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Mercredi 7 juin 2017 -18km]

Il y a toujours pas mal de vent aujourd’hui, du 65km/h, mais c’est mieux qu’hier car il fait sec. Cela fait deux semaines que nous sommes à nouveau arrêtés, notre rythme de croisière à fortement ralenti ces derniers temps, et du coup il nous est plus difficile de garder le rythme. C’était certes pour de bonnes raisons, il fallait réparer le matériel et reprendre confiance. Nous avons quand même hâte de repartir sur les chemins. Avec mes prises de conscience de ces derniers jours, les différents téléphones effectués, les fleurs de Bach régulièrement pour Symphonie et moi, le repos et quelques bonnes résolutions, je me sens plutôt d’attaque pour repartir. C’est plutôt chouette car je n’en menais pas large il y a quelques jours encore. Nous n’avons aucune idée de comment cela va se passer avec Symphonie, même si nous avons bon espoir et restons positifs. Nous avons aussi appris de nos erreurs, c’est cela qui est important.

Benjamin, qui est venu nous rejoindre pour marcher quelques jours avec nous dans le but de rentrer chez lui à pied, a passé une bonne nuit chez Delphine et Francois avec sa chienne Hulika. Nous aurons plusieurs jours pour faire leur connaissance et nous sommes contents d’avoir cette nouvelle énergie dans la caravane. On prend un petit déj’ et un bon café pour se mettre en route. Nos hôtes vont faire un gros câlin aux mul’ânes​ pour leur dire au revoir, ils étaient super bien ici, avec leurs nouveau copains. Bella avait même commencé à draguer Marius, et celui-ci n’était pas indifférent mais Abricot a coupé court à toute tentative de rapprochement. Le temps de rassembler nos affaires, d’équilibrer les sacoches et de reprendre nos marques, il est 11h lorsque nous partons !

La petite plaque de bois très fin découpée par François pour remplacer celle en polystyrène qui avait explosé lors de l’embardée de symphonie à l’air de remplir son office à merveille. J’ai aussi remplacer les boucles de fermeture qui avait cassé. Le cordonnier a super bien travaillé et a respecté mes demandes à la lettre, j’en suis très heureuse. Restent quelques réglages à peaufiner, mais dans l’ensemble c’est parfait. Le sac de Ben est extrêmement lourd, il faut dire qu’il emporte les croquettes d’Hulika, sa tente qui fait plus de 3 kg et sa guitare! Chouette, nous aurons de la musique en chemin, enfin plutôt en bivouac… il s’est dit que pour quelques jours, il supporterait ces 20kg.

Pour cette première journée et parce que nous ne voulons pas trop charger les mulânes non plus​, nous en restons à cette disposition, mais il est très probable que les jours prochains nous soulagerons Ben d’un peu de poids. Delphine et François nous accompagnent sur le premier kilomètre, en prenant quelques photos. C’est chouette. Eux aussi nous rejoindront sûrement pour une étape ces prochains jours. Nous nous disons donc au revoir à un carrefour, dans les bois dont beaucoup de branches jonchent le sol après la tempête d’hier. Nous savons que nous allons nous revoir bientôt. Nous n’avons pas eu vraiment l’occasion de regarder sur la carte où nous pouvions nous arrêter ce soir, nous partons donc à l’aveugle. Pour gagner un peu de temps et éviter d’avoir trop de vent, nous renonçons a passer le long de la côte par Saint-Valery pour couper directement en direction de Ault. Nous avons donc bien fait de profiter de quelques sorties touristiques entre Saint-Valery, le phare du Hourdel et le Crotoy, avec nos hôtes contents de nous faire visiter cette région qu’ils affectionnent particulièrement.

Nous marchons beaucoup dans les champs aujourd’hui, des chemins caillouteux qui traversent  les cultures, et d’assez longues lignes droites. Nous suivons un bout de GR au départ, puis ensuite le tracé que nous avons fait en fonction de ce que nous pensions être praticable. Nous nous méfions des petits chemins, car dans la région, nous avons rencontré beaucoup de « barrières anti-quad » devant lesquelles, il nous faut débatter systématiquement pour passer. Nous préférons donc essayer de suivre les pistes et les petites routes goudronnées, d’autant plus que nous avons un jour de retard et entre 18 et 20 km à effectuer par jour si nous voulons être le weekend prochain aux alentours de Offranville. En effet, nous avons prévu d’y retrouver, pour une journée, Emmanuelle et Cyrille, qui adorent ce petit coin de côte.

Nous passons Estréboeuf puis Tilloy. Notre avancée est rendue un peu pénible par le vent, heureusement qu’il y a quelques petites traversées de bois, lors desquelles les Mulânes se régalent des feuilles de frêne fanées, sous leurs pieds. Nous longeons bien sûr quelques parcs à vaches, que je passe sans trop de difficultés. Pour les vaches, j’ai trouvé un système: je passe la longe autour du museau de Symphonie de manière à ce qu’elle soit tenue plus fermement dans les passages où elle pourrait être tentée de fuir. Il est important que j’arrive à la tenir et qu’elle comprenne qu’elle ne peut échapper, que nous la protégeons. J’espérais que cela suffirait, et en effet, ça a marché à plusieurs reprises. Alors qu’elle tentait d’accélérer et de prendre la main comme elle le fait en cas d’insécurité, ce petit moyen de contention momentané est efficace. À un moment, Stéphane dois tout même aller derrière la mulette pour la pousser, ayant pris soin de laisser brouter Marius à quelques mètres, car elle refuse de passer devant les vaches, et en plus elle en voit d’autres derrière. Finalement, n’avons pas besoin d’insister beaucoup et elle passe devant le parc assez calmement. Les prochains jours me confirmeront si ce système est pérenne.

La journée est assez monotone à marcher dans les champs et dans le vent. Malgré tout c’est très joli car les blés ondoient. Nous faisons la pause de mi-journée de marche (vu l’heure qu’il est, il ne sert à rien d’appeler ça une pause de midi) dans un chemin herbeux et arboré à la sortie d’un village, pendant laquelle Steph a un long téléphone avec son fils Malone. Ils s’appellent  plusieurs fois par semaines. C’est le frais qui nous pousse à nous remettre en route, après avoir cassé la croûte. Ben et Hulika marchent devant. Ben tient le rythme avec son lourd sac, heureusement que c’est un solide gaillard ! Après encore une paire d’heures de marche, à la sortie de Woignarue, on décide de se poser dans un champ fraichement fauché, avec l’accord d’un voisin. On lui demande s’il connait l’agriculteur, il nous dit qu’on peut bivouaquer tranquille.

Je vais chercher de l’eau chez lui, les 18 litres réglementaires. On laisse brouter un moment les mulânes en liberté, heureux d’avoir un grand pré,  avant de les attacher chacun à un bosquet où ils peuvent aller s’abriter du vent. On passe la soirée doucement, il fait un peu frais, à grignoter un morceau et à discuter. Ben a aussi un âne, Ségur, qui est vieux aujourd’hui, et entier ! Il a pas mal bourlingué avec lui, bâté ou attelé. Nous échangeons sur la vie, la famille, les différences, la tolérance. Hulika est une chienne adorable, qui adore jouer, sociable et un peu timide à la fois. Elle nous fait beaucoup penser à Kali… Et elle garde la tente de Ben contre vent et marée, surtout dès que la nuit tombe. Nous échangeons aussi quelques messages avec Delphine, pour lui dire que nous sommes bien arrivés et où nous sommes.

On va essayer de se lever à 7h demain pour partir plus tôt. Nous sommes super contents de retrouver la tente et notamment la toile intérieure qui est toute neuve, puisque l’ancienne, déchirée, a été remplacée.  Alors que nous regardons les cartes pour les prochains jours Ben sort sa guitare et joue quelques morceaux, chantés également, pour notre plus grand plaisir. Nous avons peu d’occasions musicales en chemin, et nous en profitons! À 23h30, dernière vérification que tout va bien pour les animaux, et extinction des feux.

 

Tags : baie de sommeBretelSaint-ValerySeine-MaritimeSommeWoignarue

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