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Du vendredi 26 mai au mardi 6 juin]
Finalement, nous avons fait deux semaines de pause à Brétel, dans la commune de Boismont, chez Delphine et Francois (Escap’Ânes). Les jours ont filé, et nous ne nous sommes pas ennuyés! Dès le lendemain de notre arrivée et pour tout le week-end, nos hôtes ont beaucoup d’activités de prévues. Delphine est guide nature et elle organise des sorties en Baie-de-Somme, avec ou sans ânes, pour des groupes de gens ou d’enfants. La saison touristique commence et avec elle, son cortège de visiteurs. Nous faisons notre possible pour au moins ne pas les charger, au mieux leur donner un coup de main.

Delphine trouve malgré tout le temps de nous emmener en voiture, pour déposer Steph chez un de ses amis ostéo, et moi chez le cordonnier pour faire réparer le bât de Symphonie. Le monsieur est très à l’écoute, très arrangeant et compétent. Delphine nous propose, au retour, de faire un petit détours par St-Valery-sur-Somme, histoire de nous faire une première petite visite express. Nous voyons donc enfin la mer, à marée haute, mais sans les mulânes. Week-end de l’ascension oblige, la côte est hyper bondée, et nous croisons pour la première fois le petit train touristique à vapeur.


Pendant ce temps, nous avons laissé Bayah se reposer à l’ombre à la maison, avec François qui a à faire sur place. De retour au bercail, et pendant que nos hôtes terminent leur journée de travail, nous nous autorisons un peu de repos et de réflexion. Enfin surtout moi, car Steph en profite pour travailler plusieurs vidéos en cours. La séance d’ostéo lui a fait du bien, il se sent bien décoincé, mais il doit attendre quelques jours tranquille, de toute façon. Il lui a conseillé de faire des étirements en arrivant le soir au bivouac et le matin avant de partir.

C’est alors que Bayah se comporte bizarrement: elle se lève brusquement puis tombe sur le côté avec de légères convulsions. Oh non, elle fait à nouveau une crise d’épilepsie, comme elle en avait fait au camping de Pascaline, dans la Drôme, l’année passée!! Elle en fera une quinzaine en quelques heures… celles-ci durent environ 5 secondes, avec plus ou moins d’intensité. À chaque fois, elle se relève comme si de rien n’était, manifestant quand même une grande fatigue et refusant son repas. À la fin de la soirée, les crises se calment puis disparaissent, ouf, mais là, nous en sommes sûrs, ce sera trop difficile pour elle de continuer. Avec un pincement au cœur, nous appelons à nouveau Brigitte.

De toute façon nous avions prévu nous voir le lendemain à l’occasion d’une visite sur la baie avec Delphine et un groupe de clients, pour aller voir les phoques et ensuite manger tous ensemble. Nous lui expliquons la situation et c’est sans hésiter qu’elle nous propose de reprendre Bayah avec eux, quand ils repartiront dimanche pour rentrer à Metz. Quelle histoire! Après un seul jour de marche, certes un peu mouvementé et lourd en émotions, notre vieille comparse ne tient plus le coup… Nous en sommes bouleversés, mais heureusement, nous savons qu’elle ne pourrait être mieux ailleurs que chez Brigitte, Sader et Nouchka, qui prennent soin d’elle de tout leur cœur.

Le samedi donc, nous voilà tous partis à la mer. Le départ de la sortie se fait au phare du Hourdel, pour une petite marche lors de laquelle Delphine nous partage ses connaissances de la flore locale, des marées et de la vie de la colonie de phoque qui se repose sur les bancs de sable. Il y en a plusieurs centaines. Jusqu’à l’hiver passé, il fallait marcher environ 3 km pour les voir car le chenal de la Somme passait bien plus loin de la côte. Mais suite à une violente tempête, celui-ci s’est carrément déplacé et s’est rapproché, déplaçant le lit de la Somme. C’est plus pratique pour aller voir les phoques, mais en même temps, beaucoup craignent que ceux-ci soient dérangés par des badauds qui se risqueraient à aller les observer sans guide, et ainsi les effrayeraient en s’approchant trop. Chaque année, des bébés phoques sont retrouvés abandonnés car les mères se sont enfuies suite à une approche intempestive d’ignorants.

Une association de la région les récupère, les soigne dans un sanctuaire et les relâche lorsqu’ils sont capables de se gérer seuls. Nous découvrons ainsi les galets de silex, les galets percés, la craie, les prés salés où paissent les moutons et quels genres de plantes y vivent. Nous voyons les premières pousses de salicorne et faisons connaissance avec cet univers maritime très particulier. Nous terminons cette visite super intéressante par un petit tour dans les rues de Saint-Valery et par des moules marinières sur la plage tous ensemble. Bayah​ est de la partie, elle profite de l’air marin.

Le dimanche, je pars avec Delphine, Francois et les six ânes pour une sortie le long de la baie avec un groupe d’enfants et leurs parents. J’en profite pour prendre les caméras et filmer la sortie, avec l’accord des clients. Les enfants sont ravis et les adultes aussi. Le petit tour les emmène dans un univers varié, une partie végétation une partie dunes et une partie plage de sable et de galets. Il est ponctué de pauses « broute », que les ânes connaissent très bien, pendant lesquels Delphine explique des choses, au sujet des ânes, de la vie maritime et de la Baie de Somme.

Je ne vois donc pas partir Bayah restée à la maison avec Stéphane qui attendait Brigitte et Sader. Elle ne s’est pas fait prier pour sauter dans le coffre de leur voiture. Nous avons eu des nouvelles régulières : après 2-3 jours de repos intensif, Bayah se porte à merveille et n’a plus fait de crises. C’était donc la bonne décision.

Nous ferons encore une autre sortie avec nos hôtes, de l’autre côté de la baie, à le Crotoy, à marée basse. Nous avons suivi notre guide à l’intérieur de la baie pour aller observer différents oiseaux dans leur environnement avec une longue-vue. C’était très agréable et instructif! Merci beaucoup Delphine pour ton partage de connaissances.

La maison de Delphine et François est très agréable, le lieux est super joli et fleuri, les différentes pâtures bien organisées, et leur foin sent la menthe!! Delphine connaît bien sûr la faune et la flore de la région, et nous en fait profiter. Elle soigne et/ou entretien ses ânes au naturel, avec des tisanes, qu’elle commande en fonction des besoins. Abricot, Bella, Gudule, Gribouille, Lucien et Rodéo forment un troupeau bien équilibré et homogène, chaque âne ayant pourtant ses particularités. Ils sont plutôt petits et agiles, Marius a l’air d’un grand baraqué à côté.

Nous prenons plaisir à observer leurs interactions et après quelques jours, décidons d’ouvrir les pâtures pour les mélanger. Ça se passe plutôt bien! Abricot et Marius se mettent d’accord et lorsque c’est un peu trop « musclé » à son goût, Symphonie intervient pour séparer les garçons. Par contre, lorsqu’ils « discutent » avec respect, elle les laisse tranquille. En quelques heures tout est réglé et nos huit compagnons peuvent évoluer tous ensemble, en toute tranquillité. Nous les séparons seulement la nuit car nous ne voulons pas qu’ils se coincent dans le box en libre-service où vont dormir les ânes.

Nous avons aussi reçu la visite d’une télé locale, Wéo, venue faire une petite interview d’Escap’Ânes dans le cadre de l’émission « On s’voit bientôt » qui met en valeur les activités possibles dans la région, avec un petit scénario rigolo auquel nous avons participé.
Et puis, nous avons rencontré Elisabeth, une jeune femme amie d’Ânes Victoires qui suit le Marius Tour, et qui est venue nous voir. Nous avons donc passé une journée en sa compagnie, pour répondre à ses questions et partager un chouette moment en bord de mer. Une jolie rencontre!

Sinon, je profite de ces journées pour retrouver mon aplomb, me remettre en question, faire quelques téléphones à des personnes de bon conseil, dont Virginie Cheysser, notre amie muletière, et Emmanuelle. J’appelle aussi mes amis et ma famille pour leur expliquer un peu la situation. J’ai du mal à reprendre confiance. Petit à petit, ça revient tout de même, et je fais quelques exercices, notamment de séparation d’avec Marius et de passage à côté de vaches dans le hameau. Ça se passe plutôt bien, sauf quand je suis concentrée sur le réglage de l’avaloire, donc mal positionnée, et qu’elle rentre toute seule! Je me rends compte à quel point il est important que j’arrête de couver ma mule et que je la laisse se dépatouiller avec certaines situations, comme par exemple d’être attachée eu longue longe à proximité de vaches. Exercice fait, je vois aussi que lorsqu’elle n’a pas de chargement, elle est beaucoup moins stressée et qu’elle peut brouter à quelques mètres des vaches sans s’émouvoir, même attachée. Je vois aussi qu’il est très important de me positionner au bon moment au bon endroit si je ne veux pas qu’elle m’emmène. Je mets en place un système avec ma longe qui me permet de la tenir un petit peu plus sévèrement, pour ne pas qu’elle m’échappe, dans les moments compliqués. Il est très important qu’elle reste avec moi quoi qu’il arrive. Au fur et à mesure des jours, je sens la confiance revenir et surtout l’envie de repartir et la force d’affronter ce qui se présentera. Ouf, car quand on est arrivés, c’était pas gagné!

Cette détermination est renforcée par la visite de Rachel, l’ostéopathe qui vient voir Symphonie le jeudi 1er juin. Elle travaille le structurel, bien-sûr, mais aussi l’émotionnel, l’énergétique et le comportementale. Une approche holistique que j’apprécie beaucoup. Entre ses mains, Symphonie ne bronche pas. Elle semble apprécier l’intervention de cette femme assurée, sensible, douce mais dynamique et très précise. Rachel me confirme qu’il y avait des choses à remettre, un postérieur droit qui avait quand même un peu morflé, et deux trois détails. Mais dans l’ensemble, elle m’assure que la mulette lui semble tout à fait apte à repartir et pas du tout traumatisée par l’expérience, contrairement à moi. Elle préconise un jours de repos post séance et une petite cure de fleurs de Bach pour calmer un peu nos appréhensions. Me voilà rassurée.

Le weekend suivant, Escap’Ânes est en sortie à la Fête de l’âne et des traditions au Marais. Nos hôtes y rencontreront d’ailleurs Anne et Victoire, les deux sœurs youtubeuses asines exceptionnelle​s chez qui nous avions passé trois semaines à Chantilly, où les mulânes​ étaient restés en pension pendant les vacances de Pâques. Nous avons hésité à y aller mais Stéphane souhaitait avancer son boulot, et moi j’ai préféré éviter la foule. Besoin encore de me recentrer. Delphine et François nous ont dès lors laissé la garde de la maison et du chat, Charlie. Merci beaucoup !

Sinon, nous partageons la vie de Delphine et François. Les apéros, les repas, les ânes, les courses, les joies, les bonnes et mauvaises nouvelles, les aléas du travail, le quotidien, quoi. François possède un humour décapant, lui et Steph rivalisent de vannes, mais avec tendresse. Nous avons aussi procédé à leur interview, comme nous avons l’habitude de le faire quand nous rencontrons des âniers. Merci encore à vous deux pour votre accueil, votre disponibilité et votre aide!

Avant que nous partions, Delphine souhaite que nous plantions ensemble des fleurs dans sa haie, une clématite et un chèvrefeuille, en souvenir de notre passage.
Finalement, nous l’avons fait entre filles, car les gars ont dû faire une ultime course à Abbeville pour régler des histoires de protection de téléphone. Car ça y est, Steph a enfin un portable qui fonctionne! On a profité d’une promo qui reprenait à bon prix l’ancien​. Ça va enfin être à nouveau gérable. Par contre, ont cassé dans sa poche deux protections en verre incassable garanties à vie! Je suis témouine, sur ce coup Steph n’a vraiment pas été maladroit, c’est les protections qui ne sont pas adaptées !

Nous devions repartir le mardi 6 juin, et Ben, un pote de Steph rencontré grâce à l’émission « Allô la planète », jadis diffusée sur France Inter et aujourd’hui sur le net, devait nous rejoindre dans la journée avec sa chienne​ Hulika, pour marcher plusieurs jours avec nous. Sauf que mardi, c’était la tempête de pluie et de vent! Les arbres étaient démontés, et ça s’annonçait encore pire sur la côte… On a donc reporté au lendemain, et Delphine et Steph sont allé cherché Ben et Hulika à la gare. Nos hôtes les ont également​ accueillis pour la nuit, afin que nous puissions tous repartir du bon pied le lendemain. Merci! C’est sur un dernier bon repas tous ensemble que nous avons clôturé notre séjours de belles visites en Baie-de-Somme. Merci, et longue vie à Escap’Ânes!

Tags : Anes Victoiresbaie de sommeBayahEscap'Ânesphare du Hourdel

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