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[Dimanche 9 avril 2017 – 15km]

Nous prenons le petit-déjeuner avec Sandrine tout en discutant de notre voyage et de l’avenir du monde agricole. C’est Pierre, son mari, lequel nous rejoint à table, qui est céréalier. Elle, s’est occupée de leurs 4 enfants et de la propriété, dont le jardin est immense. Ils ont arrêté l’élevage et même la pension pour chevaux, qui leur donnaient beaucoup de travail supplémentaire. Ne restent dans leur pâtures que quelques chevaux en retraite et Alpha, la mule d’Hélène, en attendant que cette dernière trouve un lieu de vie où elle pourrait l’accueillir. Sandrine est très sensible à l’écologie, à la nature, et souhaiterait aussi voir plus de respect dans l’agriculture, moins d’intensif et des productions à petite échelle.

Nous préparons Marius et Symphonie sous le soleil matinal qui est déjà très chaud, pendant que Sandrine et Sophie font un gros toilettage à leur petit chien. Il est 11h45 lorsque nous mettons les voiles, après avoir chaleureusement remercié nos hôtes. Nous allons passer par Villers-Cotterêts, la ville de François Ier, avant de bifurquer droit au nord sur Vivière. C’est facile, c’est tout droit! Le début du chemin nous donne pourtant un peu de fil à retordre car il est envahi de ronces et de peupliers coupés qui n’ont pas été dégagés. Au pire, nous avons l’autorisation de Pierre de passer le long de ses champs, si nécessaire. Mais heureusement, nous avons des mulânes de compète et nous arrivons à passer sans trop de peine. Ensuite, c’est une longue traversée de la forêt de Retz en plein éveil printanier. Cette immense forêt s’étale sur plusieurs communes de l’Aisne, autour de Villers-Cotterêts. C est l’un des plus grands massifs forestiers de France avec ses 13 339 hectares. Elle faisait partie à l’époque du parc du château construit sous François 1er, où celui-ci organisait des chasses à cours. On monte et on descend sans cesse, je n’arrête pas de régler l’avaloir, mais à part ça, cette forêt est magnifique, remplie de chants d’oiseaux et d’un court feuillage vert tendre. Nous y croisons plusieurs troupeaux de chevreuils, un renard qui nous regarde au milieu du chemin, et un écureuil joyeux. C’est très pratique également de passer par là, car cette forêt se prolonge sur un couloir vert, lequel mène droit au parc du château qui se trouve au centre-ville.

Ainsi, nous passons avec facilité et presque sans nous en rendre compte, toute la zone périurbaine. Arrivés au parc du château, nous déchargeons Marius et Symphonie pour une pause casse-croûte. Nous devons les attacher à leurs longues longes car il y a beaucoup de monde posé dans l’herbe ou de passage, des cycliste, des enfants. Heureusement, nous trouvons un petit coin bien herbeux et un peu en retrait. Nous discutons avec plusieurs personnes qui viennent s’enquérir de notre présence ici. En repartant, nous faisons un petit crochet pour passer devant le château, laissé à l’abandon. C’est dommage de délaisser ce patrimoine mais l’entretenir coûterait sans doute beaucoup, beaucoup d’argent et manifestement, les fonds ne sont pas disponibles. Nous apprenons par un habitant de la ville que si la forêt appartient à l’Office Nationale des Forêts, le château, lui, est propriété de la ville de Paris. Aujourd’hui, une maison de retraite est implantée dans l’enceinte du château royal !

Nous suivons le chemin qui part au nord et qu’elle n’est pas notre surprise de voir arriver face à nous deux autres longues oreilles! C’est le petit âne Bidouille, en sortie avec sa maîtresse et son fils dans le parc du château. Bidouille a 2 ans, il est encore tout bébé mais fait déjà la taille de Marius! Nous discutons encore un moment. C’est drôle parce que cette dame nous suit depuis longtemps sur les réseaux sociaux et elle est tout heureuse de nous avoir vu en vrai. Nous reprenons le GR 11A qui monte jusqu’à l’antenne Telecom dominant la ville. La traversée sous l’autoroute se fait sans encombre pas un petit tunnel bien insonorisé. On devrait bientôt tomber sur Hélène qui vient à notre rencontre à pied. Nous passons un peu dans les petits chemins annexes, dans les bois qui bordent la tranchée d’herbe montant à l’antenne.

Nous avançons lentement car nous croisons beaucoup de familles qui nous posent plein de questions et nous encouragent dans notre périple. Très chouette! Arrivés à l’antenne, nous quittons le GR pour continuer droit sur Vivière. Lorsque nous arrivons à la lisière des bois, après avoir suivi des courbes de niveau artistiques qui vont dans tous les sens, nous envoyons un message à Hélène. En effet, nous aurions dû la voir depuis un moment déjà, et nous craignons de nous être croisés. Bingo. En effet, Hélène est allée droit sur l’antenne et elle reçoit notre message alors qu’elle passe sur l’autoroute. Oups ! Nous sommes désolés, d’autant plus qu’il y a des bonnes montées… nous convenons alors de nous attendre à la lisière, nous déchargeons les mulânes et les laissons picorer en liberté. Symphonie profite que l’on discute avec des marcheurs pour aller se rouler avec son bât dans les feuilles ! Je bondis, la relève et l’attache à un arbre pour brosser toute la saleté qu’elle s’est mise partout, grrrr.

Lorsqu’Hélène arrive, nous rions de notre loupage, rechargeons les doudous et entrons dans Vivière. Hélène nous conduit à sa maison, ou plutôt la maison avec un immense jardin qu’elle occupe en attendant qu’elle soit vendue. Cela arrange les propriétaires, des amis à elle, que quelqu’un soit présent sur les lieux et Hélène n’a pas encore trouvé le lieu de vie où elle souhaiterait s’installer. Le jardin est très grand et appartient en partie aussi à un voisin. Hélène a pris des piquets et des rubans à clôture pour que nous puissions parquer les mulânes en fonction de nos/leurs besoins. Ils ont accès à la grande baie vitrée qui donne sur le salon et c’est rigolo de les voir nous observer à travers la vitre, comme s’ils voulaient rentrer avec nous. Nous partageons une belle soirée dans le jardin, puis autour d’un bon repas préparé par notre hôtesse. Parmi ces nombreux talent, Hélène joue aussi du piano, et lorsqu’elle s’assoit à son instrument en fin de soirée, Marius et Symphonie viennent l’écouter à travers la baie vitrée. Nous nous sentons en paix, ici.

[Lundi 10 avril 2017]

Nous prenons un jour de pause chez Hélène, l’occasion pour Stéphane de travailler sur le blog et pour moi de graisser les cuirs. Notre hôtesse doit aller travailler mais je m’occuperai du repas de midi pour qu’elle puisse rentrer tranquille et mettre les pieds sous la table. Nous nous rendons compte que le jardin et truffé de plantules d’érable sycomore,… Après un coup de flip et une vérification sur internet qui vaut a Stephane d’aller faire un tour en haut du village pour attraper du réseau, nous modifions le parc pour isoler les mulânes de la zone la plus atteinte, en espérant qu’ils n’en ont pas mangé.

En effet, la graine de l’érable sycomore, qui peut voler très loin grâce à son système d’hélicoptère, contient depuis quelques années une toxine puissante qui provoque chez les équidés une myopathie atypique, dont la plupart ne se remettent pas! Cette toxine est aussi présente dans les petites plantules, mais disparaît lorsque l’érable est un peu plus grand. Heureusement, Marius et Symphonie ne touchent pas à ces petites plantes qui sont très amères, mais on n’est jamais à l’abri que certaines se cachent dans une touffe d’herbe, et il n’en faut apparemment qu’une petite poignée pour intoxiquer un cheval. Nous les parquons donc dans la partie boisée du jardin qui n’a pas été envahie.

En début d’après-midi, nous accompagnons Hélène à son cabinet. Elle est kiné et termine actuellement une formation en biokinergie. Elle se réjouit de pratiquer plus souvent cette nouvelle technique. Elle offre à Stephane un soin, car il a un peu mal partout. Pendant ce temps, je vais me promener au centre, boire un café sur une terrasse et acheter du pain et des cartes postales. Ça me fait plaisir de me balader seule au soleil, au gré de mes envies. Lorsque nous rentrons, Marius et Symphonie nous appellent et semblent un peu stressés. Se sont-ils sentis abandonnés? Nous ouvrons le parc et les voilà qui galopent comme des fous dans le jardin. Une fois calmés, nous les remettons dans la partie qui donne accès à la baie vitrée et nous passons encore une belle soirée avec Hélène et sa jeune soeur Alice, en nous racontant les facéties de nos mules. On échange sur nos intérêts de vie, et sur les points que nous avons à travailler pour nous améliorer et grandir encore et encore. Merci infiniment Hélène, pour ces supers moments passés avec toi.

Tags : AisneCorcyHauts-de-FrancePicardieVillers-CotteretsVivière

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