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Marius Tour de FranceMTF #Oise

Jour 386 / Marius s’exprime par son mordant…


Réveil dans la brume, qui se dissipe rapidement. Nous nous préparons tranquillement. Ce matin, je passe deux fois plus de temps à brosser ma mule pleine de cendres. Départ à 10h, nous tombons immédiatement sur un groupe de randonneurs avec qui nous échangeons un moment. Nous suivons le GR 11 qui va nous emmener longtemps en forêt, à travers le Bois du Roi puis le Bois de Droizelles.
Ça tombe bien, nous adorons les forêts. Celle-ci est grande, à nouveau sablonneuse par endroit, nous y admirons des pins, des bouleaux, de la bruyère ou alors des feuillus, des noisetiers et des ronces. Nous apprenons sur un site internet que cet endroit ne compte pas moins de 78 espèces de plantes dont la bruyère cendrée, exceptionnelle en Picardie ou encore la spargoute printanière en voie d’extinction dans la région. Un temps menacé par la végétation sauvage, ce bois a retrouvé de sa superbe grâce à d’importants travaux de réhabilitation. Le coucou a remplacé le faisan et nous suit. Nous espérons qu’il ne nous amènera pas la neige, comme l’année dernière au 1er mai ! En revanche, nous n’entendons plus  le pic-vert tambouriner sur les troncs d’arbre. Nous en avons d’ailleurs aperçu un il y a quelques semaines.
Parfois, le sol du bois est couvert de fleurs blanches et violettes, ça sent le miel, et les bourdonnements d’insectes rivalisent avec les chants d’oiseaux. Nous arrivons aux abords d’une grande voie de chemin de fer, et les traversons sur un pont. Une petite clairière et des souches en guise de sièges nous invitent à faire notre pause casse-croûte. Les mulânes se reposent et grignotent des feuilles. Stéphane aussi fait une sieste, pendant que je veille.
Nous repartons et laissons nos compagnons marcher en liberté, ils se partagent la tête du convoi. Sortis de la forêt, en marchant sur Versigny, ce sont les champs de colza en fleurs qui nous illuminent et titillent nos naseaux. À Versigny, nous longerons un grand parc avec un château où l’on aurait pu tourner un film d’époque, c’est splendide.
Steph a un conflit avec Marius qui ne cesse de vouloir le mordre. En fait, il essaie de lui croquer la main ou le bras (parfois il y a arrive) lorsque Stéphane ne le laisse pas libre ! Marius a toujours été habitué à marcher sans longe sauf lorsque les chemins étaient dangereux ou au bord des routes.  Il en profite alors pour croquer quelques herbes au passage ou pour s’arrêter et se délecter des spécialités locales ! Du coup, il n’apprécie pas d’être tenu et de ne pouvoir manger à sa guise. Ca l’énerve et il montre sa désapprobation en mordant. Cette dernière agression a mis en colère Stéphane qui a fini par attacher Marius à un arbre puis nous avons feint de partir. Pendant 15 bonnes minutes nous avons attendu un peu plus loin avant d’aller le chercher pour poursuivre notre route. Symphonie n’avait pas très envie d’avancer et de laisser son compagnon de voyage !  
Il est 16h30 quand nous arrivons à Baron, notre étape du soir. Nous avons marché 16 km. Comme il n’y a que des cultures alentours, on sort du GR pour entrer dans le village en vue de trouver un terrain, ayant vu sur la carte plusieurs centres équestres à proximité. Sur le petit chemin qui mène au centre, alors que nous longeons un champs de céréales, un tracteur en train de traiter nous croise de près sans arrêter son pulvérisateur. Nous prenons du produit plein la figure… Merci gars, pour l’empoisonnement gratuit !
Des habitants nous interpellent au passage pour nous poser quelques questions, et ils nous dirigent vers un petit centre équestre sympa où la gérante se fera, selon eux, un plaisir de nous accueillir. Mais lorsque nous y arrivons, elle n’est pas là et une dame, qui monte à cheval ici, nous redirige vers une autre écurie. Nous remontons le village, certaines personnes nous regardent bizarrement. C’est vrai que nous abordons les quartiers chics, et nos allures de baroudeurs détonnent un peu avec l’ambiance du coin.
À un carrefour, on tombe sur Jean, 92 ans, qui sort en voiture de la ferme équestre de son fils. Comme il nous regarde avec curiosité, nous lui demandons si nous pouvons nous poser ici. Nous nous rendons vite compte que ce vieux monsieur à la mémoire vive en vrac mais un coeur immense. Il nous pose avec intérêt les mêmes questions en boucle, sur les pieds nos de nos mulânes, notre chargement, où nous dormons, comment nous vivons, si nous avons besoin de foin ou de grain, d’eau… Tout en nous laissant mener à petits pas difficiles d’un bout à l’autre de la ferme où il pense trouver un coin pour nous sans succès, nous répondons avec tendresse et patience.
Finalement, il nous installe dans un joli petit parc vide à l’entrée, où l’herbe est rase. Mais il y a un peu de foin dans une petite cabane, ça ira très bien. Il y a des toilettes et une douche sommaire dans un hangars, ainsi que des prises électriques, c’est parfait pour nous. Jean nous salue en recommandant au bon Dieu de veiller sur nous et, pensif, il s’en va. Nous espérons qu’il n’oubliera pas de prévenir son fils, absent pour le moment. Pendant que Stéphane monte le camps, je fais un petit tour à l’épicerie in extremis avant la fermeture, pour y dégotter des biscuits. Plus tard, nous avons une discussion avec une propriétaire de cheval pieds nus qui est la seule ici à penser le cheval autrement, au naturel. « Je suis un électron libre ici, et ce n’est pas toujours facile de faire face aux préjugés des gens. Mais je tiens bon, j’y crois! », nous explique-t-elle. Nous en profitons pour attirer son attention sur les pousses d’érable sycomore, car nous en avons enlevé plusieurs poignées dans la pâture.
André, le fils de Jean, arrive vers nous. Il a su par ses employés que nous étions ici, sur les bons soins de son père. Il nous explique qu’ils font aussi chambre d’hôtes et accueil d’équidés, et nous demande 10 euros de dédommagement pour la place, la douche et le foin, dont les mulânes veulent à peine… Nous sommes surpris car il n’y a aucun panneau à l’entrée qui indique une quelconque structure d’accueil, ni même de tarifs. Nous le faisons d’ailleurs remarqué à Jean qui botte en touche avec une réponse pour le moins surprenante : « Pour vivre heureux, vivons cachés ». Certes mais cette attitude agace Stéphane. 
Nous passons la soirée dehors, face au coucher du soleil. Nous nous réjouissons de rencontrer Anne et Victoire, qui nous ont invités à Chantilly dès après demain soir et pour en tout cas deux semaines, puisqu’elles vont garder Marius et Symphonie pendant que nous rejoindrons nos familles pour les vacances scolaires de Pâques.
Tags : BaronOisePicardieRouvilleVersigny

2 commentaires

  1. Cette question n’a rien à voir avec le sujet du jour, mais, combien de kilos de nourriture mange Marius et Symphonie? Est-ce que vous leur donnez autre chose que l’herbe qu’ils broutent?

    1. On en leur donne rien d’autre que l’herbe qu’ils trouvent en chemin 🙂 L’hiver nous leur avons acheté du foin lorsque nous étions à l’arrêt ! Nous ne leur donnons rien d’autre !

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