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Marius Tour de FranceMTF #Seine Maritime

Jour 426 / Averses éparses oui, mais de Normandie !!

[Samedi 20 mai 2017]
Réveil 6h30 avec le lever du soleil. Ouf, on aurait pas eu envie de plier sous la flotte. On prend quand même le temps d’un petit café-réchaud et de quelques biscuits, faut pas déconner. On plie avec efficacité et à 8h30, comme prévu, on quitte le champ avant le retour des vaches. Notre record absolu ! On traverse Conteville en espérant qu’on trouvera peut-être un café, mais non… par contre, on trouve une fontaine, ce qui nous permet de nous ravitailler. On décide de ne pas prendre le GR, qui risque d’être boueux, et de prendre une petite route parallèle. Nous avancerons mieux et surtout, nous resterons un peu secs ! Dans le calme du matin et bercée par le doux soleil, j’ai sommeil en marchant.

On longe cette petite route jusqu’à Beaufresne, puis on reprend le GR de Pays. On ne peut pas continuer par la route, qui est trop circulante. Symphonie semble avoir un peu mal aux pieds, elle soulage ses antérieurs. Sans doute l’herbe très riche de la nuit passée, couplée à l’humidité présente depuis notre départ de chez Emma et Cyril. Nous n’avons pas eu le cœur d’attacher les doudous pour les limiter alors qu’ils avaient un grand et beau parc, mais ce soir, suivant les conditions, nous le ferons. Nous traversons les champs, le chemin est bien sûr humide, puis le petit bois avant Haudricourt, où nous nous arrêtons vers 11h pour décharger, manger, et envoyer les photos sur le blog, car on a enfin du réseau !

On s’arrête volontairement dans un endroit où il n’y a pas beaucoup d’herbe, pour que les mul’ânes grignotent sans s’empiffrer. Les feuilles ne leur disent pas grand chose, Marius se pose vers nous et j’attache Symphonie pour contenir ses envies de roulades dans les feuilles. Je suis fatiguée, je sens le manque de sommeil.
On repart à 12h30 en grelottant un peu, il fait super frais dans les sous-bois ombragés. La traversée du village se fait tranquillement bien qu’il y ait des vaches partout. On monte ensuite dans le bois, ça grimpe un peu mais les mul’ânes sont motivés. On leur accorde une pause broute en haut de la montée, et en repartant, Symphonie marche devant.

À la sortie de Saint-Valery, le GR de pays nous fait tomber nez à nez avec une espèce de lac de 30m de large ! Ah… C’est que la piste est traversée par un gros ruisseau qui s’est étalé. Il y a bien un passage sur le bord avec un petit pont de bois, mais c’est trop étroit pour Marius et Symphonie avec leur chargement. Au départ, les mul’ânes ne sont pas chauds pour rentrer dans l’eau. Nous devons insister un peu, puis après avoir trouvé le bon chemin d’accès, je finis par m’engager dans le lac avec Symphonie. J’ai de l’eau jusqu’à mi-cuisse, mais ma foi, il faut savoir donner de soi et de toute façon, j’ai déjà les pieds trempés car mes chaussures arrivent en bout de course. Marius nous emboîte le pas, et nous traversons tout bien. Ça fait du bien finalement. Nous entamons ensuite la grimpette pour traverser le Bois de Varambeaumont, sur chemins souvent boueux. Symphonie cherche les bordures, ses pieds sont sensibles.

 


Nous aurons vu trois biches aujourd’hui, une avant Hardonseille qui squattait un parc à génisses, et qui s’est empressée de retourner dans la forêt à notre arrivée, et les autres dans la forêt entre Saint-Valery et Fleuzy. Des petites biches noisettes et agiles qui nous regardent arriver immobiles et détalent avant que nous ayons pu dégainer nos caméras. Lorsque nous arrivons sur Fleuzy, je prie pour que l’on trouve rapidement un endroit, car je fatigue. Stéphane lui n’a pas trop mal aujourd’hui, on dirait que les anti-inflammatoires naturels spécial articulations et l’huile essentielle de gaulthérie font effet.

Notre premier essai au Tropico, lieu de pêche et de détente, est un échec. Les gens, qui nous voient arriver, ferment le portail et s’en vont dans leur fourgonnette sans même nous calculer. Chouette accueil ! Demi-tour. En revenant sur nos pas, on tente un terrain à vendre en friche entre deux maisons neuves, mais on laisse tomber car l’herbe nous chatouille sous les bras et nous ne trouvons personne dans la maison du conseiller communal, juste à côté. Les voisins ne savent pas trop comment se positionner. On décide de continuer sur notre tracé, sur le GRP de la Haute Forêt de Gimmerville, par la gare.

Une voiture s’arrête à notre hauteur. La femme nous indique un terrain destiné au gens du voyage, dont elle fait partie, à environ 1km, après le cimetière. En y allant, nous tombons sur Caroline qui accompagne un groupe d’enfants. L’occasion d’échanger deux mots et de faire une photo. Le terrain qu’on nous a indiqué est en bon état mais en bordure de nationale, et il doit y avoir un animal mort pas loin car il y règne une odeur fétide qui rebute même les mul’ânes… Après déception et hésitation, car on en a ras les baskets, on continue notre chemin, après avoir récupéré de l’eau au cimetière. On essuie quelques averses, éparses certes, mais normandes (éparses, éparses, oui mais de Normandie !!).

Un peu plus haut en bordure de champs, on fait une pause déchargement et grignotage pour nous, on fatigue vraiment. Dix minutes pour récupérer. Il n’est que 17h mais on est partis tôt ce matin … On espérait se poser de bonne heure… Mais non ! On reprend nos sacs, les mul’ânes font la tête, et on grimpe le sentier du GR de pays, en espérant qu’on trouvera plus haut. Après 45 min, nous arrivons sur les genoux à la Ferme de Robin, la ferme de la dernière chance, chez Ingrid. Il y a des ballons accrochés tout le long de l’allée, c’est l’anniversaire de sa fille Marie de 24 ans, qui va arriver.

Accueil, sourire, bonheur. Marius et Symphonie peuvent se mettre dans une grande pâture à l’herbe haute. Après un moment de liberté, le temps pour nous d’aller prendre une douche ressuscitante, on les attache pour la nuit. Il y a décidément trop à manger, et le signal a été donné par la mule qui a eu mal aux pieds aujourd’hui. Nous, nous posons la tente dans le jardin de la ferme. Ingrid, qui prépare la fête de ce soir et est bien occupée, nous donne un thermos de café et deux bières. Je suis out, mais trouve la force de préparer quelque-chose et on mange du riz à la tomate.
Je pensais dormir à 21h mais il est 23h30 quand je m’endors, Steph est dans les bras de Morphée depuis un moment… Extinction des feux, quelle dure journée ! Beaucoup de reconnaissance pour cet accueil.

[Dimanche 21 mai 2017]
Ce matin nous sommes bloqués à la Ferme du Bois Robin.
En effet, Steph se réveille avec une grosse migraine, prend deux cachets et retourne se coucher, en me disant qu’on verra plus tard. À 11h30, il n’est toujours pas bien, on va donc sûrement rester là aujourd’hui. Je ne le vois pas se taper nos 16km dans cet état… Comme il fait jour tard, on se dit qu’on pourra peut-être faire quelques kil en fin de journée pour avancer un peu. C’est qu’on est attendus mercredi soir à Boismont, dans la Somme, chez Delphine et François. Mais pour l’instant, Steph est cloué dans son duvet avec une chaussette mouillée sur le front. Propre, la chaussette, je précise !

Je vais chercher de l’eau à la maison, ramener le thermos et récupérer les batteries qu’on a mises à charger pendant la nuit. Ingrid me propose un petit dej, je mange un peu de brioche avec de la confiture mais j’avais déjà pris un muesli au réveil, avec le café. On discute un moment au soleil, avec Clément aussi, son fils cadet. Je reviens à la tente et Steph est toujours HS. Je réfléchis à comment parquer les mul’ânes pour les limiter sans les attacher… Le problème du parcage se règle par lui-même car, lorsque je vais avertir Ingrid de l’état de Stéphane, sa fille me demande s’il est possible de mettre les doudous dans le jardin avec nous, car la pâture dans laquelle ils sont actuellement va être récoltée, et il ne faudrait pas qu’elle soit trop tassée par leur présence. Aussitôt dit, aussitôt fait, je les ramène vers nous avec leurs longues longes.

Le temps de remarquer que Symphonie a vraiment mal sur les cailloux… Mince, j’espère que ça va aller… L’herbe est gorgée d’eau par ici, cela fait le quatrième jour qu’ils ne boivent pas et font pourtant régulièrement pipi. Ils passent le plus clair de la journée à se reposer, je pense que la trotte d’hier a dû les fatiguer aussi. Ils restent de longs moments couchés, Symphonie de tout son long, les yeux fermés. Moi j’écris, et je vais couper un peu d’herbe haute et des orties à faire sécher pour les mul’ânes. Il n’y a pas que les orties à faire sécher d’ailleurs, j’étale donc nos affaires et nos chaussures au soleil.

Steph émerge vers 17h, après avoir dormi un peu dehors à l’ombre, un peu dans la tente. Froid, chaud… Ça va mieux, mais il a toujours mal, malgré les cachets et le nux vomica. Il a dormi de travers la nuit passée, mais on pense que la digestion y est aussi pour quelque chose.
On essaie de voir si on peut raccourcir notre tracé jusqu’à Boismont, c’est sûr, on ne partira pas aujourd’hui… Steph m’apprend que le peuple suisse a accepté à 55% une sortie progressive du nucléaire d’ici 2034. Cool, espérons qu’elles ne pètent pas avant, les centrales.
Nous mangeons un petit couscous, téléphonons à nos familles, la soirée arrive tranquillement. Le fermier, Christophe, vient nous voir, faire une caresse aux mul’ânes et discuter le coup. Nous avons de la chance d’avoir pu rester là.

Vers 20h, Marius et Symphonie se remettent à manger, nous sommes désolés de devoir garder leur longes un peu courtes, mais il en va de leur santé. Marius a toujours un peu de diarrhée, les pieds de Symphonie sont moins chauds et elle a l’air plus réveillée. Alors qu’elle tire sur sa longe et se cabre comme pour dire, je l’embarque dans son jeu et vais faire un petit trotting jusqu’au bout de l’allée, histoire de la défouler. L’aller-retour lui suffit pour se calmer et elle accepte ensuite volontiers la longe. Allez, demain est un autre jour, et il sera beau.

Tags : AumaleBeaufresnesContevilleFleuzyHardonseilleHaudricourtNormandieSeine-MaritineSt- Valery

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