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[Dimanche 26 mars 2017 – 19 km]
Réveil cool avec les rayons du soleil. Oriane a mieux dormi, ses chiens étaient bien fatigués et ont moins monté la garde. Il a quand même fallu une installation avec assistance pour caser tout le monde dans le hamac, et nous nous demandons comment elle fera si elle se trouve seule, pour faire y monter les chiens sans se retourner. Sûrement qu’elle trouvera, avec un peu d’habitude, la meilleure méthode, et que Missac et Ropain s’habitueront également.
Après un petit déjeuner de tartines, nous repartons le long de la voie ferrée, nommée « chemin de fer touristique du sud des Ardennes ». Nous avons peine à dire si des trains, même « touristiques », y circulent, où si elle n’a été aménagée que pour des randonneurs. Nous ne le saurons jamais, mais heureusement qu’aucun train n’est venu à notre rencontre, car il n’y aurait pas eu beaucoup de place autour pour le laisser passer. Ça nous aura au moins permis de tester les pieds de nos mul’ânes dans la caillasse, et le test est plutôt concluant. Pour les chiens ce n’est pas très agréable non plus, et nous sommes contents de retrouver la route, même goudronnée.
Le programme du jour est plutôt monotone, à travers les champs cultivés et sur la route. Nous n’osons en effet pas prendre les chemins ou les pistes qui quadrillent les cultures, de crainte de se retrouver bloqués comme la veille dans des culs de sac. A la sortir de Mont-St-Martin, je demande à un agriculteur que nous croisons si lesdites pistes sont ouvertes et rejoignent la route comme sur la carte. Ainsi nous pourrions faire des petites digressions « hors route » tout en gardant notre direction. L’agriculteur ne comprend pas bien le sens de ma question et après m’avoir demandé notre destination du soir, commence à nous indiquer un chemin à travers champs, qui modifie tout notre tracé de la journée. Il soutient que c’est un raccourci par rapport aux 22km que nous avons prévus. Je vois Steph qui se décompose au fur et à mesure de ses longues explications: en effet, nous nous étions promis de ne plus demander notre chemin aux non-randonneurs pour éviter les mauvaises surprises, et un agriculteur en tracteur ne se rend pas forcément compte du temps ou des conditions dont nous avons besoin avec nos équidés.
Stéphane cherche sur la carte les noms indiqués, et celle-ci n’étant pas très à jour dans la région, reste perplexe quant à ce que nous allons trouver. La piste que j’envisageais de prendre se trouve juste là, mais devant la tête défaite de Steph, j’hésite. Ce n’est peut-être pas une bonne idée d’aller se paumer dans les cultures. Puisqu’on a demandé et qu’on nous a longuement répondu, Stéphane décide que nous suivrons les indications, que ça peut le faire. Je regarde la carte encore et encore sur mon téléphone, zoom, dézoome, avec l’impression que c’est plutôt un « ralongit » que nous allons dès lors emprunter. Je dis à Steph que nous n’avons qu’à suivre notre route initiale, mais il ne démord pas.
Il est agacé ! Alors je m’énerve, et sort de mes gonds. J’ai osé demandé une indication et j’ai l’impression de devoir en payer les conséquences, que si nous perdons du temps à trouver notre chemin, ce sera ma faute et que je l’aurai bien cherché. Je suis en colère contre la situation et encore plus de devoir suivre pour rester groupés. Je passe devant et marche avec rage tout en respirant et en regardant encore la carte pour y trouver ma solution. Je repère un tracé possible, sans arriver à dire s’il sera mieux que celui de base. Bref, de toute façon on y est, alors allons y. Plus tard, je présente mes excuses à Oriane et Steph pour m’être emportée ainsi, et Steph reconnaît également n’avoir pas bien réagit. Tout rentre dans l’ordre. Nous mangeons des cultures, des champs labourés, des champs de blés, parfois des tracteurs, c’est long. Le paysage est une succession de dalles vertes et de dégradés de marrons. La « morne plaine » comme les habitants appellent cette région. C’est un peu méditatif.
Le seul endroit où nous avons l’espoir de trouver un petit bout de pré pour faire notre pause casse-croûte est le tout petit village d’Orfeuil. Il est grand temps, car nous avons tous besoin de nous arrêter un peu, et il fait chaud. Nous y trouvons heureusement une ferme et un agriculteur aimable qui nous autorise à squatter sa cour et les espaces d’herbes à brouter. Ouf. On décharge les mul’ânes et on s’assoit pour manger, tout en gardant un œil sur eux car ils pourraient bien être tentés de migrer progressivement dans les champs de blé attenants. En plus, depuis quelques temps, Symphonie à tendance à oublier qu’elle est garnie et après avoir brouté un moment, tente de se rouler à quasi chaque pause de mi-journée!! Donc je la surveille et, dès qu’elle commence à se promener un peu, signe qu’elle n’a plus faim, je l’attache. Mais ça ne manque pas, elle profite de mon inattention alors que plusieurs membres de la famille de la ferme viennent discuter avec nous, et je la retrouve couchée avec le bât de travers! Bon, je la ramène près d’un arbre et elle finira la pause attachée à l’ombre, histoire que je puisse également me reposer un peu. La femme du paysan nous offre avec gentillesse un bon café, qu’elle nous amène au soleil, et nous papotons encore un peu. <ils ne voient pas passer beaucoup de monde, par ici.
Nous ne sommes finalement plus très loin de St-Etienne et avons bon espoir d’y trouver facilement un lieu pour la nuit puisqu’il y a une ferme et un centre équestre.
Il se trouve qu’on se fait remballer à la ferme, on nous renvoie chez M’sieur l’Maire, lequel possède le centre équestre mais n’est pas là. Comme nous tournons dans le village en ne rêvant que de nous poser, nous voyons des gens discuter au bord d’un grand jardin. Le vieil adage que nous expérimentons, à savoir « Si le premier endroit choisi est pourri, le deuxième lieu sera bien mieux » se réalise encore une fois! Pierre et Marie-Agnès prennent soin du grand jardin-verger de la maman de Pierre, qui est absente. Informés de notre recherche de terrain pour la nuit, ils nous proposent spontanément ledit jardin! Un rêve clos pour nos compagnons à quatre pattes, arboré pour le hamac d’Oriane, et sans plantes douteuses ou fragiles à grignoter. A peine déchargée, la mule trouve tout de même le moyen de sauter un petit muret pour aller se rouler délicieusement dans l’espace sablonneux d’un potager en devenir, heureusement encore vierge. Nous tendrons une ficelle pour préserver la partie la plus proche de la maison.
Marie-Agnès et Pierre, qui habitent un pâté de maison plus loin, nous offrent eau, électricité, et même des œufs de leurs poules, des pommes de terre de leur jardin et une friteuse pour notre repas ! JAMAIS nous n’aurions pensé manger des frites maison ce soir. Quelle gentillesse… merci beaucoup.
Nous profitons avec joie de ce bel endroit accueillant, casons à nouveau Oriane dans son hamac avec ses chiens, et nous couchons pour récupérer de cette journée bien remplie.
Tags : ArdennesLorraineMonthoisOrfeuilSt-Etienne-à-Arnes

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