faut de quoi nourrir ce petit corps plein d’énergie.

Avant de recharger Marius, j’ai appelé le camping « La Prairie » situé sur la commune de Reux où nous envisageons de passer la nuit. Le responsable me répond qu’il y a une pâture pour Marius et que nous pourrons planter la tente devant. Très bonne nouvelle mais nous avons donc encore 2h de marche.

Je profite de la pause au café pour envoyer quelques mails, notamment à des personnes qui nous ont proposé un hébergement dans l’Orne. En effet, je ne monterai pas dans le Cotentin. Le GR qui passe le long de la côte traverse une zone très urbanisée et en cette période estivale les plages, notamment celles du Débarquement, doivent être blindées, je préfère descendre plus au sud pour aller vers des zones plus rurales.

Nous saluons Sébastien et traversons Pont L’évêque en contournant l’avenue principale par des rues parallèles. Puis on se retrouve sur une grosse départementale avant de retrouver une route plus tranquille. Ça grimpe même si cela reste un dénivelé normand ! Puis nous arrivons près d’un centre équestre où le chemin est interdit aux… piétons ! V’là aut’chose ! Bon ben pour une fois on va se considérer comme cavaliers ! Le camping n’est plus très loin.

Bordée de pommiers de 40 ans d’âge, cette aire naturelle est tout en longueur. Lorsque nous arrivons, les campeurs sortent de leurs caravanes pour nous saluer. On nous regarde avec des appareils photo ! Comme une envie de lancer un « Holà nous ne sommes pas un cirque qui vient faire un numéro ce soir !! ». Ce serait peine perdue ! Notre emplacement est au fond. Les responsables nous précèdent en voiture. Nous sommes posés ! Yeeees ! Marius a effectivement une grande pâture cependant je serai obligé d’attacher mon âne à la demande du propriétaire ! « Désolé mon vieux… ». Je me réjouissais pourtant pour lui de pouvoir gambader toute la nuit ! Tant pis. Nous faisons connaissance, ils me posent des questions sur le voyage. Je leur tends une carte, leur parle de Solidarité Elisa, …


Tandis que nous montons nos tentes respectives, les responsables reviennent pour nous faire payer la note et nous inscrire sur leur registre. Ici la douche c’est 1 euro pour 6 minutes de flotte !! « Faudra faire vite Malone !! ». Ici on demande aussi la carte d’identité aux campeurs ! Je tombe des nues ! « C’est la préfecture qui nous l’impose… le plan vigipirate …  » explique le propriétaire des lieux. Je crois rêver ! Là, on a passé  un cap ! Depuis quand de simples commerçants ont le droit de demander et surtout de scanner nos papiers d’identité ? Au cas où de dangereux terroristes viennent passer un moment agréable au fin de la Normandie avant de se faire exploser ? Ce n’est pas au couple que j’en veux, ils ne font qu’appliquer la loi. J’obtempère en promettant de contacter les services de l’État. Si Malone n’avait pas été là, j’aurais tout remballé pour me trouver un champ. Tant pis pour la douche. Au moins les chouettes et les renards sont moins regardants ! Je finis par me détendre. 
Un peu plus tard, le responsable revient. Il souhaite faire quelque chose pour nous. Je comprends qu’il voudrait reverser les 13 euros de notre hébergement à Solidarité Élisa. Génial ! Il me rend le chèque et je ferai un virement à l’association. C’est rare !! Merci beaucoup pour ce geste.
Allez hop hop hop à la douche !!! 

2 commentaires

  1. Il m’est arrivé sans mon ane dans le sud de la france que l’on me demande de laisser une piece d’identité au camping et cela bien avant les attentas. camping municipal du grau du roy. et en ardeche au sud. j’ai toujours proposé de payer d’avance, de leur laisser photocopier ou scanner ma piece d’identité mais je refuse catégoriquement de la laisser. 1) ils ne sont pas habilité à controlér votre identité, petit rappel ils ne sont pas assermentés.2) on ne vous garde pas vos pieces d’identités meme à la gendarmerie, sauf en cas de détention.
    et je vois rouge et c’est toout juste si je n’appelle pas la gendarmerie.

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