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Marius Tour de FranceMTF #Oise

Jour 414 / Aux Marais, capitale des ânes !?

[Lundi 8 mai 2017 -16km]
Ce matin, Dominique nous amène un plateau petit-déjeuner trop chou. Lui et Chantal sont très occupés car ils reçoivent des invités ce midi, mais ils prennent le temps de nous soigner, nous apprécions beaucoup! Les mul’ânes​ ont passé une bonne nuit aussi avec du foin et un abri. Nous quittons nos hôtes et Hodenc-l’Évêque à 10h30.

Il y a pas mal de vent, mais contrairement à d’habitude, cela ne semble pas gêner Symphonie dans ses naseaux. Nous marchons à travers les champs de colza et, en passant devant une jolie petite église avec un parking noir de monde, nous nous disons qu’il doit y avoir une commémoration du 8 mai. Nous passons le Val de l’eau puis remontons pour passer sous la voix de chemin de fer, et nous arrêtons vers midi pour une pause casse-croûte juste avant de traverser l’autoroute. Au bord d’un chemin herbeux et broussailleux d’un côté, et champ labouré de l’autre. Comme d’habitude, je ne me repose pas beaucoup car pour pouvoir laisser ma mule brouter en liberté, je dois me la veiller un petit peu pour ne pas que lui vienne l’idée de se rouler avec son bât, si elle est trop loin de moi. Cas échéant, le temps que je crie et que je me lève, c’est trop tard ! Alors je reste à une vingtaine de mètres. C’est sûr qu’il y a mieux comme pause… Malgré une très bonne nuit de sommeil dans ce joli petit chalet avec feu de cheminée, Stéphane a des douleurs un peu partout. On va essayer de trouver un ostéo bientôt, probablement lorsqu’on sera arrivés chez Emmanuelle. Les douleurs font partie du voyage, on s’entend bien. Les courbatures ou les raideurs. Mais quand même, il y en a certaines, et c’est valable pour les animaux aussi, qu’il ne faut pas laisser empirer, sans quoi le périple peut être compromis. D’ailleurs, nous avons oublié de le dire, les mulânes ont eu droit à leur séance d’ostéo lorsque nous étions à Chantilly. Un réalignement tous les six mois n’est pas un luxe, pour qu’ils se sentent bien.
Les chemins sont encore un peu glissants, mais ça va quand même mieux que les deux jours précédents. La traversée de l’autoroute se fait sans encombre, il y a des panneaux anti-bruit qui bouchent la vue sur les véhicules arrivant à toute allure. S’ensuit un kilomètre de route départementale à grand trafic, une grande ligne droite où heureusement nous sommes visibles, mais où les voitures roulent plutôt très vite! Les ânes sont très calmes et les conducteurs plutôt sympas, mais nous devons rester concentrés car un écart pourrait être très dangereux. La route est bordée par un champ de colza, et nous ne sommes pas à l’abri qu’un oiseau s’envole brusquement, par exemple. Tout se passe bien mais nous sommes quand même soulagés de reprendre les chemins à travers champs.

Malgré le temps maussade, c’est très beau. Toujours des champs qui nous entourent, ponctués de petits bois, avec des fleurs des champs et des graminées qui s’épanouissent. Alors que nous descendons sur Bongenoult, nous voyons à nouveau un troupeau de veaux sur la droite, proche de la clôture, et un autre troupeau de vaches à gauche, un peu plus éloigné. Comme nous sommes partis plus tôt ce matin et que nous avons marché à un bon rythme, nous décidons de prendre le temps de nous occuper de la phobie de Symphonie. Je l’oblige à marcher devant et Stéphane m’aide en la poussant gentiment derrière. Je pensais devoir insister beaucoup plus longtemps mais finalement, après une minute, elle se décide et se met à marcher franchement. Les veaux s’excitent et partent en courant mais Symphonie reste plutôt calme, elle ne me prend pas la main, et nous arrivons dans de bonnes conditions au bout du chemin. Mais nous tombons alors nez à nez avec une rivière à traverser !

Le pont en pierre et très fin et bordé d’une barrière qui nous empêche d’y passer avec les sacoches. Je n’ai pas du tout envie de mettre les pieds dans l’eau.. Pendant que Steph essaie de convaincre Marius de traverser seul, pour que nous puissions prendre le pont, Symphonie broute un peu face au troupeau, pour récompense. Elle est trop occupée par les vaches pour se concentrer sur l’eau. Marius s’y colle et la mulette suit. Steph met un peu les pieds dans l’eau, mais ses chaussures sont plus étanches. Finalement les deux mulânes traversent la rivière sagement et nous pouvons continuer avec des sabots tout propres! Une petite grimpette s’ensuit et je n’en finis pas de féliciter ma mule pour son bon comportement de tout à l’heure. Une piste nous amène à un stand de tir que nous dépassons sans aucune réaction.

Les mulânes ont vraiment super bien marché et il est encore tôt lorsque nous arrivons proche de Aux Marais, le village où doit avoir lieu la Fête de l’âne dans un mois. Les mascottes sur l’affiche, spéciales guests de la fête, sont Gribouille et Pépita, les deux ânesses de Anne et Victoire. Plutôt que de pousser jusqu’à Goincourt, comme il était prévu, nous décidons d’aller voir à dans ce qui semble être la capitale de l’âne ! Stéphane se dit que l’accueil y sera sans doute bon et que nous trouverons donc un terrain facilement  pour bivouaquer. Un avant goût de la fête ! Nous arrivons par l’Église qui est très jolie, et croisons un couple de joggeurs avec qui nous discutons.

Lorsque nous descendons sur le village, nous constatons qu’en ce moment a lieu la Fête des fleurs! Ils aiment les fêtes par ici, cool. Du coup le trafic est ralenti et perturbé, il y a beaucoup de monde et des centaines de voitures parquées dans un champ. Oups, ce n’était peut-être pas le bon jour pour débarquer ici… finalement nous trouvons un bout de terrain en friche entre deux maisons, et demandons à un monsieur si nous pouvons nous y installer. Il confirme, nous assurant que le propriétaire n’habite pas ici et qu’il serait d’accord. Il est 16h30, nous aurions vraiment le temps de profiter de la fin d’après-midi et de la soirée, sauf que là, une fine pluie s’est mise à tomber. Le terrain est une vraie friche, avec pas mal d’orties et autres trucs bizarres, et nous installons Marius et Symphonie où nous pouvons à l’attache. En posant son sac-à-dos, Steph entend gratter entre son sac et la housse de protection de pluie. Il l’enlève, regarde et découvre une petite souris qui a visiblement élue domicile depuis plusieurs jours (probablement deux),  entre sa bâche et son matelas ! Quelle drôle de surprise !  Il l’a relâche et se rend compte aussi qu’elle a fait des trous dans sa protection ! Il peut en acheter une neuve !

Pendant que je veille sur les mul’ânes, Stéphane s’en va voir à la fête des fleurs s’il n’y a pas un autre terrain un peu plus friendly. Il revient avec 2 parts de tarte aux pommes, mais pas de meilleure idée pour passer la nuit. Soit nous dormirons ici. Nous montons la tente pour mettre les affaires délicates à l’abri et Stephane s’y installe assez rapidement pour avancer sur la vidéo. Quant à moi, je reste un peu dehors discuter avec les voisins et d’autres passants très intéressés, avec des enfants. Je fais aussi des gratouilles à ma mule qui, après avoir fini de manger, viens réclamer mes services. Comme la dernière fois, je mets mes mains en action et c’est elle qui se positionne. J’adore ces moments de complicité. Et Marius, qui ne montrait pas d’intérêt particulier pour les séances papouilles, commence à s’y adonner aussi. Mais bon, ça ne dure pas longtemps, il fait froid et très moche…. le voisin, qui a un pigeonnier magnifique derrière sa maison, m’offre une bière et me propose de dérouler une prise électrique jusque de notre côté de sa haie. Merci beaucoup, cela nous rendra bien service! J’amène l’autre moitié de la bière à Steph et finis de discuter avec les quelques personnes qui me posent plein de questions. Je fais deux téléphones et, vers 19h30, je me décide à rentrer également dans la tente. Nous grignotons un petit truc et dodo, en espérant que demain sera plus clément.

[Mardi 9 mai 2017]

Réveil difficile, bruyant de voitures, je suis fatiguée. Je bloque sur le blog, que je n’arrive pas à avancer, je me juge, ça me prend trop de temps, ce que j’écris est trop long, ce que je dis n’est pas intéressant, etc…. Me sens triste et de mauvaise humeur. Je vais faire pipi dans la haie et me connecte avec le soleil, les oiseaux, la nature qui se réveille aussi. Je repère chacun de mes jugements et l’invite à ressentir de la gratitude. Instantanément, ça va mieux, et un fois le petit dej’ pris, je suis d’attaque. Nous passons par la place centrale pour boire un café et faire une petite vidéo devant l’affiche de la Fête des ânes, pour envoyer à Anne et Victoire, puisqu’elle y seront avec Gribouille et Pépita dans un mois.

Nous reprenons le GR 126 pour éviter la route et ensuite traverser Goincourt. C’est un temps splendide qui remet de la couleur à la végétation, après que la pluie l’ait lavée. Retour vers un bel éclat printanier qui embrasse les prairies fleuries. Marius et Symphonie avancent plutôt lentement aujourd’hui et à 14h30, lorsque nous reprenons la route après la pause casse-croûte et après avoir fait la présentation du vlog au bord du chemin, nous n’avons fait que 6 km. Il faut dire qu’il y a eu un peu de dénivelé et qu’il fait soudainement beaucoup plus chaud. Nous aussi on le sent, et on apprécie, après deux jours quasi hivernaux ! On s’octroie des pauses broute photosynthèse dans une verdure luxuriante, avec une belle vue. Entre le Mont-st-Adrien et Savignies, il y a une ambiance de pâturages d’altitude. Et qui dit pâturages, dit vaches!!!

Nous croisons des terriers à lapins toute la journée et des petits lapereaux nous traversent sous le nez à plusieurs reprises. C’est ce que me dit Stéphane mais, bon… moi je ne les vois pas vraiment car Symphonie veut marcher derrière… Après « Le Détroit », nous entrons dans la forêt et retrouvons des chemins défoncés et de grosses ornières pleines d’eau, qui nous ralentissent. On passe à côté de La Place par un chemin creux au milieu duquel on trouve une barrière anti-quad… Visiblement, ça n’en arrête pas certains !

Comme il est 17h15 et que nous devons de toute façon faire une petite pause, on décharge les mul’ânes, on passe, on filme et on respire un coup. Il fait chaud – froid – chaud, on n’arrête pas d’enlever et remettre des couches. Au bout de ce chemin, à quelques centaines de mètres, nous tombons sur une autre barrière très étroite, mais cette fois-ci, on trouve un passage à travers la haie et on longe le champ. Pas envie de redébâter! Le chemin est à nouveau détrempé sur un bon bout. Puisqu’il est déjà tard, on décide de s’arrêter à Glatigny. Le dernier bout est éprouvant aussi car on croise plein de vaches. Je fais marcher Symphonie devant, mais le chemin est étroit et très glissant, elle finit par monter dans le champs de blé attenant. Elle est speed mais ne me prend pas la main, je la félicite sur tout le passage, qui est long, avec le troupeau de charolaises au taquet qui nous suit…

Arrivés dans le village, nous ne trouvons pas tout de suite un lieu où nous poser, malgré les pâtures à n’en plus finir. Un gentil monsieur finit par nous orienter vers un terrain communal, qui se révèle trop petit, et vraiment au bord de la route. Nous sommes fatigués, enfin surtout moi, je n’aime pas arriver tard et trop crevée… Et toujours cette pression pour l’écriture du blog en ce moment, pour rattraper le retard tout en écrivant la journée en cours, et ce soir, je n’y arriverai pas. On décide de prendre de l’eau au cimetière et de sortir du village. Et là, comme souvent dès qu’on a pris de l’eau et qu’on se prépare à partir, une dame vient avec ses enfants. Laure nous dit qu’il y a bien une place plus loin, avec des forains. Elle nous parle de Gerberoy, un village où se passe en ce moment le tournage d’un film d’époque avec Jean Dujardin. On lui fait penser à des figurants.

On s’installe finalement dans une jolie bande herbeuse qui appartient à son grand père. Les voisins, Angélique et Samuel, sortent et nous proposent de mettre Marius et Symphonie dans leur parc à chevaux, qui ne sont pas là. Très sympas, merci, ils seront en liberté cette nuit, et auront du foin. Ils font le tour du parc et reniflent partout, pendant que Samuel, lui aussi, nous parle du tournage à Gerberoy en nous montrant des photos des décors. Le petit garçon de Laure revient pour nous apporter six oeufs frais, trop chou. Avant de repartir, il nous explique bien que le chiffre inscrit sur l’œuf correspond à la date de ponte.  Pendant que Stéphane va prendre une douche, je fais cuire les oeufs et un petit méli-mélo de céréales légumineuses. Nous profitons du coucher de soleil et sa belle lumière dans les arbres, avant que le froid nous jette sous la tente.

Tags : Aux MaraisGlatignyGR 126Hodenc-l'Evèque

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