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Marius Tour de FranceMTF #Seine MaritimeMTF #Somme

Jour 430 / Retrouvailles avec nos amis … et la phobie des vaches !

Mercredi 24 mai 2017 – 18 km]

Nous nous réveillons doucement sur ce joli terrain communal bordé de peupliers, en face de la grotte de la Vierge. Je prépare un petit déjeuner, après avoir déplacé Marius et Symphonie de quelques mètres, pour qu’ils puissent prendre le leur. Prise d’une envie de me soulager qui ne se discute pas, je pars en quête de toilettes publiques. Je demande à deux dames occupées à arroser des plantes dans le cimetière, à côté de l’église. Elles me répondent que les seules toilettes publiques se situent dans l’école. Ah ? Il y a une sonnette, je m’exécute mais personne ne me répond. J’ai l’impression qu’ils sont en pleine dictée, certes mais ça n’arrange pas mes bidons ! Une des deux dames, d’un âge certain, me propose de venir chez elle, elle n’habite pas loin. Comme je sais que Stéphane aura probablement besoin d’y aller aussi, je lui demande si elle est d’accord pour qu’il vienne après moi.

Partagée entre son bon cœur, son envie de rendre service et sa crainte d’inconnus débarquant chez elle, je la vois hésiter. Elle ne peut pas dire non mais elle est inquiète. Arrive à ce moment-là René, le conseiller communal qui nous a accueillis la veille, l’homme qui tombe à pic. La dame l’invite à boire le café, ainsi rassurée. Merci Madame, d’avoir osé ouvrir votre porte. Steph y a finalement même pris un café, la classe.
Alors que nous équilibrons nos sacoches, nous entendons le klaxon de la boulangère ambulante. J’achète deux baguettes pour 2,60 euros… Bon, quand on a besoin de pain. Nous recevons encore la visite du Maire juste avant notre départ. Il nous souhaite bonne route.
Finalement, il est 10h50 lorsque nous partons. Nous passons Biencourt, Morival, en suivant de petites routes goudronnées à travers les cultures, progression monotone propice à la méditation, celle de goûter à la sensation du vent et d’écouter les petites alouettes qui piaillent au dessus des champs cultivés.

Les pieds de Symphonie semblent aller mieux, le Hoof stuff et le temps redevenu sec ont fait leur effet dans ses fourchettes sensibles. Nous sommes de bonne humeur aujourd’hui, et il faut dire que nous nous réjouissons de la soirée, puisque nous allons revoir Brigitte et Sader, qui profitent d’une escapade de quelques jours en Baie-de-Somme, à l’occasion du long week-end de l’Ascension, pour nous ramener Bayah là où nous serons posés !

Nous passons sous un tunnel qui résonne juste avant Vismes, ce qui n’émeut personne. Il fait chaud.
Nous nous arrêtons pour une pause casse-croûte de 13h à 14h dans une pâture à vaches ouverte. Alors que nous grignotons assis sur une petite zone d’ombre et que les mul’ânes broutent pas loin, l’agriculteur vient nous voir. Son troupeau de vaches est derrière lui, dans le parc d’en face, il pensait les mettre là. Les vaches s’impatientent et appellent pour qu’il leur ouvre. Très gentil et intéressé par notre voyage, l’agriculteur nous dit de prendre notre temps, il va amener ses vaches ailleurs. Il revient même nous apporter des boîtes de thon, de maquereau, du pâté et une bouteille de Tropicana super fraîche, sur l’initiative de sa femme qui nous fait des signes au loin. Nous sommes très reconnaissants !

On change notre itinéraire pour gagner un ou deux kilomètres, sur les conseils de l’agriculteur.
En marchant sur cette longue ligne droite en direction de Toirs en Vimeu, il nous semble percevoir dans le vent du nord / nord-est les premiers effluves salés de la mer… Difficile à décrire comme impression géniale, mais c’est vrai qu’on s’en rapproche, de cette mer que nous attendons. Au bout de la piste, nous nous rendons compte que les chemins présents sur la carte n’existent plus en réalité, et nous sommes obligés d’emprunter un bon bout de grosse départementale « chaud patate » avec un rétrécissement juste avant le village. Il y a des vaches des deux côtés, des camions et une tondeuse dans un jardin… on finit par se mettre au milieu de la route et à faire signe de ralentir pour les 20 derniers mètres, pour notre sécurité.

Nos mul’ânes commencent à être vraiment de vieux roublards, et même s’il y a une petite montée en pression, tout se passe bien. On est quand même contents de bifurquer dans le village. Tout ça parce que les petits sentiers que nous avions repérés ont disparu ! En effet, les cartes ne sont pas remises à jour assez régulièrement et dans certaines régions, la réalité ne correspond pas du tout avec ce que nous avons sous les yeux. Nous pouvons d’ailleurs nous y attendre assez rapidement, si on regarde la vieille typographie utilisée sur certaines cartes et qui nous laisse présager que nous aurons des surprises sur le terrain.

Nous arrivons à Toeufles à 17h, mais ne trouvons pas tout de suite où nous poser. Nous tournons dans le village, discutons par la fenêtre d’une usine avec des employés ravis de nous voir passer et qui nous redirigent un peu plus loin. Nous saluons des retraités qui, eux, saluent notre courage, et continuons à chercher. D’abord sans succès, nous finissons par voir un petit bout de pâture derrière des murs en briques. Il y a une grande propriété avec un tracteur qui fait les foins dans les champs et Stéphane va demander à l’agriculteur ce qu’il en est, pendant que je garde les mul’ânes broutant. Le petit pré appartient au patron de l’usine que nous avons vue à l’entrée du village, et Stéphane repart pour aller demander l’autorisation.

Il revient avec le frère du patron, qui est très gentil et nous autorise à nous poser là et à utiliser le petit abri pour dormir. Il vérifie également qu’il reste un peu d’eau dans la citerne pour les mul’ânes et nous indique où trouver un robinet pour l’eau potable pour nous. Nous serons super bien ici, c’est herbeux mais pas trop, ombragé, arboré, au calme et nous n’avons pas besoin de monter la tente. Nous envoyons rapidement un message à Brigitte et Sader pour qu’ils puissent nous rejoindre. Alors que nous sommes en train d’installer notre camp, nous voyons arriver l’employé de l’usine avec qui on avait discuté par la fenêtre. Tout sourire, il nous tend un « gâteau battu », la spécialité du coin ! « Voilà pour votre petit-déjeuner ! » Wouahou merci! Après avoir parlé un moment, il nous dit que son neveu n’habite pas loin, que c’est un voyageur et que cela lui plairait sûrement de venir nous voir. Il s’en va donc le chercher et nous dit nous tenir au courant. Nous ne l’avons pas revu, ni son neveu d’ailleurs… il ne l’a peut-être pas trouvé.

Lorsque Brigitte et Sader arrivent, nous entendons aboyer Bayah dans la voiture et cela nous fait tout drôle !! Elle est la première arrivée, avec un air tout bizarre, entre joie et perplexité. Cela fait plus de deux mois que nous ne nous sommes pas vus. Pour nous les humains, ce sont des embrassades de retrouvailles émouvantes, pendant que Marius et Symphonie viennent renifler Bayah et lui faire des papouilles sur le dos, signes qu’ils l’ont reconnue. Nos amis sortent un sac de victuailles de la voiture et nous installons une bâche pour prendre un bon apéro. Nous trinquons au plaisir d’être ensemble et à la joie de nous voir. Nous rigolons beaucoup, le petit vin blanc aidant probablement. Quel beau moment !

Symphonie reste à côté de nous une bonne partie de la soirée, en mode sieste. Marius va et vient. Lorsque nos amis décident de s’en aller pour rejoindre leur chambre d’hôtes, Bayah ne fait pas mine de vouloir sauter dans la voiture, ce qui nous rassure un peu. Elle est donc prête à reprendre la route avec nous, toute belle, brillante et en forme. Nous installons notre couchage sous le petit abri en mettant un peu de paille par terre pour aplanir le sol alors que la nuit tombe doucement. Nous nous sentons vraiment en contact avec la nature. Ce soir, toutes nos batteries sont vides. Ça veut dire que nous avons trois jours d’autonomie.

Le téléphone de Stéphane devient vraiment énergivore. Nous avions finalement renoncé à le changer à Chantilly car nous préférions attendre encore un peu, mais là il va falloir agir, car trois recharges par jour, ça devient compliqué. Nous verrons bien demain matin si nous pouvons recharger nos appareils chez quelqu’un. Pour l’instant, je me sens spécialement bien ce soir-là et reconnaissante de pouvoir vivre tout ça, dormir avec nos animaux, Bayah installée près de nous. Les mul’ânes, qui ont eu leurs gratouilles du soir, sont calmes et paisibles. Je me dis que le voyage nous permet de vivre des moments d’une simplicité émerveillante, c’est dans ce genre d’instant que je vibre de liberté.

[Jeudi 25 mai 2017 – 17 km]

Doux réveil dans notre petit abri avec le chant des oiseaux. Bayah a passé une bonne nuit et semble joyeuse ce matin. Le téléphone de Stéphane est vide, le mien à moitié, et nous n’avons plus de batteries. Comme toutes nos cartes sont sur nos téléphones portables, nous avons besoin de trouver de l’électricité. Pendant que je prépare le petit déj à base du gâteau battu délicieux qu’on nous a apporté hier, Stéphane part avec les téléphones et une petite batterie externe, en quête de jus. Dans le village, il retourne chez les retraités enthousiastes que nous avons croisés hier pour leur demander s’il peut brancher un moment nos appareils chez eux. C’est avec joie et générosité qu’ils l’accueillent, en lui proposant un café et quelques tartines.

Ces gens adorables lui posent plein de questions sur notre voyage, ils trouvent la démarche très intéressante et courageuse. Surtout au niveau de la confiance que cela demande, de s’en remettre à la vie. Ils sont témoins de Jéhovah. Lorsque Stéphane revient au camp, il me dit que le couple de retraités souhaite me voir aussi. À mon tour donc d’aller prendre le café et discuter un moment avec eux, c’est très agréable. Merci beaucoup à vous deux pour votre accueil et votre générosité, et pour le pot de confiture d’abricots ! Il est convenu que nous passerons chercher nos appareils au moment de notre départ. Il fait déjà chaud, heureusement que la petite pâture est à l’ombre. Nous traînons un peu pour nous préparer. De plus, nous recevons la visite d’un jeune homme à vélo : c’est le fils du frère du patron de l’usine, qui s’intéresse aussi à nous et nous discutons un bon moment avec lui.

De fil en aiguille, le temps passe.. Nous préparons les mul’ânes, je me sens un peu fatiguée et Symphonie me semble un peu speed, sans raison apparente. Nous nous arrêtons encore un quart d’heure pour récupérer les téléphones chargés et la batterie, et pour saluer nos retraités qui nous ont bien sortis d’affaire. Au moment de nous mettre en marche, je me sens lasse, avec une tension basse, et il est déjà 12h30. Un peu dur vu les 17 km que nous avons à faire. Ma foi, les rencontres avec les gens font partie du voyage et nous font plaisir. C’est aussi pour le partage que nous sommes sur les routes. Nous prenons d’abord un chemin herbeux qui nous amène sur une piste, laquelle traverse les champs. Nous sommes rapidement au soleil et la chaleur tape. Nous devons retrouver nos habitudes avec Bayah, la tenir au pied sur les routes et veiller sur elle. Assez rapidement, nous avons l’impression qu’elle fatigue.

C’est sûr qu’il va lui falloir une remise en route progressive car elle sort de deux mois d’arrêt. Ça a quand même l’air difficile pour elle. À partir de Zoteux, nous suivons le GR 125, le long d’un chemin très agréable et ombragé, jusqu’à ce que l’on se retrouve entre deux parcs à génisses.!.. La situation se présente un peu compliquée pour moi et Symphonie. Il est 14h. Le chemin est carrossable, donc assez large, mais les parcs sont longs, près de 800 mètres, et les génisses de chaque côté sont curieuses et bougent beaucoup. De plus, ce sont des bêtes noires et blanches, celles dont Symphonie se méfie le plus. Il y a quelque chose que je sens mal là-dedans mais je ne m’écoute pas trop. Au vu des progrès que nous avons fait ces derniers temps avec les vaches, je me dis que ça va le faire… Nous essayons de faire passer la mule devant pour éviter qu’elle tente de dépasser Marius et de le bourrer avec les sacoches.

Ainsi, elle pourra accélérer le pas sans le gêner et je la suivrai. Sauf qu’elle ne veut vraiment pas y aller ! Nous assistons un peu mais elle monte en pression. Je n’ai pas beaucoup d’énergie aujourd’hui et n’ai pas envie de me confronter à ça. Je propose donc à Stéphane de passer devant et de prendre un petit peu d’avance. Malgré ça, Symphonie refuse de s’engager dans le chemin et je vois dans ses yeux qu’elle se trouve vraiment en difficulté. Elle préfère même faire demi-tour et se séparer de Marius plutôt que d’y aller. Je ne la force pas durement à avancer mais la représente face au chemin régulièrement et doucement, en la laissant réfléchir. Tout cela nous prend du temps et Stéphane et Marius se sont éloignés de plusieurs centaines de mètres. Par téléphone, Stéphane me propose de la lâcher en me disant qu’elle me suivra tôt ou tard, mais je ne le sens pas. En effet, nous sommes un peu plus lourds car nous avons récupéré les croquettes de Bahia et sa tente. Malgré toute l’attention portée à l’équilibre du bât, il pourrait tourner facilement. Finalement, elle se décider à y aller. Je m’attendais à ce qu’elle marche un peu vite, mais pas à ce qu’elle parte au galop en m’arrachant la longe!! Ce que je craignais arrive, à mi-distance le bât tourne et le chargement se retrouve sous son ventre. Comme à son habitude, elle s’arrête pour m’attendre afin que je règle la situation, mais je suis trop loin et le temps que je la rejoigne en courant, les vaches la rejoignent aussi.

Elle redémarre de plus belle et cette fois-ci commence à ruer, envoyant valdinguer sacoches et matériel partout sur le chemin. À ce moment là, j’ai vraiment très peur qu’elle se fasse mal. Heureusement, Stéphane la récupère en bout de course et essaie de la calmer comme il peut le temps que j’arrive. Je suis en pleurs et choquée, ces embardées sont dangereuses et manifestement je ne suis plus apte à la tenir ou à la rassurer dans ce genre de situation. Grosse remise en question, je n’ai plus confiance… Après avoir enlevé ce qui restait du bât et constaté les dégâts (des parties du harnachement ont cassé et quelques éraflures sont présentes sur les membres de Symphonie), nous les laissons brouter pendant que je reprends mes esprits, puis Stéphane repart en arrière, pour aller ramasser les affaires éparpillées à 200 m de là.

Les vaches continuent de venir vers nous et je dois repartir avec Symphonie tout au bout du parc, car elle est vraiment en stress. Je ne sais pas quoi faire d’elle le temps d’aller chercher des affaires qui sont vraiment loin. Finalement, je vois un petit parc clos qui sert probablement de tri au bétail avec de l’herbe. Je n’ose pas l’y laisser seule, alors j’appelle Stéphane pour qu’il vienne avec Marius. Nous les laisserons ici le temps qu’il faudra pour tout rassembler et pour décider de ce que nous allons faire. Je suis vraiment secouée, et de toute façon, le bât n’est plus en mesure d’être utilisé et mes tendeurs ont explosé. J’en tremble encore. La situation n’est pas si grave a priori vu de l’extérieur, c’est juste que soudainement, je me dis que ça aurait pu arriver sur une route avec du trafic ou en présence d’autres personnes qui aurait dès lors été mises en danger. Stéphane fait son possible pour me réconforter. Heureusement que nous devons arriver à Brétel ce soir chez Escap’âne. Pendant ce temps, Bayah se pose à l’ombre et récupère. Pour elle c’est bien. Brigitte et Sader sont encore dans le coin puisqu’ils visitent la Baie de Somme. Nous appelons donc Brigitte à la rescousse, « SOS ânes en détresse ». Nous avons une chance inouïe d’avoir des personnes sur notre route prêtes à nous soutenir dans ce genre de moment. Je me fais aussi la réflexion que si nous n’avions pas de téléphones, il nous faudrait bien nous débrouiller autrement… Brigitte et Sader lâchent tout et viennent nous retrouver. Ils emmènent le chargement de Symphonie dans leur voiture et irons le déposer à Bretel, le hameau où habitent Delphine et François, nos hôtes pour les prochains jours. Moi je marcherai avec Symphonie à vide, l’occasion aussi de voir comment elle se porte.

Le temps d’organiser tout ça, il est 16h30 lorsque nous reprenons la route. Le reste du trajet se passe plutôt bien, les autres passages de vaches sont moins flippants et comme la mule est libre de ses mouvements, elle gère mieux. Honnêtement, je ne me rappelle de pas grand-chose. Des visions de champs, de bois, de montées et de descentes, d’ombre et de soleil et de Bayah qui galère. Nous avons bien sûr averti Delphine, en sortie avec des clients, pour lui dire que nous arriverons plus tard. Nous demandons de l’eau à une dame dans un village, pour la chienne qui boit longuement.
A Boubert, puis Mons-Boubert, nous décidons de suivre la route principale goudronnée, plus facile, car elle est très peu fréquentée et très tranquille. Delphine nous avertit qu’elle vient à notre rencontre à vélo avec de l’eau fraîche ; ouf merci ! Il ne nous reste qu’un ou deux petits kilomètres, que nous faisons en discutant.

Nous arrivons à Escap’Ânes à 20h passées, j’ai du mal à arrêter mes larmes, Symphonie me semble lourde à la longe, quelques jours de repos vont être nécessaires, le temps de réparer le matériel et la confiance. Nous mettons les mul’ânes dans leur parc, à côté des six ânes de nos hôtes. Abricot, le plus leader du petit troupeau, braiera tard cette nuit-là : il tient à signifier à Marius qu’il a meilleur temps de se tenir à distance de Bella, sa femelle. Nous apprendrons à connaître ce joli petit monde demain. Nous, nous faisons connaissance avec François, le compagnon de Delphine, autour d’un apéro et d’un repas bienvenu. Nous arrivons chez eux en plein week-end de l’ascension, ils ont beaucoup de travail et c’est vraiment gentil à eux de nous accueillir malgré tout. Ils connaissent un bon cordonnier qui pourra réparer mon harnachement nettement mieux que je ne pourrais le faire, un ostéo pour Stéphane qui a encore des douleurs, et une ostéo apparemment vraiment bien pour Symphonie en cas de besoin. Merci infiniment pour votre aide précieuse. Nous voilà posés, les prochains jours nous diront ce qu’il en est…

Tags : BiencourtBretelEscap'âneMorivalNormandieRamburellesSeine-MaritimeToeufles

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