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Marius Tour de France

Jour 415 / Retour vers le passé …

[10 mai 2017]
Malgré ma fatigue, j’ai assez mal dormi. Un peu froid un peu mal partout. C’est la chaleur qui nous réveille avant le bip bip: c’est une bonne nouvelle car ça veut dire qu’il fait encore beau aujourd’hui. Mon réveil est encore plus difficile qu’hier, j’ai les yeux gonflés, une grosse tristesse qui m’envahit. Ca m’arrive parfois. C’est peut-être aussi lié à mon cycle qui me joue des tours, on s’approche de la pleine lune. Lorsque Laure et son fils passe donner trois carottes aux mulânes avant d’aller à l’école, je n’ai pas le courage de sortir les saluer et laisse gérer Steph. Ça fait du bien malgré tout de sortir de la tente avec cette belle lumière qui fait scintiller les gouttelettes de rosée. Marius et Symphonie sont en mode sieste au soleil et prennent encore plaisir à se rouler dans le sable. Petit à petit je me sens mieux, après avoir fait un brin de toilette avec l’outre noire suspendue. Nous prenons notre petit déj au soleil et nous préparons à partir. A 11h, en remontant le petit prés, nous revoyons Laure et d’autres voisins, avec qui nous échangeons quelques minutes. Nous avons vérifier sur la carte et notre chemin aujourd’hui nous fait bien passer par Gerberoy. Le public a apparemment accès au tournage et peut-être verrons nous des décors des costumes des potes et Jean Dujardin? Nous nous amusons à nous imaginer figurer au film le temps d’un passage.
En sortant du village nous retombons sur un troupeau de vaches, ce qui va nous arriver sans cesse désormais. Symphonie passe devant et se comporte bien. Je la laisse d’ailleurs brouter quelques instants pour qu’elle associe les bovins à quelque chose d’agréable, ça a l’air de fonctionner.
Nous passons le village de Lanlu et progressons dans des paysages toujours magnifiques, sur des chemins très agréables. Ça monte et ça descend tout le temps et cette variétés nous convient bien.
Avant le village de Wambez, il nous faut parcourir environ 300 mètres d’une départementale fréquentée et super rapide, où circulent pas mal de camions. L’un deux nous dépasse à toute allure presque en nous frôlant, nous serrons les fesses et sommes heureux de bifurquer pour sortir de cette galère.
Il est 14h30 lorsque nous arrivons à Gerberoy, l’un des joyaux du département de l’Oise. Nous sommes immédiatement saisis par la beauté de ce village : torchis à colombages et hourdis de briques se côtoient dans un mélange plein de charme. Outre ses maisons anciennes, Gerberoy possède un patrimoine remarquable (sa collégiale Saint-Pierre, ses remparts…)  qui lui ont permis un classement parmi les cent un  » plus beaux villages de France  » en 1982. Nous traversons ensemble les rues du village et arrivons sur les lieux de tournage où les éléments de décor nous plonge  au début des années 1800. Le contraste est fort et amusant entre la machinerie high-tech du film, les animaux, les matériels d’époque et tous les figurants en costumes.

Notre arrivée ne passe bien sûr pas inaperçue et de nombreuses personnes viennent nous voir pour nous poser des questions. Nous y recroisons d’ailleurs Angélique, notre hôtesse de la veille. Les mulânes se comportent très bien et se laissent entourer et caresser. Nous assistons au tournage d’une scène pendant que Marius et Symphonie grignotent un des éléments du décor, c’est-à-dire du foin sur un char ancien.

Après 1h nous décide ont des quitter les lieux, Jean a manifestement autre chose à faire que de venir faire une photo avec nous! Une petite pause à la sortie du village pour décharger les doudous et grignoter un morceau à la terrasse du café, s’impose. Vu l’heure nous ne pouvons avoir que des cafés, justement, et une gaufre. Ma foi, on s’en contentera. L’endroit est splendide est le prix des consommations va avec .. ça doit être plus cher qu’à Paris!
Nous resterions bien à discuter avec Emmanuelle au soleil encore longtemps mais nous sommes à 3h de marche de chez elle, et c’est à 16h que nous décollons. Le GR redescend vers une petite rivière que Marius et symphonie traversent sans difficulté. Il y a à nouveau des vaches et ma mule semble à peine les remarquer, je suis aux anges. À chaque fois je la laisse brouter et elle comprend vite que rester calme face aux bovins est tout à son avantage.
Nous passons le village de Buicourt et continuons dans les champs. Le chemin nous fait souvent passer sous des haies d’arbre très agréables. Emmanuelle nous a prévenu qu’à Hévécourt, nous devons éviter de couper sur le petit chemin car il y a des plaques de pierres glissantes, et qu’il vaut mieux contourner par le village. Ce faisant, nous croisons un vieux monsieur à son portail qui nous attend. Il nous a vu depuis son tracteur et avait bien l’intention de nous poser des questions sur notre périple. De fil en aiguille, il nous propose une bière que nous ne pouvons refuser et tout en laissant brouter les mulânes dans sa cour, nous l’écoutons aussi nous parler de sa vie et notamment de l’époque où il est allé en Algérie, pendant la guerre. Ce monsieur a beaucoup d’humour et nous nous plongeons dans ses histoires avec délice malgré l’heure tardive.

Il est 18h45 lorsque enfin nous arrivons à repartir et il nous reste encore plus d’une heure de marche. Nous recommençons par des chemins boueux, puis une jolie grimpette. Malgré la beauté de la lumière et des paysages, les derniers kilomètres nous semblent interminables et nous commençons à fatiguer, alors on se met en mode automatique. Un peu avant l’arrivée à Bazancourt, Emmanuelle nous attend au bord du chemin avec sa petite chienne Bubulle pour filmer notre arrivée et nous conduire jusqu’à chez elle. Là, nous rencontrons Cyril, son compagnon, et nous découvrons avec émerveillement leur splendide lieu de vie.

C’est une sorte de village dans le village avec des anciens bâtiments conservés au milieu d’une végétation luxuriante. On se trouve dans un autre monde, quel bonheur d’être arrivé là. Cyril est restaurateur/décorateur et c’est avec beaucoup de originalité et de goût qu’il a aménagé ce bel endroit. Le petit parc préparé pour les mulânes est super chouette, arboré, il y a de l’herbe, du foin, de quoi débroussailler et une grande baignoire remplie d’eau. Deux des chevaux d’Emmanuelle sont ici aussi, deux parcs plus loin.
Nous posons nos affaires dans une des granges et prenons connaissance de notre chambre, une ancienne étable aménagée où nous nous sentons super bien. Nos hôtes nous ont préparé un super repas, ils ont un potager!! Malgré notre grosse fatigue, nous passons une super soirée en leur compagnie et allons nous coucher avec plein de bonheur dans le cœur.

Tags : BazancourtGlatignyGR 126OisePicardiePicardie Verte

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